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VÉSICULES CÉRÉBRALES OU HÉMISPHÈRES

Le poids du cerveau peut-il augmenter par l'exercice de cet organe et diminuer influence •par l'inaction? Cela ne paraît pas douteux : le cerveau doit obéir, sous ce rap- del'e^srciM port, aux lois qui régissent les autres organes. Si la boîte osseuse dans laquelle facultés inest renfermé le cerveau doit opposer un grand obstacle à son développement teiiectueiies quand ce développement est rapide, et on cite des exemples de compression du voiUme . du cerveau et de mort qui ont été produites par l'hypertrophie de ce viscère (1), cerveau. il n'en est plus de même lorsque l'augmentation de volume du cerveau est lente et graduelle.

S'il est vrai qu'un organe jouisse d'une puissance d'action d'autant plus grande qu'il est plus développé, il s'ensuit que le volume du cerveau et, par conséquent, la capacité du crâne doivent être dans un rapport assez rigoureux avec le développement des fonctions cérébrales. Ainsi, on cite le poids considérable qu'a présenté le cerveau de certains grands hommes. Voici quelquesuns de ces chiffres, qui, nous devons le dire, n'inspirent pas une confiance absolue.

Grammes.

Cromwell 2.231

Byron 2,238

Cuvier 1 ,829

Dupuytren 1,436

Mais l'activité des fonctions encéphaliques est le résultat de tant de circonstances indépendantes du volume et de la masse de l'encéphale, que toute appréciation de la capacité intellectuelle exclusivement fondée sur cette donnée est presque toujours fautive et inexacte (2), et l'on peut dire avec Galien que, sous le rapport des fonctions, la qualité de la substance cérébrale est bien au-dessus de la quantité.

Le poids spécifique du cerveau est à celui de l'eau, d'après Muschenbroecfc, Poids

spécifique du cerveau .

(1) J'ai fait peser le cerveau d'un individu mort par suite d'intoxication saturnine,

avec tous les symptômes de la compression cérébrale, et dont le cerveau nous a paru hypertrophié : le poids total de la masse encéphalique était de 1,505 gram.; le cerveau proprement dit pesait 1,350 gram. ; le cervelet, avec la protubérance et le bulbe rachidien, pesait 155 gram. Le poids absolu du cerveau chez le cheval, le bœuf, n'est guère que la moitié de celui du cerveau de l'homme.

(2) Bien qu'il soit absurde de vouloir mesurer la force intellectuelle d'après le volume du cerveau, je dois dire que les individus à vaste mémoire m'ont toujours paru avoir un cerveau volumineux ; or, le rôle que joue la mémoire dans notre intelligence est tel qu'il ne faut pas s'étonner si les individus doués d'une mémoire heureuse sont souvent des hommes supérieurs. J'ai connu bien des hommes dont la tête était considérablement développée et qui n'avaient que de la mémoire, mais point d'esprit, ni aucun des caractères qui constituent l'homme de talent ou l'homme de génie. Les individus dont le cerveau est à la fois très-volumineux et très-actif paraissent avoir une plus grande force de résistance dans les maladies que les individus à cerveau étroit. L'épidémie de choléramorbus qui a sévi avec une si grande intensité à Paris en 1832 m'a permis de faire cette observation.

Lélut, dans un travail remarquable (Du poids du cerveau dans ses rapports avec le développement de l'intelligence, Journ. des Connaiss. mèd.-chir., mai 1837), est arrivé à ce résultat que l'encéphale est, en général, plus pesant chez les hommes intelligents que chez les autres ; que cette prépondérance est généralement plus marquée dans les lobes cérébraux que dans le cervelet. Mais Lélut est obligé de convenir que ces deux propositions souffrent beaucoup d'exceptions.

NEVROLOGIE.

Forme du cerveau.

Effets sur le cerveau des compressions exercées sur le crâne.

Procédé pour avoir exactement

la forme du cerveau.

Sa division

en lobes.

Ses anfractuosités.

Ses circonvolutions.

Grande scissure médiane .

Des hémisphères

cérébraux.

:: 1030 : 1000. 11 serait curieux de rechercher si ce poids spécifique varie suivant lage, les maladies, et s'il diffère dans les diverses espèces d'animaux. D'après Sœmmering, le poids spécifique du cerveau serait moindre chez le vieillard que chez l'adulte. Les recherches de Desmoulins ont établi que chez le vieillard, à partir de soixante-dix ans, la densité est d'un vingtième à un quinzième moindre que chez l'adulte. Cette densité paraît la même chez les individus tombés dans le marasme et chez ceux qui sont pourvus d'un gros embonpoint (1).

La forme du cerveau est parfaitement représentée par celle de la cavité crânienne, qui lui sert en quelque sorte de moule : elle est donc variable comme cette cavité, qui, dans la première enfance, est susceptible de déformation par suite d'une compression extérieure. Ainsi, à cet âge, on peut déprimer le front et refouler en arrière, par une compression continue, les circonvolutions antérieures et supérieures, de manière à faire prédominer la région occipitale. On voit donc combien est erronée l'opinion qui accorde une grande prééminence au développement de telle ou telle région du crâne, comme expression du développement des facultés intellectuelles (2).

Remplissez de plâtre toute la cavité du crâne, les fosses occipitales inférieures exceptées, et vous aurez assez exactement la forme du cerveau que vous avez retiré de la boîte osseuse. Le cerveau a donc, comme le crâne, la forme d'un segment d'ovoïde dont la grosse extrémité est en arrière. Il est divisé inférieurement en lobes, qui remplissent les divers compartiments de la base du crâne. Toute sa surface est creusée de sillons profonds et sinueux, qu'on appelle anfractuosités et qui lui donnent l'aspect des circonvolutions intestinales, d'où le nom de circonvolutions, qu'on donne aux espèces de replis limités par les anfractuosités.

