‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 216 sur 282 · MM M · texte numérisé non relu

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Face inférieure de l'encéphale [d'après L. Hirschfeldi {*)

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J'ai cherché à résoudre la question anatomiquement. Quelques observateurs solution avaient cru voir qu'au sortir du ganglion spinal il s'opérait un mélange intime anatomique des filets provenant des deux ordres de racines, à tel point que le plus petit blême, filet nerveux contenait à la fois une racine antérieure et une racine postérieure. Tout ce que j'ai pu constater, c'est une intrication et jamais une com-

(*) L. front., lobe frontal du cerveau. — Scis. Sylv., scissures de Sylvius. — Tub. cin., tuber cinereum. — Tub. mam., tubercules mamillaires. — Péd.céréb., pédoncule cérébral. — Prot. ann., protubérance annulaire. — Pyr. ant., pyramide antérieure. — C. rest., corps restiforme. — Cerv ., cervelet. — L.ocei., lobe occipital du cerveau. — Verni, inf., vermis inférieur. — N. hyp., nerf hypoglosse. — N. spin., nerf spinal. — N.pn. gastr., nerf pneumogastrique. — N. gl. phar., nerf glosso-pharyngien. — N. acoust., nerf acoustique. — N.facL, nerf facial. — N. mot.ext., nerf moteur oculaire externe. — N. trij., nerf trijumeau. — N.path., nerf pathétique. — N. mot. comm., nerf moteur oculaire commun. — N. opt., nerf optique. — Lob. sph,, lobe spénoïdal du cerveau. — N. olf., nerf olfactif. — *, circonvolution interne de l'olfactif.

NEVROLOGIE.

Wallcr.

Nerfs mixles.

Division physiologique des nerfs

Origine des nerfs.

Apparente ou superficielle.

binaison régulière de filets. D'autre part, pour rendre la dissection plus facile et plus probante, j'ai plongé une portion de sujet dans de l'eau chargée d'acide nitrique: le ncvrilèmedes nerfs détruit, j'ai essayé de suivre jusqu'à leur origine des filets nerveux, soit cutanés, soit musculaires. Mais cela m'a été impossible, tant sont multipliées les combinaisons à travers lesquelles passent les filaments nerveux dans leur trajet le long des cordons nerveux.

Le problème serait résolu, s'il était démontré anatomiquement que les filets nerveux qui se perdent dans la chair musculaire vont exclusivement se continuer avec les racines antérieures, tandis que les filets cutanés iraient exclusivement se continuer avec les racines postérieures. Jusqu'à présent cette démonstration anatomique a été impossible (I).

Mais ce que l'anatomien'apu faire, l'expérimentation physiologique a réussi à le produire d'une manière non moins probante, au moyen de sections nerveuses opérées sur des animaux vivants. A la suite de ces sections, dont Waller a eu le premier l'idée, les tubes nerveux détachés de leur centre trophique subissent des altérations qui permettent de les suivre anatomiquement à travers toutes les combinaisons et associations par lesquelles ils peuvent passer, depuis leur origine jusqu'à leur terminaison. Or, tout ce qu'on a pu observer par ce moyen concorde parfaitement avec la théorie de Ch. Bell.

Distincts à leur origine, les nerfs du sentiment et du mouvement, à quelques exceptions près, se mêlent, se réunissent, sans se confondre, sous une enveloppe commune, pour constituer ce qu'on appelle des nerfs mixtes, c'est-à-dire des nerfs à la fois conducteurs du sentiment et du mouvement, qui jouissant de cette double propriété durant tout leur trajet. Mais, au voisinage de leur terminaison, le départ s'opère de la manière la plus complète: les filets nés des racines postérieures vont aux surfaces sensibles, les filets émanés des racines antérieures se rendent aux muscles ; en sorte que la distinction des deux ordres de filets, si remarquable à l'origine, se retrouve à la terminaison des nerfs.

