‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 234 sur 282 · EXTREMITE CENTRALE DES NERFS RACHIDIENS · texte numérisé non relu

EXTREMITE CENTRALE DES NERFS RACHIDIENS

Préparation. La môme que celle de la moelle épinière.

A. Caractères communs. — 11 y a de très-grandes analogies et des différences

peu tranchées entre les différents nerfs rachidiens, sous le point de vue de leur

M.itifs de la origine et de leur trajet dans le canal rachidien; celte circonstance, jointe à

descrip- cette autre considération que c'est par la même préparation que sont mises à

l0t°vec°dgC" découvert toutes les origines des trente-une paires rachidiennes, m'a paru un

l'extrémité motif suffisant pour réunir ces origines dans une description commune.

Les nerfs rachidiens émergent de la moelle par une double série de fdels ou

centrale des nerfs rachidiens

(1) Cette relation entre le nombre des paires rachidiennes et celui des vertèbres se maintient dans toute la série des animaux vertébrés : c'est par ce motif qu'on trouve jusqu'à soixante paires do nerfs rachidiens chez quelques mammifères et plusieurs centaines chez quelques serpents.

NERFS RACIIIDIEINS.

Fig. 158.

racines. On dislinguc ces racines en antérieures, ce sont celles qui se détachent des parties latérales de la face antérieure de la moelle, et en postérieures, lesquelles émergent par les sillons collatéraux postérieurs. Ces dernières sont encore désignées sous le nom de racines ganglionnaires, parce qu'elles aboutissent exclusivement aux ganglions spinaux (1). Le ligament dentelé est interposé entre les unes et les autres.

Telle est l'origine apparente des nerfs rachidiens; quanta leur origine réelle, il est certain que les racines des nerfs rachidiens no s'arrêtent pas à la surface de la moelle, mais qu'elles pénètrent dans son épaisseur, et plongent dans la substance grise, ainsi qu'il a été dit à l'occasion de la moelle. (V. p. 381.)

Immédiatement après s être détachées de la moelle, les racines, tant antérieures que postérieures, se réunissent en un nombre de groupes proportionnel au nombre des paires rachidiennes. Les iilets qui constituent chaque groupe, convergent de dedans en dehors; pour cela, les supérieurs descendent à la rencontre des inférieurs, dont l'obliquité moindre leur permet d'être bientôt atteints. 11 en résulte que ces filets, situes les uns au-dessus des autres, sont largement espacés en dedans, rapprochés en dehors, et figurent un triangle dont l'inclinaison générale, par rapport à l'axe de la moelle, varie suivant la région. 11 n'est pas rare de voir les filets (surtout les antérieurs de chaque groupe) former deux groupes secondaires.

Au moment où elles vont s'engager dans le canal fibreux que leur présente la dure-mère, les racines antérieures, de même que les racines postérieures de chaque groupe, se réunissent en un cordon aplati. Il existe un canal fibreux pour le cordon des racines antérieures, un autre pour le cordon des racines postérieures. L'arachnoïde, qui a formé à chaque paire rachidienne une gaine infundibuliforme, commune aux deux ordres de racines, les abandonne au moment où elles pénètrentdans les canaux fibreux, auxquels les deux cordons nerveux sont assez intimement unis.

Fragment de la moelle êpinière entourée de ses envelopper, qui sont fendues dans près que toutesa longueur {d'après L. Hirschfeld) (*).

Double série de racines.

Origine réelle des

nerfs rachidiens.

Convergence des Iilets de

chaque groupe de

racines.

Il y a un

canal fibreux par

chaque groupe de racines.

(*) Face latérale, où l'on voit à la fois les racines postérieures (1) et les racines antérieures (2), qui convergent vers les ganglions spinaux.— 3, ligament dentelé.— 4, gaine que la dure mère fournit aux ganglions et aux branches des nerfs rachidiens. — S, section verticale delà gaine des racines antérieures et postérieures, lame fibreuse qui sépare ces racines.

(1) Cette origine des nerfs rachidiens par deux ordres de racines est commune à tous les animaux vertébrés. C'est à tort que Desmoulins avait avancé que chez les serpents et les lamproies, il n'existe qu'un seul ordre de racines.

NEVROLOGIE.

Indépendance des racines antérieures et des racines postérieures.

Des divers

modes de communication des filets de la même

série.

Raison de

l'obliquité

des

racines.

Différences

qui

existent

entre les

racines

antérieures

et les racines postérieures.

