NERFS ENCEPHALO-MEDULLA.IRES
ganglion d'Andersh. Leur consistance est ferme et élastique ; à l'état frais, ils sont translucides jusqu'à un certain point.
Les ganglions des nerfs de la vie de relation doivent être distingués en ceux qui appartiennent aux nerfs rachidiens et ceux qui sont annexés aux nerfs crâniens. Les premiers offrent dans leur siège et dans leurs rapports des caractères constants, qui permettent de les décrire d'une manière générale : on les désigne sous le nom collectif de ganglions spinaux; placés sur le trajet des racines postérieures ou sensitives des nerfs rachidiens, ils se trouvent au niveau des trous de conjugaison qui livrent passage à ces nerfs. Les seconds, bien que moins réguliers dans leur disposition, ont cependant avec les premiers une certaine analogie, en ce sens qu'on ne les observe que sur le trajet des nerfs crâniens sensitifs : pneumo-gastrique, glosso-pharyngien, portion sensitive du trijumeau (1). Outre le ganglion de Gasser, appartenant au tronc de ce dernier nerf, on trouve un petit groupe de ganglions qui sont en rapport avec ses diverses branches : ce sont les ganglions ophthalmique, sphéno-palatin, otique, sous-maxillaire et sublingual. Reliés par des filets nerveux au ganglion cervical supérieur du grand sympathique, ils pourraient tout aussi bien être rattachés aux ganglions de ce dernier nerf, dont ils partagent la texture.
Tous ces ganglions sont situés à l'origine des nerfs crâniens ou le long de leurs branches. Mais il en est d'autres, bien moins volumineux, que l'on rencontre au voisinage de leur terminaison et auxquels on peut donner le nom de ganglions 'périphériques. La plupart sont formés d'un nombre très-restreint de cellules nerveuses: tels sont les ganglions qu'on rencontre sur les filets terminaux du nerf lingual.
8° Texture des nerfs. — Prochaska est le premier qui ait jeté quelque jour sur la texture des cordons nerveux et prouvé qu'ils consistent dans de véritables plexus. Reil ne s'est pas contenté d'étudier la disposition plexiforme des cordons nerveux; il s'est surtout occupé de leur structure, et, s'il n'est pas parvenu à des résultats exacts sur cette question, c'est qu'il a pris pour type des nerfs le nerf optique, qui offre précisément une structure exceptionnelle.
Tout nerf est un plexus qu'enveloppe une gaîne fibreuse commune. Si l'on incise cette gaîne et si on écarte, en lacérant le tissu cellulaire, les petits cordons qui constituent tout nerf, on voit que ces cordons, qui semblaient au premier abord parallèles et simplement juxtaposés, s'anastomosent entre eux de mille manières et forment un plexus extrêmement compliqué. On reconnaît, en outre, que ces petits cordons sont d'un volume très-inégal, non-seulement dans les différents nerfs, mais encore dans le même nerf; c'est dans les nerfs appartenant au pneumo-gastrique et au grand sympathique que se trouvent les cordons les plus petits ; c'est dans les nerfs des membres qu'on rencontre les plus considérables.
Si l'on étale sur une plaque de cire les troncs nerveux dont on aura ainsi dissocié les cordons ou filets, en les fixant de distance en distance à l'aide d'épingles, on pourra s'assurer de l'impossibilité absolue de les suivre à
(1) Il est à remarquer, cependant, que le ganglion géniculé, placé sur le trajet du facial, est considéré par plusieurs physiologistes comme appartenant véritablement aux fibres motrices de ce nerf. D'autre part, quelques anatomistes affirment avoir rencontré des corpuscules ganglionnaires sur le trajet du nerf moteur oculaire commun et de l'hypoglosse. Les nerfs cardiaques, d'ailleurs, et peut-être tous les nerfs vaso-moteurs, offrent des exemples incontestables de tubes moteurs présentant des ganglions sur leur trajet.
Cruveilhier et Sée, 5e édition. 111. — 3 3
Consistance.
Ganglions spinaux.
Ganglions périphériques.
Texture des nerfs.