La division des nerfs en nerfs du sentiment et en nerfs du mouvement ne s'applique pas seulement aux nerfs rachidiens : elle s'étend aussi aux nerfs crâniens. Dans la catégorie des nerfs du sentiment se rangent : 1° les nerfs sensitifs spéciaux : olfactif, optique et auditif; 2° les nerfs sensitifs généraux: trijumeau (portion ganglionnaire), glosso-pharyngien et pneumogastrique (2). La catégorie des nerfs crâniens moteurs comprend les nerfs moteur oculaire commun et pathétique, la portion non ganglionnaire du trijumeau, les nerfs facial (3), moteur oculaire externe, spinal et grand hypoglosse.

2° Origine des nerfs. — Pendant longtemps on ne connaissait d'autre origine des nerfs que le point des organes centraux où ils deviennent visibles à l'extérieur. Mais on ne tarda pas à s'assurer que cette origine était simplement

(1) Encore faut-il savoir qu'un certain nombre de tubes sensitifs se perdent dans les muscles ; c'est à ces tubes que nous devons la connaissance des divers états de contraction ou do relâchement des organes contractiles.

(2) Il est à remarquer qu'une des divisions du trijumeau, le nerf lingual, est considérée généralement comme présidant, ainsi que le glosso-pharyngien, au sens du goût. Ces deux nerfs pourraient donc être rangés avec les nerfs sensitifs spéciaux. D'autre part, le pneumogastrique, pour quelques physiologistes, est un nerf mixte, renfermant, dès son origine, une portion motrice.

(3) Pour beaucoup de physiologistes, le nerf facial comprend une portion sensitive.

NEFRS ENCÉPHALO-MÉDULLAIRES.

Réelle

ou

profonde.

Noyaux gris des nerfs.

Origine des nerfs rachidiens.

Des nerfs crâniens.

apparente et que les nerfs pouvaient être suivis dans l'épaisseur de la substance des organes centraux, jusqu'à certaines parties déterminées qui constituent leur origine réelle. Antérieurement à l'application des instruments grossissants aux études anatomiques, le seul but qu'on se proposait dans la recherche de l'origine réelle des nerfs, c'était de rattacher leurs fibres radiculaires à tel ou tel faisceau ou cordon blanc de la moelle prolongé dans l'encéphale. Mais, aujourd'hui qu'il est reconnu que les cellules de la substance grise sont les véritables points de départ de tous les tubes nerveux, déterminer l'origine réelle d'un nerf, c'est préciser le noyau gris dans lequel prennent naissance ou auquel aboutissent les fibres dont ce nerf se compose.

Rien de plus facile que de déterminer l'origine apparente des nerfs : le plus simple examen permet de constater qu'ils partent de l'axe cérébro-spinal par des radicules, ordinairement multiples, qui se réunissent plus ou moins rapidement en un tronc commun. Les paires nerveuses qui proviennent de la moelle naissent toutes, d'une manière régulière et uniforme, par deux séries de racines, l'une antérieure, l'autre postérieure, émergeant des prétendus sillons collatéraux antérieurs et postérieurs que nous avons fait connaître en étudiant cette tige nerveuse. Nous avons vu aussi que toutes ces racines, ou du moins un grand nombre d'entre elles, en pénétrant dans la moelle, croisent la direction des tubes nerveux qui composent les cordons de cet organe, dont elles restent parfaitement distinctes, et s'enfoncent dans les cornes grises antérieures et postérieures, où elles se continuent avec les prolongements des cellules nerveuses de la substance grise.

