Cavités des vésicules cérébrales ou ventricules latéraux
Préparation. — La partie supérieure des ventricules latéraux est mise à découvert par la préparation que nous avons indiquée pour étudier la voûte et la cloison, c'est-à-dire qu'il suffit d'enlever la portion des hémisphères qui surmonte le niveau du corps calleux, et de diviser ce corps calleux d'avant en arrière, de chaque côté de la ligne médiane. Pour suivre leur portion inférieure ou réfléchie, il convient d'introduire le scalpel d'arrière en avant dans cette portion inférieure, en incisant sa paroi externe. Au reste, il y a grand avantage à étudier cette portion réfléchie par la base du crâne.
(1) Il n'est pas fort rare de voir ce ventricule devenir le siège d'une hydropisie; je l'ai trouvé rempli de sang chez plusieurs individus morts d'apoplexie.
CONFORMATION INTÉRIEURE DU CERVEAU
Comme la portion réfléchie du ventricule latéral appartient à la base du cerveau, il convient de l'ouvrir le cerveau reposant sur sa convexité.
On peut arriver dans cette portion réfléchie par la fente cérébrale, en enlevant la piemère qui y pénètre et en écartant les bords de cette fente ; il faut ensuite séparer incomplètement, par une incision pratiquée d'avant en arrière à partir de la scissure de Sylvius, la paroi inférieure de cette portion réfléchie, qu'on renversera sur elle-même.
Les ventricules latéraux, creusés dans l'épaisseur des hémisphères cérébraux, résultent des transformations subies par les vésicules cérébrales. Beaucoup plus considérables que les autres ventricules encéphaliques (d'où le nom de grands ventricules), situés symétriquement de chaque côté de la ligne médiane, ils sont séparés l'un de l'autre, mais' communiquent entre eux par l'intermédiaire du ventricule moyen ; ils sont plus rapprochés de la base du cerveau que de la voûte par leur partie supérieure, et avoisinent cette base par leur portion réfléchie.
Les ventricules latéraux figurent deux canaux aplatis, enroulés autour du prolongement des pédoncules cérébraux, c'est-à-dire de la couche optique et du corps strié. Ils commencent dans l'épaisseur du lobe antérieur du cerveau, un peu au devant du ventricule moyen, derrière l'extrémité antérieure réfléchie du corps calleux, qui ferme les ventricules latéraux en avant ; de là ils se dirigent en haut, en arrière et un peu en dedans, en décrivant une courbe dont la convexité est en dedans. Arrivés au niveau de la partie postérieure du ventricule moyen, ils changent de direction pour se réfléchir sur eux-mêmes, se contourner d'arrière en avant et de haut en bas autour de la couche optique, et se terminer dans l'épaisseur de l'extrémité sphénoïdale du lobe postérieur, à 6 ou 8 centimètres de la surface de cette extrémité, derrière la scissure de Sylvius et, par conséquent, un peu au-dessous et en arrière du point d'où nous les avons fait partir. Au moment de leur réflexion, les ventricules latéraux présentent, en arrière, un prolongement qui va s'enfoncer dans l'épaisseur de l'extrémité occipitale du lobe postérieur. D'après cela, on comprendra pourquoi chaque ventricule latéral est comparé à une L majuscule italique renversée, et pourquoi l'on distingue à chaque ventricule trois cornes : une antérieure ou frontale, une inférieure ou sphénoïdale et une postérieure ou occipitale : d'où le nom de ventriculus tricornis, qui lui a été donné. On voit qu'adossés à la partie antérieure] les ventricules latéraux s'écartent en arrière, à la manière des branches d'un x.
On aura une idée très-exacte des ventricules latéraux en étudiant une coupe antéro-postérieure du cerveau faite sur la ligne médiane ; on reconnaît alors que chaque ventricule latéral n'est autre chose qu'un canal, une rigole ou galerie elliptique qui entoure de toutes parts le gros renflement ellipsoïde formé par le corps strié. Ce canal elliptique n'est interrompu qu'en bas et en avant, au niveau de la scissure de Sylvius.
