RAMEAUX NON GANGLIONNAIRES
1° Rameau orbitaire ou lacrymo-temporal.
Ce rameau naît immédiatement au-devant du trou du grand rond et se détache du côté supérieur du nerf; situé d'abord au milieu du tissu graisseux, puis dans la lame fibreuse, il traverse la fente sphéno-maxillaire, à laquelle il est accolé, pour pénétrer dans l'orbite, dont il longe la paroi inférieure, et se divise en deux rameaux secondaires : 1° l'un supérieur ou ascendant : c'est le rameau lacrymo-palpébral de l'orbitaire, qui pénètre la glande lacrymale par sa face inférieure, s'anastomose avec le nerf lacrymo-palpébral de la branche ophthalmique, pour se distribuer à la glande lacrymale, et envoie quelques rameaux à la paupière supérieure, au voisinage de son angle externe : ces rameaux sont tous cutanés ; 2° l'autre inférieur : c'est le rameau malaire , continuation du rameau orbitaire, qui se porte horizontalement en avant, pénètre dans le petit canal pratiqué dans l'épaisseur de l'os malaire et se subdivise en filet malaire, qui traverse l'os malaire et vient se distribuer à la peau de la région malaire (1), et en filet temporal, qui traverse la portion orbitaire du même os et s'enfonce dans l'épaisseur de la partie antérieure du muscle temporal, où il s'anastomose avec le nerf temporal profond antérieur, branche du maxillaire inférieur. J'ai vu quelquefois deux filets temporaux traverser l'os malaire dans deux points différents.
Leur nombre est
\ariable.
Trajet.
Nerf alvéolo-dentaire postérieur
et supérieur.
Nerf alvéo-
lo-dentaire
postérieur
et inférieur.
2° Nerfs alvéolo-deutaires postérieurs.
Préparation. Sur des os ramollis par l'acide nitrique, on voit très-bien ces nerfs sans préparation, à travers le tissu osseux devenu demi-transparent. 11 faut étudier ces nerfs, et par la surface externe de l'os, et par la surface interne du sinus.
Au nombre de deux, distingués en supérieur et en inférieur, quelquefois au nombre de trois, les nerfs alvéolo-dentaires postérieurs {fig. 146) se détachent du nerf maxillaire supérieur, tantôt par un tronc commun, tantôt isolément , au moment où ce nerf va s'engager dans le canal sous-orbitaire. Ils se portent en avant et en bas, s'appliquent d'abord contre la tubérosité maxillaire et fournissent quelques filets, qui vont se distribuera la muqueuse buccale et aux gencives; plusieurs de ces filets se perdent manifestement dans la boule graisseuse de la joue. Les nerfs alvéolo-dentaires postérieurs sont ensuite immédiatement reçus dans les conduits dentaires postérieurs, canaux creusés dans l'épaisseur de la tubérosité maxillaire, s'aplatissent et se présentent alors sous l'aspect de petits rubans. Le nerf alvéolo-dentaire postérieur et supérieur traverse d'arrière en avant la base de la tubérosité maxillaire et va s'anastomoser, au niveau de la fosse canine, avec un filet émané du nerf dentaire antérieur. Lenerf alvéolo-dentaire postérieur et inférieur, plus considérable que le précédent, parcourt, au-dessous delà tubérosité maxillaire, un trajet curviligne à concavité supérieure et va s'anastomoser, au niveau de la fosse canine, avec le nerf alvéolo-dentaire postérieur et supérieur. Aucune ramification ne naît de la partie supérieure de ces nerfs, qui, inférieurement, émettent un très-grand nombre de filets, lesquels, par leurs anastomoses, constituent une série de mailles ou aréoles extrêmement
(1) On dit qu'il s'anastomose dans cette région avec le nerf facial ; je n'ai jamais vu cette anastomose.
NERFS CRANIENS : 5e PAIRE.
remarquables ; ces mailles et les nerfs dentaires qui en émanent, sont contenus dans l'épaisseur de l'os, mais beaucoup plus rapprochés de la surface interne du sinus que de la surface externe de l'os maxillaire. C'est de ces mailles que naissent: 1° les filaments extrêmement déliés qui vont former les nerfs dentaires des grosses et des petites molaires, filaments qui sont en nombre égal à celui des racines (1) ; 2° les filets destinés à la gencive de cette région et à la muqueuse buccale. On voit manifestement quelques filets se perdre dans le tissu de l'os maxillaire ; aucun os ne présente un aussi grand nombre de nerfs propres que le maxillaire supérieur.
3° Nerf alvéolo-dentaire antérieur.
