I. Branches collatérales. Elles sont assez nombreuses
1° Lntre l'épitrochlée et l'olécrâne, le nerf cubital donne plusieurs filets articulaires, très-ténus, qui s'enfoncent dans l'articulation du coude; il donne aussi :
2° Les rameaux du muscle cubital antérieur, dont un, très-considérable, peut être suivi jusqu'à la partie inférieure du corps charnu de ce muscle.
3° Après sa réflexion, le nerf cubital donne le rameau du fléchisseur profond des doigts, rameau dont les divisions rampent sur la face antérieure du muscle avant de pénétrer dans son épaisseur. Ce rameau est exclusivement destiné aux deux divisions internes du fléchisseur profond, les deux divisions externes recevant leurs filets du médian.
NERFS RACHIDIENS,
4° Vers le milieu de l'avant-bras, il donne un petit rameau long et grêle, qui se détache de la partie antérieure du nerf et se divise en deux filets, dont l'un suit l'artère cubitale (filet de l'artère cubitale), et dont l'autre {filet anastomotique) traverse l'aponévrose antibrachiale, pour venir s'anastomoser avec le nerf brachial cutané interne.
5° La branche dorsale cutanée de la main est la plus volumineuse des branches fournies par le cubital, en sorte qu'on pourrait la considérer comme une des branches de terminaison du nerf cubital. Elle naît à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur de l'avant-bras, se porte obliquement en bas, en arrière et en dedans, entre le cubitus, qu'elle croise, et le muscle cubital antérieur, et ne se dégage de dessous le tendon de ce muscle qu'un peu audessus de la petite tête du cubitus. Devenue verticale, elle se place entre la peau et cette petite tête, sur laquelle elle peut être comprimée, longe le côté interne du carpe et se divise en deux rameaux dorsaux, l'un interne, l'autre externe.
Le rameau dorsal interne, plus petit, longe le bord interne du 5e métacarpien, puis le côté interne de la région dorsale du petit doigt, dont il forme le collatéral dorsal interne.
Le rameau dorsal externe, bien plus considérable, émet d'abord un petit filet anastomotique, qui croise obliquement les os métacarpiens, pour s'anastomoser, sur la partie inférieure du deuxième espace interosseux, avec une branche, également oblique, du nerf radial. Il se porte ensuite verticalement en bas, le long du 4e espace interosseux, et se divise en deux rameaux secondaires, qui se subdivisent encore pour aller constituer les collatéraux dorsaux, savoir : l'un, le collatéral dorsal externe du petit doigt et le collatéral dorsal interne de l'annulaire, l'autre, le collatéral dorsal externe de l'annulaire et le collatéral dorsal interne du médius.
I. Branches terminales. 1° Branche palmaire superficielle, ou branche des nerfs collatéraux palmaires des doigts. Elle fournit, dès son origine, un rameau musculaire, qui passe sous le court fléchisseur du petit doigt et se ramifie dans ce muscle et dans le palmaire cutané, et un rameau anastomotique, qui s'unit à la 6° branche terminale du médian; puis elle se divise en deux rameaux, l'un interne, l'autre externe.
L'interne, plus petit, croise obliquement les muscles de la région hypothénar, est subjacent au muscle palmaire cutané, lorsqu'il existe, et gagne le côté interne de la face antérieure du petit doigt, dont il forme le collatéral palmaire interne (l);
l'externe, plus considérable, envoie un filet de communication au nerf médian et se bifurque pour aller constituer le collatéral palmaire externe du petit doigt et le collatéral palmaire interne de l'annulaire.
2° Branche palmaire profonde ou musculaire. Elle est un peu plus volumineuse que la superficielle. Immédiatement après son origine, elle se réfléchit de dedans en dehors, au-dessous de l'os crochu, traverse le court fléchisseur du petit doigt, pour s'enfoncer profondément dans la paume de la main, en sorte que, pour la mettre à découvert, il faut diviser tous les tendons de la région palmaire. Cette branche décrit dans la paume de la main une courbe ou arcade transversale à concavité supérieure, située au-devant des métacarpiens, analogue à l'arcade artérielle profonde, qui la croise à angle aigu.
Filet de l'artère cubitale.
Filet anastomotique.
Branche dorsale interne de la main.
Rameau dorsal interne.
Rameau dorsal externe.
Collatéraux
dorsaux des doigts.
Branche palmaire superficielle.
Branche terminale profonde.
Elle décrit une arcade.
(1) J'ai noté que le muscle palmaire, lorsqu'il existe, est fourni par ce rameau.
NÉVROLOGIE.
Nerfs des
muscles
de l'hypo-
thénar.
Nerfs des deux derniers interosseux palmaires ; Des deux lombricaux internes.
Les trois rameaux perforants
appartiennentaux muscles interosseux.
Nerfs de l'adducteur du pouce.
Du 1" iuterosseux
dorsal.
Résumé de la distribution
du nerf
cubital.
Il ne naît aucun rameau de la concavité de cette arcade ; mais sa convexité en fournit un grand nombre, dans l'ordre suivant :
a. Au niveau de son passage entre le pisiforme et l'os crochu, trois rameaux pour les trois muscles de l'éminence'hypothénttr, savoir : l'abducteur, le fléchisseur et l'opposant.
b. Deux filets descendants fort remarquables, qui fournissent aux deux derniers interosseux palmaires, et qui vont se terminer aux deux lombricaux les plus internes. (Les deux lombricaux externes, et quelquefois le 3e lombrical, reçoivent leurs nerfs du médian.)
c. Trois rameaux perforants, qui se portent directement d'avant en arrière, entre les extrémités supérieures des métacarpiens, fournissent des rameaux aux muscles interosseux palmaires, marchent dans la ligne celluleuse qui sépare le muscle interosseux dorsal de l'interosseux palmaire, fournissent à l'interosseux dorsal correspondant et se terminent en s'anastomosant avec les rameaux collatéraux dorsaux fournis, soit par le cubital, soit par le radial.
