VI. — RAMEAUX INTERNES, OU CAROTIDIENS ET VISCÉRAUX
Les rameaux internes, très-nombreux, se divisent en ceux qui accompagnent l'artère carotide externe et ses divisions et en ceux qui sont destinés aux viscères.
a. Rameaux satellites de la carotide externe et de ses divisions. — Nous avons vu que de l'extrémité supérieure du ganglion cervical supérieur partent des nerfs qui enlacent l'artère carotide interne et se prolongent autour de ses divisions.
Du côté interne de ce même ganglion naissent des nerfs destinés à enlacer l'artère carolide externe (12) et les branches qui en émanent.
Ces nerfs sont des cordons gris (subrufi), mous (nervi molles et penè mucosi, Scarpa), noueux et gangliformes (rami gangliformes, Neubauer), qui se détachent du ganglion au niveau de l'origine de l'artère faciale; ils se portent en dedans, derrière les artères carotides externe et interne, forment une espèce de plexus gris (plexus inter-carotidien, 92) qui se prolonge jusqu'à l'embranchement de la carotide interne et de la carotide externe (I), contournent la première à la manière d'une anse et viennent s'anastomoser avec les rameaux carotidiens que nous avons dit venir du glosso-pharyngien, et les rameaux pharyngien et laryngé supérieur du pneumo-gastrique. Aucune des branches émanées de ce plexus ne se prolonge sur l'artère carotide primitive : toutes se portent sur l'artère carolide externe et sur les diverses branches qui en émanent, pour former autant de plexus qu'il y a de divisions artérielles et se distribuer avec elles au cou et à la face. Ainsi, il y a un plexus thyroïdien supérieur, qui enlace l'artère thyroïdienne supérieure, et qu'on suit jusque dans l'épaisseur de la glande thyroïde et sur le larynx; un plexus lingual, qui pénètre dans l'épaisseur de la langue et qu'on suppose s'anastomoser avec le rameau lingual et même avec le grand hypoglosse : de petits ganglions ont été signalés par Remak sur son trajet; un plexus facial, qu'on suppose s'anastomoser à la face avec le nerf facial. Les rameaux qui pénètrent la glande sous-maxillaire ont fixé l'attention des anatomistes; un de ces rameaux communique avec le ganglion sous-maxillaire. Il y a aussi un plexus pharyngien, un plexus occipital, un plexus auriculaire: Meckel l'ancien (2) a même décrit une anastomose entre le
(1) C'est dans cet embranchement qu'existe souvent un renflement nold propose d'appeler ganglion intercarotidien.
(2) Mémores de Berlin, 1752.
;angliforme, qu'Ar-
Des nerfs
qui enlacent
la carotide
externe.
Plexus intercarotidien.
Le plexus
intercarotidien est complété par le glosso-pharyngien et le pneumogastrique.
Plexus thyroïdien.
Plexus lingual.
Plexus facial.
Plexus pharyngien, occipital,
auriculaire.
NÉVROLOGIE.
Renflements
gangli-
formes de
ces plexus.
Rameaux ■viscéraux.
Division :
En rameaux pharyngiens ;
En rameaux laryngiens ;
En rameaux cardiaques.
nerf facial et le petit plexus qui accompagne l'artère auriculaire; enfin l'artère temporale, l'artère maxillaire interne et ses divisions sont également entourées (hederœ ad modum, Scarpa) de petits plexus nerveux, et ces plexus sont quelquefois si considérables que Meckel l'ancien a pu dire que, de tous les vaisseaux du corps, ce sont les artères de la face qui offrent les plexus nerveux les plus considérables. Le plexus maxillaire interne s'anastomose avec le nerf auriculotemporal, se prolonge sur l'artère méningée moyenne et fournit des filets à la dure-mère. Suivant Arnold, il donnerait, avant de traverser le trou petit rond, un filet au ganglion otique. Ces plexus me paraissent surtout remarquables par le mélange de filets blancs et de filets mous, mélange qui atteste leur double origine.
Tous ces plexus présentent ça et là des renflements gangliformes, ainsi qu'on peut le voir sur la magnifique planche de Scarpa (1). Cet auteur a figuré, d'après Andersh, un ganglion, qu'il regarde comme constant, au niveau de la division de la carotide externe et de la temporale. A ce ganglion ou renflement gangliforme aboutit un filet du nerf facial (2).
b. Rameaux viscéraux. Ils naissent tous du côté interne du ganglion et se divisent en pharyngiens, laryngiens et cardiaques.