Les racines

postérieures sont

plus volumineuses

que les racines antérieures.

Rapport approximatif de volume entre les racines antérieures et les racines pos térieurcs.

Bien que le groupe des racines antérieures et le groupe des racines postérieures convergent l'un vers l'autre pour traverser les canaux fibreux, de la dure-mère, jamais il n'y a entre eux la moindre communication. Il est curieux de voir les longs et nombreux filets constituant la queue de cheval marcher parallèlement, sans jamais s'anastomoser entre eux ; tandis qu'au sortir du canal vertébral, les communications seront en quelque sorte continuelles.

Les communications de filet à filet dans la môme série, soit antérieure, soit postérieure, ne sont pas rares; elles se font suivant plusieurs modes : elles ont lieu tantôt entre deux filets de la même paire, tantôt entre filets de deux paires différentes. Quelquefois c'est un filet intermédiaire à deux paires qui se bifurque pour se partager entre elles.

Du reste, la direction oblique des racines rachidiennes, le trajet plus ou moins long qu'elles parcourent dans le canal rachidien, sont une conséquence nécessaire de la brièveté relative de la moelle, comparée au canal rachidien. Dans l'origine, la moelle mesurant toute la longueur du canal rachidien, toutes les racines nerveuses se détachent au niveau du trou de conjugaison qui leur livre passage et cheminent horizontalement. Mais plus tard, les dimensions du rachis l'emportant de plus en plus sur celles de la moelle, celle-ci semble remonter dans le canal rachidien, et cela d'autant plus qu'on examine une portion plus inférieure de son trajet. Il en résulte que les racines qui s'en détachent, deviennent de plus en plus obliques, et même verticales, pour les inférieures.

Les différences que présentent les racines antérieures et les racines postérieures peuvent se résumer dans les caractères suivants :

1° Les racines antérieures naissent à une moindre distance de la ligne médiane que les racines postérieures; elles vont même se rapprochant de cette ligne médiane, à mesure qu'on les examine plus inférieurement ; si bien qu'à la partie inférieure de la moelle, elles se détachent de chaque côté du sillon médian.

2° Tandis que les racines postérieures partent toutes d'un sillon linéaire de substance grise, dont elles ne dévient jamais, les racines antérieures partent assez irrégulièrement et comme confusément d'une petite colonne blanche d'un à deux millimètres de largeur.

3° Relativement au volume, les racines postérieures, prises une à une, l'emportent de beaucoup sur les racines antérieures. Elles l'emportent aussi pour le nombre ; en sorte que l'ensemble des racines postérieures est généralement plus considérable que l'ensemble des racines antérieures, ainsi que l'ont trèsbien établi Sœmmering, Chaussier et Gall. On a peine à concevoir l'opinion de quelques auteurs, qui admettent un rapport inverse, au moins pour certaines régions ; cette erreur vient, sans doute, des variétés de proportion qui existent, suivant les régions, entre les racines antérieures et les racines postérieures, mais qui ne vont jamais jusqu'au point de donner l'avantage aux racines antérieures.

On peut admettre comme voisin de la vérité le rapport suivant, établi par Blandin (I), entre les deux ordres de racines dans les diverses régions : les postérieures sont aux antérieures, au cou, comme 2 : i ; à la région dorsale, comme i : i ; aux lombes, comme 1 1/2 : i. Je crois devoir rectifier ce rapport

(1) Thèse inaugurale, 1824, p. 215.

NERFS RACH1D1ENS.

approximatif : dans la région dorsale, le rapport des racines postérieures aux racines antérieures me paraît être comme 1 1/2 : 1 ; dans la région lombaire, il me paraît représenté par les chiffres 2 : 1, et quant à la région cervicale, il m'a paru être de 3 : \ .

Pourquoi ce développement relatif plus considérable des racines postérieures dans toutes les paires rachidiennes, et pourquoi cette différence de rapports entre les racines postérieures et les racines antérieures dans les diverses régions ? La raison en est donnée par la physiologie : c'est que les racines postérieures sont les racines des nerfs du sentiment. Or, les faits établissent que les organes du sentiment reçoivent proportionnellement beaucoup plus de nerfs que les organes du mouvement, et que le nombre et le volume de ces nerfs sont en rapport avec le développement de la sensibilité.

4° Les racines postérieures diffèrent encore essentiellement des antérieures par la présence d'un ganglion, dit ganglion spinal ou intervertébral (v. p. 491), qui occupe le point de convergence des racines postérieures de chaque paire rachidienne, au niveau du trou de conjugaison.

