‹ Traite d'anatomie descriptiveChapitre 81 sur 282 · VEINES · texte numérisé non relu

VEINES

entier constitue un réseau vasculaire.

Anastomose

à l'aide

d'un

canal

lés imaginables. Les petites veines et leurs rameaux forment des réseaux losangiques -, les troncs et les branches communiquent largement entre eux, savoir, les veines superficielles avec les veines profondes, les veines superficielles et les veines profondes entre elles, la veine cave supérieure avec la veine cave inférieure ; en sorte qu'on pourrait dire que le système veineux tout entier Le système forme un immense réseau vasculaire, et c'est par là qu'il tourne les obsta- vemeuxtout clés qui ralentissent ou môme interceptent complètement le cours du sang dans telle ou telle de ses parties. Pour que la circulation du sang veineux soit complètement arrêtée, il faut, en effet, qu'il y ait oblitération, non-seulement du tronc principal, mais encore de toutes les voies collatérales.

Un mode d'anastomose bien remarquable est celui-ci : une veine collatérale naît de l'un des points d'une veine et se termine dans la même veine à une distance plus ou moins considérable, à la manière d'un canal destiné à réunir deux points éloignés d'un même fleuve. Ce canal collatéral est destiné à recueillir veineux col un certain nombre de veines qui, sans cette disposition, se rendraient dans le vaisseau principal. Une variété de cette anastomose est la suivante : une veine se divise en deux veines égales en calibre qui s'écartent à angle très-aigu, ou plutôt marchent parallèlement entre elles et viennent se réunir à une distance plus ou moins considérable. La saphène interne présente souvent cette disposition (1).

Les plexus veineux, espèces de réseaux inextricables, ne sont autre chose que le degré le plus élevé des anastomoses ; ils se rencontrent autour des parties dont la circulation est susceptible de ralentissement, ou qui sont le siège de des anastofonctions nécessitant une fluxion sanguine considérable : exemples, les plexus vésicaux, utérins, spermatiques, etc. Ces plexus veineux doivent être bien distingués des réseaux anastomotiques qui se voient à l'origine des veines.

Les veines sont rarement flexueuses comme les artères ; elles sont, au contraire, rectilignes. L'absence presque complète de flexuosités est encore une circonstance qui atténue les inconvénients du défaut d'agent impulsif direct ; car les flexuosités, en multipliant les frottements, seraient une cause manifeste de ralentissement dans le cours du sang veineux. Mais si les flexuosités sont en quelque sorte étrangères aux grosses veines, elles sont, au contraire, extrêmement prononcées dans les dernières radicules et dans les plexus. Ces flexuosités des petites veines doivent être considérées comme le résultat d'un développement considérable. Les veines hypertrophiées, qu'elles soient variqueuses ou non, décrivent des espèces de zigzags aussi prononcés que possible (2).

Variétés. Les variétés de calibre, d'anastomose et de terminaison ou embouchure des veines sont tellement multipliées qu'il est impossible de les com-

Les plexus veineux sont le maximum

moses.

Direction rectiligne des veines.

(1) Quelquefois la réunion des deux branches de bifurcation se fait immédiatement, si bien qu'on pourrait croire, au premier abord, à une perforation de la veine : c'est ainsi que Deville a montré à la Société anatomique le nerf musculo-cutané traversant la veine axillaire. A côté était un petit filet nerveux traversant également une très-petite veine.

(2) J'ai coutume de diviser les varices en deux espèces bien distinctes : les varices serpentines et les varices ampullaires. Les premières consistent dans un développement uniforme, permanent , qui triple, quadruple, décuple le calibre du vaisseau et s'accompagne, par conséquent, de zigzags extrêmement prononcés; les varices ampullaires sont des dilatations circonférentielles ou latérales, occupant tels ou tels points du vaisseau. Souvent, les varices serpentines et ampullaires sont réunies sur le même vaisseau.