Nous pouvons considérer comme les divisions terminales de la branche profonde : 1° deux rameaux qui sont destinés aux deux portions du muscle adducteur du pouce (1); 2° le rameau du premier interosseux dorsal, lequel fournit à l'adducteur du pouce un filet qui pénètre dans ce muscle près de son bord inférieur.
Résumé. Il résulte de ce qui précède :
1° Que le nerf cubital ne fournit aucune branche au bras ;
2° Qu'il fournit à l'avant-bras des branches musculaires, destinées au cubital antérieur et à la moitié interne du fléchisseur profond des doigts, et un filet cutané, qui s'anastomose avec le brachial cutané interne ;
3° Qu'il fournit à la main une branche dorsale cutanée, de laquelle émanent les nerfs collatéraux dorsaux du petit doigt, de l'annulaire et le collatéral dorsal interne du médius ; une branche palmaire cutanée, qui donne les deux collatéraux palmaires du petit doigt et le collatéral interne de l'annulaire, et une branche palmaire musculaire, qui fournit aux trois muscles de l'éminence hypothénar, à tous les muscles iuterosseux, parmi lesquels nous pouvons comprendre l'adducteur du pouce (2), et aux deux lombricaux internes.
5° NERF RADIAL.
Destination Le nerf radiah <ïui constitue la plus volumineuse des branches de terminaigéneraie son du plexus brachial, est un nerf musculo-cutané, destiné, d'une part, au triceps brachial, aux muscles de la région postérieure et externe de l'avant-
du nerf radial
bras, par conséquent, aux muscles extenseurs de l'avant-bras, de la main et
(1) On doit se rappeler que j'ai considéré (voyez Mïologie) comme appartenant à l'adducteur du pouce toute la portion du court fléchisseur des auteurs qui est en dedans du tendon du long fléchisseur propre du pouce, ou, en d'autres termes, toute la portion qui s'attache à l'os sésamoïde interne de l'articulation métacarpo-phalangienne. La distribution des nerfs vient à l'appui de ma manière de voir; car le court fléchisseur du pouce, reçoit du médian, tandis que les deux chefs du muscle adducteur reçoivent du cubital.
(2) Il est tout à fait rationnel de considérer l'adducteur du pouce comme le premier interosseux palmaire, qui, pour des circonstances relatives au puissant mouvement d'adduction, s'insère au troisième métacarpien.
NERFS RACHIDIENS.
des doigts; d'autre part, à la peau du bras, de l'avant- bras et de la région dorsale de la main.
11 naît à la fois des cinq paires qui constituent le plexus brachial (/?</. \ 62), par un tronc qui lui est commun avec le nerf circonflexe, et se détache du plexus sur un plan postérieur au nerf cubital, auquel il est accolé. Aussitôt après son origine, il se porte en bas, en arrière et en dehors, au-devant des tendons réunis du grand dorsal et du grand rond, pour gagner la gouttière numérale, dans laquelle il s'engage, en passant entre la longue portion et la portion interne du triceps brachial, parcourt toute l'étendue de cette gouttière, où il se trouve en rapport avec l'artère et la veine numérales profondes. Devenu externe et antérieur au sortir de cette gouttière, c'est-à-dire à la réunion des deux tiers supérieurs avec le tiers inférieur de l'humérus, le nerf radial se porte verticalement en bas, entre le long supinateur et le brachial antérieur, puis entre le brachial antérieur et le premier radial externe, croise l'articulation du coude, en passant au-devant de la petite tête de l'humérus et de l'extrémité supérieure du radius, et se termine en se bifurquant.
Dans tout le cours de son trajet le long de l'avant-bras, le nerf radial est situé en dehors de l'artère radiale, de même que le nerf cubital est situé en dedans de l'artère cubitale. Les nerfs de l'avant-bras sont donc plus éloignés de l'axe du membre que les artères.
Origine
du nerf
radial.
Sa direction
Son trajet spiroïde dans la gouttière
numérale.
Ses rapports avec l'artère radiale.
A. — Branches collatérales du nerf radial.
Dans son trajet inflexe et comme spiroïde le long du bras et dans son trajet direct le long de l'avant-bras, le nerf radial fournit un grand nombre de rameaux collatéraux, dans l'ordre suivant :
a. Avant de s'engager dans la gouttière humérale,
i° Un rameau cutané interne, qui, d'abord ïous-aponévrotique, traverse l'aponévrose pour s'accoler à la peau et se diviser en deux filets, qui se portent obliquement en arrière et peuvent être suivis jusqu'à l'olécrane.
2° Plusieurs rameaux considérables à la longue portion du triceps; le plus élevé de ces rameaux est récurrent et peut être suivi jusqu'aux attaches scapulaires du muscle. Un rameau descendant, très-volumineux, peut être suivi jusqu'à l'olécrane.
3° Un rameau au vaste interne; une division de ce rameau, qui est considérable, longe le bord interne de l'humérus, au-devant du vaste interne du triceps humerai, et ne pénètre dans ce muscle qu'au voisinage de l'articulation du coude.