Tandis que l'origine de tous les nerfs rachidiens a lieu d'une manière uniforme et régulière, celle des nerfs crâniens semble échapper à toute règle, de telle sorte que les nerfs crâniens diffèrent autant les uns des autres, au point de vue de leur origine, qu'ils diffèrent en masse des nerfs rachidiens. Nous verrons cependant que, si l'on fait abstraction des nerfs spéciaux de la tête, c'est-à-dire des nerfs olfactifs, optiques et acoustiques, tous les nerfs crâniens peuvent, jusqu'à un certain point, être rattachés à la loi des doubles racines qui préside à l'origine des nerfs rachidiens, et que la grande différence qui existe entre les nerfs crâniens et les nerfs rachidiens tient à ce que les racines sensitives et les racines motrices des nerfs rachidiens s'unissent intimement entre elles en dehors du ganglion spinal, tandis qu'elles restent, en général, séparées dans les nerfs crâniens. Quant aux tentatives qui ont été faites pour rattacher les nerfs crâniens sensitifs aux prolongements des cordons postérieurs de la moelle, et les nerfs crâniens moteurs aux prolongements crâniens des cordons antéro-latéraux de cet organe , ces tentatives ont perdu tout leur intérêt depuis que l'on sait que l'origine réelle des nerfs est dans la substance grise, et non dans les faisceaux blancs de la moelle.

Abstraction faite des nerfs olfactifs et optiques, qui diffèrent de tous les autres, la plupart des nerfs crâniens vont se rendre ou prennent naissance dans cette couche épaisse de substance grise qui couvre le plancher du quatrième ventricule et qui se prolonge sur les parois de l'aqueduc de Sylvius. Il est à remarquer que, dans cette couche de substance grise, les noyaux de cellules nerveuses appartenant à des nerfs moteurs sont situés sur les côtés de la ligne médiane, en dedans, par conséquent, des noyaux appartenant aux nerfs sensitifs.

3° Trajet des nerfs. — Après leur émergence de la moelle, les radicules anté- Trajet.

NÉVROLOGIE.

Tortion intra-rachi-

dienne et

intra-crà-

nienne.

Portion extra-rachidienne.

Plexus, nerveux.

Anastomoses.

rieures des nerfs rachidiens se portent en dehors et convergent pour se réunir en faisceau et traverser l'orifice de la dure-mère qui leur est destiné; les radicules postérieures se réunissent de même en un faisceau qui traverse la duremère par un orifice distinct du premier ; puis les deux faisceaux ainsi formés se confondent en un tronc unique et mixte, qui sort du canal rachidien par le trou de conjugaison.

Cette portion intra-rachidienne des nerfs de la moelle est toujours rectiligne, peu étendue, d'autant plus courte et plus horizontale qu'elle appartient à un nerf naissant à un niveau plus élevé. Les nerfs crâniens présentent beaucoup de variétés quant à leur trajet intra-crânien ; ceux des six dernières paires et le trijumeau se rapprochent beaucoup, à cet égard, des nerfs rachidiens, à part cette circonstance qu'ils ne présentent point d'une manière aussi nette une double série dei^adicules. Les nerfs olfactifs, optiques, moteurs oculaires communs, pathétiques et moteurs oculaires externes, se font remarquer par la longueur de leur trajet intra-crânien et par leur direction antéro-postérieure. En outre, les nerfs optiques et pathétiques s'enroulent autour des pédoncules cérébraux dans la première portion de ce trajet.

Sortis de la cavité céphalo-rachidienne, les nerfs vont se rendre aux divers organes auxquels ils sont destinés, après avoir fourni tous ou presque tous un rameau au système du grand sympathique. Lorsque les parties auxquelles ils doivent se distribuer sont peu complexes, la disposition des nerfs est fort simple (ex.: les nerfs des parois thoraciques et abdominales) ; lorsqu'au contraire ces parties sont complexes, les nerfs présentent une complication proportionnée : c'est ce qui s'observe surtout pour certains nerfs crâniens. Souvent, dans ce dernier cas, ils communiquent entre eux, près de leur origine, pour constituer des plexus (ex.: plexus brachial, plexus sacré, etc.).

Les plexus nerveux, que Bichat considérait comme autant de centres auxquels il faisait aboutir les nerfs d'origine et dont il faisait partir les nerfs de terminaison, sont formés par un certain nombre de branches nerveuses qui se divisent et se subdivisent pour entrer dans des combinaisons nouvelles et constituer un entrelacement presque inextricable. Les plexus opèrent, en général, une combinaison si intime entre les divers éléments qui entrent dans leur composition, qu'il est souvent impossible de déterminer rigoureusement quelles branches d'origine ont concouru à la formation de telle ou telle branche de terminaison. Une branche émanant d'un plexus peut donc appartenir à la fois à tous les nerfs qui concourent à le constituer.