Tout nerf
est un plexus.
NEVROLOGIE.
Structure
des cordons
nerveux.
Tubes nerveux.
Xévrilème.
travers leurs divisions successives et la multiplicité de leurs combinaisons.
Tous les cordons nerveux appartenant au système encéphalo-rachidien, ainsi que leurs ramifications, à l'exception de quelques nerfs sensoriaux, dont il a été question à l'occasion des organes des sens, ont une texture identique et sont formés essentiellement de tubes nerveux à double contour, auxquels du tissu conjonctif à divers états de développement forme des enveloppes ou gaines, connues sous le nom de névrilème.
Les tubes nerveux, placés parallèlement les uns à côté des autres, présentent les caractères que nous avons exposés dans les généralités sur le système nerveux. Leur diamètre varie beaucoup, non-seulement quand on compare entre eux deux cordons différents, mais encore quand on n'envisage que ceux qui composent un même nerf . Ainsi, on rencontre dans la plupart des nerfs des tubes larges, des tubes minces et des tubes d'un calibre intermédiaire. Mais les proportions de ces divers ordres de tubes ne sont pas toujours les mêmes ; les tubes larges sont en majorité dans les rameaux destinés aux muscles, les tubes minces dans ceux qui vont à la peau. D'après Bidder et Volkmann, le nombre des tubes minces est à celui des tubes larges, dans les nerfs cutanés, :: 1,1:1; dans les nerfs musculaires :: 0, 1 — 0, 33 : 1. Les nerfs des os contiennent 1/3 de tubes larges et 2/3 de tubes minces; ceux des articulations, des tendons, des membranes fibreuses, renferment surtout des tubes minces. Mais, au voisinage de leur terminaison, tous ces tubes, perdant graduellement de leur calibre, deviennent également fins et se continuent fréquemment avec des tubes à simple contour. Ils présentent aussi à ce niveau, comme nous l'avons dit plus haut, de véritables divisions, ainsi que des anastomoses entre leurs branches de bifurcation.
Les tubes nerveux, juxtaposés simplement et indépendants les uns des autres dans tout leur trajet, sont réunis en faisceaux de divers ordres par un système de gaines dont l'ensemble constitue le névrilème. Il existe une gaine commune pour chaque nerf ; en outre, chacun des petits cordons dont il se compose est pourvu d'une gaine propre, et ces petits canaux névrilématiques se divisent, se subdivisent et s'anastomosent comme les petits cordons nerveux euxmêmes.
Les canaux névrilématiques sont constitués par du tissu conjonctif dense et serré ; leur aspect resplendissant, qui les a souvent fait confondre avec les tendons, leur résistance, leur inextensibilité, leur faible vitalité, sont des caractères qu'ils partagent avec les autres organes formés de tissu fibreux. Les canalicules névrilématiques contenus dans la gaine commune sont unis entre eux et à cette dernière par un peu de tissu conjonctif lâche. Chacun d'eux renferme un certain nombre de tubes nerveux, qu'il réunit en un faisceau unique; souvent plusieurs de ces faisceaux primitifs reçoivent une gaine commune, plus ou moins marquée, qui les réunit en un faisceau secondaire.
Il suit de cette disposition que, sur une section transversale d'un nerf, la face interne du névrilème commun semble fournir des prolongements qui constituent les névrilèmes secondaires.
Dans les ramuscules terminaux, qui souvent ne renferment qu'un très-petit nombre de tubes nerveux, ou même qu'un seul, le névrilème se réduit à une gaine amorphe, dans laquelle sont disséminés de nombreux noyaux ; la même constitution s'observe dans les gaines délicates qui, au milieu d'un tronc nerveux, enveloppent un ou deux tubes seulement, rarement davantage, et aux-
NERFS ENCÉPHALO-MÉDULLAIRES.
quelles on a donné le nom depérinèvre. Suivant Kœlliker, il s'agirait là, non de tissu conjonctif proprement dit, mais d'éléments celluleux aplatis et fusionnés, comme ceux qui composent la paroi des vaisseaux capillaires : ces petites gaines devraient donc être placées dans la catégorie des faux épithéliums.