1° Portion antérieure ou frontale. Plus large en avant qu'en arrière, la portion antérieure, étage supérieur du ventricule latéral, décrit une courbe légère à concavité externe. Son extrémité antérieure est formée par la réflexion du corps calleux (1); son extrémité postérieure se continue avec le reste du ven-
(1) La corne antérieure du ventricule latéral s'étend, chez le fœtus, dans l'intérieur du nerf olfactif, jusqu'au bulbe de ce nerf; cette disposition, qui se voit encore au cinquième mois de la vie intra-utérine, est permanente chez beaucoup d'animaux.
Situation
des
ventricules
latéraux.
Direction
des ventricules latéraux.
Leui" réflexion.
Leur terminaison.
Leur prolongement.
Leur forme tricorne.
Chaque ventricule latéral est une sorte de galerie elliptique.
NEVROLOGIE.
Paroi supérieure ;
Paroi interne des ventricules latéraux ;
Paroi inférieure.
Forme
du corps
strié.
Le corps
strié
n'est visible
qu'en partie dans le ventricule latéral.
Ses
rapports.
tricule latéral. Son bord externe résulte de l'union du corps calleux avec le corps strié ; son bord interne est formé, dans sa moitié antérieure, par la cloison transparente, dans sa moitié postérieure, par l'union du corps calleux avec le trigone.
Sa paroi supérieure, concave, représente une espèce de voûte formée par la face inférieure du corps calleux.
Sa paroi interne, cloison des ventricules latéraux, offre une bien plus grande hauteur en avant, où elle est constituée par le septum lucidum, qu'en arrière, où elle est formée par une petite portion verticale de la voûte à trois piliers; elle cesse avec cette portion verticale. Nous devons regarder comme faisant partie de la cloison des ventricules latéraux un prolongement de la masse grise du troisième ventricule qui entoure le pilier antérieur de la voûte et la partie inférieure de la cloison transparente.
La paroi inférieure ou le plancher présente deux éminences considérables {ganglions du cerveau), inscrites l'une dans l'autre et intimement unies entre elles. La plus intéressante est la couche optique; l'externe porte le nom de corps strié ; la lame cornée et le taenia semi-circularis établissent la limite entre ces deux éminences. Cette môme paroi inférieure présente encore à considérer les plexus choroïdes des ventricules latéraux et les parties latérales de la voûte.
a. Corps strié. Vu du côté des ventricules, le corps strié se présente sous l'aspect d'une éminence piriforme ou conoïde, située en dehors et en avant de la couche optique et dont la grosse extrémité ou tête est en avant, tandis que l'extrémité postérieure ou queue, effilée en pointe, se prolonge en arrière jusque dans la portion réfléchie du ventricule latéral. Recourbé suivant son axe longitudinal autour de la couche optique, il a été comparé à une virgule. Sa couleur grise contraste avec la couleur blanche des parties environnantes. Sa surface libre, convexe transversalement comme dans le sens antéro-postérieur, est recouverte par la membrane ventriculaire et parcourue fort régulièrement par des veines volumineuses , dirigées perpendiculairement à son grand diamètre. Par son bord externe, presque rectiligne, cette face s'unit à angle aigu avec le corps calleux; son bord interne, concave, embrasse la couche optique.
Mais ce noyau intra- ventriculaire n'est qu'une portion du corps strié, qui a été ainsi nommé à raison des stries ou faisceaux blancs dont sa substance est traversée. En dehors se trouve un autre noyau gris, très-considérable, séparé du premier par une couche épaisse de substance blanche (capsule interne).
Considéré dans sa totalité, le corps strié forme une masse grise ovoïde, qui, par son côté interne, fait relief dans le ventricule latéral, et dont le côté externe est reçu dans une excavation profonde, creusée en quelque sorte dans la scissure de Sylvius, au niveau de Yinsula, et que j'avais proposé d'appeler, pour cette raison, lobule du corps strié.
En dehors, le corps strié est recouvert par les circonvolutions de l'insula; en dedans, il répond à la couche optique et à la masse grise du troisième ventricule ; en bas, on le voit à nu à la partie postérieure du lobe antérieur du cerveau, derrière les circonvolutions qui limitent, de chaque côté, l'anfractuosité du ruban olfactif; en avant, il est logé dans l'épaisseur du lobe frontal, excavé pour le recevoir et dont le sépare la portion réfléchie du corps calleux, qui se moule exactement sur lui.