Haase, le premier, et Scarpa, ensuite, ont parfaitement établi cette vérité, que les racines postérieures seules se rendent aux ganglions vertébraux : de là le nom de racines ganglionnaires, affecté aux racines postérieures des nerfs rachidiens. Ces ganglions occupent partout les trous de conjugaison, excepté à la région sacrée, où ils sont renfermés dans le canal sacré.

C'est au cordon qui émerge de ce ganglion et jamais au ganglion lui-même, que vont s'accoler, s'amalgamer, en quelque sorte, les racines antérieures, lesquelles sont complètement étrangères à la formation des ganglions spinaux. Il semble, chez quelques sujets et pour certaines paires rachidiennes, que les racines antérieures viennent s'unir soit à l'extrémité externe, soit à la partie moyenne du ganglion ; bien plus, dans les régions lombaire et sacrée, j'avais noté, chez quelques sujets, un demi-ganglion pour chaque ordre de racines. Mais, ayant ensuite étudié ce point d'anatomie d'une manière plus approfondie, je suis resté convaincu que j'avais été induit en erreur par l'accolement précoce, au ganglion, du cordon formé par les racines antérieures et par une 2spèce de gouttière creusée, pour ainsi dire, sur le ganglion par le cordon des racines antérieures, gouttière qui ressemblait à une bifurcation. Je crois donc qu'il n'existe aucune exception à cette loi, que les ganglions spinaux sont exclusivement affectés aux racines postérieures ou racines du sentiment.

Telles sont les différences anatomiques principales qui séparent les racines antérieures des racines postérieures, différences anatomiques qui sont bien loin de rendre compte des différences physiologiques. Les racines postérieures président exclusivement à la sensibilité de la peau des membres, du tronc, du col} de la région occipitale du crâne et de la partie inférieure de la face; les racines antérieures président exclusivement aux mouvements du tronc et des membres. Cette différence d'usages, qui est un des faits les mieux constatés de la physiologie, n'est expliquée par aucune différence de structure qui puisse être saisie par l'œil nu ou armé de la loupe ou du microscope.

Sous le rapport pbysiologique,il y a donc 02 paires de nerfs rachidiens, savoir : 31 paires destinées au sentiment, et 31 paires destinées au mouvement. Mais cette distinction entre les paires motrices ou antérieures et les paires sensitives ou postérieures, possible à l'origine et dans le rachis, devient impossible et, par conséquent, sans but à la sortie du canal rachidien.

Raison physiologique du développement plus considérable des racines postérieures.

Les racine?

postérieures sont seules pourvues

d'un ganglion.

Les racines

antérieures sont tout à fait

étrangères aux ganglions spinaux.

La différence d'usage des

racines antérieures

et des racines postérieures

n'est

expliquée

par aucune

différence

anatomique

de

structure.

NÉVKOLOGIE.

Nombre et volume des ganglions spinaux.

Du cordon qui fait su'te au

ganglion.

Sa division

eu trois branches.

Des branches ganglionnaires.

Des brandies postérieures.

Des branches antérieures.

Caractères

propres à

l'extrémité

centrale des

paires cervicales.

liapport do volume entre les racines antérieures et les racines postérieures.

Il y a trente paires de ganglions spinaux, et même trente-une paires, quand il en existe un pour la première paire cervicale. Le volume des ganglions n'est nullement en rapport avec le diamètre des trous de conjugaison, mais bien avec le nombre et le volume des racines qui y arrivent, et le nombre et le volume des nerfs qui en partent.

Le cordon qui l'ait suite au ganglion et qui résulte de la réunion des racines antérieures et des racines postérieures, est cylindrique, plexiforme, comme crevassé; de ce cordon, dans lequel il est impossible de debrouiller.ee qui appartient aux racines antérieures de ce qui appartient aux racines postérieures, partent, presque immédiatement au sortir du trou de conjugaison, trois ordres de brandies : 1° les branches rachidiennes postérieures, qui fournissent aux muscles et aux téguments de la région spinale postérieure (I) ; 2° les branches rachidiennes antérieures, en général plus volumineuses, véritable continuation des nerfs, destinée à fournir aux parties latérales et antérieures du tronc et aux extrémités supérieures et inférieures ; 3° les branches rachidiennes ganglionnaires (rameaux communiquants"1 , toujours antérieures aux précédentes, qui vont se rendre aux ganglions du grand sympathique; ces branches ganglionnaires seront décrites à l'occasion des ganglions du grand sympathique.