Les portions du névrilème qui sont formées de tissu conjonctif fibrillaire renferment de nombreuses fibres élastiques fines, anastomosées entre elles en forme de réseau.
Les cordons nerveux d'un certain volume reçoivent des vaisseaux sanguins en petit nombre, dont les ramifications principales, parallèles à la direction des tubes, sont unies entre elles par des branches transversales ; il en résulte un réseau de capillaires très-fins, réseau à larges mailles, qui entoure les faisceaux de tubes nerveux, sans pénétrer dans leur intérieur.
Les ganglions spinaux sont formés essentiellement de cellules nerveuses et de fibres nerveuses.
Les cellules nerveuses, appelées aussi globules ganglionnaires, sont analogues, en général, à celles que nous avons décrites à l'occasion du système nerveux central. Leurs dimensions varient entre 0mm,03 et 0mm,09;la plupart mesurent 0mm,05à0mm,07 dans leur plus grand diamètre. Elles renferment une substance finemenJ; granulée, présentant souvent, au voisinage du noyau, des granulations pigmentaires jaunes ou grisâtres. Leur noyau a 0mm,02, et leur nucléole, 0mm,002 à 0mm,004.
Les cellules nerveuses ne sont pas uuiformément répandues dans les ganglions spinaux; elles sont plus abondantes à la surface, immédiatement audessous de l'enveloppe fibreuse ; mais on en trouve aussi profondément, réunies en petits amas entre les faisceaux de tubes.
La plupart des cellules des ganglions spinaux sont munies de prolongements pâles, de 0mm,004, à 0ram,006 de largeur, analogues à ceux des cellules des centres nerveux, mais entourés d'une gaine à noyaux qui est la continuation de l'enveloppe des cellules. Ces prolongements se continuent avec un véritable tube nerveux à contours opaques. Le plus souvent, d'après Kœlliker, il n'y a qu'un seul prolongement à chaque cellule [cellules unipolaires) ; mais quelquefois il y en a deux, ou même plusieurs. Dans le premier cas, le tube nerveux né de la cellule paraît se diriger vers la périphérie et cheminer dans le rameau efférent du ganglion, dont le volume devient parla plus considérable que celui du rameau afférent; dans le second cas, il est difficile de dire, dans l'état actuel de nos connaissances, quelle est la direction que prennent les tubes nerveux qui font suite à ces divers prolongements. Il ne paraît pas y avoir, dans les ganglions spinaux, des cellules multipolaires à prolongements ramifiés, comme on en rencontre dans l'encéphale et la moelle. Tous les prolongements semblent se continuer avec des tubes nerveux à double contour, minces d'abord, mais ne tardant pas à s'élargir et à représenter des tubes de moyen calibre ou même des tubes larges.
La question des connexions entre les cellules des ganglions et les tubes nerveux qui les traversent n'est pas encore résolue de la même manière par tous les anatomistes : tandis que les uns, avec R. Wagner et Ch. Robin, admettent que ces cellules sont toutes bipolaires et situées sur la continuité des tubes nerveux, dont elles figurent des espèces de renflements, d'autres, comme Kœlliker, affirment qu'il n'existe dans les ganglions aucun rapport de continuité entre les racines sensitives et les globules ganglionnaires, et que
Périnèvre.
Vaisseaux
sanguins.
Structure des ganglions.
Cellules nerveuses.
Leur distribution.
Prolongements des cellules.
Connexions entre les
cellules et les tubes des
ganglions.
NÉVROLOGIE.
Fibres ganglionnaires.
Enveloppe des
ganglions.
les fibres des racines ne font que traverser les ganglions, réunies en un ou plusieurs faisceaux anastomosés. Néanmoins, la plupart des cellules ganglionnaires sont unies à des fibres nerveuses, dont elles doivent être considérées comme les origines ; ces fibres, auxquelles on peut donner le nom de fibres ganglionnaires, se joignent aux fibres des racines et se distribuent avec elles vers la périphérie.