CONFORMATION INTERIEURE DU CERVEAU
On peut diviser le corps strié en trois portions distinctes : deux noyaux gris, l'un intra-ventriculaire, l'autre extra- ventriculaire, et une couche blanche intermédiaire, capsule interne, faisant partie du double centre demi- circulaire de Vieussens. Les deux noyaux gris sont unis par leur partie antérieure, qui forme une masse unique; cette union a lieu vers la base de l'hémisphère, audessous de la partie antérieure de la capsule interne.
Le noyau intra-ventriculaire, noyau caudé, est épais et arrondi en avant, où il se continue avec la substance grise de l'espace perforé antérieur, mince et effilé en arrière. Sa surface libre, qui proémine dans le ventricule latéral, présente un bord interne concave, séparé de la couche optique par un sillon curviligne dans lequel se voient la lame cornée, la veine du corps strié et la bandelette dem i- circulaire ; un bord externe convexe, inégal et festonné. Sa face adhérente repose sur la capsule interne, à laquelle il adhère intimement. Sur une coupe, le noyau caudé présente un aspect homogène et une coloration grise uniforme dans toutes ses parties.
Le noyau extra-ventriculaire, noyau lenticulaire, situé en dehors et un peu en arrière du précédent, en dehors de la couche optique, représente un segment d'ovoïde biconvexe à grosse extrémité antérieure. Il occupe cette portion de l'hémisphère cérébral qui répond à l'insula, en rapport immédiat avec les circonvolutions de ce lobule, dont il est séparé en partie par une mince couche de substance blanche, facile à en isoler et appelée capsule externe, et plus en dehors par une lame de substance grise {avant-mur) ; il est séparé des autres ganglions du cerveau par la capsule interne. Son sommet, dirigé en arrière et en dedans, regarde la couche optique, dont il est séparé par l'expansion pédonculaire qui se rend dans la capsule interne ; il est traversé par la commissure antérieure, qui s'y termine au devant de la portion réfléchie du ventricule latéral. Sa face interne est dentelée sur une coupe, par suite des tractus de substance grise qu'il envoie dans la capsule interne et qui s'étendent jusqu'au noyau caudé. Sa face externe est lisse et se sépare nettement de la capsule externe.
Le noyau lenticulaire est traversé par de nombreux faisceaux blancs provenant de l'étage inférieur ou base des pédoncules cérébraux et paraissant être surtout des prolongements des pyramides antérieures. Ces faisceaux s'irradient du sommet du noyau lenticulaire vers sa base.
Le double centre demi-circulaire de Vieussens, capsule de Burdach, capside interne, est une lame épaisse de substance blanche située sur le prolongement du pédoncule cérébral, lequel s'aplatit de haut en bas, en même temps qu'il s'élargit d'avant en arrière. Plus épaisse en arrière qu'en avant, cette lame, dont les deux faces sont couvertes par les noyaux gris du corps strié, se décompose, en dehors et en haut, en un grand nombre de feuillets dont l'ensemble constitue la grande couronne rayonnante de Reil.
La capsule externe est une lame de substance blanche, plus épaisse en avant qu'en arrière, qui est située entre le noyau lenticulaire et l'avant-mur. Les fibres dont elle se compose vont en rayonnant vers la face inférieure du cerveau et la substance perforée antérieure, dans laquelle elles s'engagent de chaque côté. Sur la face interne de la capsule ces fibres sont parallèles à la face externe du noyau lenticulaire, dont on peut les séparer sans la moindre déchirure. La capsule externe est formée par les prolongements que les pédoncules cérébraux envoient dans les ganglions du cerveau.
Il répond à l'insula.
Noyau intra-ventriculaire.
Noyau extra-ventriculaire.
Capsule
A.vant-mur.
Double centre demicirculaire.
Capsule
interne.
Texture de la capsule externe.
NEVROLOGIE.
Forme de l'avant-mur
Rapports.
Texture du corps strié.
Cellules.
Fibres nerveuses.
Leur
terminaison
Lame cornée.
