‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 12 sur 61 · APMREIL de la L0C10]VÎ0TI · texte numérisé non relu

APMREIL de la L0C10]VÎ0TI

cette fonction, qui cesse inévitablement, sous ce rapport-là, dès que Fimmobilité survient; en sorte que ces mouvemens lui sont en meme temps essentiels d’un côté, et accessoires de l’autre. Or ce n’est jamais que sous ce dernier point de vue qu’on doit considérer les mouvemens des parois abdominales relativement aux viscères gastriques.

Ces parois aident, par l’agitation permanente que leur imprime la respiration , le mouvement digestif de l’estomac; et, à cet égard, observez que la digestion, en envoyant au cœur un stimulus nouveau, cjui est le chyle, accélère le pouls , et par là même la respiration , dont les mouvemens s’accroissent ; et que, par une suite nécessaire, elle favorise, par le premier effet de son produit nutritif dans l’économie, l’excrétion du résidu qui ne peut être assimilé. Cependant il ne faut point croire que le mouvement intestinal et gastrique ne pourrait se passer . absolument de celui des parois abdominales. J’ai plusieurs fois observé, dans le ventre ouvert des animaux vivans, les matières contenues dans les intestins avançant très-bien par l’effet du seul mouvement péristaltique. On sait que, dans les hydropisies,^où la grande quantité d’eau éloigne des intestins l’influence des parois de l’abdomen , la progression des matières a lieu comme à l’ordinaire. Lorsque, dans les accès d’asthme, dans une course prolongée, etc., la respiration plus précipitée accélère le mouvement de ces parois, on ne voit pas que cette progression soit beaucoup plus prompte , et les selles ne sont pas plus fréquentes. D’un autre côté , si les intestins sont irrités par une cause mor-

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bifique ou artificielle, comme par un lavement purgatif, les parois abdominales conservent Je même degré de mouvement, la progression des matières devient très -rapide, et les selles par conséquent très-fréquentes.

Je dirai de la circulation abdominale, de celle de la veine porte spécialement, des sécrétions, des exhalations et des absorptions qui s’opèrent dans la cavité du ventre, la même chose que de la digestion. Les parois de cette cavité favorisent ces fonctions par leurs mouvemens, mais ceux-ci ne leur sont pas essentiels. J’ai remarqué souvent la circulation hépatique du sang noir se faisant très -bien dans le ventre ouvert d’un animal; le sang jaillit très-sensiblement alors des veines mésentériques piquées. Boerhaave avait exagéré la nécessité des secours accessoires pour cette sorte de circulation , qui en reçoit bien une influence , puisqu’elle diminue peu à peu quand l’abdomen est ouvert, mais qui. n’est point exclusivement mise en jeu par eux.

Quant aux excrétions supérieures et inférieures, souvent les mouvemens abdominaux y sont indispensables : ils les produisent spécialement quand elles obéissent à la volonté. J’ai montré, dans VAnatomie générale^ comment, lorsque nous faisons des efforts pour aider à l’éjection des selles ondes urines, ou à l’accouchement, ces mouvemens se combinent avec ceux du rectum, de la vessie et de la matrice. Quelquefois ce,s derniers sont seuls en activité, ce qui arrive quand la cause irritante agit puissamment sur leurs organes creux, qui se contractent alors malgré la volonté.

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Dans les excrétions supérieures qui se font par le vomissement , il y a aussi quelquefois contraction isolée de l’estomac, comme quand il se soulève à la vue d’un objet dégoûtant , dans la plupart des vomissemens sympathiques, où ce viscère seul, et non ses auxiliaires , est affecté ; comme encore lorsque ? le ventre étant ouverf, on irrite les nerfs vagues; ce qui n’a pas toujours lieu cependant, ainsi que mes expériences me l’ont prouvé , etc. Mais si l’estomac est fortement irrité , et que sa contraction seule ne puisse expulser les matières qu’il contient, tous les muscles environnans le compriment, et l’aident à rejeter ce qui le fatigue : c’est ainsi que nous aidons à l’action du rectum et de la vessie , pour les vider plus efficacement et avec plus de promptitude. Sous ce rapport, les excrétions supérieures ont un mécanisme très-analogue à celui des inférieures. C’est pour n’avoir pas analysé avec précision ce qui, dans les excrétions abdominales, appartient aux viscères creux de l’abdomen , d’avec ce qui dépend des parois de cette cavité , que la plupart des auteurs ne s’en sont formé que des idées inexactes.

Quand le diaphragme contracté presse l’estomac, l’ouverture pylorique resserrée oppose un obstacle aux alimens qui traversent l’oesophage. Mais, d’une part, les fibres diaphragmatiques latérales peuvent se contracter indépendamment de celles des piliers; d’une autre part, la puissance représentée par la presque totalité du diaphragme, par les muscles abdominaux et par l’estomac, est évidemment supérieure à la résistance que présentent les seuls piliers en contraction.

Développement.

