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III. — EAMEAUX GANGLIONNAIRES

Les rameaux qui naissent du ganglion sphéno-palatin sont distingués en inférieurs ou nerfs palatins, antérieurs ou nerfs sphéno-palatins et postérieurs ou nerf pharyngien.

J° Nerfs palatins.

Au nombre de trois : un antérieur, qui est le plus considérable, un postérieur, qui est le moyen sous le rapport du volume, et un intermédiaire, qui est le plus petit. Ces nerfs font suite au ganglion de Meckel ; mais il est de toute évidence, dans le plus grand nombre des cas, qu'ils se détachent directement de la partie inférieure du nerf maxillaire supérieur (2). Les trois nerfs palatins semblent constitués par un rameau de bifurcation de la branche maxillaire supérieure.

a. Le nerf palatin antérieur, ou grand nerf palatin, pénètre immédiatement dans le canal palatin postérieur, le parcourt dans toute son étendue et, parvenu à son orifice inférieur, se réfléchit d'arrière en avant pour se terminer à la voûte palatine, en se bifurquant.

Chemin faisant, il fournit: 1° immédiatement après son entrée dans le canal palatin, un rameau nasal inférieur (rameau inférieur des cornets), qui est destiné à la muqueuse du méat moyen, du cornet et du méat inférieurs : la division qui va au cornet inférieur peut être suivie jusqu'à la partie antérieure de ce cornet ; 2° plusieurs petits filets qui traversent la paroi interne du sinus maxil-

(1) Mèm. de Berlin, 1840.

(2) Dans un cas, le ganglion de Meckel se trouvait appliqué contre la face interne du nerf maxillaire supérieur, et de la partie supérieure de ce ganglion partait un filet qui allait s'unir à la branche que le moteur oculaire externe fournit au grand sympathique.

Cruveilhier et Sée, 5e édition. III. — 3 5

Grand nerf palatin.

Hameau

nasal

inférieur.

NÉVR0L0G1E.

Rameau

Staphyliii.

Nerfpalatin postérieur ou moyen.

Filets du péristaphylin interne et du palatostapliylin.

Petit nerf palatin.

Iaire et vont se rendre aux dernières dents molaires ; un filet très-grèle est destiné à la muqueuse du sinus ; 3° au sortir du canal palatin, et même quelquefois pendant qu'il y est encore contenu, un rameau staphylin, qui s'épanouit en plusieurs filets qui se portent tous en arrière dans l'épaisseur du voile du palais; ces filetsse divisent en supérieurs, qui vont se distribuer à la muqueuse nasale, et en inférieurs, qui vont àlamuqueuse buccale de ce voile et à la couche glanduleuse subjacente. Aucun filet ne peut être suivi clans l'épaisseurdesmusclesdu voile du palais. Des deux brancha terminales, qui toutes deux occupent la voûte palatine, l'une, externe, avoisine l'arcade alvéolaire ; l'autre, interne, se rapproche de la ligne médiane. Toutes deux se portent dans la couche glanduleuse du palais et se perdent dans l'épaisseur des glandes et de la muqueuse palatine et gingivale.

b. Le nerf palatin postérieur par la posilion, moyen par le volume, s'engage dans un conduit particulier, au sortir duquel il se porte d'avant en arrière, sous la muqueuse nasale du voile du palais, et se divise en deux ordres de filets : les uns qui sont destinés aux téguments muqueux et à la couche glanduleuse du voile du palais ; les autres qui vont se distribuer aux muscles péristaphylin interne et palato-staphylin. Longet, à qui nous devons la connaissance de ce fait, l'a parfaitement expliqué en montrant que le nerf palatin postérieur est la continuation du filet crânien du nerf vidien, émanation du facial ; et, en effet, il est extrêmement facile de suivre ce filet à travers le ganglion, jusque dans le nerf palatin postérieur (1).

c. Le nerf palatin moyen, le plus petit des trois, est extrêmement grêle ; il s'engage dans un conduit particulier, et quelquefois dans le conduit palatin postérieur, et va se distribuer au tégument muqueux du voile du palais et à la couche glanduleuse subjacente (2).

Leur situation.

Nerf de la

cloison ou

nerf naso-

palatin.

Variété.

2° Nerfs sphéno-palatins ou nasaux postérieurs.

P reparution. Sur une coupe verticale du crâne, qu'on aura fait macérer préalablement dans l'acide nitrique étendu, décoller la pituitaire de dessus la cloison et les cornets, et étudier ces nerfs par la surface adhérente de cette membrane.

Extrêmement grêles, ils naissent de la partie interne du ganglion de Meckel et pénètrent, par le trou sphéno-palatin, dans les fosses nasales, où Scarpa les a suivis avec son exactitude accoutumée. Ils se placent tous dans l'épaisseur de la pituilaire, ou mieux, entre le périoste et la muqueuse, et ne peuvent être bien vus que lorsqu'on a détaché cette membrane fibro-muqueuse des os qu'elle revêt : on distingue alors les filets nerveux à travers la couche fibreuse, devenue demi-transparente sur les pièces qu'on a fait macérer dans l'acide nitrique étendu.