Les ganglions sont entourés d'une enveloppe, qui se continue avec le névrilème des rameaux afférents et efférents, et qui est formée de tissu conjonctif à fibres feutrées et mélangées de fibres élastiques. Par sa face externe, cette enveloppe adhère lâchement au tissu conjonctif ambiant; de sa face interne partent des cloisons irrégulières qui, en s'unissant entre elles, divisent la cavité qu'elle circonscrit en un grand nombre de loges incomplètes, occupées par les cellules et les tubes nerveux.
Les vaisseaux des ganglions sont bien plus nombreux que ceux des cordons nerveux. Ils forment dans l'enveloppe externe de ces organes un réseau assez serré, d'où partent des branches qui, soutenues par les cloisons de tissu conjonctif, pénètrent dans leur intérieur et constituent autour des cellules nerveuses en particulier un réseau serré de capillaires sanguins.
Préparation des nerfs. — Pour la névrologie, on doit faire choix d'un sujet extrêmement maigre, jeune ou vieux. Les sujets réduits au dernier degré du marasme sont les plus favorables.
La dissection des nerfs rachidiens est facile. Il n'en est pas de même de celle des nerfs crâniens, qui est, sans contredit, la partie la plus ardue de l'anatomie. Pour faciliter cette étude et pour reconnaître sûrement les filets nerveux, qu'il est si souvent arrivé de confondre avec de petits vaisseaux ou de petits fragments de tissu fibreux, j'ai coutume de soumettre la tête à l'action de l'acide nitrique étendu d'eau. Après un certain temps de macération dans l'eau acidulée, je plonge la pièce dans l'eau pure, que je renouvelle de temps en temps : tous les tissus passent, avec le névrilème, à l'état gélatiniforme ; le tissu nerveux seul devient plus blanc et plus consistant, et alors toute erreur est impossible. En outre, les os, privés de leur phosphate calcaire, se laissent couper à la manière des parties molles. J'ai pu, par ce moyen, séparer l'ensemble du système nerveux céphalorachidien du milieu des autres organes et même laisser le grand sympathique attaché au reste de l'arbre nerveux. (Voy. mes planches sur le Système nerveux, Ire livr.)
Disposition générale des nerfs olfactifs.
§ 2. — NERFS CRANIENS.
lre PAIRE OU NERFS OLFACTIFS.
Préparation. — Faire durcir ce nerf au moyen de l'acide nitrique étendu ou de l'acide chromique. Étudier la membrane pituitaire, non par sa surface libre, mais par sa surface adhérente au périoste. C'est entre le périoste et la pituitaire qu'a lieu la distribution du nerf.
Les nerfs olfactifs, nerfs de la première paire crânienne, sont deux rubans blancs et gris qui, nés de la circonvolution la plus reculée du lobe antérieur du cerveau, marchent d'arrière en avant, dans l'anfractuosilé que nous avons décrite sous le nom d'anfractuosité des nerfs olfactifs, sidcus olfactorius, et se renflent à leur partie antérieure pour constituer une espèce de ganglion ou de bulbe, d'où partent ne nombreux filets qui vont se distribuer à la membrane pituitaire (1).
(1) Sur une femme morte hémiplégique, le ruban olfactif d'un côté était notablement moins considérable que le ruban olfactif du côté opposé. Je n'ai pas noté si c'était du côté
NERFS CRANIENS I lre PAIRE.
Fiar. 133.
Examinés au point de vue de leur origine et de leur trajet crânien, les nerfs olfactifs sont des nerfs à part, et leur disposition justifie l'incertitude qui a longtemps régné sur leur véritable caractère. Les anciens les considéraient, non comme des nerfs, mais comme des prolongements du cerveau, qu'ils désignaient sous le nom de carunculae, processus mamillares olfactorii, et auxquels ils donnaient pour usage de servir de couloir aux mucosités de cet organe. Massa, d'après Sprengel, et Zerbi, d'après Haller, les ont, les premiers, rattachés aux nerfs crâniens, sous le titre de première paire. L'anatomie comparée, qui avait probablement suggéré aux anciens leur opinion au sujet de ces nerfs, a montré d'une manière évidente, de môme que l'histoire du développement, que les rubans olfactifs sont une dépendance de l'encéphale, un vestige des lobes olfactifs (1) des animaux. D'après les mêmes anatomistes, et je me rangerais volontiers à cet avis, le nom de nerfs olfactifs devrait être réservé aux file's nerveux qui, émanés du bulbe ethmoïdal, s'épanouissent dans la pituitaire.
