VEINES
Chaque artère est accompagnée ordinairement de deux; veines satellites, qui portent le même nom qu'elle. Au niveau des bifurcations des artères, les deux veines satellites de chacune des branches se réunissent en un vaisseau unique, qui forme une des veines satellites du tronc artériel.
Mais cette règle souffre quelques exceptions : aux membres, il n'existe qu'une seule veine satellite pour les gros troncs artériels. Dans les cavités splanchniques les veines satellites sont simples : il n'y a qu'une veine mésentérique, une veine rénale. La multiplicité des veines pulmonaires et des veines caves, comparées à l'artère pulmonaire et à l'aorte, est seulement apparente, les troncs de ces veines étant représentés par les oreillettes. Mais il y a deux veines méningées moyennes, plusieurs veines spermatiques. Dans les parois du tronc, les veines mammaires internes, épigastriques sont doubles, tandis que les intercostales et les lombaires sont simples. Dans quelques cas très-rares même, on rencontre plusieurs artères pour une seule veine : c'est ainsi qu'à la veine ombilicale répondent deux artères ombilicales ; à la veine capsulaire, plusieurs artères capsulaires.
Il existe, en outre, pour un certain nombre de régions, des veines superficielles ou sous-cutanées, qui forment un système tout à fait étranger aux artères et qu'on peut considérer comme des veines complémentaires. Enfin, dans les points où les veines cheminent isolément, elles sont généralement plus volumineuses et plus nombreuses que les artères correspondantes : telles sont les veines de la peau.
Le diamètre des veines ne saurait être évalué d'une manière rigoureuse, en raison des variations de calibre dont les rend susceptibles leur excessive dilatabilité. C'est ce qui explique le défaut de concordance clans les résultats auxquels ont été conduits, sous ce rapport, les divers observateurs. Ainsi, d'après Haller, la capacité des veines serait à celle des artères comme 2 est à 1 ; d'après Borelli, comme 4 est à 1 ; d'après Sauvages, comme 9 est à 4. S'il est difficile de démontrer l'exactitude absolue de l'une quelconque de ces trois évaluations, il est certain, cependant, que celle de Haller a pour elle toutes les apparences de la vérité.
Considéré dans son ensemble, le système veineux, de même que le système artériel, représente un cône tronqué dont le sommet touche au cœur et dont la base répondrait aux extrémités d'origine. Il résulte de cette disproportion entre la capacité totale des ramifications veineuses et celle des troncs veineux que, dans l'ordre de la circulation, le sang passe d'un espace plus considérable dans un espace plus étroit.
Origine. — Les veines naissent des réseaux capillaires des organes, de la même façon que les artères s'y terminent. Les injections, même les plus grossières, qui souvent passent avec une si grande facilité des artères dans les veines, établissent incontestablement cette continuité entre les divers ordres de vaisseaux, continuité que démontre, d'ailleurs, d'une manière péremptoire l'examen de la circulation dans les parties transparentes des animaux vivants. Il arrive quelquefois que les injections poussées dans les veines, des troncs vers les extrémités, s'échappent à travers la surface des muqueuses ; cette circonstance avait fait croire que les veines naissaient par des bouches ouvertes à la surface de ces membranes. Haller admettait des veines absorbantes naissant de toutes les surfaces libres; mais il est certain que la matière des injections s'échappe par des ruptures.
Crbyeilbieb et Sf.e, 5e édition. III. — 1 3
Des veines satellites
des artères.
Nombre des \eines.
Des veines superficielles.
Impossibilité d'apprécier le diamètre des veines.
Capacité du système veineux.
Forme générale.
Origine des veines, leur continuité avec les artères.
ANGEIOLOGIE.
Dis-position réticulée des -veines à leur origine.
Réunion en rameaux, en branches et en troncs.
Veines profondes.
Elles sont toujours accolées aux artères.
Veines superficielles.
Leur nécessité.
Elles constituent pour la circulation veineuse une •voie collatérale.
Leur situation générale.
Multiplicité et utilité des anastomoses.
Trajet. — Immédiatement après leur origine, les veines s'anastomosent entre elles pour former des réseaux ; les ramuscules qui partent de ces réseaux forment des réseaux plus profonds, d'où se détachent des rameaux veineux. En se réunissant successivement de la même manière que les artères se sont divisées, les ramuscules forment des rameaux, des branches, des troncs.
Aux membres, les veines se partagent en deux ordres : les veines superficielles et les veines profondes. Les veines profondes, satellites des artères, auxquelles elles sont accolées et dont elles partagent la gaîne fîbro-celluleuse, affectent les mômes rapports que ces dernières avec les os, les muscles, les nerfs, les aponévroses et la peau. Vainement a-t-on voulu déterminer la loi qui préside aux rapports des artères avec les veines. La position relative de ces vaisseaux, quoique constante, ne paraît soumise à aucune règle générale. Ces rapports intimes, sur lesquels nous avons insisté à l'occasion des artères, sont intéressants pour le chirurgien, qui, dans une ligature d'artère, doit minutieusement séparer les veines de l'artère ; ils le sont peut-être beaucoup moins pour le physiologiste. Qui soutiendra de nos jours que les secousses imprimées par les battements artériels au sang des veines satellites sont de nature, comme on l'a dit, à favoriser la circulation clans ces dernières?
Les veines ne suivent pas toujours exactement les artères qui leur correspondent : ainsi la veine sous-clavière passe en avant du scalène antérieur, tandis que l'artère sous-clavière passe en arrière de ce muscle ; les veines qui répondent aux branches de l'artère sous-clavière vont en général se jeter dans le tronc veineux brachio-céphalique ; les veines de la face, les veines occipitales ne correspondent nullement aux artères de ces régions.
Les veines superficielles ne s'observent que dans les parties où la circulation des veines profondes peut être plus ou moins entravée par le fait de l'exercice des fonctions. Le sang veineux ne circulant pas, en effet, comme le sang artériel, sous l'influence d'un puissant agent d'impulsion, se ralentit par la cause la plus légère, d'où naît la nécessité d'une circulation collatérale.
Les veines superficielles constituent donc, à l'égard des veines profondes, une voie de circulation supplémentaire, qui est utilisée pendant la contraction des muscles des membres supérieurs et inférieurs, ainsi qu'on le voit chez les individus qui se livrent à des exercices musculaires violents. J'ai constaté que la langue présente, comme les membres, une circulation superficielle et une circulation profonde ; il en est de môme de la verge, pour des raisons analogues. Du reste, les veines superficielles sont placées entre l'aponévrose contentive des muscles et la peau, dont elles sont séparées par une lamelle du fascia superficialis ; elles sont accompagnées par les nerfs et par les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés.
De ce qui précède, il résulte que les veines profondes, satellites des artères, ne demandent pas de description spéciale, puisqu'elles affectent la môme distribution et les mômes rapports que les artères. La description du système veineux sera donc limitée à celle des veines qui ont un trajet indépendant de celui des artères.
Anastomoses, plexus veineux. — Les anastomoses, bien plus multipliées dans les veines que dans les artères, ont lieu aussi par des vaisseaux beaucoup plus larges. Ainsi, les anastomoses par inosculation, les anastomoses par communication latérale, transversale ou oblique, les anastomoses par convergence s'observent dans'tous les départements du système veineux et avec toutes les varié-