Les branches postérieures, présentant une grande analogie de distribution et pouvant être mises à découvert par une préparation commune, seront décrites dans un seul et même article.

Les branches antérieures, destinées à des parties dissemblables, présentent une distribution à la fois variée et très-compliquée, qui nécessite une description particulière, sinon pour chaque paire, au moins pour plusieurs groupes de paires.

B. Caractères propres aux divers nerfs. — Les nerfs de chaque région présentent un certain nombre de caractères qui les différencient d'avec ceux des autres régions.

1 ° Les paires cervicales se distinguent par les caractères suivants :

a. L'obliquité de leurs racines est bien moindre que dans les autres régions : la première paire est légèrement oblique en haut et en dehors, à la manière des nerfs crâniens, dont elle se rapproche à ce point de vue ; la deuxième paire est transversale ; les paires suivantes sont obliques en bas et en dehors, et cela d'autant plus qu'on les examine plus inférieurement ; mais cette obliquité ne dépasse jamais la hauteur d'une vertèbre.

b. Le rapport entre le volume des racines postérieures et celui des racines antérieures est de 3 à 1. Ce rapport est de beaucoup supérieur à celui des autres régions, soit qu'on considère l'ensemble des filets, soit qu'on envisage chaque filet en particulier.

c. Les paires cervicales vont croissant rapidement de volume depuis la première jusqu'à la cinquième paire, et se maintiennent aussi volumineuses jusqu'à la huitième. La première paire cervicale, si bien décrite par Ash (2), pré-

(1) Les branches rachidiennes postérieures naissent quelquefois si près du ganglion qu'on serait tenté de croire, au premier abord, qu'elles naissent du ganglion lui-même et non point du cordon rachidien après l'accession des racines antérieures ; mais un examen approfondi ne tarde pas à démontrer que les branches postérieures appartiennent à la fois aux doux ordres de racines, et ne naissent qu'après le mélange ou la fusion de ces racines. Ces réflexions s'appliquent également aux branches destinées au système ganglionnaire du grand sympathique.

(2) De prima parte nervorum medullœ spinalù, 1750. Collection de Ludwig.

NERFS RACHIDIENS.

sente des racines postérieures bien moins nombreuses que ses racines antérieures.

2° Les paires dorsales, àl'exception de la première, qui ressemble de tous points aux paires cervicales, présentent les caractères suivants :

a. Petit nombre de racines ou de filets : aussi, à l'exception des paires sacrées, les paires dorsales sont-elles les moins volumineuses de toutes les paires nerveuses.

b. Uniformité de nombre et de volume de ces filets : les nerfs dorsaux sont à peu près tous de même volume; la douzième paire offre seule un volume un peu plus considérable.

c. Grand écartement des filets et défaut de régularité des intervalles qui les séparent : souvent une colonne de moelle de 16 à 20 millimètres de hauteur est destinée à l'insertion d'une petite paire de nerfs.

d. Gracilité des filets, plus grande que dans toute autre région.

e. Disproportion à peine- sensible entre les racines antérieures et les racines postérieures, comparées filet à filet : le rapport de 1 1/2 : t me paraît exprimer cette légère différence.

f. Nombre à peu près égal des racines antérieures et des racines postérieures.

g. Direction de ces racines, qui, avant de se détacber de la moelle, restent couchées sur elle dans une certaine longueur, circonstance propre à induire en erreur sur le lieu précis de leur origine.

h. Longueur du trajet qu'elles parcourent dans le canal rachidien. Cette longueur est mesurée par une hauteur de deux vertèbres au moins.

3° Les paires lombaires et sacrées présentent les caractères suivants :

a. Le nombre de leurs racines est bien plus considérable qu'à la région dorsale et même qu'à la région cervicale.

6. Leurs filets sont extrêmement rapprochés et forment une série non interrompue.

c. Lerapport de nombre des racines postérieures aux antérieures est :: 2:1.

d. Leurs racines présentent un volume uniforme : les racines antérieures, prises individuellement, sont aussi volumineuses que les racines postérieures.

e. Les racines postérieures restent fidèles à leur sillon, tandis que les racines antérieures se rapprochent de la ligne médiane à la partie inférieure de la moelle, et arrivent presque jusqu'au contact avec celles du côté opposé.

f. Bien que les racines antérieures ne concourent pas à la formation des ganglions spinaux, leur fusion avec la racine postérieure a lieu presque immédiatement au sortir du ganglion ; en sorte qu'on a pu croire que ce ganglion était commun aux racines antérieures et aux racines postérieures.

g. Les racines lombaires et sacrées ont une direction presque verticale.

h. Le trajet que parcourent ces racines avant de sortir du canal rachidien présente une longueur considérable.