a. Origine apparente. — Les nerfs olfactifs proviennent des hémisphères cérébraux, et c'est là un caractère qui leur est exclusivement propre : ce sont les seuls nerfs cérébraux proprement dits. Ils naissent de la circonvolution la plus reculée du lobe antérieur, au devant de la substance perforée de Vicq-d'Azyr, qui limite cette circonvolution en arrière. Cette origine a lieu par un mamelon ou renflement pyramidal, 'pyramide grise, tuber olfactorinm, que l'on considère comme la racine grise du nerf olfactif. Ce renflement ou bulbe grisâtre, qu'on voit très-bien en renversant le nerf d'avant en arrière, se prolonge, comme une traînée linéaire de substance grise, sur la face supérieure du nerf.
Indépendamment de ce renflement gris, si bien décrit par Scarpa,
il existe encore deux ou trois racines blanches, ou plutôt des stries, parfaitement figurées par Yicq-d'Azyr, savoir : la racine externe ou longue, cachée dans la scissure de Sylvius et qui m'a paru provenir de la lèvre postérieure de cette scis-
(*) Lo. fro., 'lobes frontaux écartés l'un de l'autre, pour rendre visible le Gen. c. cal., genou du corps calleux. — N. olf., nerf olfactif. — R. gr. opt., racine grise des nerfs optiques. — Pé. c. cal., pédoncules du corps calleux.
de l'hémiplégie. —Il y avait absence complète d'un des rubans olfactifs et de l'anfractuosité antéro-postérieure correspondante sur le cerveau d'un enfant de huit à neuf ans, qui m'a été montré par M. Bonamy.
(1) Chez un grand nombre d'animaux, on voit, au devant des lobes ou hémisphères cérébraux, une paire de lobes (lobes olfactifs) continus avec les nerfs qui vont se distribuer dans la pituitaire, augmentant et diminuant avec ces nerfs et avec les facultés olfactives. Dans plusieurs espèces animales, les lobes olfactifs sont aussi volumineux, et même plus volumineux que les hémisphères cérébraux proprement dits.
io.fr,:
JV.J/
Clvui
[Les nerfs olfactifs
sont des nerfs à part.
Ils sont le ■vestige des lobes olfactifs.
Origine apparente des nerfs olfactifs.
Renflement ou bulbe d'origine.
Portion antérieure de la base de l'encéphale (d'après L. Hirschfeld) (*).
Stries
blanches ou
racines
blanches
d'origine.
NÉVROLOGIE.
Origine réelle des
nerfs olfactifs.
Racines
blanches
profondes.
Leurs avec la commissure antérieure.
Aspect soyeux et sillonné du ruban olfactif.
Sa forme prismatique et triangulaire.
sure; cette racine, qui a 12 à 15 millimètres de longueur, se dirige d'abord en dedans, puis en avant, en décrivant une courbe à concavité externe ; la racine interne ou courte, plus large que l'externe, moins apparente, qui naît de la circonvolution la plus interne du lobe antérieur, se dirige en avant et en dehors et vient, après un trajet de 5 à 7 millimètres, s'unir à angle aigu avec la racine longue. Souvent, entre ces racines, se voient une, deux ou même trois stries, qui viennent de la portion la plus reculée du môme lobe antérieur. Il serait inutile et fastidieux de décrire toutes les variétés de cette origine.
b. Origine réelle. — Les anatomistes n'ont pas borné leurs recherches à l'origine apparente des nerfs olfactifs : ils ont essayé d'en déterminer l'origine profonde ou réelle. Willis faisait provenir ces nerfs de la moelle allongée; Ridley, du corps calleux ; Vieussens, Winslow et Monro, des corps striés ; Tréviranus fait naître la racine blanche externe de la corne d'Ammon, et M. Luys d'un amas de cellules situé à la partie antérieure de la circonvolution de l'hippocampe.
