I. — BRANCHES COLLATERALES
1° Nerf temporal profond moyen.
Le nerf temporal profond moyen {fig. 147), nerf du muscle temporal, quelquefois double, naît du côté externe du nerf maxillaire inférieur, se porte horizontalement en dehors et en avant, entre la paroi supérieure de la fosse zygomatique, à laquelle il est comme accolé, et le muscle ptérygoïdien externe. Parvenu à la crête qui sépare la fosse temporale de la fosse zygomatique, il s'anastomose avec plusieurs rameaux temporaux fournis par le buccal et le massétérin, et constitue avec eux une espèce de plexus. Les branches qui en émanent, se portent verticalement en haut, dans l'épaisseur des couches les plus profondes du muscle temporal, où elles se consument pour la plupart.
Un et quelquefois deux filets traversent l'aponévrose temporale, à un travers
(l) On trouve quelquefois un filet de communication entre le nerf maxillaire supérieur et le maxillaire inférieur, immédiatement avant qu'ils s'engagent dans leurs trous respectifs .
IL est souvent double.
Ses anastomoses.
Ses filets cutanés
NÉVROLOG1E.
de doigt au-dessus de l'arcade zygomatique, et, devenus sous-cutanés, se portent de bas en haut, pour se distribuer à la peau correspondante. Quelques filets s'anastomosent avec les rameaux temporaux du nerf lacrymal de l'ophlhalmique, avec ceux du rameau orbitaire du maxillaire supérieur et avec le nerf facial. Les filets cutanés et la plupart des filets anaslomotiques de ce nerf attestent qu'il n'est pas exclusivement formé par la portion motrice du nerf maxillaire inférieur.
2° Nerf massélérin.
Son trajc réfléchi
Son rameau temporal .
Son rameau arti
culaire.
Le nerfmassétérin {fkj.ibl) naît du même point que le précédent, qu'il surpasse de beaucoup en volume, s'en sépare à angle aigu, se porte horizontalement en arrière et en dehors, acco'.é à la paroi supérieure de la fosse zygomatique, entre cette paroi supérieure et le muscle ptérygoïdien externe, contourne de haut en bas la face supérieure de ce dernier muscle, pour gagner l'échancrure sigmoïde de l'os maxillaire inférieur (1), se réfléchit sur cette échancrure, se porte verticalement en bas, entre la branche de la mâchoire et le muscle masséter, ou plutôt dans l'épaisseur des couches les plus profondes de ce muscle, ei peut être suivi jusqu'à son attache inférieure.
Dans son trajet le long de la paroi supérieure de la fosse zygomato-maxillaire, le nerf massétérin donne : a, un ou deux filets qui s'anastomosent avec le nerf temporal profond moyen; b, un petit rameau temporal profond postérieur, qui s'accole au périoste, se porte dans la fosse temporale et se ramifie dans le muscle temporal, en s'anastomosant avec le nerf temporal profond moyen ; ç, un rameau articulaire à l'articulation temporo-mâxillaire.
ïron origine.
Ses rameaux terminaux.
3° Nerf buccal.
Le nerf buccal, ou mieux bucco-labial (Chauss.), est fort remarquable par son volume et par l'étendue de sa distribution, qui lui donne quelque ressemblance avec la portion correspondante du facial; il ne l'est pas moins par sa distribution, qui doit le faire classer parmi les nerfs mixtes ou musculo-cutanés.
11 naît du côté externe de la branche maxillaire inférieure par une, deux et quelquefois même trois racines, qui traversent le muscle ptérygoïden externe et se réunissent au sortir de ce muscle ; de là, il se porte de haut en bas, entre l'apophyse coronoïde et la tubérosité maxillaire. Il traverse quelquefois les insertions les plus inférieures du muscle temporal et, parvenu au niveau de la partie postérieure du muscle buccinateur, s'épanouit à la surface de ce muscle, en un grand nombre de rameaux divergents.
Dans son trajet, le nerf buccal fournil : 1° plusieurs filets au muscle ptérygoïdien externe; 2° le nerf temporal profond antérieur.
Les filets du ptérygoïdien externe, au nombre de deux ou trois, sont très- grêles.
Le nerf temporal profond antérieur gagne la fosse temporale , s'anastomose avec le filet temporal du nerf orbilaire, division du maxillaire supérieur, et se perd dans la portion antérieure du muscle temporal, en s'anastomosant avec le temporal profond moyen.
Des rameaux terminaux, les uns, ascendants, viennent se distribuer à la peau
(1) Le nerf massétérin peut-il se rompre dans les luxations de la mâchoire inférieure? Sa disposition indique la possibilité de cette rupture; mais je n'en connais aucun exemple.
NERFS CRANIENS : 5e PAIRE.
de la région malairc et buccale : un de ces rameaux s'anastomose en arcade, derrière le canal de Sténon, avec le nerf facial ; cette anastomose est fort re- Son marquable. D'autres rameaux, moyens, se portent horizontalement au niveau anastomo5' de la commissure, et se terminent à la peau ; plusieurs forment une espèce de nerf facial, plexus autour de l'artère coronaire labiale inférieure. I.cs autres, descendants,
Fiff. 147
LEVc.lLLL.DF.1
Mmt.
