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C. — Ganglion cervical inférieur

Neubauer a parfaitement décrit le ganglion cervical inférieur sous le titre de premier ganglion thoracique, qui lui conviendrait assez, 1° à raison de la fréquence de sa continuité avec ce dernier ganglion ; 2° à cause de sa situation audevant de l'apophyse transverse de la seplième vertèbre cervicale et de la tête de la première côte. Ce ganglion est constant ; il est placé profondément derrière l'origine de l'artère vertébrale, qui le masque complètement (2).

Son volume, moins considérable que celui du ganglion cervical supérieur, est supérieur à celui du ganglion cervical moyen. Sa forme, généralement irrégulière, est souvent semi-lunaire, sa concavité regardant en haut. Par son extrémité interne, il reçoit le cordon simple ou double qui l'unit au ganglion cervical moyen, plus profondément un gros nerf satellite de l'artère vertébrale et qu'on peut appeler nerf vertébral.

Le nerf vertébral (80) occupe le canal que les apophyses transverses des vertèbres cervicales fournissent à l'artère vertébrale. On dit généralement que ce nerf émane du ganglion cervical inférieur en recevant des rameaux des paires cer-

(1) Je crois qu'il ne faut pas considérer comme remplaçant le ganglion cervical moyen de petits ganglions, sans filets afférents ni efférents, qui se présentent assez souvent à des hauteurs variables sur le cordon du grand sympathique.

(2) Il n'est pas rare de voir le ganglion cervical inférieur décrire autour de l'artère vertébrale un demi-anneau, que complète, en avant, un cordon gris tendu de l'une à l'autre extrémité du ganglion.

Cr.uvEiuuER et Sée, 5' édition. III. — 45

Situation

du ganglion

cervical

inférieur.

Sa forme.

Ses connexions.

Nerf vertébral.

Fausses idées sur

ce nerf.

NÉYROLOGIE.

Le nerf

■veitébral est formé

par la réunion de

lilets

émanés des

3e, 4° et

5e paires

cervicales.

Nerf cardiaque inférieur.

vicales, qu'il parcourt toute la longueur du canal de l'artère vertébrale, pénètre avec elle dans le crâne et s'unit à celui du côté opposé, pour former un plexus basilaire, lequel se diviserait et se subdiviserait autour des artères terminales du tronc basilaire, à la manière des plexus fournis autour de l'artère carotide interne par le rameau carotidien, avec lesquels il s'anastomoserait par le plexus de la communicante postérieure. Mais tel n'est pas le mode de distribution de ce nerf, qui me paraît résulter de la réunion successive de filets émanés des 3e, 4e et 5e paires cervicales, à la manière des grands nerfs splanchniques, dont je parlerai dans un instant; qui va grossissant de haut en bas, à mesure qu'il reçoit de nouveaux filets, se place derrière l'artère vertébrale, sort du canal des apophyses transverses derrière cette artère, pour se jeter dans le ganglion cervical inférieur. Je regarde ce rameau comme destiné à établir une communication entre les 3e, 4e et 5e paires cervicales et le ganglion cervical inférieur (1). Il fournit un certain nombre de fines ramifications qui forment, autour de l'artère vertébrale, un réseau très-apparent inférieurement et qui envoie des filets vers la cavité crânienne, pour constituer le plexus basilaire.

Les rameaux externes sont de deux ordres : les uns, très-grêles, se portent sur l'artère sous-clavière (82), et forment à sa surface un réseau délicat qui se prolonge sur les divisions du vaisseau ; les autres, au nombre de trois ou quatre, sont des branches de communication avec la 5e, la 6e et la 7° paire cervicale et avec la lre paire dorsale.

Le rameau inférieur, généralement gros et court, quelquefois double, fait communiquer le ganglion cervical inférieur avec le ganglion thoracique supérieur, et ce moyen de communication existe lors môme qu'il y a continuité d'un ganglion à l'autre.

Les rameaux internes sont les plus nombreux ; les plus élevés vont au nerf cardiaque moyen (85); d'autres se rendent au nerf récurrent du pneumo-gastrique. Les plus remarquables sont les plus inférieurs, qui constituent, en se réunissant, le nerf cardiaque inférieur (77) ou se jettent isolément dans le plexus cardiaque.

Plusieurs filets se jettent dans la portion inférieure du muscle long du cou ou pénètrent dans le corps de la lre vertèbre dorsale.

Nerfs cardiaques.

Mode de préparation.

Préparation. Ces nerfs doivent être préparés : 1° depuis leur origine jusqu'au niveau de l'entre-croisement de l'aorte et de l'artère pulmonaire ; 2° depuis cet entre-croisement jusqu'aux divisions extrêmes de ces nerfs. Pour cela: 1° mettre à nu les ganglions cervicaux et les nerfs cardiaques et plonger la pièce dans de l'acide nitrique étendu; 2° disséquer avec soin tous les nerfs internes qui émanent des ganglions, en ménageant les rapports de ces nerfs cardiaques ganglionnaires avec les nerfs cardiaques qui viennent du pneumo-gastrique et du récurrent ; 3° étudier les nerfs qui passent au-devant de l'aorte, ceux qui passent entre l'aorte, d'une part, l'artère pulmonaire et la trachée, d'autre part, et enfin ceux qui passent derrière l'artère pulmonaire ; étudier leur corrélation avec les plexus cardiaques antérieur et postérieur.

(1) Une anomalie fort remarquable, rencontrée par Jarjavay, vient à l'appui de cette manière de voir : sur une pièce, l'artère vertébrale ne pénétrait dans le canal de la base des apophyses transverses des vertèbres qu'entre la 3e et la 4e vertèbre cervicale; le ganglion cervical moyen formait une demi-gaine au-devant de cette artère et recevait des filets des 4e, 5e, 6e et 7e paires cervicales. Le ganglion cervical inférieur ne recevait qu'un fiiet émané de la 8e paire cervicale. Le nerf vertébral manquait complètement.

PORTION CEItVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE.

Les nerfs cardiaques, nerfs du cœur (1), distingués en droits et gauches, naissent essentiellement des ganglions cervicaux. A ces nerfs ganglionnaires viennent s'associer un grand nombre de rameaux émanés du pneumo-gastrique et plus particulièrement du nerf récurrent (v. pag. 564) ; tous convergent vers l'origine de l'aorte et de l'artère pulmonaire, pour constituer le plexus cardiaque. De ce plexus partent les plexus coronaires droit et gauche, qui entourent les artères coronaires et qui, après s'être éparpillés à la surface du cœur et avoir parcouru un long trajet sous son enveloppe séreuse, pénètrent dans l'épaisseur des parois musculaires de cet organe.

Telle est l'idée la plus générale qu'on doive se faire des nerfs et des plexus cardiaques, qui nous présentent un exemple des plus remarquables d'anaslomoses médianes. Scarpa les a, le premier, bien décrits et bien figurés dans des planches qui serviront toujours de modèle en iconographie anatomique. Mais aucune partie du système nerveux ne présente autant de variétés anatomiques de nombre, de volume et d'origine que les nerfs cardiaques, et c'est surtout à l'occasion de ces nerfs qu'on regrette un travail relatif aux variétés anatomiques du système nerveux (2).