Les nerfs sphéno-palatins, se partageant entre la cloison et la paroi externe des fosses nasales, se divisent en internes et en externes.

a. Il n'existe qu'un nerf sphéno-palatin interne (fig. 145) : c'est le nerf delacloison (naso-palatin, Scarpa), qui se porte de dehors en dedans, au-devant du sinus sphénoïdal, au-dessous de l'orifice de ce sinus, et gagne ainsi la cloison des fosses na-

(1) J'ai vu un nerf palatin pénétrer dans le sinus maxillaire, au-dessous de la membrane du sinus, traverser verticalement la tubérosité maxillaire derrière la dernière dent molaire, et se porter à la voûte palatine.

(2) Ce fait d'anatomie explique la déviation de Ja luette dans les paralysies du facial dont la cause a son siège au-dessus du premier coude de ce nerf, c'est-à-dire au-dessus de l'origine du fdet crânien du grand nerf pétrcux.

NERFS CRANIENS I 5e PAIRE.

sales. Dirigé d'abord presque verticalement en bas, il chemine ensuite presque horizontalement d'arrière en avant, jusqu'au niveau de l'orifice supérieur du canal palatin antérieur, où il s'engage, pour pénétrer dans un conduit particulier, bien distinct du canal palatin antérieur, et parallèle au conduit du nasopalatin du côté opposé (1).

On voit manifestement ces nerfs se porter dans la muqueuse palatine, derrière les dents incisives, sur cette saillie de la muqueuse palatine contre laquelle vient si souvent s'appliquer la pointe de la langue. Je n'ai vu d'anastomoses ni entre les deux nerfs naso-palatins, ni entre ces nerfs et le nerf palatin antérieur ou le nerf dentaire antérieur.

Le nerf naso-palatin fournit, dans son trajet, des filets à la pituitaire qui recouvre la cloison. Mais ces filets sont tellement fins qu'ils sont difficiles à voir, môme sur des pièces dont la pituitaire est devenue transparente par l'immersion prolongée dans l'acide nitrique étendu.

6. Les nerfs sphéno-palatins externes, appelés aussi nasaux supérieurs {fig. 145), par opposition au nasal inférieur, fourni par le nerf palatin antérieur, sont au nombre de trois ou quatre et très-grêles ; ils se dirigent verticalement en bas, le long de la partie postérieure de la paroi externe des fosses nasales, et s'épanouissent en filets qui se portent sur les cornets et dans les méats supérieurs et moyens : c'est seulement par la surface externe de la pituitaire qu'on peut voir ces filets.

c. Nerf naso-pharyngien. Bock et, après lui, Arnold ont décrit, sous le nom de nerf pharyngien, un rameau assez considérable qui peut être considéré comme appartenant aux nerfs sphéno-palatins externes. Ce rameau, né de la partie postérieure et interne du ganglion de Meckel, passe dans le conduit ptéry go-palatin, situé entre la face inférieure du sphénoïde et l'apophyse sphénoïdale de l'os palatin, se porte en arrière et en dedans, et se divise en plusieurs filets, qui se distribuent, les uns, à la muqueuse de la partie supérieure et postérieure des fosses nasales, les autres, à la muqueuse de la partie supérieure du pharynx, au voisinage de la trompe d'Eustache. On peut rapporter à ce nerf un filet que Longet a vu se détacher du ganglion sphénopalatin et se porter dans le sinus sphénoïdal.

Il est certain que le nasopalatin fournit à la pituitaire.

Nerfs sphéno -palatins externes ou

nasaux supérieurs.

Rameau naso-pharyngien.

3<> Nerf vidien ou ptérygoïdien.

On décrit généralement ce nerf comme une émanation du ganglion de Meckel. Gontentons-nous, pour le moment, de le considérer comme un moyen de communication entre ce ganglion, d'une part, le facial et le ganglion cervical supérieur, d'autre part, et ne prenons les expressions d'origine et de terminaison que dans un sens purement métaphorique.

Né de la partie postérieure du ganglion de Meckel, le nerf vidien {fig. 146) pénètre dans le canal vidien ou ptérygoïdien, au sortir duquel il traverse la substance cartilagineuse du trou déchiré antérieur, et se divise, au niveau du sommet du rocher, en deux filets, l'un supérieur ou crânien, ou grand nerf pétreux superficiel ; l'autre inférieur ou profond, ou carotidien. Souvent la division du nerf vidien a lieu dès son origine au ganglion de Meckel.

(1) D'après H. Cloquet, les deux nerfs naso-palatins se terminent aux angles supérieurs d'un ganglion qu'il appelle naso-palatin, sans arriver jusque dans la bouche; mais, quelques recherches que j'aie faites à cet égard, il m'a été impossible de rencontrer ce ganglion, dont l'existence est niée par Arnold.

Nerf vidien ou ptérygoïdien.

Trajet du nerf vidien.

JNÉVROLOGIE.