Si, à l'exemple de Scarpa, on divise le cerveau par une coupe transversale pratiquée au niveau du point de réunion des racines olfactives ; si l'on fait tomber un jet d'eau sur le mamelon pyramidal d'origine; si, enfin, comme Herbert-Mayo, on étudie cette origine sur un cerveau durci par l'alcool, on verra qu'indépendamment des stries blanches superficielles il existe un grand nombre de racines blanches profondes, divergentes, lesquelles m'ont paru provenir de la commissure antérieure, et nullement du corps strié (1), idée déjà émise par Malacarne et adoptée par Meckel.
c. Trajet. — La réunion des racines blanches et grise du nerf olfactif a lieu au niveau du bec du corps calleux et de l'extrémité antérieure du ventricule latéral, dont la cavité se prolonge dans le lobe olfactif chez les animaux et le fœtus. Il en résulte une bandelette aplatie, tronc du nerf olfactif, tractus olfactorius, logée dans l'anfractuosité antéro-postérieure qui lui est destinée (fig. 135) et qui la conduit jusque dans la gouttière ou fosse ethmoïdale, où elle présente un renflement ou bulbe, bulbe ethmoïdal, analogue, à beaucoup d'égards, au renflement ou bulbe d'origine.
Vu inférieurement, le nerf olfactif se présente sous l'aspect d'un ruban plat, de lnjni,5 à 2 millimètres de largeur, sillonné longitudinalement à sa partie moyenne (2). Mais, si on le renverse d'avant en arrière, on voit que ce nerf est prismatique et triangulaire, que ses deux faces latérales, concaves, répondent à l'une et à l'autre des circonvolutions qui limitent le sillon antéro-postérieur, et que son arête supérieure est formée par une traînée linéaire de substance grise
(1) Scarpa dit que les racines profondes viennent d'un cordon blanc placé en avant et au-dessous des corps striés. Herbert-Mayo, dans ses belles planches, a représenté ces racines comme provenant des corps striés. Voir, à ce sujet, la dissertation de Pressât, Observation sur un cas d'absence du nerf olfactif , thèses de Paris, 1837. Dans cet intéressant travail, on trouve consignées et classées toutes les opinions des auteurs sur l'origine profonde du nerf olfactif.
(2) "Willis et Santorini ont noté ce sillon. Scarpa a noté trois sillons, qu'il considère comme répondant à autant de lignes cendrées. Hipp. Cloquet {Anatom. descript.,t.\l, p. 88) renchérit encore sur Scarpa et admet sept stries longitudinales, dont trois grises et quatre blanches. Scarpa a remarqué que la proportion de la substance grise est beaucoup plus considérable chez le fœtus, qu'elle diminue chez l'adulte et que c'est à peine si la substance grise existe chez le vieillard.
NERFS CRANIENS : 1 re PAIRE.
qui unit la substance grise du renflement d'origine à la substance grise du renflement ethmoïdal. Cette arête se perd près du bulbe.
Sa direction est légèrement oblique en avant et en dedans, de telle sorte qu'au niveau de l'ethmoïde les deux nerfs ne sont séparés que par l'épaisseur de l'apophyse crista-galli.
L'arachnoïde se comporte à l'égard de ce nerf d'une manière particulière : au lieu de lui fournir tout d'abord une gaine, elle passe au-dessous de lui et le maintient appliqué contre son sillon protecteur, tandis que la pie-mère passe au-dessus, pour aller tapisser l'anfractuosité correspondante. Ce n'est qu'à quelques millimètres en deçà du renflement ethmoïdal que le nerf se détache entièremeut du cerveau.