Tantôt ce sont les nerfs cardiaques droits qui l'emportent sous le rapport du volume, tantôt ce sont les nerfs cardiaques gauches.

Tous les nerfs cardiaques ont une couleur grise, mais tous ne sont pas mous, comme le dit Scarpa, qui les décrit sous le nom de nervi molles.

On admet, d'après Scarpa, trois nerfs cardiaques de chaque côté, savoir : un

[i) L'histoire des nerfs du cœur est singulière. Les anciens philosophes, avec Aristote, fondés sur des idées préconçues, disaient que le cœur était la source des nerfs de toute l'économie. Galien réfuta cette opinion et n'admit pour le cœur qu'un nerf très-grêle, descendant du cerveau. Vésalefit provenir ce nerf grêle du nerf récurrent et le représenta dans une figure. Fallope, le premier, décrivit les nerfs du cœur et dit avoir démontré à ses auditeurs insignem nervorum plexum à quo abundans copia nervosœ materiœ totam cordis basim complexatur, perçue ipsam plures propagines parvorum nervorum dispergit. Behrends soutint, en 1795, une thèse dans laquelle il cherche à démontrer que le cœur manque de nerfs, cor nervis carere, et que les prétendus nerfs du cœur sont exclusivement destinés aux parois des artères coronaires; Sœmmering soutint la même opinion. Tel était l'état de la science, lorsqu'en 1794 Scarpa publia son beau travail, qui a fixé l'anatomie sur ce point. (Tabules nevrologicœ ad illustrandam anatomiam cardiacorum nervorum, noni nervorum cerebri, giosso-plxarxjngœi ex octavo cerebri.)

(2) Pour ma part, je déclare que je n'ai jamais rencontré, dans mes dissections, les nerfs cardiaques tels qu'ils sont figurés dans les magnifiques planches de Scarpa, lesquelles ont servi de type pour toutes les descriptions des ouvrages modernes. J'ai décrit minutieusement les nerfs cardiaques de huit sujets différents : ces huit descriptions présentent des différences très-prononcées, au moins jusqu'au plexus cardiaque; mais la distribution terminale des rameaux du cœur m'a paru identique chez tous les sujets. Les anastomoses médianes des nerfs cardiaques expliquent sans doute la solidarité des nerfs cardiaques du côté droit avec ceux du côté gauche. Il y a, en effet, un rapport inverse de développement entre les nerfs cardiaques du côté droit et ceux du côté gauche. Dans un cas où les nerfs cardiaques moyen et inférieur du côté droit manquaient, et où le cardiaque supérieur était peu développé, ils étaient remplacés par des rameaux volumineux émanés du nerf récurrent droit et par les nerfs cardiaques du côté gauche, qui étaient d'un volume considérable. Dans une pièce préparée par Jarjavay, le nerf récurrent du côté droit envoyait au cœur un très-grand nombre de rameaux, qui formaient un plexus avec d'autres rameaux émanés du nerf cardiaque moyen; tandis qu'à gauche, les rameaux cardiaques étaient incomparablement moins développés.

Nerfs cardiaques.

Idée générale des nerfs et plexus cardiaques.

Leurs infinies variétés.

Des trois

nerfs

cardiaques.

Identité de la distribution terminale des nerfs cardiaques.

Solidarité des

nerfs cardiaques droits et des nerfs

cardiaques gauches.

NEVROLOGIE.

Variétés de nombre

et de volume des

nerfs cardiaques.

Solidarité entre les cardiaques du pneumogastrique pt les nerfs cardiaques

du grand sympathique.

Variétés d'origine du nerf cardiaque supérieur.

Trajet du nerf cardiaque supérieur.

supérieur, qu'il appelle superficiel et qui vient du ganglion cervical supérieur; un moyen, qu'il appelle grand nerf cardiaque ou cardiaque profond et qui vient du ganglion cervical moyen, et un inférieur , petit nerf cardiaque, qui vient do ganglion cervical inférieur. Cette distinction, fondée en général, est souvent impossible à établir, à raison des variétés anatomiques dont j'ai parlé plus liaut. Souvent il n'existe pas de nerf cardiaque moyen proprement dit; d'aulresfois il n'existe pas de nerf cardiaque inférieur, ou plutôt l'un et l'autre ne sont qu'à l'état de vestige ; enfin le nerf cardiaque supérieur peut, sinon manquer complètement, au moins être extrêmement grêle et se jeter dans le nerf cardiaque moyen. Quelquefois tous les nerfs cardiaques d'un côté se réunissent en un seul tronc, ou bien en un plexus situé derrière l'artère sous-clavière, sur les côtés de la trachée, plexus auquel concourt le nerf récurrent et duquel partent trois, quatre ou un plus grand nombre de branches, qui vont se terminer au cœur comme de coutume. Un des points les plus importants de l'histoire des nerfs cardiaques, c'est l'espèce de fusion de ces nerfs avec le pneumo-gastrique, si bien qu'il y a une sorte de solidarité entre les nerfs cardiaques du pneumogastrique et les nerfs cardiaques venus des ganglions, de même qu'il y a solidarité entre les nerfs cardiaques droits et gauches et les nerfs cardiaques supérieur, moyen et inférieur, de chaque côté. Le nerf récurrent, en particulier, paraît quelquefois se partager à peu près également entre le larynx et le cœur, tant sont volumineux et multipliés les rameaux cardiaques qu'il fournit.

Nous verrons plus bas qu'il y a une liaison tout aussi intime entre lé pneumogastrique et le plexus solaire qu'entre le pneumo-gastrique et les plexus cardiaques.

Je décrirai d'abord avec détail les nerfs cardiaques droits, pour indiquer ensuite brièvement les caractères différentiels des nerfs cardiaques gauches.

Les nerfs cardiaques droits, situés, à leur origine, en arrière de la carotide primitive et du tronc brachio-céphalique, descendent entre la trachée et la crosse de l'aorte pour se jeter dans le plexus cardiaque.

1 . Le ne»/ cardiaque supérieur (89), a une origine très-variable. Le plus souvent, il naît de l'extrémité inférieure du ganglion cervical supérieur, dont il paraît être la bifurcation interne, le cordon de communication entre le ganglion cervical supérieur et le ganglion cervical moyen étant la branche de bifurcation externe; d'autres fois, il naît de ce cordon de communication. Dans un grand nombre de cas, son origine est mixte et a lieu 1° par deux ou trois filets trèsgrêles qui viennent du côté interne du ganglion cervical supérieur; 2° par un rameau, souvent volumineux, qui émane du cordon de communication; 3° souvent par deux filets venus du pneumo-gastrique. Chez un sujet qui appartenait à cetle dernière catégorie, le rameau cardiaque qui provenait du cordon de communication, présentait un renflement ganglionnaire très-prononcé.