Les plexus des nerfs encéphalo-médullaires ne sont point des anastomoses proprement dites des cordons nerveux ; ils ne contiennent point de substance grise, comme le voulait Monro, et ne servent point d'origine à de nouveaux filets nerveux : ils n'émettent que ce qu'ils ont reçu. L'observation la plus attentive n'y démontre rien autre chose qu'un échange de cordons, de branches et de filaments, lesquels, pour entrer dans de nouvelles combinaisons, n'en restent pas moins indépendants les uns des autres.

Cet échange de tubes nerveux, qui a lieu fréquemment entre cordons voisins, prend le nom d'anastomoses (1). Ces communications ont lieu à angle plus ou

(1) Les anciens, dominés par l'idée qu'il existe un fluide en circulation dans les nerfs, supposaient qu'il y avait mélange des fluides nerveux, à peu près comme il arrive dans les anastomoses vasculaires, où deux colonnes de sang viennent se confondre. Bichat admet aussi ces anastomoses, dans lesquelles il y a, dit-il, non-seulement contiguïté, mais con-

NERFS ENCEPHALO-MEDULLAIRES.

moins aigu ou en anse. Mais l'anatomie de texture nous montre que, dans les anastomoses, il y a simplement juxtaposition des filaments qui arrivent de deux points différents. Elle prouve de la manière la plus péremptoire que les anastomoses ne sont autre chose que de petits plexus; de telle sorte qu'il n'y a, entre les plexus et les anastomoses, d'autre différence que celle du nombre des communications établies entre les cordons, branches et filets nerveux. Les anastomoses, comme les plexus, sont destinées à concentrer l'action de plusieurs nerfs sur un même point, comme sur un centre d'où cette actionpuisse s'irradier sur des parlies nécessairement liées par les usages. Les anses nerveuses que Bichat indique sur tous les points de la ligne médiane du corps, et par lesquelles il croyait pouvoir expliquer le retour du sentiment et du mouvement dans certaines parties du corps frappées de paralysie, n'existent pas. Les seules anastomoses médianes qu'on observe sont celle des deux nerfs pneumogastriques, derrière l'extrémité inférieure de la trachée, celle des deux plexus solaires et celle des nerfs cardiaques. Il est probable que ces anastomoses médianes ont pour objet de permettre aux nerfs d'une moitié du corps de suppléer, au moins en partie, à ceux de l'autre moitié, ou de concentrer sur un point d'un organe impair des filets nerveux provenant des deux moitiés du centre nerveux.

Les nerfs ont, en général, une direction rectiligne, et ne présentent que juste la longueur qu'il leur faut pour aller de leur point d'origine à leur point de terminaison ; de telle sorte que, si les mouvements des membres dépassent leurs limites accoutumées, les nerfs peuvent être le siège de tiraillements funestes. La direction rectiligne est donc inhérente au système nerveux. Cependant il est un grand nombre de nerfs qui se dévient, dans leur trajet, pour décrire un arc de cercle, et même pour se réfléchir sur eux-mêmes dans un sens entièrement opposé à leur direction première. Il en est d'autres qui décrivent des espèces de zigzags, à la manière des artères ; mais ces flexuosités s'effacent dans certaines attitudes ou pendant la distension des organes.

4° Rapports des nerfs. — A leur sortie de la cavité céphalo-rachidienne, les nerfs sont très-profondément situés: ainsi, le plexus brachial est protégé par la ceinture scapulaire, le plexus sacré par la ceinture pelvienne. Les nerfs sont ensuite reçus dans les grands espaces celluleux qui sont ménagés au milieu des membres pour loger et garantir de toute compression les vaisseaux et nerfs principaux.

Dans leur trajet, les nerfs contractent des rapports très-importants avec les vaisseaux, les muscles, les pièces du squelette.