Les muscles derabdomen diffèrent essentiellement

dans le premier âge sous le rapport de leur développement. Ceux de la région abdominale proprement dite sont extrêmement caractérisés. Leur largeur est relative à Fétendiie proportionnelle des viscères quils ont à embrasser. Cette largeur, également réelle dans tous, frappe surtout au premier coup d’œil dans le droit abdominal. L’épaisseur y est à peu près dans le meme rapport pour la partie charnue. Pour les aponévroses, elles sont minces, déliées, à fibres peu marquées, et comme transparentes ; en sorte que les muscles se laissant voir au travers, on dirait quelles manquent dans le fœtus de trois à quatre mois , et que tout est charnu : mais pour peu qu’on examine attentivement les objets, on distingue très-bien la lame mince qui recouvre le droit antérieur. C’est probablement cette disposition qui a trompé ceux qui ont cru que les aponévroses n’existent pas dans les premiers m.ois. La ligne blanche que forme i’entre-croisement ,de ces aponévroses offre peu d’épaisseur et de résistance ; l’ombilic, qui la traverse, est alors très-dilaté pour donner passage aux vaisseaux ombilicaux ; on voit des fibres circulaires très-distinctes sur sa circonférence. L’anneau inguinal, d’abord assez étroit, s’élargit beaucoup vers l’époque de la descente du testicule; son étendue proportionnelle est alors remarquable. Après la descente, il ne se resserre point tout à coup^ mais d’une manière insensible,

comme l’ombilic. Quand le testicule reste derrière lui, cela dépend souvent de ce qu’il n’a pu se dilater assez pour lui livrer passage. L’arcade crurale est , à cause du peu de développement du bassin , plus rétrécie que par la suite : mais le repli qui la complète en devant est très-sensiblement formé dès les premiers temps.

Parmi les muscles de la région lombaire, le psoas et le carré sont déjà très-formés chez le fœtus; mais la partie supérieure de l’iliaque est extrêmement rétrécie à cause de la fosse où elle se trouve logée. Cela est tellement marqué chez un fœtus de quatre mois, que ce dernier muscle, à l’ouverture de l’abdomen, paraît presque entièrement caché par le psoas.

Le peu de développement du bassin, d’une part, et des parties génitales, de l’autre, fait qu’à cet âge les muscles des deux régions suivantes sont aussi peu prononcés chez le fœtus. J’en excepte cependant le constricteur de l’anus, qui est déjà assez marqué , sans doute parce que le rectum l’est luimême beaucoup, qu’il entre tout de suite en exercice d’une manière spéciale , et qu’il ne se fixe presque pas au bassin.

Après la naissance, l’accroissement des muscles du ventre se fait d’une manière inverse à celle du fœtus : ceux d’en bas croissent plus vite que ceux des parois abdominales , en sorte que l’équilibre s’établit peu à peu. L’ombilic se resserre et ensuite s’oblitère insensiblement.L’anneau se rétrécit, et ensuite reste au degré d’ouverture que lui imposent les lois de l’organisation : sa structure s’opposerait même à

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son oblitération. A la puberté, les muscles des parties génitales prennent un accroissement rapide , chez les femmes surtout, et dans un temps trèscourt ils rattrapent les autres , si je puis m’exprimer ainsi. Dans les âges suivans , il n’y a guère que les muscles abdominaux qui éprouvent des variations ; les autres restent dans les mêmes proportions. Ces variations des muscles abdominaux dépendent delà grossesse chez les femmes, des diverses collections qui se forment accidentellement dans cette cavité , de l’amas de graisse qui s’y fait vers l’âge de trentesix à quarante ans chez certains individus , amas qui détermine cette saillie antérieure du ventre très-remarquable dans plusieurs personnes, et à laquelle les viscères gastriques, le foie, l’estomac, les intestins, etc., sont vraiment étrangers. Cette collection graisseuse, ordinairement remarquable d’une manière plus particulière dans le mésentère et dans l’épiploon, est, dans certains ventres très-saillans , presque uniquement sous-cutanée: je m’en suis assuré souvent dans les dissections. Je ferai observer aussi à cet égard, que la saillie du ventre est inverse chez le fœtus et chez l’adulte : dans le premier, ce sont les viscères gastriques, le foie surtout, qui la déterminent; la graisse la cause uniquement dans le second. Le ventre et les joues offrent aussi , dans ces deux âges, une bouffissure inverse chez la plupart des individus. La graisse se porte plus à la face qu’au ventre dans le premier âge, et plus au ventre qu’à la face dans l’homme de quarante ans.

Distendues pendant un certain temps par la graisse, par des collections aqueuses, par des tu“

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meurs, etc., devenues le siège de grossesses répétées, les parois musculaires du ventre ne reprennent plus leür degré de tension ordinaire; elles restent flasques, souples et mobiles. Les viscères ne sont plus aussi exactement comprimés, et cependant leurs fonctions s’exercent aussi bien. La coïncidence de ces deux choses, Fintégrité des fonctions et la flaccidité des parois abdominales , prouve ce que j’avançais plus haut, que l’influence des dernières surlespremières n’est pas aussi marquée qu’on le croit communément.

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