€. «BMOKCKtN
Branches collatérales du nerf maxillaire inférieur, vues par la face externe (*) (d'après L. Hirsclifeld).
se portent en bas verticalement ou un peu d'avant en arrière, sur la face externe du buccinateur, se partagent ensuite entre la face profonde et la face externe du muscle triangulaire, et vont se perdre en entier, soit à la peau, soit à la muqueuse de la joue. La presque totalité des filets qui pénètrent dans le muscle buccinateur, et qui au premier abord paraissent se perdre dans son épaisseur, traverse les fibres de ce muscle, pour se rendre à la muqueuse buccale et à la couche glanduleuse subjacente. Il est constant, cependant, qu'un certain nombre se perdent dans le muscle buccinateur ; mais ce sont des filets
(*ï Tempo., muscle temporal. — Tem. s., nerf temporal superficiel. — Tem. p. a., nerf temporal profond intérieur. — Tem. p. m., nerf temporal profond moyen. — Tem. p. p., temporal profond postérieur. — Ptér. ex., muscle ptérygoïdien externe. - N. pt. e., nerf du ptérygoïdien externe. — Bucc., nerf buccal. — Fac, nerf facial. — Ling., nerf lingual. — Ment., nerf mentonnier. — Dent, inf., nerf dentaire inférieur. — Mass. Mass., muscle masséter et nerf massétérin. — Ptér. int., muscle ptérygoïdien interne. — Anri. tem.., nerf auriculo-temnoral — *, rameaux anastomotiques avec le facial. — Auri. rameaux auriculaires.
Hameaux cutanés et muqueux du nerf buccal.
Hameau du muscle buccinateur.
NEVROLOGIE.
sensitils : la contraction du muscle buccinateur est exclusivement sous l'influence du facial. Plusieurs de ces filets s'anastomosent avec le nerf mentonnier sous le muscle triangulaire.
TïPrf du
ptérygoï-
dien
interne.
4° Nerf du muscle ptérygoïdien interne.
Le nerf du muscle ptérygoïdien interne, très-grêle, se détache du côté interne au nerf maxillaire inférieur, où il est accolé à un petit corps grisâtre {ganglion otiquc, d'Arnold), se porte en bas et en dedans, à la face interne du muscle ptérygoïdien interne, dans l'épaisseur duquel il se distribue après un très-court trajet. C'est de ce nerf que part un petit filet, mentionné par Meckel, qui va se jeter dans le muscle péristaphylin externe (Ramus pterygoïdeus dat surculum non minimum musculo circumflexo palati).
Sa disposition plexiforme
à son origine.
Branche ascendante.
Anastomose de l'auri-
culo-tempo-
ral avec le facial.
Rameaux articulaires.
Rameau ana-
stomolique
avec
le temporal
profond .
2° Branche
descendante ou auriculaire.
S0 Nerf temporal superficiel ou auriculo-temporal.
Le temporal superficiel ou auriculo-temporal (fig. 147), très-volumineux à son origine, aplati, plexiforme, naissant quelquefois par un grand nombre de racines distinctes, qui, en se réunissant, embrassent l'artère méningée moyenne, se porte en arrière et un peu en bas, derrière le col du condyle de l'os maxillaire inférieur, et se divise en deux branches, l'une supérieure ou ascendante, l'autre inférieure ou descendante.
1° La branche supérieure ou ascendante, ou temporale, contourne le côté postérieur du col du condyle et se porte verticalement en haut, entre l'articulation et le conduit auditif externe ; devenue sous-cutanée, elle se divise en plusieurs filets, qui peuvent être suivis jusqu'à la partie la plus élevée de la fosse temporale.
Chemin faisant, cette branche fournit un rameau anastomotique fort remarquable, qui naît derrière le col du condyle, sur lequel il se réfléchit, pour se porter d'arrière en avant, sous le nerf facial, avec lequel il semble confondu au niveau du bord postérieur du muscle masséter. Ce rameau anastomotique est quelquefois double et même triple. Nous verrons , à l'occasion du facial, que cette anastomose, qui présente beaucoup de variétés suivant les sujets, n'est qu'un simple accolement, et explique pourquoi le facial envoie un certain nombre de filets à la peau de la face.
La branche ascendante fournit, en outre, des rameaux plexiformes à l'articulation temporo-maxillaire, plusieurs rameaux au conduit auditif et au pavillon. Sur la région temporale, elle s'anastomose, par un filet très-grêle, avec un filet du nerf temporal profond qui traverse l'aponévrose temporale.
Elle accompagne l'artère temporale, à laquelle elle fournit une espèce de plexus, et se divise en un certain nombre de filets cutanés, qui vont gagner le sommet de la tête.
2° Branche inférieure ou descendante, ou auriculaire. Aussi volumineuse que la supérieure, elle forme un plexus derrière le condyle, autour de l'artère maxillaire interne, présente quelquefois de petits ganglions et se divise en plusieurs rameaux, dont les uns traversent la glande parotide, en lui abandonnant des filets, pour aller se distribuer au lobule de l'oreille, et dont les autres s'anastomosent avec des filets émanés du plexus cervical. Un de ces rameaux se jette dans le nerf dentaire, avant sa pénétration dans le canal dentaire ; un autre se jette dans l'articulation temporo-maxillaire.
NERFS CRANIENS
PAIRE