L'avant-mur, claustrum, est une, lame recourbée de substance grise d'environ 1 millimètre d'épaisseur, concentrique à la surface externe du noyau lenticulaire, séparée de ce noyau par la capsule externe, des circonvolutions de l'insula par une couche de substance blanche. A ces circonvolutions correspondent de petites crêtes qui s'élèvent de sa face externe. Vers son bord supérieur l'avantmur s'amincit et s'infléchit en dehors ; il s'épaissit, au contraire, à son extrémité inférieure, où il se confond partiellement avec le tubercule olfactif.
Les deux noyaux du corps strié sont unis entre eux, non-seulement à leur extrémité antérieure, où ils semblent se confondre en une masse unique, mais encore par de nombreux tractus gris qui traversent la capsule interne. Tous deux reçoivent, par leur face périphérique, de nombreuses fibres blanches provenant surtout du lobe frontal et du lobe pariétal, et d'autres, moins nombreuses, du lobe sphénoïdal et du lobe occipital ; tous deux envoient de nombreux faisceaux blancs dans l'étage inférieur du pédoncule cérébral.
Texture. Les cellules nerveuses qui composent essentiellement les noyaux gris du corps strié ont un diamètre qui varie entre 0mm,013 et 0mm,040 (Kœlliker). Les unes sont incolores, les autres pigmentées ; la plupart sont munies de deux à cinq prolongements, en partie ramifiés. Ces cellules sont d'autant plus nombreuses que la couleur de la région est plus foncée. Les fibres nerveuses qui s'irradient dans ces noyaux gris proviennent principalement de la portion inférieure ou pied des pédoncules cérébraux, c'est-à-dire des faisceaux pyramidaux. Elles suivent un trajet rectiligne et parallèle dans l'épaisseur des noyaux, et se décomposent successivement en faisceaux de plus en plus petits, qui se perdent, avant d'avoir atteint la face externe du noyau extra-ventriculaire, dans des plexus très-compliqués. Suivant Kœlliker, ces fibres ne s'étendent point jusque dans la substance blanche des hémisphères. Comment se terminentelles ? Dans les portions externes du noyau extra-ventriculaire, elles s'amincissent de plus en plus, deviennent très-pâles et ne se distinguent plus des prolongements des cellules nerveuses, avec lesquels elles se continuent trèsprobablement. Il en est de même pour les fibres blanches du noyau intra-ventriculaire. Suivant le même anatomiste, il y aurait, dans ces portions externes des noyaux du corps strié, d'autres fibres, plus volumineuses, réunies en nombreux faisceaux, qui émanent de la substance médullaire des hémisphères et qui, après avoir cheminé parallèlement à la surface de ces noyaux, pénétreraient dans leur épaisseur. Aux noyaux gris des corps striés aboutiraient donc deux ordres de fibres, les unes provenant des pédoncules cérébraux, les autres des circonvolutions, et ces deux ordres de fibres ne se continueraient pas directement entre elles.
D'après Meynert et Luys,un certain nombre des faisceaux de fibres émergeant du bord interne du corps strié constitueraient des moyens d'union entre ce dernier et le cervelet ;mais ces auteurs ne s'accordent point sur le trajet de ces faisceaux, que Luys fait passer par les pédoncules supérieurs du cervelet, et Meynert par les pédoncules cérébraux et la protubérance. Ces connexions, d'ailleurs, sont niées par Huguenin.
b. Lame cornée et bandelette demi- circulaire . La lame cornée, qui occupe le sillon de séparation entre la couche optique et le corps strié, est une bandelette grisâtre, demi-transparente, épaisse, d'un aspect corné, que Tarin a comparée à la cornée transparente. Assez résistante, la lame cornée a de 2 à 3 millimètres de largeur ; sa longueur est égale à celle du sillon. Libre par sa face supérieure,
CONFORMATION INTERIEURE DU CERVEAU
Bandelette
demicirculaire.
tue une
des origines
du pilier
antérieur.
elle paraît n'être autre chose qu'un épaississement de la membrane interne des ventricules recouvrant la veine du corps strié, qui la traverse en avant pour se jeter dans les veines du plexus choroïde.