Les nerfs accompagnent, en général, les vaisseaux sanguins. Mais il résulte de la direction rectiligne des nerfs, d'une part, et des déviations fréquentes des artères, d'autre part, que ces deux ordres d'organes s'abandonnent fréquemment et que les mêmes nerfs ne peuvent être, dans toute la longueur de leur trajet, les satellites des mêmes artères. Ainsi, lorsqu'il arrive qu'un tronc artériel se dévie de sa direction première, il existe deux nerfs satellites, l'un pour la première portion, l'autre pour la seconde portion du trajet de cette artère :

tinuité des filets nerveux. Béclard (Anat. génér., p. 659) justifie en ces termes l'expression d'anastomoses, en cherchant à en interpréter le sens : « Il n'y a pas simplement « application des filets nerveux dans les anastomoses, mais véritablement communication « de ces filets, abouchement de leur canal, qui, à la vérité, contient une substance qui « y séjourne, et non un fluide circulant, comme on le croyait autrefois. »

Direction des nerfs.

Situation générale.

Rapports :

Avec les ■vaisseaux sanguins.

510 NÉVROLOGIE.

le nerf crural, par exemple, accompagne l'artère crurale, et le nerf sciatique, l'artère poplitée. Lorsque l'artère se bifurque, il y a souvent un nerf particulier pour chaque division : ainsi, le nerf médian accompagne l'artère humérale ; le nerf radial, l'artère du même nom ; le nerf cubital, l'artère cubitale. 11 suit encore de là que certains nerfs marchent solitaires dans une portion plus ou moins considérable de leur trajet : tel est le grand nerf sciatique, tel est le pneumogastrique.

Du reste, les rapports des nerfs avec les artères sont invariables : aussi les chirurgiens donnent-ils une grande importance à ces rapports. En effet, les nerfs étant plus faciles à apercevoir que les artères, à raison de leur blancheur, une fois que le nerf est mis à découvert, on arrive immédiatement à l'artère. Il importe, d'ailleurs, de déterminer avec beaucoup d'exactitude quels sont les nerfs qui sont contenus dans la même gaine que les artères correspondantes, et quels sont ceux qui sont situés en dehors de cette gaine.

Indépendamment du gros tronc nerveux qui leur sert de satellite, les artères sont encore accompagnées par des filets nerveux qui leur sont accolés, qui échappent par leur ténuité à l'œil et à l'instrument du chirurgien et qu'il est bien difficile d'en séparer. Ce sont ces filets, qu'on doit considérer en partie comme les nerfs propres des artères, qui rendent la ligature d'une artère constamment douloureuse dans les opérations chirurgicales. Nous en reparlerons à l'occasion des nerfs vaso-moteurs.

Les veines étant généralement plus superficielles que les artères, et les nerfs étant situés en dehors des veines, le chirurgien rencontrera souvent sous son bistouri d'abord le nerf, puis la veine, et enfin l'artère. Telle est, par exemple, la disposition qui existe dans la région poplitée. Avec les Les nerfs volumineux cheminent dans les grands interstices celluleux qui muscles, séparent les muscles des diverses régions ; leurs branches occupent les interstices des muscles de chaque région en particulier; leurs rameaux sont situés entre les faisceaux d'un même muscle ; leurs ramifications terminales, enfin, pénètrent dans l'épaisseur des faisceaux musculaires.

La direction générale des nerfs est donc parallèle à celle des fibres musculaires. Ce n'est qu'au voisinage de leur terminaison que les nerfs prennent une direction oblique ou même perpendiculaire relativement à l'axe du corps charnu des muscles dans lesquels ils se perdent.