Caractères propres à la première paire cervicale.

Caractères

propres

aux paires

dorsales.

Caractères

propres aux

paires

lombaires et sacrées.

BRANCHES POSTERIEURES DES NERFS RACHIDIENS.

Préparation. Diviser les téguments depuis la protubérance occipitale externe jusqu'au coccyx. Disséquer avec beaucoup de soin, en respectant les rameaux cutanés, la peau qui répond aux apophyses épineuses, surtout au niveau du trapèze. Disséquer avec non moins d'attention les muscles subjacents. Redoubler de précaution au niveau de l'espace celluleux qui sépare le sacro- lombaire du long dorsal.

NÉVROLOGIE.

Uniformité

dans la

distribution

des branches postérieures des nerfs spinaux.

Emanées des cordons plexiformes qui l'ont suite aux ganglions spinaux correspondants, les brandies postérieures des nerfs rachidiens, généralement plus petites que les branches antérieures, e dirigent en arrière et sortent immédiatement par des trous que j'ai considérés comme des trous de conjugaison postérieurs (I). Ces branches se divisent en plusieurs rameaux, lesquels se portent dans les grands espaces cclluleux qui séparent les muscles longs du dos, et vont se distribuer, les uns, dans les muscles, les autres, à la peau. La plus grande uniformité règne entre ceux de ces nerfs qui doivent se distribuer au même genre d'organes, et leurs différences sont en raison de celles que présentent les parties auxquelles ils sont destinés.

Nous allons étudier successivement les branches postérieures des paires cervicales, dorsales et lombaires.

Leur direction alternativement indexe en dedans et en dehors.

Sou volume.

Son trajet.

Sa division en plusieurs rameaux.

Cette branche fournit aux muscles grand et petit droits, grand et

petit obliques.

1° Branches postérieures des paires cervicales.

A. Caractères communs. — Toutes les branches postérieures des paires cervicales se portent transversalement en dedans, entre le muscle grand complexus et le Iransversaire épineux, et fournissent, avant de s'engager entre ces deux muscles, des rameaux très-grêles; parvenues sur les côtés du ligament cervical postérieur, elles traversent, d'avant en arrière, les insertions aponévrotiques du trapèze, s'accolent à la face profonde de la peau et, se recourbant brusquement sur elles-mêmes, se dirigent transversalement en dehors. Ces branches décrivent donc un trajet alternativement intlexe, d'abord en dedans, puis en dehors. 11 n'y a d'exception à ces caractères généraux que pour la première paire cervicale.

B. Caractères propres. l°La branche postérieure de la première -paire cervicale, plus considérable que l'antérieure, sort du canal rachidien entre l'occipital et l'arc postérieur de l'atlas, en dedans de l'artère vertébrale, à laquelle elle est contiguë. au-dessous du grand droit supérieur, dans l'aire du triangle équilatéral que forme ce muscle avec les deux muscles obliques; là, elle se trouve masquée par une grande quantité de tissu adipeux, qui en rend la dissection assez difficile, et s'épanouit immédiatement en plusieurs rameaux, qu'on peut diviser en internes, qui vont aux muscles grand et petit droit postérieur; en externes, au nombre de deux ou trois, qui vont au muscle petit oblique ; et en inférieurs, plus volumineux : l'un d'eux se jette dans le grand oblique, un autre ou anastomotique, en s'unissant au-dessous du grand oblique à un rameau ascendant de la deuxième paire cervicale, va concourir à la formation du plexus cervical postérieur.

Le rameau du petit droit se porte d'abord entre le grand droit et le grand complexus, pour aller se jeter dans le petit muscle auquel il est destiné.

Le rameau principal de l'oblique inférieur forme, avant de s'épanouir dans l'épaisseur de ce muscle, une arcade ou anse bien décrite par Bichat.

11 suit delà, que tous les muscles droits et obliques postérieurs reçoivent leurs filets de la branche postérieure de la première paire cervicale. Aucun filet pour le grand complexus, aucun filet cutané.

(1) Voyez Ostéologie (Colonne vertébrale en général). Ces trous, situés entre les apophyses transverses, sont complétés, en dehors, par le ligament transverso-costal supérieur.

Page 1