Les rameaux pharyngiens sont de gros cordons ganglionnaires qui naissent de la partie supérieure et interne du ganglion cervical supérieur, se portent transversalement en dedans et s'associent aux rameaux pharyngiens du glosso-pharyngien, du pneumo-gastrique et du spinal, pour former un des plexus les plus remarquables de l'économie, le plexus pharyngien, lequel se distribue au pharynx.
Les rameaux laryngiens, plus grêles et moins nombreux que les rameaux pharyngiens, s'unissent au nerf laryngé supérieur et à ses branches et contribuent à former le plexus laryngé. Dans un cas où le rameau laryngé externe naissait isolément du pneumo-gastrique, ce nerf avait autant de filets d'origine provenant du ganglion cervical supérieur que du pneumo-gastrique.
Les rameaux cardiaques constituent, en se réunissant, le nerf cardiaque supérieur, sur lequel je vais revenir après avoir décrit les ganglions cervicaux moyen et inférieur.
B. — Ganglion cervical moyen.
Le ganglion
cervical
moyen
manque
souvent.
Il manque chez un grand nombre de sujets et, dans ce cas, les rameaux qu'il émet ou qu'il reçoit, sont émis ou reçus par le cordon de communication entre le ganglion cervical supérieur et le ganglion cervical inférieur, ou par le ganglion cervical inférieur lui-même; quelquefois le ganglion cervical moyen est double, d'autres fois il est à l'état de vestige.
(1) Tabulée nevrologicœ, tabula 3, 179Z|.
(2) Arnold a décrit et figuré un filet émané du plexus qui entoure l'artère sphénoépineuse, et qui, suivant ce laborieux investigateur, irait se rendre au ganglion otique ; il admet aussi des filets nerveux qui, du plexus de l'artère palatine ascendante, iraient se rendre au ganglion sous-maxillaire. C'est ainsi qu'il établit la connexion de ces deux ganglions de la tête avec le grand sympathique. Quelque attention que j'aie donnée à ce point d'anatomie, il m'a été impossible de découvrir rien de semblable, et pourtant toutes les préparations difficiles ont été faites sur des pièces qui avaient préalablement macéré dans l'acide nitrique étendu d'eau.
PORTION CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE
Situé au-devant de la cinquième ou sixième vertèbre cervicale (86), il est appliqué au-devant de l'artère thyroïdienne inférieure, au niveau de sa première courbure, et quelquefois derrière elle : son rapport avec l'artère thyroïdienne inférieure, qui est à peu près constant, motive la dénomination de ganglion thyroïdien, qui lui a été donnée par Haller; cependant je l'ai vu souvent à 16 millimètres au-dessus de cette artère. Sa forme et son volume sont extrêmement variables, non-seulement chez les divers individus, mais encore chez le même individu, d'un côté à l'autre. Quelquefois c'est un simple renflement gangliforme; Scarpa a fait représenter un ganglion cervical moyen presque aussi considérable que le ganglion cervical supérieur et olivaire comme lui. Je ne l'ai jamais vu aussi volumineux (I). Le volume du ganglion cervical moyen m'a toujours paru en rapport avec le développement de ses filets de communication avec les paires cervicales, mais il est toujours moins considérable que celui du ganglion cervical supérieur. Au ganglion cervical moyen, quand il existe, aboutissent : i° En haut, le cordon de communication avec le ganglion cervical supérieur; 2° en bas, le cordon de communication, souvent multiple, avec le ganglion cervical inférieur ; quand il est double, ils passent l'un en avant, l'autre en arrière de l'artère sous-clavière ; 3° en dehors, trois branches venues de la 3e, de la 4° et de la 5e paire cervicale : il n'est pas rare de voir la branche de communication de la 4e paire cervicale appartenir au nerf phrénique ; 4° en dedans, plusieurs filets qui forment un plexus autour de l'artère thyroïdienne inférieure et paraissent destinés au corps thyroïde (16), quelques filets anastomotiques avec le nerf récurrent (15). Le plus considérable des nerfs internes est le nerf cardiaque moyen (85) ou grand nerf cardiaque de Scarpa, sur lequel je vais revenir.
Sa position.
Ses variétés de forme
et de volume.
Nerfs qui aboutissent iu ganglion cervical moyen
ou qui en émanent.
Nerf
cardiaque
moyen.