Au lieu de parcourir les espaces intermusculaires, il est des nerfs qui traversent certains muscles : ainsi, le musculo-cutané du bras passe au travers du muscle coraco-brachial; le spinal, au travers du muscle sterno-cléidomastoïdien ; le sous -occipital, au travers du muscle trapèze. Avec Après leur sortie du canal céphalo-rachidien, les nerfs s'éloignent, en géné-

îes os. ra^ rïgg pjcces ,ju squelette, dont ils sont séparés par des plans musculeux plus ou moins épais, destinés aies protéger. Il est cependant des exceptions à cette règle: les nerfs intercostaux sont logés dans la gouttière du bord inférieur des côtes; le nerf radial, le nerf circonflexe, s'enroulent, l'un, autour du corps de l'humérus, l'autre, autour du col anatomique de cet os ; le nerf sous-orbitaire, le nerf dentaire inférieur, le facial, l'acoustique, parcourent des canaux creusés dans l'épaisseur des os. Ces rapports directs avec le système osseux exposent les nerfs à des lésions graves dans les cas de fracture ou de déplace- „• , .. ment des os.

Distribution. b° Distribution des nerfs. — Dans leur trajet, les nerfs ne se divisent pas, à la

NERFS ENGÉPHALO-MÉDULLAIRES. 51 t

manière des vaisseaux, en branches, rameaux et ramifications, mais ils émettent, chemin faisant et successivement, des branches qui se distribuent dans les diverses régions qu'ils traversent, et ils s'épuisent ainsi par degrés, jusqu'à ce que, réduits eux-mêmes à l'état de filets, ils se terminent de même. La division des nerfs ne se fait point par ramification, mais par séparation ou émission.

Une circonstance qui a frappé tous les anatomistes, c'est que les nerfs ne diminuent pas de volume en proportion des filets qui s'en détachent; il en est même dont le volume semble augmenter après l'émission de plusieurs faisceaux. Cette singularité apparente s'explique, non par l'addition de nouveaux éléments nerveux, mais par l'aplatissement du nerf, l'écartement des fibres nerveuses, l'addition d'une certaine quantité de tissu conjonctif ou l'épaississement du névrilème.

6° Terminaison des nerfs. — Les nerfs ont une distribution parfaitement Terminaidéterminée; chaque nerf a son département circonscrit, disposition qui, rappro- son: chée de ce qui a été dit sur les anastomoses, explique pourquoi les nerfs ne peuvent se suppléer les uns les autres. Le tronc artériel d'un membre étant lié, la circulation se rétablit par les voies collatérales ; quand, au contraire, on coupe un nerf, toutes les parties auxquelles il se distribue sont paralysées, du moins momentanément.

La terminaison des nerfs est, sans contredit, une des parties les plus importantes, mais aussi les plus difficiles de leur histoire. Malgré les nombreux efforts qui ont été faits dans ces dernières années pour la déterminer d'une manière exacte, nous devons avouer qu'il reste encore bien des points obscurs à cet égard. Il est à remarquer, cependant, que ces efforts n'ont pas été infructueux et que nous possédons aujourd'hui , relativement aux connexions intimes des nerfs avec un certain nombre d'organes, des notions qui, si elles ne sont pas toujours complètes, ne laissent du moins planer aucun doute sur leur exactitude.

Prévost et Dumas, les premiers, se fondant sur des observations microsco- eq anse. piques, ont admis que les filets nerveux forment des anses dans l'épaisseur des muscles ; ils ont même établi sur cette disposition une théorie de la contraction musculaire. D'après ces auteurs, les nerfs des muscles n'auraient point, à proprement parler, de terminaison périphérique, et la partie centripète des anses rejoindrait leur portion centrifuge.

Cette doctrine, accueillie avec beaucoup de faveur à l'époque où elle fut émise, a même été transportée des nerfs moteurs aux nerfs sensitifs spéciaux et généraux par Breschet, Valentin et Burdach. Aujourd'hui elle est reconnue inexacte et complètement abandonnée. Les anses décrites par Prévost et Dumas existent, à la vérité, dans tous les muscles, et sont surtout d'une démonstration facile dans les muscles droits de l'abdomen, que ces auteurs ont principalement étudiés, et dans les muscles de la face. Mais elles ne constituent pas la terminaison des nerfs ; ce sont de simples anastomoses, destinées à réunir plusieurs filets divergents. De ces anses partent des filets plus petits ou des filaments, dont le véritable mode de terminaison n'a été déterminé avec précision que dans ces dernières années.