Quelle que soit son origine, le nerf cardiaque supérieur se porte obliquement en bas et en dedans, derrière l'artère carotide primitive, dont il est séparé par une lame aponévrotique très-mince, de telle sorte qu'il est presque impossible de- le comprendre dans la ligature de cette artère; il communique avec le plexus laryngé, longe la trachée, reçoit très-souvent un rameau du cordon du grand sympathique, croise l'artère thyroïdienne inférieure, au-devant de laquelle il est placé, et quelquefois se divise en deux rameaux, l'un antérieur, qui passe au-devant de celie artère, l'autre postérieur, qui se rend au récur-

PORTION CERVICALE DU' GRAND SYMPATHIQUE

rcnt (1). A la partie inférieure du cou, le nerf cardiaque supérieur longe le nerf récurrent, avec lequel on serait tenté de le confondre, pénètre dans le thorax en passant derrière et quelquefois devant l'artère sous-clavière (2), longe le tronc brachio-eéphalique, gagne la face postérieure de la crosse de l'aorte, fournit un certain nombre de filets qui vont au-devant de cette crosse, se dirige obliquement en bas et a gauche, entre la crosse aortique et la trachée, s'anastomose très-fréquemment avec les rameaux cardiaques moyen et inférieur et avec des rameaux émanés du nerf récurrent, et se divise en deux ordres de filets, dont les uns passent entre l'aorte et l'artère pulmonaire, les autres entre le tronc pulmonaire droit et la trachée. Les uns et les autres s'anastomosent avec les rameaux cardiaques gauches, et se comportent comme nous le dirons plus bas. Dans quelques cas rares, le nerf cardiaque supérieur droit va directement aux plexus cardiaques, sans s'anastomoser avec les rameaux cardiaque moyen et inférieur.

Dans son trajet le long du cou, le nerf cardiaque supérieur droit reçoit les petits rameaux cardiaques supérieurs du pneumo-gastrique, émet plusieurs filets, dont les uns vont au pharynx, les autres à la trachée et à la glande thyroïde et dont plusieurs concourent à la formation du plexus de l'artère thyroïdienne inférieure ; souvent il en donne trois ou quatre qui vont s'anastomoser avec le nerf récurrent.

Dans le thorax, le rameau cardiaque supérieur reçoit le rameau cardiaque que le pneumo-gastrique fournit à la partie inférieure du cou, rameau qui parfois est très-considérable et qui le renforce manifestement. Ce rameau du pneumo-gastrique se jette quelquefois directement dans le plexus cardiaque.

2. Le nerf cardiaque m-jyen (85) naîtdu ganglion cervical moyen ou, à son défaut, du cordon du grand sympathique, aune distance plus ou moins grande du ganglion cervical inférieur. Assez souvent il est le plus volumineux des nerfs cardiaques, d'où le nom de grand nerf cardiaque, qui lui a été donné par Scarpa (magnus,profundus). D'autres fois, il est à l'étal de vestige et remplacé, soit par le cardiaque supérieur, soit par le cardiaque inférieur, soit par des rameaux du récurrent. Assez souvent ce nerf se divise en plusieurs branches, qui se séparent pour laisser passer l'artère sous-clavière. Il descend derrière la carotide primitive, la sous-clavière et la crosse de l'aorte, s'anastomose presque toujours avec les nerfs cardiaques supérieur et inférieur de son côté, longe le nerf récurrent, avec lequel il pourrait être confondu et avec lequel il communique toujours, et va se jeter dans le plexus cardiaque.

(1) On a vu quelquefois le cordon du grand sympathique, parvenu au niveau de l'artère thyroïdienne inférieure, se diviser en deux rameaux, dont l'un passait au-devant de cette artère pour aller se rendre au nerf cardiaque supérieur, dont l'autre passait derrière l'artère pour se rendre au ganglion cervical inférieur. Il n'est pas rare de voir le rameau cardiaque supérieur présenter un nœud ganglionnaire qui occupe la totalité ou une partie de son épaisseur.

(2) H est commun de voir le nerf cardiaque supérieur se bifurquer pour embrasser l'artère sous-clavière dans un anneau complot. D'autres fois le nerf cardiaque supérieur, passant par derrière l'artère sous-clavière, et le rameau cardiaque du pneumo-gastrique, passant au-devant, forment, par leur anastomose sous la sous-clavière, une anse qui est en dedans de celle du récurrent. Le plus souvent, le rameau cardiaque du pneumo-gastrique s'anastomose avec le cardiaque supérieur du grand sympathique entre la crosse de l'aorte et la trachée.

Ses rapports au cou;

Dans le thorax.

Sa division

en deux

ordres de

filets.

Le nerf cardiaque supérieur

reçoit plusieurs filets du pneumogastrique.

Origine

variable du

nerf

cardiaque

moven.

II communique avec

le nerf récurrent.

NÉVROLOG1E.

Origine du nerf

cardiaque inférieur.

Connexion des nerfs cardiaques avec le nerf récurrent.

Particularités des nerfs

cardiaques gauches.

Rapports et terminaison des

nerfs

cardiaques

gauches.

Anastomoses des

nerfs cardiaques

droits et gauches.

Le ganglion cardiaque

n'existe pas chez tous les sujets.

Uniformité

de la

terminaison

des nerfs

du cœur.

3. Le nerf cardiaque inférieur (77), généralement moins volumineux que le précédent [cardiacus minor), quelquefois cependant plus considérable, souvent double, naît ordinairement du ganglion cervical inférieur ou du premier ganglion tboracique, accompagne le nerf cardiaque moyen, avec lequel il s'anastomose, se porte comme lui verticalement en bas, derrière l'artère sousclavière, le tronc bracbio-céphalique et la crosse de l'aorte, au-devant de la trachée, s'anastomose avec le nerf cardiaque moyen et les filets cardiaques du nerf récurrent et se termine dans le plexus cardiaque.

Les connexions des nerfs cardiaques moyen et inférieur avec le nerl récurrent sont dignes de fixer l'attention. Quelquefois le nerf récurrent envoie de gros rameaux à ces nerfs, dont ils constituent la principale origine. J'ai vu les nerfs cardiaques moyen et inférieur réunis croiser perpendiculairement le nerf récurrent auquel ils adhéraient intimement, sans présenter le mélange de filets qui constitue les anastomoses.

Les particularités que présentent les nerfs cardiaques gauches, se réduisent à un petit nombre de points (1): au cou, ils se placent au-devant de l'œsophage, à raison de la position de ce conduit. Les nerfs cardiaques supérieur et moyen longent le côté externe de la carotide primitive; le nerf cardiaque inférieur passe ordinairement au-devant de la sous-clavière, quelquefois derrière cette artère. Les connexions des nerfs cardiaques gauches avec le nerf récurrent m'ont paru plus multipliées que celles des nerfs cardiaques droits.