Filet inférieur ou carotidien

Grand neil péticux.

a. Le filet inférieur ou carotidien, mou, grisâtre, beaucoup plus considérable que le supérieur, est la continuation du tronc; il pénètre dans le canal carotidien, s'applique contre le côté externe de l'artère carotide, où il s'anastomose avec les nerfs qui établissent une communication entre le ganglion cervical supérieur et le nerf moteur oculaire externe, et concourt à la formation du plexus carotidien : un renflement ganglil'orme aplati se voit dans le lieu de cette anastomose (1).

b. Le filet supérieur ou crânien, grand nerf pétreux superficiel, souvent double, pénètre dans le crâne entre le temporal et le sphénoïde, en même temps que le petit rameau correspondant de l'artère vidienne, à laquelle il est accolé, se dirige en arrière et en dehors, sous la dure-mère, qui le sépare du ganglion de

Fis- 146

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LÉVEILLE.DEL. cvermorckn.sc

Ner ■ f vidien, nerfsalvtolo-deniaires supérieurs, rameau de Jacobson{") (d'après L. Ilirschfeld).

Casser, logé, comme la petite artère pétreuse, dans une gouttière que présente la face supérieure du rocher, pénètre par l'hiatus de Fallope dans le canal du nerf facial et se jette dans le ganglion géniculé de ce nerf (2). Nous verrons, à l'occasion du nerf facial, que le tilet crânien du nerf vidien est une émanation du facial, qui va se jeter en apparence dans le ganglion sphéno-palatin, mais qu'il est facile de suivre à travers ce ganglion jusque dans le nerf palatin postérieur, qu'il concourt à former, et que c'est ce même filet crânien qui va se jeter dans les muscles péristaphylin interne et palato-staphylin.

(*) Max. s., nerf maxillaire supérieur. — Dent. s. a. nerf dentaire supérieur et antérieur. — Dent, p., nerfs dentaires postérieurs. — Mot. o. ex., nerf moteur oculaire externe. — Gun. M., ganglion de Meckel. — Vid., nerf vidien. — Pet. Vid., filet pétreux du nerf \idien. — Faci., facial. — Jacob., rameau de Jacobson. — G. pha., glosso-pharyngien. — Gan. c. s., ganglion cervical supérieur. — PI. car., plexus carotidien. — Car. vi., filet carotidien du nerf vidien.

(l)J'ai vu quelquefois deux rameaux carotidiens, dont l'un était très-petit. Meckel avait considéré le rameau carotidien du nerf vidien comme l'origine principale et vraie du nerf grand sympathique.

(2) J'ai vu le rameau supérieur du nerf vidien formé par trois fdets bien distincts.

NERFS CRANIENS : 5e PAIRE.

C — Nerf maxillaire inférieur.

Préparation. Ce nerf devant être étudié et par sa face interne et par sa face externe, il est besoin de le préparer dans ces deux sens. Une coupe médiane antéro-postérieure permettra de voir, sur la face interne du nerf, la corde du tympan, le ganglion otique et les origines de toutes les autres branches du nerf maxillaire inférieur, le nerf du ptérygoïdien interne, le nerf lingual, le nerf dentaire, qui naissent en dedans de ce nerf. Pour voir la distribution des nerfs temporal profond, massétérin, buccal, ptérygoïdien interne et auriculo-temporal, il faut découvrir le nerf par son côté externe, abattre l'arcade zygomatique, renverser le masséter, qu'on détachera d'avant en arrière, jusqu'à l'échancrure sigmoïde, scier l'apophyse coronoïde à sa base, renverser de bas en haut le muscle temporal, et diviser avec beaucoup de précaution le muscle ptérygoïdien externe, à travers lequel passe le nerf buccal.

Le nerf maxillaire inférieur, division la plus postérieure el la plus volumineuse de la patte d'oie formée par les trois branches du trijumeau, se porte en dehors et un peu en avant et, après un très-court trajet dans le crâne, sort par le trou ovale, qui le conduit dans la fosse zygomatique, où il s'épanouit aussitôt en sept rameaux. C'est au nerf maxillaire inférieur qu'appartient la portion non ganglionnaire du trijumeau; cette portion occupe la face inférieure du nerf, dont elle se distingue par son isolement complet et par sa disposition non plexiforme, et avec laquelle elle ne se confond qu'à sa sortie du trou ovale.

Des sept branches que fournit, par son épanouissement, le nerf maxillaire inférieur, trois sont externes , le temporal profond moyen, le massétérin et le buccal; une 'postérieure, le temporal superficiel ou auriculo- temporal; une interne, le ptérygoïdien interne; deux inférieures, le lingual et le dentaire inférieur. Ces nerfs peuvent être divisés en collatéraux, ce sont les cinq premiers ; et en terminaux, ce sont le lingual et le dentaire inférieur. Le ganglion otique, décrit par Arnold, appartient au nerf maxillaire inférieur (1).

Il est positif que tous les nerfs musculaires du nerf maxillaire inférieur viennent de la petite racine ou portion non ganglionnaire du trijumeau.

Trajet de la

branche

maxillaire

inférieure.

Sa division

en sept

rameaux.

C'est à la branche maxillaire inférieure

qu'appartient la

portion non ganglionnaire

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