La terminaison des nerfs ayant lieu d'une façon différente dans les divers Par des groupes d'organes, il nous est impossible de la décrire d'une manière eéné- exti;émités

libres.

raie : nous ne pourrions donc que répéter ici ce qui a été dit précédemment à l'occasion de la peau (t. II, p. 548 et 572), des muscles (t. III, p. 323), des

NEVR0L0G1E.

lar des

éléments spéciaux.

(Quantité des nerfs

dans les divers

organes.

Ganglions.

Volume des

Forme.

organes fibreux, tels que tendons, aponévroses, des os, des organes glandulaires et des organes des sens. Mais, en comparant entre eux ces divers modes de terminaison, on peut en déduire quelques principes généraux qui présentent un grand intérêt. Ainsi, il est aujourd'hui reconnu que les tubes nerveux qui entrent dans la composition des nerfs présentent, au voisinage de leur extrémité terminale, de véritables bifurcations, et que les ramifications qui en résultent contractent parfois entre elles de véritables anastomoses, qui en font des réseaux comparables jusqu'à un certain point aux réseaux vasculaires ; c'est ce qui s'observe notamment dans la cornée. D'un autre côté, ces mêmes tubes nerveux, avant de se terminer dans les organes, subissent ordinairement une diminution notable de calibre, ainsi qu'une modification dans leurs parties constituantes, d'où résulte leur transformation en tubes gris ou à simple contour. Enfin la terminaison par des extrémités libres, qui, à une certaine époque, paraissait constituer le mode le plus général, perd du terrain de jour en jour, et la tendance actuelle de l'histologie semble être d'établir que partout les extrémités nerveuses aboutissent à certains éléments spéciaux, appartenant au groupe des épithéliums et situés soit à la surface des organes, comme dans la cornée, soit dans leur épaisseur, comme dans les glandes salivaires.

Il y a de grandes différences entre les organes relativement à la quantité de nerfs qu'ils reçoivent : en première ligne il faut placer, à ce point de vue, les organes des sens, l'œil, l'oreille, les fosses nasales, la langue et la peau; en deuxième ligne se trouvent les muscles de la vie de relation, parmi lesquels toutefois il y a de très-grandes inégalités : c'est ainsi que les muscles de l'œil, par exemple, sont plus richement fournis en nerfs que les muscles des membres, et ceux-ci que certains muscles du tronc. Les organes de la vie nutritive sont à une grande distance des précédents relativement à la quantité de nerfs qu'ils reçoivent, et néanmoins ils sont encore mieux partagés à cet égard que la plupart des organes fibreux, tels que les tendons, les aponévroses, et que les os. Certains tissus, tels que les cartilages, semblent complètement dépourvus de nerfs.

7° Ganglions. — Sur le trajet des nerfs, on observe parfois des espèces de nœuds ou renflements grisâtres, qui portent le nom de ganglions. Ces renflements, que nous retrouverons en nombre bien plus considérable sur les cordons du grand sympathique, sont des amas de cellules nerveuses traversés par les fibres des nerfs qui les supportent. Considérés d'une manière générale, les ganglions sont des centres, vers lesquels convergent un certain nombre de filets nerveux pour en sortir sous de nouvelles combinaisons. De là l'idée ingénieuse de Winslow, qui comparait les ganglions à de petits cerveaux, idée reproduite sous une autre forme par Bichat et qui a servi de base à son beau chapitre sur le système nerveux de la vie organique.

Le volume des ganglions annexés aux nerfs cérébro-spinaux est extrêmement variable : il en est qui ont à peine un demi-millimètre de diamètre, ou même ne sont visibles qu'au microscope; d'autres ont des dimensions qui atteignent jusqu'à plusieurs centimètres. Leur forme ne varie pas moins: ellipsoïde le plus souvent, elle est parfois sensiblement arrondie, piriforme, lenticulaire, semi-lunaire, étoilée, plus ou moins irrôgulière. Tantôt les ganglions forment comme un renflement latéral du nerf, comme les ganglions spinaux, et tantôt ils semblent résulter d'une tuméfaction des nerfs, comme le

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