Dans le thorax, les nerfs cardiaques supérieur et moyen du côté gauche se portent sur la concavité de la crosse de l'aorte; le nerf cardiaque inférieur, qui est le plus considérable de tous les nerfs cardiaques chez le sujet que j'ai en ce moment sous les yeux, se porte à gauche du tronc de l'artère pulmonaire, con tourne son côté postérieur et l'embrasse en manière d'anse, pour se jeter dans la portion du plexus cardiaque qui se trouve entre l'aorte et la division droite de l'artère pulmonaire. Enfin, à gauche, bien plus communément qu'à droite, le plexus pulmonaire antérieur envoie quelques filets dans cette même portion du plexus cardiaque.

Les six nerfs cardiaques du grand sympathique s'anastomosent entre eux et avec les rameaux cardiaques provenant du pneumo-gastrique, pour- donner naissance à un plexus considérable, situé dans la concavité de la crosse de l'aorte, au-devant de la bifurcation de la trachée, au-dessus de l'angle^de bifurcation de l'artère pulmonaire, à droite du canal artériel ou du cordon qui le remplace chez l'adulte : c'est le plexus cardiaque (20).

Wrisberg a décrit le premier, au centre du plexus, un ganglion grisâtre ou rougeâtre, de forme allongée. A ce ganglion, connu sous le nom de ganglion cardiaque (qui n'existe pas, à beaucoup près, chez tous les sujets et qui quelquefois semble morcelé), aboutissent surtout les deux nerfs cardiaques supérieurs droit et gauche, et quelquefois le rameau cardiaque qui se détache du pneumo-gastrique à la partie inférieure du cou. — Du plexus cardiaque s'irradient dans tous les sens un grand nombre de rameaux nerveux.

Autant il y a de variétés dans le trajet et dans le volume des nerfs cardiaques jusqu'à l'origine des gros vaisseaux, autant il y a d'uniformité dans leur distri-

(I) Chez un sujet, trois filets naissaient du ganglion cervical supérieur gaucho et se réunissaient à un petit ganglion auquel aboutissait, en outre, un filet p;ovenant du nerf laryngé. De ce ganglion partaient plusieurs filets pharyngiens et, le nerf cardiaque supérieur.

PORTION CERVICALE DU GRAND SYMPATHIQUE

bution sur l'origine des vaisseaux et dans leur terminaison définitive au cœur.

Sur l'origine des gros vaisseaux, les nerfs cardiaques se partagent en trois plans :

Le plan nerveux superficiel est le moins considérable et occupe la face antérieure de la crosse de l'aorte et surtout la partie latérale droite (24). Les filets nerveux qui appartiennent à ce plan apparaissent, sans dissection, à travers le péricarde transparent ; ils gagnent tous l'artère cardiaque antérieure, à droite de l'infundibulum du ventricule droit. On peut rapporter à ce plan superficiel le ganglion de Wrisberg, quand il existe, et les rameaux qui en émanent et qui vont, en grande partie, concourir à la formation du même plexus cardiaque antérieur.

Le -plan nerveux moyen se compose de deux parties bien distinctes : 1° du grand plexus cardiaque de Haller, qui est situé entre la trachée et la crosse aortique, au-dessus de la branche droite de l'artère pulmonaire ; 2° d'une seconde partie, beaucoup moins considérable, située au-dessous du plexus de Haller, dont il est une émanation, entre la branche droite de l'artère pulmonaire et la crosse aortique. Pour bien voir ce plan, il faut diviser la crosse aortique.

Le plan nerveux profond est situé entre la branche droite de l'artère pulmonaire et la bifurcation de la trachée. Pour le mettre à découvert, il faut diviser le tronc de l'artère pulmonaire.

Plexus cardiaques antérieur et postérieur. Le plan nerveux superficiel va tout entier au plexus cardiaque gauche ou antérieur. Le plan moyen et le plan postérieur se réunissent au-dessous de la branche pulmonaire droite, au-devant des oreillettes, et forment un plexus qui mériterait mieux le nom de grand plexus cardiaque que l'entrelacement auquel Haller a appliqué cette dénomination. De ce plexus, dans lequel vient se jeter directement le nerf cardiaque inférieur gauche, partent i ° des rameaux auriculaires antérieurs, trôs-mullipliés ; 2° des rameaux qui se glissent entre l'aorte et l'artère pulmonaire, pour gagner le côté droit de l'infundibulum et se porter au plexus cardiaque gauche ou antérieur, que nous avons déjà vu formé par le plan superficiel; 3° les rameaux du plexus cardiaque droit ou postérieur, qui enlacent l'artère cardiaque postérieure à son origine, se divisent comme l'artère et forment deux plexus secondaires : l'un, qui' contourne le sillon auriculo-ventriculaire gauche ; l'autre, qui se porte dans le sillon ventriculaire antérieur.

Les filets nerveux émanés de ces plexus abandonnent bientôt les divisions artérielles, pour marcher isolément; ils sont tous également grêles et apparaissent, sans préparation, sous la forme de lignes blanches étendues de la base à la pointe du cœur. Ils sont principalement destinés à la portion ventriculaire du cœur. On voit cependant quelques filets ascendants pour la face postérieure des oreillettes, qui est beaucoup moins abondamment pourvue que la face antérieure. La plupart de ces filets sont destinés à la substance musculaire du cœur. De très-petits ganglions, signalés par Remak, se voient sur leur trajet.

Le cœur n'est pas la seule terminaison des filets cardiaques : plusieurs se perdent dans l'épaisseur des tuniques de l'aorte ; un certain nombre vont se rendre au plexus pulmonaire antérieur, quelques-uns au péricarde.

Les nerfs

cardiaque ;

forment

trois

plans ner-'

veux :

Plan

nerveux

cardiaque

superficiel.

Plan

nerveux

cardiaque

moyen ;

Plan nerveux cardiaque profond.

Les trois

plans nerveux cardiaques aboutissent aux plexus cardiaques antérieur et postérieur.

Les filets

nerveux du

cœur

marchent

isolément.

Quelques

filets

cardiaques

vont à

l'aorte et

au plexus

pulmonaire

NÉVROLOGIE.

§ 2 - PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

Situation

de la

portion

thoracique

du grand sympathique.

La structure ganglionnaire s'observe dans

toute

la longueur

de la

portion

thoracique.

Constance du nombre des

thoraciques.

Variétés des trois derniers

ganglions thoraciques.

Rapports du grand sympathique dans le thorax.

Dans le thorax, le grand sympathique constitue un cordon grisâtre, présentant autant de ganglions qu'il y a de vertèbres (78-68). Ce cordon est placé, non audevant des vertèbres dorsales, mais bien au-devant des tètes des côtes, les renflements répondant pour la plupart au niveau de ces têtes. Les deux ganglions thoraciques supérieurs sont les plus volumineux; ils sont presque toujours continus. Les suivants sont à peu près égaux en volume. Le douzième est le plus considérable après les deux premiers.

Les ganglions thoraciques varient singulièrement quant à leur volume et quant à la quantité de substance grise qui entre dans leur composition.

