TEXTURE DES VEINES
terminent; on peut les observer sur la veine cave supérieure jusqu'à la sousclavière, et sur les branches principales des veines pulmonaires.
C'est la tunique interne qui constitue essentiellement la veine ; les tuniques externe et moyenne peuvent manquer ou être remplacées par un autre tissu : ainsi, dans les sinus de la dure-mère, dans les cellules des corps caverneux, dans l'épaisseur des parois de l'utérus, dans les canaux veineux des os, ces tuniques sont remplacées par la dure-mère, par les trabécules des corps caverneux, par le tissu même de l'utérus, par le tissu propre de l'os.
Les valvules sont constituées par un repli de la tunique interne, repli dans l'épaisseur duquel se voient des filaments fibreux et élastiques, sensibles surtout au niveau du bord adhérent des valvules. Elles sont complètement dépourvues d'éléments musculaires. Suivant Remak, les renflements ou bosselures que présentent les veines au-dessus des insertions des valvules renferment de nombreux faisceaux entre-croisés de fibres musculaires lisses, faisceaux qui seraient frappés de paralysie dans les cas de dilatation variqueuse.
Les parois des veines volumineuses reçoivent des artérioles et des veinules (vasa vasorum), ainsi que des filets nerveux très-ténus.
Une circonstance assez remarquable dans les rapports des veines avec les nerfs, c'est que jamais les plexus nerveux n'ont pour support les veines, dont ils semblent, au contraire , s'éloigner constamment. Il n'y a d'exception que pour le tronc de la veine porte.
La membrane externe peut être remplacée pur
un autre tissu.
Structure des valvules.
Artérioles,
veinules et
nerfs.
Préparation et description. On peut étudier la plupart des veines d'un certain calibre sans injection préalable. Mais les injections sont nécessaires quand on veut étudier l'ensemble du système veineux.
L'injection des veines dépourvues de valvules se fait comme celle des artères. L'existence de valvules , qui, en général , s'opposent à la transmission des liquides du cœur vers les extrémités, nécessite, pour un grand nombre de veines, des injections partielles dirigées des extrémités vers le cœur. 11 suit de là que, pour remplir aussi complètement que possible le système veineux, il faut pousser successivement l'injection par plusieurs points et dans plusieurs directions. Ainsi, on placera des tubes : 1° dans la veine cave supérieure, où l'injection sera poussée du cœur vers les extrémités ; 2° dans la partie supérieure de la veine céphalique ou basilique du côté droit ; 3° dans la veine dorsale du pouce du côté gauche ; 4° dans la veine crurale à droite ; 5" dans la veine saphène interne à gauche. Dans tous ces vaisseaux, à l'exception de la veine cave, l'injection sera poussée des extrémités vers le cœur.
L'injection des veines par les artères, proposée d'abord par Jankins, a le double inconvénient: 1" d'entraîner une coloration identique pour les artères et pour les veines, ce qui permet difficilement de distinguer ces deux ordres de vaisseaux ; 2° d'exiger une injection extrêmement ténue et très-difficilement coagulable. Il est à remarquer que les matières colorantes non dissoutes et tenues en suspension dans le liquide injecté, telles que le vermillon, ne traversent pas le système capillaire, de sorte que le véhicule, suif, gélatine, passe incolore dans les veines.
La matière la plus convenable pour l'injection des veines est une solution de gélatine colorée, à raison de la lenteur avec laquelle elle se coagule. Si l'on se sert de suif, il est nécessaire de plonger le sujet dans un bain chaud.
Dans la dissection des veines, il faut, comme dans celle des artères, isoler les vaisseaux en conservant autant que possible tous leurs rapports.
On peut décrire les veines dans l'ordre où elles sont parcourues par le sang; on les suit alors des extrémités vers le cœur. On peut aussi suivre l'ordre inverse, consistant à étudier les veines du cœur vers les extrémités. Nous suivrons un ordre mixte, c'est-à-dire que nous commencerons par les troncs, pour passer ensuite successivement aux branches
ANGEIOLOGIE.
et aux rameaux. Mais, dans la description particulière de' chaque veine, nous considérons comme origine l'extrémité du vaisseau la plus rapprochée des capillaires, et comme terminaison celle qui est plus près du cœur.