Au-dessous de cette lame cornée se remarque le veine du corps strié, qu'elle yeine du protège et dans laquelle viennent se rendre les rameaux veineux que nous avons corPs striéremarqués à la surface de ce corps. Sous la veine, enfin, se voit une bandelette blanche linéaire, sur laquelle Willis a, le premier, appelé l'attention sous le nom de limbus posterior et qu'on appelle bandelette demi-circulaire {taenia semicircidaris, Haller, stria terminalis, Henle). C'est un faisceau de fibres blanches, qui embrasse comme un lien l'espèce de gerbe qui rayonne du pédoncule cérébral et de la couche optique. J'ai suivi l'extrémité antérieure de cette bandelette jusque dans l'épaisseur de la couche optique, où elle constitue une des Elle constiorigines du pilier antérieur de la voûte et se porte avec lui au tubercule mamillaire. Longet affirme qu'elle se bifurque et qu'une de ses branches va rejoindre le pilier antérieur, tandis que l'autre pénètre dans l'épaisseur de la couche optique. L'extrémité postérieure de cette bandelette s'épanouit en un pinceau de fibres qui se perdent sur la paroi supérieure de la portion réfléchie du ventricule latéral. Quelques-unes peuvent être suivies jusqu'à la partie inférieure de la corne d'Ammon.
Foville a donné une description particulière de la bandelette demi-circulaire, qu'il considère comme un cercle composé de fibres blanches, pénétrant à une grande profondeur et aboutissant par ses deux extrémités à la partie interne de la scissure de Sylvius, à l'espace perforé de Vicq-d'Azyr, qui, comme nous l'avons dit, occupe l'extrémité interne de cette scissure. Le même auteur décrit, et nous avons pu voir un autre cercle fibreux, qui cerne le côté externe du corps strié, comme la bandelette demi-circulaire cerne le côté externe de la couche optique, et aboutissant également par ses extrémités au même espace perforé.
c. Nous devons encore considérer comme faisant partie du plancher du ven- La voûte tricule latéral la partie latérale de la voûte et le plexus choroïde. Cette partie laté- fait partie raie de la voûte se présente sous l'aspect d'une bandelette appliquée sur la du Plancher couche optique, dont elle est séparée par une fente à travers laquelle le plexus ventricule, choroïde se continue avec la toile choroïdienne ; mais la membrane ventriculaire passe au-dessus d'elle et établit la continuité de la paroi en ce point. Le plexus choroïde longe le bord libre de cette bandelette ; il est quelquefois renversé sur sa face supérieure.
2° Portion moyenne ou réfléchie des ventricules latéraux, étage inférieur ou corne Corne sphènoïdale. Elle est aplatie de haut en bas et contourne la racine de l'hémisphère sphénoïdaie cérébral, en se recourbant sur ses bords. Son extrémité inférieure se trouve dans l'épaisseur de la lèvre postérieure de la scissure de Sylvius, à un centimètre environ de cette scissure; son extrémité supérieure se continue avec la corne intérieure. Son bord interne ou concave, qui embrasse la couche optique et le corps strié, présente une espèce de fente limitée en haut et en dedans par la face inférieure de la couche optique et par le pédoncule cérébral, en bas et en dehors par la circonvolution de l'hippocampe, le corps frangé et la corne d'Ammon : c'est la portion latérale de la grande fente cérébrale, par laquelle la pie-mère fournit des vaisseaux au plexus choroïde du ventricule latéral. Son bord externe, convexe, décrit une courbe parallèle à la branche externe de la scissure de Svlvius.
des ventricules latéraux .
NEVROLOGIE.
Paroi supérieure de la portion réfléchie.
Paroi inférieure.
Corne d'Ammon ou hippocampe.
Corps bordé.
Corps godronné.
Ktudc de l'hippocampe par des coupes.
Ccr.iCArn.
Caacd
La paroi supérieure, formée par un prolongement aminci du corps calleux, est concave et se moule sur la corne d'Ammon ou le pied d'hippocampe, qui constitue la paroi inférieure : aussi a-t-on appelé cette paroi Y étui du pied d'hippocampe, Vicq-d'Azyr (tapetwm, Reil). On y voit l'épanouissement de la bandelette
demi-circulaire. Sur la paroi infé- F,?" 133, Heure se voient le pied d'hippocampe
ou corne d'Ammon, le corps bordé ou frangé, le corps godronné, la fente cérébrale et la portion réfléchie du plexus choroïde.