Chez quelques sujets, ces ganglions sont si peu considérables, ils contiennent si peu de substance grise, ils sont si peu distincts de la portion de cordon qui précède et de celle qui suit, que leur place ne se reconnaît que par l'apparence renflée qui résulte des rameaux qui y aboutissent et de ceux qui en émanent. Chez quelques sujets, le cordon de communication est, dans l'intervalle de deux ganglions, divisé en deux ou trois filets.

Les variétés de nombre observées dans les ganglions thoraciques sont plutôt apparentes que réelles et tiennent, les unes, à la fusion du premier ganglion thoracique avec le ganglion cervical inférieur, ou à la fusion des deux: premiers ganglions thoraciques en un seul, les autres, à la fusion de deux ganglions centraux ou à celle, moins rare, du dernier ganglion thoracique avec le premier ganglion lombaire ; à une sorte de transposition du dernier ganglion thoracique, qui est placé sur la première vertèbre lombaire ; ou bien, enfin, à ce que les deux derniers ganglions thoraciques sont situés dans le dernier espace intercostal. Du reste, les trois derniers ganglions thoraciques présentent un grand nombre de variétés, tant sous le rapport de la situation que sous celui de la forme; il en est de même du mode de communication du douzième ganglion thoracique avec le premier ganglion lombaire.

La portion thoracique du grand sympathique est subjacente à la plèvre et à la lame fibreuse très-mince qui soutient cette membrane. Elle s'aperçoit trèsbien sans préparation, à raison de la transparence de ces deux feuillets. Les artères et veines intercostales passent derrière elle ; à droite, ce cordon est côtoyé par la grande veine azygos.

A la portion thoracique du grand sympathique se rendent des branches externes ou branches de communication avec les nerfs dorsaux; de cette même portion thoracique partent des branches internes, qui sont destinées à l'aorte et aux viscères abdominaux.

1° Branches externes ou rachidiennes.

Il y a deux branches internes pour

chaque ganglion.

Elles sont au moins au nombre de deuv pour chaque ganglion : l'une, superficielle, plus grosse, se porte à l'angle externe du ganglion ; l'autre, profonde, plus petite, se porte à la face postérieure de ce ganglion. Il existe quelquefois un troisième filet de communication entre les paires rachidiennes et les ganglions thoraciques ; il n'est pas rare de voir ces branches se réunir en un seul tronc, avant d'arriver au ganglion.

Les branches externes sont toujours en rapport avec le volume des ganglions

PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

correspondants. En général, la communication n'existe qu'entre les ganglions et les paires rachidiennes du même rang. Cependant il n'est pas rare de voir les ganglions recevoir un filet du nerf intercostal qui est au-dessous (1).

Les branches de communication des paires dorsales avec les ganglions thoraciques sont horizontales, ou plutôt légèrement obliques de haut en bas et de dehors en dedans, à l'exception des branches destinées au premier ganglion thoracique, qui sont ascendantes, et des branches destinées au dernier ganglion thoracique, qui sont descendantes. Leur couleur est blanche, comme celle des nerfs qui appartiennent au syslème cérébro-rachidien, et non point grise, comme celle des nerfs qui émanent du système ganglionnaire. Si, sur une pièce qui a macéré successivement dans l'acide nitrique étendu et dans l'eau pure, on étudie, d'une part, leur distribution ultérieure dans le ganglion, d'une autre part, leurs connexions avec les paires dorsales ou intercostales, on verra : 1 ° que ces branches de communication sont manifestement une émanation des nerfs rachidiens; qu'elles se réfléchissent immédiatement après leur émission, pour aller se porter aux ganglions ; que les nerfs intercostaux qui les ont fournies, diminuent en proportion du volume des branches émises; 2° qu'arrivées aux ganglions, ces branches de communication se divisent en filets ascendants, qui peuvent être suivis sur la portion du cordon du grand sympathique qui est au-dessus, s'accolent au filet descendant de la paire antécédente, jusqu'au ganglion, et arrivées à ce point, se continuent avec le ganglion, mais vont se jeter par une espèce de récurrence dans les nerfs viscéraux qui procèdent de ce ganglion, et en filets descendants, qui se portent à la portion de cordon située au-dessous; 3° que ces filets blancs marchent à la surface du cordon et contrastent, par leur blancheur, avec la couleur grise du centre du cordon luimême.

Leur réflexion.

Division de ces branches en filets ascendants

et en filets descendants.

2° Branches internes ou aortiques et splanchniques.

Les branches internes des cinq ou six premiers ganglions thoraciques paraissent, au premier abord, exclusivement destinées à l'aorte; mais, si l'on suit ces branches sur cette artère, on voit que le plus grand nombre va se jeter dans le plexus pulmonaire, et que quelques-unes vont se porter à l'œsophage, où elles s'unissent par anastomose avec des rameaux œsophagiens du pneumo-gastrique.

Les branches internes des six ou sept derniers ganglions thoraciques sont, les unes, destinées à l'aorte; les autres, et ce sont les principales, forment, par leur réunion, les nerfs splanchniques ou nerfs des viscères abdominaux.

a. Les branches aortico-pulmonaires sont des filets excessivement grêles, au nombre de deux ou trois par ganglion. Elles accompagnent les artères intercostales, sans présenter autour d'elles la disposition plexiforme. Ces filets, beaucoup plus longs à droite qu'à gauche, à raison de la situation de l'aorte, se portent, les uns, au-devant, les autres, en arrière de ce vaisseau (71), sur lequel il est extrêmement difficile de les suivre sans macération préalable dans l'acide nitrique étendu, d'où l'opinion qu'ils lui sont exclusivement destinés; mais si

(1) J'ai rencontré, chez un sujet, une disposition fort remarquable pour les quatre derniers ganglions thoraciques. De petits filets émanés de ces quatre ganglions venaient se terminer à un petit ganglion anormal, duquel partaient les rameaux qui se rendaient au grand sympathique. Nous verrons que la même disposition est fréquente à la région lombaire.

Branches internes des

six premiers ganglions thoraciques.

Branches internes des

six derniers ganglions thoraciques.

Un petit

nombre est

destiné à

l'aorte.

NÉVROLOGIE.

Le plus

grand

nombre se

porte dans

le plexus pulmonaire.

Nerf

splanch-

nique

pulmonaire.

Filets cardiaques.

Filets du

muscle long

du cou.

Filets osseux destinés aux vertébrés.

Mode de formation du grand

nerf splanchnique.

Le 11» et le ti0 ganglion thoracique ne concourent pas

à la

formation

du grand

nerf

splanch-

nique.

Le grand

nerf

splanch-

nique nait

par quatre racines.

Le grand

nerf splanchnique se termine au ganglion semilunaire.

l'on étudie ces filets sur des pièces qui ont subi cette préparation, on voit manifestement qu'un très-petit nombre d'entre eux se perdent dans les parois mêmes de l'aorte et que la plupart se portent dans le plexus pulmonaire. Cette disposition est surtout remarquable pour les filets du côté gauche, qui croisent perpendiculairement l'aorte avant de se jeter dans le plexus pulmonaire (I).

