Sinus longitudinal supérieur
Sinus médian, occupant la gouttière longitudinale et s'étendant, par conséquent, depuis la crête ethmoïdale jusqu'à la protubérance occipitale externe, le sinus longitudinal supérieur est comme creusé dans l'épaisseur du bord convexe ou adhérent de la faux du cerveau (sinus falciformis) ; sa forme est prismatique et triangulaire (sinus triangularis) ; sa coupe représente un triangle isocèle dont la base est en haut et le sommet en bas. Son calibre, peu considérable à son extrémité antérieure, qui, chez l'enfant, communique avec les veines de la pituitaire à travers le trou borgne, va progressivement croissant à mesure que le sinus approche du confluent des sinus, où il se termine. Il atteint ainsi jusqu'à 11 millimètres de largeur. Il n'est pas rare de le voir se bifurquer près de son extrémité postérieure ; quelquefois il se dévie à droite à son extrémité postérieure et se continue directement avec le sinus latéral droit.
La surface interne de ce sinus est remarquable par les brides transversales qu'elle présente, surtout au voisinage de son angle inférieur. Ces brides, formées par du tissu fibreux revêtu de la membrane interne, masquent les orifices des veines qui y aboutissent ; dans un certain nombre de points ces brides, en se multipliant, constituent un véritable tissu caverneux. Enfin, il est à peu près constant de voir un grand nombre de petites granulations blanches, connues sous le nom de glandes de Pacchioni, proéminer à la surface interne de ce sinus.
Sur les côtés du sinus longitudinal supérieur existent une série de petites cavités aréolaires, de lacs sanguins (Trolard), communiquant, d'une part, par un ou plusieurs orifices avec les veines cérébrales, d'autre part, avec le sinus, soit indirectement par ces veines, soit directement par des orifices situés sur les angles latéraux de ce dernier. Ces cavités sont plus ou moins nombreuses : quelquefois elles s'étendent de la concavité du frontal jusque près du confluent d'Hérophile ; d'autres fois elles semblent bornées à la suture bipariétale. Au niveau de la partie moyenne du sinus, elles donnent naissance aux veines méningées moyennes.
Au sinus longitudinal supérieur aboutissent 1° les veines de la surface plane de chaque hémisphère, ou veines cérébrales internes ; 2° les veines de la moitié
(1) Trolard, Recherches sur Vanatomie du système veineux du crâne et de l'encéphale, in Arch. gén. de méd., 1870, p. 257.
Sinus longitudinal supérieur.
Brides transversales de ce sinus.
Glandes de Pacchioni.
Veines qui aboutissent au sinus longitudinal supérieur.
ANGÉ10L0GIE.
Veines cérébrales internes.
Veines cérébrales supérieures.
Grande veine cérébrale supérieur.
Direction des veines cérébrales supérieures
Variétés du mode d'embouchure des veines dans le sinus longitudinal
Trajet que décrivent les veines.
Les brides des sinus ne
s'opposent
pas au reflux
du sang.
Le sinus longitudinal reçoit des
veines de la dure-mère et des os du crâne.
supérieure de la face convexe du cerveau, ou cérébrales externes et supérieures ; 3° plusieurs veines provenant de la dure-mère et des os du crâne.
1° Les veines cérébrales internes, au nombre de trois ou quatre de chaque côté, ramènent le sang de toutes les circonvolutions de la face plane de l'hémisphère correspondant et vont se jeter dans les veines cérébrales supérieures, au moment où elles s'accolent à la faux.
