Membrane ventriculaire et liquide ventriculaire
Les parois des ventricules encéphaliques sont tapissées par une membrane transparente et extrêmement ténue, assez résistante cependant dans quelques points, et dont la lame cornée qui sépare le corps strié de la couche optique est une dépendance. En suivant cette membrane à partir du ventricule moyen, nous la voyons passer dans les ventricules latéraux à travers les ouvertures situées derrière les piliers antérieurs de la voûte ; de ce même ventricule moyen, elle pénètre dans le quatrième ventricule à travers l'aqueduc de Sylvius, pour se continuer avec l'épendyme du canal central de la moelle (1). Elle pénétrerait aussi, suivant les auteurs, dans le ventricule de la cloison; mais l'ouverture de communication admise par Tarin n'existe point.
Rien de plus facile que la démonstration matérielle de cette membrane, que Bichat n'admettait cependant que par analogie : on la voit surtout manifestement sur le septum lucidum, sur les corps striés et dans la cavité digitale. Son extrême ténuité dans quelques points de son trajet explique pourquoi son existence a été niée dans certaines régions, et plus particulièrement dans le quatrième ventricule et l'aqueduc de Sylvius. L'alcool la durcit et en rend la démonstration plus facile.
Si l'on veut l'isoler dans une certaine étendue, il faut la disséquer du dehors
(1) Ce mot épendyme (de èusvoûw, revêtir) a été introduit dans la science par les frères Wenzel.
Ckuveilhier et Sée, 5e édition. III. — 32
Trajet de la membrane
ventriculaire.
Sa démonstration anatomique.
Elle est trèsprononcée dans
l'hydropisie aiguë
des ventricules
NEVROLOGIE.
La fente
cérébrale
est fermée.
Nature delà
membrane
veutricu-
iaire.
Sa texture.
duché conjonctive
Épitliélium.
Opinions des anciens
sur le liquide des •ventricules.
Expériences
de -Magendie.
au dedans, en enlevant peu à peu les couches qui la revêtent. La préparation est toute faite dans l'hydropisie aiguë des ventricules du cerveau, par suite du ramollissement pultacé qu'ont subi les couches environnantes. Chez le fœtus et chez l'enfant nouveau-né, cette membrane se sépare avec la plus grande facilité, à raison de sa densité, de la masse cérébrale, qui constraste avec elle par sa mollesse.
Nous avons vu que les ventricules latéraux sont divisés, dans leur portion directe comme dans leur portion réfléchie, par une fente circulaire qui cerne la couche optique, et à travers laquelle la pie-mère se continue avec les plexus choroïdes. Or, cette fente est fermée par des vaisseaux, par du tissu cellulaire assez dense et, dans l'intérieur du ventricule, par la membrane ventriculaire, qui s'attache solidement, de l'un et de l'autre côté de la fente, au bord adhérent des plexus choroïdes.
Cette membrane est-elle de la nature des séreuses, comme on l'a dit? Évidemment non. Ainsi que nous l'avons vu, elle est la continuation de celle qui tapisse le canal central de la moelle et en partage la structure. Les cavités qu'elle limite communiquent-elles avec les espaces sous-arachnoïdiens ? Les expériences multipliées qui ont été faites ne permettent plus d'en douter.
Texture. En beaucoup de points, d'après Kôlliker, la membrane ventriculaire consiste en une simple couche épithéliale, reposant directement, à l'état normal, sur la substance nerveuse. Mais il est extrêmement fréquent de trouver audessous de l'épithélium, particulièrement au niveau de la voûte, de la cloison transparente, de la lame cornée, une couche de tissu conjonctif fibrillaire, dont l'existence est presque constante à un certain âge et dans laquelle sont disséminés de nombreux corpuscules amylacés.
L'épithélium des parois ventriculaires est cylindrique et vibratile chez le fœtus et pendant les premières années de l'enfance ; plus tard, cet épithélium est remplacé presque partout par un épithélium pavimenteux, formé, dans le troisième ventricule, de grosses cellules de 0mm, 018 à 0mm,020 de diamètre et renfermant un noyau et des granulations pigmentaires, dans les ventricules latéraux, de cellules un peu plus petites, avec un noyau arrondi et des granulations jaunâtres. L'épithélium vibratile ne se retrouve, chez l'adulte, que sur le plancher du quatrième ventricule et dans l'aqueduc de Sylvius, ainsi qu'on a pu s'en assurer à diverses reprises sur des suppliciés. Cet épithélium s'altère très-rapidement après la mort.
La présence d'un liquide séreux dans les ventricules était un fait généralement adopté par les anciens ; sous le nom de pituite, ils le considéraient comme une humeur excrémentitielle qui, selon eux, était évacuée par les fosses nasales. Dans le siècle dernier, les anatomistes étaient tellement persuadés de la présence de ce liquide sur tous les cadavres, qu'ils regardaient comme exceptionnels les cas où on ne le rencontrait pas : à recenlissimis cadaveribus abest nonnunquam, dit Haller, à l'occasion d'une observation de Verduc portant sur un individu décapité. Mais l'opinion des anatomistes du dixhuitième siècle différait de celle des anatomistes anciens en ce sens qu'ils considéraient le liquide ventriculaire comme un produit cadavérique, résultant de la condensation, par le froid, de la vapeur qui, suivant eux, existait seule sur le vivant. Cette vapeur, dont l'unique usage était de s'opposer à l'adhésion des parois opposées des ventricules, ils la comparaient à celle que présentent la plèvre, le péricarde et le péritoine sur l'animal vivant. Magendie a établi par