Les variétés de calibre, d'anastomose et de terminaison des veines sont innombrables.

Les deux

veines caves

:>'anastonio-

sent entre

elles.

Valvules.

Elles sont disposées par paires.

Leur direction.

Sinus de la veine au niveau de chaque valvulve.

Situation

des valvules.

Valvules pariétales ;

Ostiales.

Distribution

des

valvules

dans

les veines.

prendre dans une description générale ; il semble que ce soit une chose indifférente pour la régularité des fonctions qu'une veine s'abouche avec telle ou telle partie du système veineux. On conçoit que, les anastomoses veineuses étant très-multipliées et se faisant par des branches considérables, il importe peu que ce soit telle ou telle branche anastomotique qui prédomine.

Terminaison. Les veines de la portion sus-diaphragmatique du corps se rendent toutes à la veine cave supérieure, celles de la partie sous-diaphragmatique à la veine cave inférieure ; les veines du cœur s'ouvrent isolément dans l'oreillette droite. Les deux veines caves communiquent entre elles par la veine azygos et surtout par le système veineux rachidien, de telle façon qu'elles se suppléent dans les cas d'oblitération de l'une d'elles.

Valvules des veines. Un des traits les plus caractéristiques de l'organisation des veines, c'est l'existence de replis membraneux ou valvules dans leur intérieur. Les valvules se décèlent à l'extérieur, dans les veines injectées, par des espèces de nœuds, plus ou moins développés suivant les sujets.

Si l'on ouvre sous l'eau une veine pourvue de valvules, on voit se détacher de sa surface interne des replis membraneux, extrêmement minces, ordinairement disposés par paires, rarement solitaires, même dans les plus petits vaisseaux, plus rarement encore au nombre de trois, ainsi que Haller et Morgagni disent l'avoir observé. Toutes ces valvules présentent une forme semi-lunaire, comme les valvules sigmoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire ; leur bord adhérent, convexe, regarde les extrémités et présente un épaississement marqué, qui donne de la solidité aux valvules. Leur bord libre, droit ou concave, est trèsmince et dirigé vers le cœur. De leurs deux faces, qui sont libres, l'une regarde vers l'axe de la veine, l'autre répond aux parois du vaisseau. Presque toujours, au niveau des valvules, les veines présentent des dilatations ou sinus, qui leur donnent un aspect noueux ; les étranglements répondent au bord adhérent des valvules, les dilatations au corps de ces replis.

Les valvules sont situées sur le trajet des veines, ou à leur embouchure dans une veine plus grosse : M. Houzé de l'Aulnoit a donné aux premières le nom de valvules -pariétales, aux secondes celui de valvules ostiales.

Les valvules pariétales, de beaucoup les plus nombreuses, commencent à se montrer dans des veines de moins de 2 millimètres de diamètre, où elles sont le plus souvent isolées. Dans les veines d'un calibre supérieur, elles sont généralement disposées par paires, très-rarement réunies par trois. Les valvules ostiales existent à l'embouchure de toutes les veines collatérales, et ne font défaut qu'à celle des anastomoses qui unissent deux veines parallèles.

Toutes les veines ne sont pas pourvues de valvules et celles qui en sont pourvues le sont d'une manière très-inégale. On peut dire que l'existence des valvules, leur nombre, leur rapprochement ou leur éloignement sont en raison directe des obstacles que rencontre la circulation du sang veineux. C'est ainsi que les valvules sont plus multipliées dans les veines des membres inférieurs, où le sang chemine contrairement à l'action de la pesanteur, que dans les veines des parties supérieures, où la circulation veineuse trouve un auxiliaire dans cette force; clans les veines profondes des membres, comprimées fréquemment par les muscles qui se contractent, que dans les veines superficielles. Les valvules des veines profondes sont d'autant plus nombreuses qu'on se rapproche davantage de l'origine de ces vaisseaux : les \eines intra-musculaires en sont criblées. Dans les veines superficielles, on

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