2° Veines cérébrales externes et supérieures. En nombre variable ; ordinairement on en trouve de chaque côté sept ou huit, divisées en antérieures et en postérieures. Les veines cérébrales antérieures sont très-petites ; les veines cérébrales postérieures sont beaucoup plus volumineuses. Presque toujours, parmi ces dernières, on en trouve une très-considérable, qu'on peut nommer grande veine cérébrale supérieure : elle semble naître de la scissure de Sylvius. dont elle suit la direction, se prolonge obliquement d'avant en arrière, puis se recourbe d'arrière en avant sur la convexité du cerveau, en décrivant une courbe à concavité antérieure, et s'accole à la faux du cerveau, pour s'ouvrir dans le sinus longitudinal, après avoir parcouru un trajet de 3 centimètres environ dans l'épaisseur de ses parois. Chemin faisant, cette veine reçoit un grand nombre de branches, dont les unes sont antérieures et les autres postérieures ; ces branches, comme d'ailleurs toutes les veines cérébrales, correspondent aux artères cérébrales dans leur origine et dans une partie de leur trajet, mais s'en éloignent complètement dans leur terminaison.
Les troncs communs des veines cérébrales supérieures se dirigent de dehors en dedans, vers la grande scissure médiane du cerveau ; parvenues au voisinage du sinus longitudinal supérieur, elles s'accolent à la dure-mère, contre laquelle elles sont maintenues par l'arachnoïde qui se réfléchit du cerveau sur cette membrane, changent de direction, marchent d'arrière en avant, dans l'épaisseur de la faux du cerveau, recouvertes qu'elles sont par une lamelle très-mince de la dure-mère, et, après un trajet de 15 à 20 millimètres, se terminent dans le sinus par une ou plusieurs ouvertures.
Le mode d'embouchure des veines cérébrales dans le sinus longitudinal supérieur varie : pour quelques-unes, ce sont des ouvertures latérales, faites comme avec un emporte-pièce ; d'autres aboutissent à un tissu fibreux aréolaire, espèce de tissu spongieux, que j'ai dit exister sur quelques-uns des points des parois du sinus. Tous les orifices veineux sont cachés par des trabécules fibreuses. Aucune veine ne s'ouvre directement clans le sinus ; la plupart parcourent un certain trajet d'arrière en avant, c'est-à-dire en sens inverse du cours du sang, avant de se vider dans le sinus ; il n'y a d'exception que pour les veines les plus antérieures, qui se dirigent d'avant en arrière.
Au reste, les replis ou brides que présentent les sinus ne font nullement l'office de valvules, car ils permettent le passage des liquides du sinus dans les veines. Les inductions que les physiologistes ont tirées de la direction suivant laquelle les veines cérébrales s'ouvrent dans les sinus me paraissent erronées, car cette direction favorise le reflux du sang dans les veines, au lieu d'y mettre obstacle. Je me suis assuré que les veines cérébrales n'offrent dans leur trajet aucune valvule.
Le sinus longitudinal supérieur reçoit encore des veines propres de la duremère, des veines osseuses ou diploïques, des veines qui viennent du pericrâne et qui établissent une communication entre les veines de l'extérieur et les veines de l'intérieur du crâne. Les veines méningées moyennes, au nombre de deux pour
SINUS DE LA DURE-MERE
chaque branche artérielle correspondante, naissent des parties latérales du sinus longitudinal supérieur. Parmi les veines communicantes, on remarque celles qui passent par les trous pariétaux et qu'on appelle veines émissaires de Santorini. Le nombre des veines qui traversent la suture sagittale pour s'ouvrir dans le sinus correspondant est très-considérable chez les jeunes sujets. La communication des veines diploïques avec les veines de la dure-mère, d'une part, les veines cérébrales et les sinus, d'autre part, peut être démontrée par une expérience très-simple : il suffit de perforer à l'aide d'une épingle, chez un jeune sujet, la table externe, très-mince et très-fragile, qui recouvre une des veines nombreuses du diploé et d'insinuer par cette ouverture l'extrémité capillaire d'un tube à injection lymphatique : le mercure remplira les veines diploïques et passera dans les sinus, dans les veines de la dure-mère et clans les veines cérébrales.
Veines de Santorini.
Injection des veines diploïques.