La corne d'Ammon (pied d'hippocampe ou de cheval marin, corne de bélier, ver à soie, protubérance cylindroïde) est un relief conoïde, recourbé sur lui-même, plus large et plus épais à son extrémité inférieure, qui présente trois ou quatre bosselures séparées par des dépressions superficielles. Son extrémité supérieure, moins volumineuse, se continue avec le pilier postérieur de la voûte, en avant, avec le bourrelet du corps calleux, en haut, avec la base de l'ergot de Morand, en arrière. Son bord concave, qui est dirigé en dedans et en avant, est bordé par une bandelette étroite, épaisse et dense, qui fait suite au pilier postérieur de la voûte : c'est Corne inférieure du ventricule latéral et cavité le taenia de l'hippocampe, si improdigitale (d'après L. Hirschfeld) (*). prement nommé corps bordé, corps
frangé (corpus fimbriatum). Sa forme est celle d'un triangle curviligne très-allongé, dont la base, dirigée en haut et en dedans, se continue avec le pilier postérieur, dont le sommet, situé en bas et en avant, se termine au niveau du crochet de la circonvolution de l'hippocampe, dont le bord antérieur ou concave répond au corps strié et à la couche optique, et dont le bord postérieur, convexe, se continue avec l'écorce blanche de la corne d'Ammon.
Si l'on soulève le tœnia de l'hippocampe, on voit au-dessous de lui une bandelette de substance grise qui longe le bord interne de la corne d'Ammon: cette bandelette grise, qui est comme crénelée par des sillons perpendiculaires à sa direction, a été très-bien décrite par Vicq-d'Azyr sous le nom de corps godronné. Pour avoir une bonne idée de la corne d'Ammon ou hippocampe, il faut l'étudier sur des coupes perpendiculaires à sa direction : on voit alors que le pied d'hippocampe résulte de la réflexion de l'hémisphère en dedans de lui-
(*) Uue coupe pratiquée sur le lobe sphénoïdal et sur le lobe occipital a mis à nu la paroi inférieure de ces cornes. — Cor. d'Am., corne d'Ammon. — Cor. fra... corps frangé. — Cir. de l'hip., circonvolution de l'hippocampe. — Cor. godr., corps godronné. — PU. pos., pilier postérieur de la voûte. — Bon. cor. cuil., bourrelet du corps calleux. — Cav. dig., cavité digitale.
CONFORMATION INTERIEURE DU CERVEAU
môme, ainsi que les frères Wenzel l'ont très-bien démontré ; qu'il est constitué par une circonvolution dédoublée ou étalée et contournée sur elle-même en cornet, de telle manière que la partie blanche, convexe, répond à la cavité du ventricule latéral, et la partie grise, concave, à la surface du cerveau (1). La lame blanche qui revêt la corne d'Ammon se continue, d'une part, avec celle qui revêt le reste du ventricule latéral, d'autre part avec le corps calleux et avec la voûte à trois piliers.
Il n'est pas rare de rencontrer un second pied d'hippocampe, situé en dehors du premier, auquel il est concentrique ; on lui a donné le nom d'accessoire du pied d'hippocampe. Meckel regarde à tort la présence de l'accessoire du pied d'hippocampe comme un arrêt de développement.
La paroi inférieure de la portion réfléchie du ventricule latéral présente encore à considérer la portion réfléchie ou inférieure du plexus choroïde et la fente cérébrale, par laquelle ce plexus choroïde se continue avec la pie-mère extérieure. Les bords de cette fente sont formés, l'inférieur, par le pied d'hippocampe et le corps bordé, le supérieur, par la face inférieure de la couche optique, qui présente sur cette face le corps genouillé externe et le corps genouillé interne.
3° Portion postérieure ou occipitale, cavité digitcde ou ancyroïde (â-pjpa, crochet). C'est une sorte de diverticule du ventricule latéral, qui résulte de l'accroissement en arrière que prend la vésicule cérébrale. Née du point précis où le ventricule se réfléchit sur lui-même, la cavité digitale se porte horizontalement en arrière, en décrivant une courbe à convexité dirigée en dehors, et se rétrécit peu à peu pour se terminer en pointe postérieure. Rien de plus variable que les dimensions de cette cavité, non-seulement chez les différents individus, mais encore sur les deux côtés du même individu. Aussi rencontre-t-on souvent une cavité digitale très-développée à droite, tandis qu'à gauche elle esta l'état de vestige. Dans certains cas, le fond delà cavité digitale n'est séparé que d'un à deux millimètres de la surface du cerveau.
