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SECTION I. — NERFS ENCÉPHALO-MÉDULLAIRES

§ I. — CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES

\. Classification. — Confondus d'abord, en raison de leur aspect, avec les tendons et les ligaments, sous le nom Reparties blanches, ces nerfs en furent

(1) Willis faisait dériver du cerveau les actes volontaires ou spontanés (actus spontanei), et du cervelet les mouvements et fonctions soustraits à l'empire de la volonté et de la conscience {functiones involuntares).

NERFS ENCÉPHALO-MÉDULLAIRES.

distingués par Hérophile et surtout par Galien. Leur division en nerfs encéphaliques ou crâniens, qui sortent par les trous de la base du crâne, et en nerfs médullaires ou rachidiens, qui traversent les trous de conjugaison de la colonne vertébrale, est si naturelle qu'elle s'est offerte aux premiers anatomistes qui se sont occupés du système nerveux.

La plupart de ces nerfs naissent des centres nerveux par une série de radicules, qui se réunissent, après un trajet plus ou moins long, pour former des cordons, lesquels traversent, les uns, les trous de conjugaison de la colonne vertébrale, les autres, les trous de la base du crâne. Les premiers présentent, à leur origine, une disposition fort simple : autant de trous de conjugaison de chaque côté, autant de paires nerveuses rachidiennes parfaitement distinctes. Il n'en est pas de môme des nerfs qui traversent les trous de la base du crâne, trous dont les analogies avec les trous de conjugaison n'ont pu être saisies par les anciens anatomistes. Les nerfs crâniens ont donc dû offrir quelques difficultés dans leur classification. Marinus, dont l'ouvrage a été longtemps classique, admettait 7 paires crâniennes seulement, parmi lesquelles il ne comprenait ni le nerf olfactif, ni le nerf pathétique. Achillini, le premier, décrivit ce dernier comme un nerf spécial. Massa classa le ruban olfactif parmi les nerfs.

Willis, après avoir distingué les nerfs en nerfs crâniens, qui naissent de la moelle allongée (pour Willis, la moelle allongée s'étend jusqu'aux corps striés) et en nerfs rachidiens, qui proviennent de la moelle épinière, divisa les nerfs crâniens en 10 paires, y compris le nerf sous-occipital ; il admit également, comme ses prédécesseurs, 30 paires de nerfs rachidiens, et considéra le grand sympathique comme constituant la 41e paire. Voici comment Willis classa les nerfs crâniens :

Nerfs crâniens et nerfs rachidiens.

Classification anatomique.

Classification de Willis.

1" paire crânienne :

nerfs olfactifs.

nerfs optiques.

nerfs moteurs oculaires communs.

nerfs pathétiques.

nerfs trijumeaux.

nerfs moteurs oculaires externes.

nerfs faciaux et auditifs réunis.

nerfs pneumogastriques, glosso-pharyngiens et spinaux

ou accessoires.

nerfs grands hypoglosses.

nerfs sous-occipitaux.

Cette dernière paire, que Haller avait, avec tant de raison, classée parmi les nerfs rachidiens, a été tour à tour et arbitrairement portée et reportée dans l'une ou l'autre catégorie.

Sœmmering, frappé de certains vices de cette classification, dédoubla la 7e paire, dont il fit deux paires distinctes, la 7e paire ou les nerfs faciaux et la 8e paire ou les nerfs auditifs ; il subdivisa la 8e paire de Willis en trois paires, savoir: la 9e paire ou les nerfs glosso-pharyngiens, la 10e paire ou les nerfs pneumogastriques, et la 11e paire ou les nerfs spinaux ou accessoires. Ces modifications (1) sont aujourd'hui généralement adoptées.

(1) Les modifications introduites par Sœmmering dans la classification de Willis sont fondées, en ce qu'elles séparent des nerfs dont les fonctions et la distribution sont aussi

Sœmmering.

NÉVROLOGIE.

Voici donc l'ordre dans lequel nous décrirons les nerfs crâniens (1]

Ge

paire : nerfs olfactifs.

— nerfs optiques.

— nerfs moteurs oculaires communs.

— nerfs pathétiques.

— nerfs trijumeaux.

— nerfs moteurs oculaires externes.

— nerfs faciaux.

— nerfs auditifs.

— nerfs glosso-pharyngiens.

— nerfs pneumogastriques.

— nerfs spinaux ou accessoires.

— nerfs grands hypoglosses.

Nerfs sensitifs et nerfs moteurs.

Cb. Bell.

ciassifica- Au point de vue physiologique, la distinction si naturelle des nerfs en nerfs tion physîo- de sentiment et en nerfs de mouvement remonte àÉrasistrate, qui faisait dériver des méninges tous les nerfs du sentiment, du cerveau et du cervelet tous les nerfs du mouvement. Souvent reproduite et toujours abandonnée, cette classification n'a pris racine dans la science que du moment où l'expérimentation directe eut confirmé les prévisions du raisonnement.

Charles Bell, ayant constaté par des expériences la différence fonctionnelle du nerf facial et du nerf trijumeau, dont le premier est affecté au mouvement et le second au sentiment, eut l'idée de rechercher s'il n'existait pas quelque chose d'analogue dans les autres parties du corps. Or, les nerfs rachidiens naissant tous par deux ordres de racines, les unes antérieures, les autres postérieures (2), il se demanda si cette double origine n'aurait pas pour but de réunir dans un même nerf une double propriété. Des expériences furent instituées, qui confirmèrent les prévisions de l'ingénieux physiologiste. Vinrent ensuite les expériences de Magendie, de J. Mùller (3) et de Longet (4), qui rédistinctes que celles du facial et de l'auditif, nerfs qui n'avaient été réunis que parce qu'ils s'engagent dans le même conduit de la base du crâne, le conduit auditif interne. Elles sont bien moins rationnelles quant à la séparation du glosso-pharyngien, du pneumogastrique et du spinal, qui ont entre eux des connexions intimes relativement à leur origine et à leur distribution, et qui semblent ne constituer réellement qu'une seule et même paire.

(1) Il serait peut-être plus philosophique de dénommer et de décrire les nerfs crâniens en procédant d'arrière en avant, de telle manière que les nerfs grands hypoglosses constitueraient la première paire, et les nerfs olfactifs, la dernière. L'analogie non contestée qui existe entre les nerfs crâniens postérieurs et les nerfs rachidiens et, d'ailleurs, l'exemple de J.-F. Meckel, justifieraient pleinement cette innovation.

(2) Gall avait pensé que les racines postérieures des nerfs rachidiens président à l'extension, les racines antérieures, à la flexion du tronc et des membres, et il expliquait par le volume plus considérable des premières la prédominance de l'extension sur la flexion.

(3) Les expériences de J. Miiller ont toutes été faites sur des grenouilles : le courant galvanique porté sur les racines antérieures détermine des secousses convulsives dans les muscles correspondants ; porté sur les racines postérieures, il ne donne lieu à aucun mouvement. Mùller rendit cette démonstration plus évidente encore en coupant, à gauche, les racines postérieures des nerfs destinés aux pattes de derrière, et à droite les racines antérieures des mêmes nerfs : le sentiment fut aboli à gauche, et le mouvement à droite.

(4) Les expériences de Longet ont été pratiquées sur des chiens.

NERFS ENCEPHALO-MEDULIAIRES.

pandirent sur ce sujet une si vive lumière, que la plupart des physiologistes modernes ont admis avec eux que les racines postérieures des nerfs rachidiens sont affectées au sentiment, et les racines antérieures au mouvement.

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