Les filets aortico-pulmonaires fournis par les trois premiers ganglions thoraciques se réunissent quelquefois en un seul tronc, tout à fait analogue aux nerfs splanchniques des derniers ganglions thoraciques, et qu'on peut appeler nerf splanchnique pulmonaire.

Le premier ganglion thoracique (78) envoie quelques filets aux plexus cardiaques. Il n'est pas rare de voir le nerf cardiaque inférieur émaner de ce ganglion. Quelques filaments émanés de ce môme ganglion se distribuent à la partie inférieure du muscle long du cou.

Lobstein (2) parle d'un filament très-délié, provenant de ce ganglion, qui traverse le grand ligament vertébral commun antérieur et pénètre dans l'épaisseur d'une vertèbre. Cette disposition m'a paru commune à tous les ganglions cervicaux thoraciques, lombaires et sacrés. Les vertèbres, comme les autres os, sont pourvues de nerfs, qui n'échappent à un examen peu attentif qu'à raison de leur excessive ténuité.

b. Les nerfs splanchniques, fournis par les six derniers ganglions thoraciques, sont divisés en grand et en petit.

Le grand nerf splanchnique (65) est un nerf blanc, n'ayant nullement l'aspect des nerfs ganglionnaires. Il est formé de la manière suivante : du côté interne du sixième ou du septième ganglion thoracique, quelquefois du cinquième, et même du quatrième, se détache un gros rameau, qui se porte en bas et en dedans, sur le côté des vertèbres dorsales; à ce rameau supérieur d'origine viennent successivement s'ajouter trois ou quatre rameaux moins volumineux, qui se détachent, non-seulement des ganglions thoraciques, mais encore du cordon qui unit les ganglions les uns aux autres ; ces rameaux sont presque parallèles entre eux et obliques en bas et en dedans. Le onzième et le douzième ganglion thoracique ne concourent jamais à la formation du grand nerf splanchnique.

Ces rameaux se réunissent pour constituer le grand nerf splanchnique, qui est, relativement aux ganglions thoracique?, ce que sont les nerfs cardiaques relativement aux ganglions cervicaux. 11 importe de remarquer que le plus grand nombre des nerfs ganglionnaires des viscères thoraciques émanent de la portion cervicale du grand sympathique, et que le plus grand nombre des nerfs ganglionnaires des viscères abdominaux sont fournis par les ganglions thoraciques.

En général, le grand nerf splanchnique naît par quatre racines; il n'est pas rare de le voir naître par deux racines seulement, lesquelles représentent alors les quatre branches d'origine.

Ainsi constitué, le grand nerf splanchnique, qui est complet au niveau du corps de la onzième vertèbre dorsale, se porte en bas et en dedans, au-devant de la colonne vertébrale; il s'aplatit en s'élargissant, traverse le pilier correspon-

(1) Les filets aortico-pulmonaires convergent quelquefois en certain nombre vers de petits ganglions anormaux situés au-devant ou le long des côtés de l'aorte, desquels partent plusieurs filets.

(2) Page 19, De nervo magno sympalhico.

PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

dant du diaphragme par une ouverture spéciale (1), et se termine dans l'angle externe du ganglion semi-lunaire. Il n'est pas rare de voir le grand nerf splanchnique présenter un ganglion olivaire à une petite distance au-dessus de l'ouverture que lui offre le diaphragme pour son passage (2).

Le petit nerf splanchnique (62) représente exactement, par sa disposition, le grand nerf splanchnique, auquel il fait suite; il émane des deux et quelquefois des trois derniers ganglions thoraciques, et se porte en dedans et en bas, parallèlement au grand nerf splanchnique, en dehors duquel il est placé, traverse le pilier du diaphragme en passant sous une arcade située en dehors de l'oriiice du grand splanchnique, et parvenu dans l'abdomen, va se jeter dans le plexus rénal et dans le plexus solaire ; souvent il se partage entre ces deux plexus et le grand nerf splanchnique. Il n'est pas rare de voir le petit nerf splanchnique s'anastomoser avec le grand nerf splanchnique ou même se confondre entièrement avec lui (3).

Les racines du petit splanchnique restent quelquefois distinctes : il y a alors deux et quelquefois trois petits splanchniques. Le plus élevé est celui qui porte le nom de petit splanchnique : il naît du onzième ganglion thoracique, et quelquefois en même temps du dixième et du onzième ; le moins élevé est le nerf rénal postérieur de Walter ; il est plus volumineux que le précédent et vient du douzième ganglion thoracique. Souvent c'est du nerf rénal que part un petit filet qui va au premier ganglion lombaire, et ce petit filet est, dans un grand nombre de cas, le seul moyen de communication entre les ganglions thoraciques et les ganglions lombaires. C'est alors qu'on dit que la série des ganglions est interrompue; mais cette interruption n'est qu'apparente. Ces deux nerfs s'anastomosent habituellement dans leur trajet.

Les ganglions semi-lunaires (63), le plexus solaire et les plexus viscéraux de l'abdomen faisant suite aux nerfs splanchniques, il est conforme à l'ordre logique des idées, autant qu'à l'ordre le plus favorable aux dissections, de placer ici la description de ces parties.

c. Le plexus solaire ou épigastrique (34) est constitué par une série non interrompue de ganglions et de nerfs plexiformes, étendus du grand nerf splanchnique du côté droit au grand nerf splanchnique du côté gauche. De cette région par-

(1) C'est par une ouverture spéciale que le grand nerf splanchnique pénètre dans l'abdomen. Nous avons vu ailleurs que c'est également par une ouverture spéciale du diaphragme que la grande veine azygos pénétrait de l'abdomen dans le thorax. C'est à côté de la capsule surrénale que le grand nerf splanchnique traverse le diaphragme, d'où le nom de grand et de petit nerf surrénal, donné par Chaussier au grand et au petit nerf splanchnique.

(2) Lobstein a noté (p. 2) un cas dans lequel ce ganglion anormal du grand nerf splanchnique était semi-lunaire et émettait, par sa convexité, sept à huit filaments ténus, qui accompagnaient l'aorte et se perdaient tous dans le diaphragme; il a noté un autre cas dans lequel il partait de ce ganglion trois filets, dont deux se rendaient au plexus solaire et un au plexus mésentérique.

(3) Parmi les nombreuses variétés que j'ai rencontrées dans la disposition des petits nerfs splanchniques, je signalerai la disposition suivante : un filet provenant du onzième ganglion thoracique et un filet venant du grand nerf splanchnique aboutissaient à un petit ganglion anormal, duquel partaient: 1° plusieurs filets qui allaient se perdre sur l'aorte ; 2° un petit cordon qui s'unissait à un filet émané du douzième ganglion thoracique, pour se distribuer comme de coutume.

Origine des petits

splanchniques.

Variétés de terminaison.

Origine du nerf rénal.

Le plexus

solaire

est le

centre de

tous les

plexus

viscéraux.

Idée

générale

du plexus

solaire.

NÉVROLOGIE.

Rapports

solaire.

Irrégularités de sa

forme.

Ganglions solaires.

Ganglions

semilunaires.

