OU DES NERFS
Les nerfs, organes de transmission des impressions sensitives et des incitations motrices, se présentent sous l'aspect de cordons blancs ou grisâtres qui, par une de leurs extrémités {extrémité centrale), tiennent au centre nerveux encéphalo médullaire, et qui, par l'autre extrémité (extrémité périphérique), plongent dans les organes ; c'est par eux que les organes centraux du système nerveux communiquent avec les diverses parties de l'organisme.
Tous les nerfs se détachent symétriquement à droite et à gauche du centre en céphalo-médullaire : ils naissent donc par paires. Ils présentent, d'ailleurs, de nombreuses différences relativement à leur origine, leur trajet, leur distribution, leur constitution et leurs usages. Ces divers points de vue ont servi de base aux classifications des nerfs qui ont été successivement proposées.
C'est Willis qui, le premier, eut l'idée de séparer les nerfs du mouvement volontaire de ceux du mouvement involontaire (1). Bichat s'empara en maître de cette idée, déjà fécondée par Winslow et Reil, la développa jusque dans ses moindres détails et s'appropria, en quelque sorte, la distinction des nerfs en ceux de la vie organique et en ceux de la vie animale. Les nerfs céphalo-rachidiens constituent le système nerveux de la vie animale ; le grand sympathique forme, à lui seul, le système nerveux de la vie organique. Ce dernier consiste en une série de ganglions ou de petits centres, distincts les uns des autres, distincts du cerveau et unis entre eux par des cordons nerveux auxquels on a donné le nom de nerfs ganglionnaires.
Bien que l'idée fondamentale sur laquelle repose la division de Bichat, c'est-à-dire l'indépendance absolue du système nerveux de la vie animale et du système nerveux de la vie organique, soit contraire à l'observation anatomique et physiologique, cette division est encore aujourd'hui généralement admise. Elle est, d'ailleurs, extrêmement commode pour la description et doit, par conséquent, être conservée. Nous étudierons donc successivement les nerfs qui naissent directement de la moelle et de l'encéphale ou nerfs encéphalo-médullaires, et ceux qui, se rattachant moins directement à ces organes centraux, constituent par leur ensemble le système du grand sympathique.