La surface du cerveau présente à considérer une région supérieure ou convexe et une région inférieure ou base.

a. Région supérieure ou convexe du cerveau. Une scissure médiane, grande scissure médiane du cerveau, verticale et antéro-postérieure, divise le cerveau en deux quarts d'ovoïde symétriques, qu'on appelle improprement hémisphères cérébraux et qu'on pourrait plus exactement désigner, avec Galien, sous les noms de cerveau droit et de cerveau gauche. En avant et en arrière, la grande scissure médiane, qui est occupée parla faux du cerveau, divise le cerveau dans toute sa hauteur ; mais, à la partie moyenne, elle est en quelque sorte arrêtée par le corps calleux. Il y a deux cerveaux, comme il y a deux moelles, comme il y a deux cervelets (3).

(1) Selon Foville, le cerveau diminuerait de volume chez les individus tombés dans le marasme. D'après cet observateur, les circonvolutions cérébrales, les lamelles du cervelet seraient, dans ce cas, moins grosses et séparées par des sillons plus considérables, où abonde la sérosité.

(2) Virchow a attiré l'attention sur les déformations du crâne déterminées par l'ossification précoce de certaines sutures, et plus récemment, M. Guéniot a signalé une déformation extrêmement fréquente, observée à l'hospice des Enfants assistés et due, selon ce chirurgien, au décubitus latéral.

(3) Galien, qui se demande pourquoi il y a deux cerveaux, répond que par là les fonctions cérébrales sont mieux assurées. J'ai vu plusieurs individus hémiplégiques dont tout un hémisphère était atrophié et qui, cependant, étaient doués de facultés intellectuelles ordinaires.

HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX

Le cerveau est donc symétrique, mais celte symétrie est bien moins parfaite que celle de la moelle. Je dois même dire qu'il est très-ordinaire de voir une disproportion notable entre l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche. Il ne paraît pas que ce défaut de symétrie exerce sur les facultés intellectuelles l'influence qu'avait soupçonnée l'ingénieux Bichat, dont le cerveau, mal symétrique, donna un démenti formel à sa doctrine. Il est néanmoins possible qu'un défaut de symétrie poussé jusqu'à un certain point puisse influer sur l'intelligence; les cerveaux de plusieurs idiots que j'ai eu occasion d'étudier étaient remarquables sous ce rapport. J'ai vu la scissure médiane du cerveau déviée à droite ou à gauche, de manière à former, avec le plan médian antéro-postérieur du crâne, un angle de 15 à 20°.

Chaque hémisphère présente à considérer :

1° Une face interne, plane, verticale, qui est séparée par la faux cérébrale de celle du côté opposé ; et, comme la faux n'arrive pas jusqu'au corps calleux, il en résulte que les deux hémisphères se touchent en bas, toutefois avec l'intermédiaire de la pie-mère. Quand la faux cérébrale fait défaut, ce qui est très-rare, les deux faces se touchent dans toute leur étendue, et Sœmmering, dans un cas de ce genre, les a vues adhérer entre elles. J'ai vu sur un sujet la faux éraillée et les deux hémisphères se continuer l'un avec l'autre, comme par une espèce de commissure grise.

2° Une face externe, convexe, qui répond à la concavité du frontal, du pariétal et de l'occipital ; elle est séparée de la face interne par un bord demi-circulaire, que longe le sinus longitudinal supérieur et vers lequel convergent de toutes parts les veines de cette face pour se jeter dans le sinus. Ce bord est le siège de prédilection des granulations méningiennes.

3° Une face inférieure, en rapport par ses deux tiers antérieurs avec la base du crâne, par son tiers postérieur avec la tente du cervelet. Cette face inférieure constitue les parties latérales de la base de l'encéphale, dont la face inférieure de la première vésicule encéphalique forme la partie moyenne et qu'il convient d'envisager ici dans son ensemble.

Parfaitement décrite et non moins bien figurée par Sœmmering dans un travail ex professe- (1), la base de l'encéphale présente un grand nombre d'objets à considérer. Pour s'en faire une bonne idée, il convient de l'étudier 1° le cerveau étant encore entouré de ses membranes (arachnoïde et pie-mère) et sa convexité étant contenue dans la voûte du crâne; 2° le cerveau étant débarrassé de ses membranes et sa convexité reposant sur un plan horizontal. Dans le premier cas, la base de l'encéphale est ramassée sur elle-même et peut être considérée dans son ensemble; dans le second, elle s'étale et peut être étudiée dans ses détails.

C'est par sa base que l'encéphale communique avec les autres parties du centre céphalo-rachidien, à l'aide de ses pédoncules, que nous pouvons considérer comme les racines des hémisphères.

a. Sur la ligne médiane, au centre de la base de l'encéphale et au devant de la protubérance, est une excavation, qu'on peut appeler excavation médiane de la base de V encéphale. Déjà mentionnée à l'occasion de la sérosité sous-arachnoïdienne, qui la remplit, cette excavation résulte d'une sorte d'incurvation de l'encéphale, qui s'efface en partie lorsque cet organe repose par sa convexité

Le cerveau

est un organe symétrique.

Face interne

des hémisphères.

Face externe.

Face inférieure.

Base de l'encéphale.

Région

médiane.

Excavation

médiane

de la base de l'encéphale.

(I) De basi encephali, Collection de Ludwig, t. II. Cruveilhier et Sée, 5e édition.

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