Plexus

qui

en partent.

tent, comme d'un centre, une multitude de radiations, qu'on a comparées aux rayons du soleil, d'où vient le nom de plexus solaire.

Le plexus solaire, que les physiologistes considéraientcommelecentredelavie nutritive, est situé profondément dans la région épigastrique (centre nerveux épigastrique, cerebrum abdominale) ; il est situé sur la ligne médiane, au-devant de l'aorte et des piliers du diaphragme, autour du tronc cœliaque, au-dessus du pancréas; il est limité à droite et à gauche par les capsules surrénales ; sa forme irrégulière échappe à toute description.

Les ganglions qui le constituent (ganglions solaires), ont des formes non moins irrégulières et non moins variées que le plexus lui-même. Ce sont de gros cordons renflés, des arcades ou aréoles, des cercles ganglionnaires, dans les mailles desquels sont contenus des glandes et vaisseaux lymphatiques, faciles à distinguer des ganglions nerveux et des nerfs, surtout après macération préalable dans l'acide nitrique étendu. On ne décrit généralement, parmi les ganglions si multipliés qui constituent le plexus solaire, que les deux ganglions extrêmes, auxquels aboutissent directement les grands nerfs splanchniques : ce sont les ganglions semi-lunaires, ainsi nommés à raison de leur forme en croissant et qui présentent eux-mêmes beaucoup de variétés de forme et de volume. Leur corne externe reçoit le grand nerf splanchnique et un ou plusieurs rameaux du petit splanchnique ; leur corne interne est unie par de gros rameaux nerveux au ganglion semi-lunaire du côté opposé. Leur bord convexe, qui regarde en bas, est divisé en plusieurs dents, de chacune desquelles part un pinceau de nerfs qui contribuent à la formation du plexus solaire; leur bord concave, qui regarde en haut et en dedans, reçoit, à droite, la terminaison du nerf phrénique droit, à gauche, une ou plusieurs ramifications du nerf phrénique gauche. Sur des pièces qui sont au Musé e Orfila, on voit les deux nerfs phréniques envoyer des filets trèsgrêles dans le plexus solaire. Ces ganglions, qu'on rencontre constamment audevant du pilier correspondant du diaphragme, au-dessus du bord supérieur du pancréas, en dedans de la capsule surrénale, sont souvent comme morcelés. Le ganglion semi-lunaire droit, ordinairement plus volumineux que le gauche, présente cette particularité que, par son extrémité interne, il reçoit le rameau que le nerf pneumo-gastrique du même côté envoie au plexus solaire, formant ainsi, avec ce rameau et le grand splanchnique du même côté, une anse connue sous le nom d'anse mémorable deWrisberg (1).

Du plexus solaire partent, comme d'un centre, des plexus pour toutes les artères qui naissent de la partie antérieure de l'aorte, et pour les artères rénales, spermatiques et ovariennes. Ces plexus, incomplets pour les artères rénales et mésentérique inférieure, sont complétés par les nerfs viscéraux émanés directement des ganglions lombaires. Il y a deux plexus diaphragmatiques inférieurs et surrénaux, un plexus cœliaque, un plexus mésentérique supérieur, un plexus rénal, un plexus spermatique ou ovarique et un plexus capsulaire.

Du reste, tous les nerfs émanés des ganglions solaires sont gris, très-grêles, toujours plexiformes et généralement résistants, en raison de l'épaisseur de leur névrilème.

(1) Il suffit d'avoir vu une seule fois le plexus solaire pour être convaincu de l'impossibilité de l'extirpation de ce plexus, extirpation que quelques expérimentateurs prétendent avoir faite sur des animaux vivants, dans le but de déterminer les usages de ce plexus.

PORTION THORACIQUE DU GRAND SYMPATHIQUE

Les plexus diaphragmatiques inférieurs, très-peu considérables, se détachent de la partie supérieure du plexus solaire et gagnent les artères diaphragmatiques inférieures, avec lesquelles ils pénètrent dans l'épaisseur du diaphragme ; d'abord subjacentsau péritoine, puiss'enfonçant dans l'épaisseur des fibres charnues du muscle, ils ne suivent pas rigoureusement la distribution des vaisseaux . S'anastomosent-ils avec des filets du nerf phrénique? J'ai pu résoudre dans plusieurs cas cette question d'une manière affirmative pour le nerf phrénique droit ; toujours est-il qu'ils parcourent, à peu de chose près, le même trajet que ces nerfs.

Le plexus diaphragmatique du côté droit est plus considérable que celui du côté gauche. J'ai vu deux ganglions situés sur le pilier droit du diaphragme devenir l'origine du plexus diaphragmatique droit et de quelques nerfs hépatiques.

A côté des plexus diaphragmatiques inférieurs, je place les plexus surrénaux, avec lesquels ils ont des connexions intimes. Ces plexus naissent directement des ganglions semi-lunaires, par deux pinceaux nerveux très-déliés, qui gagnent la face postérieure des artères capsulai'res et se perdent dans l'épaisseur des capsules surrénales. Plusieurs filets détachés des plexus diaphragmatiques inférieurs viennent s'y joindre en se portant au-devant des artères. Le plexus surrénal est considérable, eu égard à la petitesse de la capsule surrénale, et cette abondance de nerfs, qui dénote l'importance de cet organe, fait regretter doublement que les usages de ce dernier soient encore peu connus.

Le plexus cœliaque est une des deux divisions principales du plexus solaire, dont il est le prolongement immédiat, de telle sorte qu'il est à peu près impossible d'établir une ligne de démarcation entre le plexus cœliaque et le plexus solaire proprement dit; il enlace le tronc cœliaque et émet immédiatement, comme ce vaisseau, trois divisions : le plexus coronaire stomachique, le plexus hépatique et le plexus splénique.

1. Le plexus coronaire stomachique (29) se détache de la partie supérieure du plexus solaire, reçoit un certain nombre de filets émanés du nerf pneumo-gastrique droit, avant que ce nerf aille se jeter dans le plexus solaire ; de ses filets, les uns vont s'épanouir sur le cardia, les autres suivent l'artère coronaire stomachique, le long de la petite courbure de l'estomac, et s'anastomosent avec les fiiets pyloriques venus du plexus hépatique. Du reste, les filets du plexus coronaire stomachique, de même que ceux du nerf pneumo-gastrique, après avoir marché quelque temps sous le péritoine, traversent la tunique musculeuse de l'estomac et paraissent se perdre en partie dans cette tunique musculeuse, en partie dans la membrane muqueuse.

2. Le plexus hépatique (66) est un plexus très-considérable, qu'on pourrait diviser, avec Lobstein, en antérieur et en postérieur . L'antérieur, satellite de l'artère hépatique, est formé : l°par des filets provenant du pneumo-gastrique droit; 2° par sept ou huit filets gris, cylindriques, volumineux, provenant du ganglion semi-lunaire gauche, auxquels se joignent deux ou trois rameaux provenant du ganglion semi-lunaire droit. Le plexus hépatique postérieur, satellite de la veine porte, vient presqu'en entier du ganglion semi-lunaire droit ; il se compose également de cordons grisâtres, gros et cylindriques. Je signalerai un cordon remarquable par son volume autant que par son trajet : il vient directement des ganglions solaires du côté dr^iil, décrit un trajet curviligne horizontal, pour gagner l'épiploon gastro-hépatique, continue son trajet horizontal dans l'épaisseur de

Le plexus diaphragmatique druit s'anastomose avec le nerf phrénique.