C'est le seul rameau que le nerf maxillaire supérieur fournisse dans le canal sous-orbitaire (2). Tellement volumineux qu'il pourrait être considéré comme une branche de bifurcation du nerf sous-orbitaire, il naît à 10 ou 12 millimètres del'orificede sortie de ce canal (fig. 146). Il s'engage aussitôt dans uncanal particulier, que lui fournit l'os maxillaire supérieur, donne, en dehors, un petit rameau qui va s'anastomoser avec le nerf alvéolo-dentaire postérieur et supérieur, se porte d'abord horizontalement de dehors en dedans, puis verticalement en bas, en contournant l'ouverture antérieure des fosses nasales et se réfléchit sur le plancher de ces fosses, contenu, pendant tout ce trajet, dans l'épaisseur de l'os maxillaire supérieur. Sa portion horizontale est superficielle; sa portion verticale est profonde et séparée seulement de la pituitaire par une couche osseuse très-mince. Parvenu au niveau du plancher des fosses nasales, à 4 millimètres de cet orifice, il s'épanouit en un grand nombre de filets, dont les uns sont descendants, les autres ascendants. Ceux-ci se réfléchissent de bas en haut, vers la muqueuse du canal nasal, où ils se perdent. Les filets descendants se terminent en fournissant les nerfs dentaires des incisives, de la canine et de la première molaire, ainsi que les filets gingivaux correspondants. Un grand nombre de filets se perdent aussi dans l'épaisseur de l'os.
Son origine
dans le canal sousorbitaire.
Son
anastomose
avec le nerf
dentaire
postérieur
et supérieur.
Son épanouissement :
En filets ascendants, Et en filets descendants
4° Nerfs sous-orbitaires.
Parvenu à l'orifice antérieur du canal sous-orbitaire, le nerf maxillaire supérieur, dont les filets étaient simplement juxtaposés, s'épanouit immédiatement en un pinceau de rameaux divergents, situés sous le muscle élévateur profond de la lèvre supérieure (fig. 144). Ces rameaux peuvent être divisés : 1 ° en ascendants ou palpébraux, qui se renversent en haut et en dehors, sous le muscle orbiculaire des paupières, pour se porter à la peau et à la conjonctive de la paupière inférieure : l'un d'eux s'anastomose avec les filets du nasal externe; 2° en internes ou nasaux, très-multipliés, qui vont sur les côtés du nez et sont destinés à la peau et à la muqueuse de cet organe : l'un d'eux longe la sous-cloison (3) ; 3° en
(1) Les filets nerveux des molaires à deux et trois racines se divisent et s'anastomosent entre eux dans la pulpe dentaire.
(2) Quelquefois, cependant, j'ai vu le nerf dentaire postérieur naître dans le canal sousorbitaire.
(3) J'ai vu les rameaux nasaux et palpébraux mûtre du nerf maxillaire supérieur avant qu'il eût fourni le dentaire antérieur, s'engager dans un conduit particulier, situé en dedans du canal sous-orbitaire, sortir de ce canal au niveau de la ligne de séparation de la joue et du nez et s'épanouir en filets nasaux et palpébraux, tandis que les rameaux labiaux présentaient la disposition accoutumée.
Épanouissement terminal du maxillaire supérieur
En
rameaux
palpébraux;
En rameaux nasaux;
NÊVROLOGIÉ.
Eu iameaux labiaux.
Division des rameaux labiaux :
En rameaux cutanés ; Et en rameaux muqueux et glanduleux.
descendants ou labiaux, qui sont les plus nombreux et qui se portent, en divergeant, dans l'épaisseur de la lèvre supérieure. Ces rameaux labiaux croisent presque à angle droit, avec ou sans accolement, mais sans anastomoses proprement dites, les rameaux correspondants du facial et constituent ainsi avec ces derniers une espèce de treillage, auquel on a donné improprement le nom de plexus sous-orbitaire. (Voyez Nerf facial.)
Les rameaux labiaux de la brandie maxillaire supérieure, qui sont et plus nombreux et plus volumineux que ceux du facial, parvenus dans l'épaisseur de la lèvre supérieure, se divisent en deux ordres de nerfs : les uns, cutanés, les autres, muqueux et glandulaires. Ces derniers se distribuent : 1° à la muqueuse de la lèvre supérieure, et plus particulièrement à son bord libre, 2° à la couche glanduleuse, si remarquable, qui lui est subjacente. Les filets cutanés, destinés à la peau et aux follicules pileux, sont inférieurs en nombre et en volume aux filets muqueux et glanduleux. Le développement de ces filets cutanés est en raison directe de celui des follicules pileux : ils sont énormes chez les animaux à moustache.