Le ruban olfactif de l'homme n'est, d'ailleurs, nullement creusé d'un canal central, comme celui des mammifères. Scemmering et Tiedemann, qui rejettent ce canal chez l'adulte, l'admettent dans le fœtus humain, qui présenterait ainsi transitoirement la disposition permanente des animaux.
d. Bulbe olfactif. — Parvenus au niveau des gouttières ethmoïdales, les nerfs olfactifs, qui ont convergé l'un vers l'autre, se renflent immédiatement en un bulbe olivaire, cendré (tuberculus cinereus, Scemmering), de 8 à 9 millimètres de longueur sur 4 millimètres de largeur. Ce renflement, d'une consistance extrêmement molle, auquel Malacarne, le premier, a donné le nom de ganglion, remplit la gouttière ethmoïdale ; il est arrondi à son extrémité antérieure ; sa face supérieure est plane, sa face inférieure convexe. Il est composé de la manière suivante : au moment où ils vont s'enfoncer dans le bulbe, les filaments blancs qui constituent le ruban ou mieux le prisme olfactif s'écartent à la manière d'une palme et plongent dans l'épaisseur d'une substance grise ou cendrée, qui remplit également leurs intervalles. Cette substance est tout à fait analogue à la substance grise du cerveau et composée de fibres nerveuses et de cellules ganglionnaires : aussi Scarpa, à l'exemple de Malacarne, n'hésitet-il pas à considérer le renflement ethmoïdal comme un ganglion.
La face supérieure, les bords et l'extrémité antérieure du bulbe olfactif, sont libres et tapissés par l'arachnoïde; de sa face inférieure et de son extrémité partent les nerfs olfactifs proprement dits, fila olfactoria, qui vont en divergeant et s'expriment, pour ainsi dire, à travers les trous de la lame criblée de l'ethmoïde (1) pour se distribuer dans la muqueuse des fosses nasales.
Je rappellerai ici que la lame criblée de l'ethmoïde est percée de trous, ou plutôt de divers ordres de canaux qui se ramifient dans l'épaisseur même de cette lame criblée ; que les uns se terminent directement à la voûte ou paroi supérieure des fosses nasales, que les autres se divisent en internes, qui se portent le long de la cloison et dégénèrent en gouttières, et en externes, qui sont creusés sur les cornets supérieur et moyen, et sur la lame quadrilatère située au devant d'eux.
e. Nerfs olfactifs. — Ils naissent du bulbe olfactif par un nombre considérable de faisceaux blancs, 15 à 18 de chaque côté, et pénètrent immédiatement dans
(1) Avant Scarpa, on ne connaissait que les rubans et le bulbe olfactifs; le passage des nerfs olfactifs à travers les trous de la lame criblée, leur distribution dans l'épaisseur de la pituitaire étaient à peine indiqués. L'anatomie comparée me paraît établir de la manière la plus positive que les rubans olfactifs et le bulbe ethmoïdal ne sont autre chose qu'un prolongement du cerveau, et que les nerfs olfactifs proprement dits ne commencent qu'à partir du bulbe ethmoïdal lui-même.
Disposition de l'arachnoïde et
de la pie-mère.
Le ruban
olfactif
n'est pas
canaliculé.
Bulbe
olfactif.
Nerfs
olfactifs
proprement
dits.
Trous et canaux
de la lame criblée de l'ethmoïde.
Les nerfs olfactifs s'expriment à travers les trous
de la lame criblée.
NEVROLOGIE.
Terminaison des
nerfs olfactifs.
Structure
les trous de lame criblée, en se divisant et se ramifiant comme les canaux osseux dont ces trous sont les commencements. La dure-mère fournit à chacune
des divisions une gaîne qui sou-
leur mollesse. Tous ces nerveux se partagent en
Distribution des nerfs olfactifs sur la cloison des fosses nasales.
tient
deux plans, dont l'interne couvre 'T^M&êWWff la cloison' 1' exteme, la paroi ex-
terne des fosses nasales. Le premier est formé de 8 à 10 faisceaux divergents, dont les antérieurs se portent d'arrière en avant, les moyens, verticalement en bas, les postérieurs, d'avant en arrière. Chacun de ces faisceaux, qui s'anastomosent entre eux, s'étale en un pinceau de filaments. Le plan externe est constitué par 5 à 8 faisceaux, logés d'abord dans les gouttières creusées sur la face interne des masses latérales de l'ethmoïde, puis sur les cornets supérieur et moyen. Ils communiquent entre eux par de
nombreuses anastomoses et pré-
Fl£" 137- sentent une dispositionplexi forme.