Plexus surrénaux.

Origine.

Le plexus cœliaque se continue sans ligne de démarcation avec le plexus solaire.

Sa division en trois plexus :

1° Plexus coronaire stomachique.

2» Plexus hépatique.

Divisé en

Et en postérieur, qui est satellite de la veiue porte.

Cordon nerveux remarquable.

NÉVROLOGIE.

Plexus gastroépiploîque droit.

Terminaison du

plexus hépatique.

3° Plexus splénique.

Plexus pancréatique.

Le plexus mésentérique supérieur est une branche de Iiifurcation solaire.

ce double feuillet séreux, au-devant du lobe de Spigel ; après quoi, il se dirige de bas en haut, pour gagner le sillon transverse du foie, se place sous la veine porte et peut être suivi le long de cette veine, dans l'épaisseur du foie. J'ai vu ce gros rameau hépatique venir directement de deux ganglions situés sur le pilier droit du diaphragme.

Avant d'arriver au foie, le plexus hépatique émet un plexus secondaire considérable, plexus gastro-épiploîque droit, entourant l'artère de ce nom, plexus qu'augmentent encore des filets venus directement du plexus solaire, à travers le pancréas. Il donne, en outre, deux autres petits plexus : leplexus pylorique et le plexus cystique, qui sont portés par les artères du même nom, le premier, au pylore, le second, à la vésicule biliaire. Les filets du petit plexus cystique se voient très bien à travers le péritoine, autour de l'artère cystique et jusque sur la vésicule.

Le plexus hépatique envoie encore des rameaux : d° au pylore et à la petite courbure de l'estomac ; 2° au pancréas ; 3° à la grande courbure de l'estomac et au grand épiploon. Il suit de là que le pylore et la grande courbure de l'estomac reçoivent à peu près exclusivement leurs filets du plexus hépatique (1).

Ainsi diminué par l'émission successive de ces plexus, le plexus hépatique gagne la scissure transverse du foie, se divise comme l'artère et peut être suivi assez loin dans la capsule de Glisson.

Tous les nerfs du foie sont gris, mais très-résistants.

3. Le plexus splénique (33), moins remarquable par le nombre que par le volume des filets qui le constituent, entoure l'artère splénique, donne des filets au pancréas, fournit un plexus gastro-épiploîque gauche, moins considérable que le plexus gastro-épiploîque droit, lequel gagne la grande courbure de l'estomac et fournit à cet organe et au grand épiploon. Le plexus splénique émet encore quelques filets nerveux pour le grand cul-de-sac de l'estomac, et arrive ainsi, très-amoindri, à la scissure de la rate, dans l'épaisseur de laquelle il est très-facile de le suivre chez l'homme, et surtout chez les grands animaux, le long des divisions vasculaires.

Ces nerfs sont gris et très-résistants. On peut considérer les filets nombreux qui se rendent au pancréas, autour des artères pancréatiques, comme constituant un plexus pancréatique, dépendant du plexus splénique.

Le plexus mésentérique supérieur (35), qu'on peut considérer comme la bifurcation inférieure du plexus solaire ou épigastrique, est le plus considérable de tous les plexus abdominaux; il enlace la grosse artère mésentérique supérieure, à laquelle il fournit une gaîne plexiforme extrêmement épaisse, s'engage avec elle dans l'épaisseur du mésentère, après avoir passé au-dessous du pancréas, et se divise en un grand nombre de plexus secondaires, qui vont se distribuer à tous les organes auxquels est destinée l'artère mésentérique supérieure, savoir : à tout l'intestin grêle, moins le duodénum, et à la moitié droite du gros intestin.

Sans entrer dans des détails descriptifs aussi fastidieux qu'inutiles, je me contenterai de quelques remarques sur la distribution générale de ces nerfs.

Ainsi, les filets nerveux mésentériques sont remarquables par leur longueur,

(1) Le cardia et la petite courbure sont les parties de l'estomac qui sont le plus abondamment pourvues de nerfs. Le pylore, auquel on accorde une si grande sensibilité, en reçoit incomparablement moins.

PORTION LOMBAIRE DU GRAND SYMPATHIQUE

leur quantité et leur résistance. Je me suis assuré que leur enveloppe névrilématique avait proportionnellement beaucoup plus d'épaisseur que celle de tous les autres nerfs. Ces nerfs s'éloignent plus ou moins des vaisseaux et marchent en droite ligne dans l'épaisseur du mésentère, pour gagner l'intestin, sans avoir fourni aucun filet. Les uns se rendent directement à ce canal; les autres, parvenus à une petite distance du bord concave de l'intestin, forment, en s'anastomosant, de; angles ou des arcades, d'où partent ensuite des filets qui vont se distribuer à l'intestin.

D'ailleurs, jamais il n'y a plus d'une arcade nerveuse anastomotique dans le mésentère, quel que soit le nombre des arcades vasculaires. Cette arcade, quand elle existe, répond à l'arcade vasculaire qui est la plus rapprochée de l'intestin, et donne des filaments d'une excessive ténuité.

Les filets nerveux pénètrent l'intestin par son bord adhérent, marchent quelque temps entre la tunique séreuse et la tunique musculeuse, traversent cette dernière tunique, à laquelle ils laissent des filets qui forment entre les deux couches de cette tunique le plexus d'Auerbach, puis deviennent sous-muqueux et constituent le plexus de Meissner, d'où partent les nerfs de la muqueuse.

Les plexus rénaux (60) sont extrêmement complexes : ils résultent de nerfs émanés du plexus solaire et des petits nerfs splanchniques, lesquels vont se jeter presque exclusivement dans le réseau de l'artère rénale.

Du plexus rénal part, en grande partie, le plexus testiculaire ou spermatique (38, 43), chez l'homme, le plexus ovariquc, chez la femme. Le plexus testiculaire est exclusivement destiné aux testicules, le plexus ovariquc se partage, comme l'artère ovarique, entre l'ovaire et l'utérus. Les rapports de dépendance qui existent, sous le point de vue des nerfs, entre les reins et les testicules, chez l'homme, les reins, les ovaires et l'utérus, chez la femme, ne sauraient trop appeler l'attention des physiologistes.

Après avoir fourni tous ces plexus, le plexus solaire, considérablement réduit de volume, se prolonge sur la partie antérieure de l'aorte et concourt, avec la portion lombaire du grand sympathique, à la formation du plexus lombo-aortique (SI).

Caractères

généraux

des nerfs de

ce plexus.

Arcades anaslomo-

tiques nerveuses.

Plexus

rénaux.

Plexus testiculaire et ovarique.

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