Dans l'état normal, la paroi supérieure de la cavité ancyroïde, formée par le prolongement du corps calleux, est assez exactement moulée sur un relief conoïde occupant la paroi inférieure ou le plancher de cette cavité, relief variable dans ses dimensions, comme la cavité elle-même. C'est ce relief, éminence unciforme, colliculus, unguis, que Morand (2) a très-bien décrit sous le nom d'ergot, calcar avis, d'où le nom d'ergot de Morand, sous lequel il est généralement connu. Sa forme est assez semblable à celle du pied d'hippocampe : aussi devrait-on peut-être préférer, avec Vicq-d'Azyr, la dénomination de petit hippocampe (hippocampus minor). Il y a non-seulement analogie dans la forme, mais encore analogie dans la structure, et les frères Wenzel me paraissent avoir parfaitement démontré que l'ergot de Morand, de même que le grand
(1) Je n'ai bien conçu la corne d'Ammon que depuis que je l'ai étudiée chez les ruminants et chez les rongeurs, mais particulièrement chez ces derniers, qui la présentent à son maximum de développement. Chez les rongeurs, la portion réfléchie de l'hémisphère qui constitue la corne d'Ammon est presque aussi considérable que l'hémisphère luimême, et l'on voit de la manière la plus manifeste les connexions de la corne d'Ammon avec la voûte à trois piliers. Il est bien évident que la voûte à trois piliers, la corne d'Ammon et le corps bordé, ne forment qu'un seul et même système et sont continus.
(2) Mém. de l'Acad. des Sciences, 1744. Observ. anatomiques sur quelques parties du cerveau.
Accessoire
du pied d'hippocampe.
Portion inférieure choroïde.
Fente cérébrale.
Cavité
digitale du
ventricule
latéral.
Direction.
Dimensions
variables
de la
cavité
digitale.
Ergot de Morand.
L'ergot est
une circonvolution dédoublée et comme rentrée.
Continuité
des plexus
choroïdes
du cerveau.
Variétés
anatomi-
ques de l'ergot.
Plexus choroïdes du ventricule moyen.
Plexus choroïdes des ventricules latéraux.
Ilsdécrivent
une courbe elliptique.
Ils se continuent avec la toile
choroïdienne.
Ils adhèrent
à la
membrane
interne
des
ventricules.
Texture des plexus
choroïdes.
hippocampe, n'est autre chose qu'une circonvolution étalée et saillante du côté du ventricule. L'ergot est, en effet, constitué par une lame blanche recouvrant une couche épaisse de substance grise. Une anfractuosité antéro-postérieure, dont la profondeur est proportionnelle à la saillie de l'ergot, dénote à l'extérieur le lieu qu'occupe la cavité ancyroïde. Cette anfranctuosité est constante et entre dans le plan primitif de l'organisation, car on l'observe chez le fœtus. Enfin une circonstance qui milite en faveur du rapprochement de Fergot et du grand hippocampe, c'est qu'il y a continuité entre ces deux parties, qui ne sont séparées l'une de l'autre que par une dépression, et que la lame blanche qui les ^réunit se continue, dans l'une comme dans l'autre, avec la voûte à trois piliers (I).