Ë/ÊÊ . C'est dans la portion supérieure
Pllpi,,;, a, ou olfactive delà pituitaire que
Ijniif A oJf se répandent les divisions des
nerfs olfactifs, dont aucune n'atteint ni le cornet inférieur, ni les orifices des sinus maxillaires, sphénoïdal et ethmoïdaux ; en dedans, ils ne vont pas au delà, de la partie moyenne de la cloison ; en dehors, ils ne dépassent pas le cornet moyen (1).
Quant à la terminaison définitive des filets olfactifs , nous avons vu (t. II, p. 587) qu'elle se fait par des organes spéciaux, disséminés entre les cellules épithéliales de la muqueuse olfactive, et auxquels M. Schultze a donné le nom de cellules olfactives.
f. Structure. — De la réunion des racines blanches du nerf olfactif résulte une couche défibres nerveuses deOmm,25 à 0mm,5 d'épaisseur, qui occupe la face infé-
(1) Chez les mammifères, et en particulier chez le cheval, on voit un cordon émané du nerf olfactif se porter en bas et en avant, le long de la cloison, parallèlement au nerf naso-palatin, au devant duquel il est situé, et se terminer dans cette petite cavité incisive située dans l'épaisseur de la voûte palatine des animaux, et que Jacobson a cru être lesiége d'un sixième sens.
■ -ùwm
Distribution des nerfs olfactifs sur la paroi externe des fosses nasales.
NERFS CRANIENS : 2 e PAIRE.
rieure du nerf, tandis que la substance grise se trouve au-dessus d'elle et ne forme qu'un revêtement très-mince sur la face inférieure de la couche des fibres.
Les fibres des nerfs olfactifs sont réunies en faisceaux par des gaines de substance conjonctive amorphe, renfermant de nombreuses cellules anastomosées. Ce sont des tubes aplatis, de 0mm,004 à 0mm,006, pâles, finement granulés, formés d'une enveloppe transparente, dans laquelle sont disséminés de nombreux noyaux allongés, et d'un contenu homogène, visqueux, dans lequel M. Schultze a cru reconnaître des fibrilles extrêmement minces. Les fibrilles, suivant le môme auteur, se dégageraient de leur enveloppe au niveau de la terminaison des nerfs et entreraient en connexion avec les cellules olfactives.
La substance grise est formée d'une matière granuleuse renfermant des noyaux et de petites cellules et traversée par des fibres longitudinales. En passant dans le bulbe, les faisceaux de fibres s'étalent en largeur ; les plus superficielles passent sous une masse de plus en plus considérable de substance grise qui s'appose à la face inférieure du nerf et qui renferme de nombreux grains d'un volume assez considérable. De cette couche fibreuse inférieure partent les faisceaux de fibres des rameaux qui s'engagent dans les trous de la lame criblée. Elles diffèrent des fibres situées plus haut en ce qu'elles manquent de myéline et qu'elles sont couvertes de noyaux allongés. Elles ont, du reste, un trajet onduleux et s'entre-croisent fréquemment dans tous les sens.
g. Usages. — Les nerfs olfactifs sont les organes de l'olfaction. Leur distribution établit que la faculté olfactive réside essentiellement et exclusivement dans la portion supérieure des fosses nasales. Le rôle delà 5e paire dans l'olfaction paraît se réduire à donner à la pituitaire la sensibilité générale.
Aucun fait positif n'établit que la 5e paire préside à la faculté olfactive ; un grand nombre de faits, au contraire, démontrent que l'olfaction est abolie toutes les fois que les rubans olfactifs et les bulbes ethmoïdiaux ont été détruits ou fortement comprimés par le développement de quelque tumeur (1).
Fibres.
Substance
Usages des
nerfs
olfactifs.