4° Plexus choroïdes des ventricules latéraux. Ils forment, avec les plexus choroïdes du ventricule moyen, un système continu, qu'on démontre très-bien en étudiant le cerveau de la base vers la convexité. On voit alors à la face inférieure de la toile choroïdienne, et de chaque côté de la ligne médiane, deux petites bandelettes rouges, granuleuses, dirigées d'arrière en avant, côtoyées parles veines du corps strié et qui aboutissent, en avant, à la convexité d'un arc qui limite dans ce sens la toile choroïdienne : c'est cette série linéaire de granulations ou de replis de la pie-mère qu'on peut appeler plexus choroïdes du ventricule moyen. Je considère l'arc qui termine en avant la toile choroïdienne comme constitué par les extrémités antérieures réunies des plexus choroïdes des ventricules latéraux. Cet arc est situé derrière les piliers antérieurs de la voûte, au niveau de la jonction de ces piliers, et coupé perpendiculairement par les veines du corps strié, qui passent au-dessus de lui. Ainsi réunis, les plexus choroïdes se séparent immédiatement pour pénétrer dans les ventricules latéraux, à travers le trou de Monro; ils décrivent dans leur trajet une courbe elliptique, qui se moule exactement sur la couche optique, en longeant la voûte à trois piliers dans la portion supérieure du ventricule latéral, et la bandelette frangée dans la portion réfléchie de ce même ventricule. Les plexus choroïdes des ventricules latéraux parcourent donc toute l'étendue de la galerie circulaire ou elliptique que représentent ces ventricules.
La partie supérieure des plexus choroïdes, celle qui est contenue dans l'étage supérieur du ventricule latéral, est très-étroite ; la partie inférieure, celle qui est contenue dans l'étage inférieur de ce ventricule, a de trois à quatre fois la largeur de la partie supérieure. La cavité ancyroïde du ventricule latéral en est dépourvue. Ces corps sont libres par leurs faces et par leur bord externe, qui contient un gros vaisseau dans son épaisseur; ils sont continus par leur bord interne, dansla portion supérieure du ventricule latéral, avec la toile choroïdienne, et dans laportion inférieure du ventricule, avec la pie-mère de la base du cerveau.
A ce bord interne des plexus chroroïdes adhère intimement la membrane des ventricules, de telle sorte que les ventricules latéraux sont exactement fermés et qu'aucun liquide ne saurait s'échapper par la fente demi-circulaire qui mesure toute la longueur de ces ventricules.
Texture des plexus choroïdes. Les plexus choroïdes, d'après Luschka, sont des prolongements villeux qui garnissent les bords des plis formés parla mem-
(1) Greding a décrit plusieurs variétés de l'ergot: il n'est pas rare de le trouver double, de môme que nous avons vu qu'on rencontre quelquefois deux pieds d'hippocampe.
Suivant la remarque de Cuvier, la cavité digitale et l'ergot n'existent guère que chez l'homme, sans doute parce que l'homme seul présente un grand développement de la partie occipitale du cerveau.
CONFORMATION INTERIEURE DU CERVEAU
brane vasculaire dans l'encéphale. Ils se présentent sous l'apparence de séries de granulations rougeâtres et irrégulières, dans lesquelles on voit déjà à l'œil nu des anses vasculaires plus ou moins considérables. Quelquefois ces villosités vasculaires sont tellement serrées que leur aspect est celui d'une muqueuse richement garnie de papilles ; d'autres fois elles sont assez écartées les unes des autres. Leur forme est très-variable : ordinairement elles sont pédiculées, longues de 2 millimètres environ et lobulées à leur surface ; souvent un certain nombre de ces lobules sont réunis en grappe ; quelquefois les villosités reposent sur une large base.
Les vaisseaux, qui forment l'élément principal des plexus choroïdes, sont de vaisseaux, petites artères de 0m,n, 01 à 0mm,04 de diamètre, qui s'élèvent en forme d'anses au-dessus de la surface de la membrane et qui sont unies aux vaisseaux de la membrane ventriculaire et à ceux de la substance nerveuse avoisinante. Ces vaisseaux sont unis entre eux par des faisceaux de fibrilles conjonctives, qui forment une enveloppe aux lobules et à leurs pédicules. Le tout est recouvert d'un épithélium reposant sur une mince couche de substance amorphe et dont les éléments, non vibratiles chez l'adulte, sont des cellules arrondies ou polygonales, transparentes, finement granulées, de 0mm,012 à umm,016 de diamètre, et renfermant un noyau très-pâle.
Les artères des plexus choroïdes des ventricules latéraux sont fournies, d'une part, par la -carotide interne (artère choroidienne inférieure) au moment où elle sort du sinus caverneux, d'autre part, par la cérébrale postérieure au niveau de la partie supérieure et antérieure du cervelet ; cette dernière donne des branches multiples (artères choroîdiennes supérieures) à la toile choroïdienne supérieure et aux plexus choroïdes.