DU TRONC
^ P^'. Région loinbo<lorsàle.
On n’y trouve que deux muscles j le trapeze et le grand dorsal.
Muscle trapèze. Très-large , aplati, mince , plutôt triangulaire que trapezoïdey situe derrière le couple dos et répaulet Ses insertions y qui sont internes, ont lieu, autiersinterne à peu près de la ligne courbe occipitale supérieure ; 2® tout le long du ligament cervical postérieur, à la dernière apophyse épineuse cervicale y à toutes les dorsales, ainsi quaux ligamens sur-épineux correspondans. Toutes ces insertions ont lieu par des fibres aponévrotiques , en général assez courtes, excepté à l’occipital, où se voit une lame aponévrotique mince , puis au niveau des premières vertébrés dorsales et de la derniere cervicale, où ces fibres, par leur longueur, forment une véritable aponévrose de forme irrégulière et très-variable, et enfin vers les deux ou trois dernières vertèbres dorsales. A ces fibres aponevrotiques succèdent les charnues , qui ont une longueur et une direction différentes. Celles venant de l occipital et du ligament cervical descendent obliquement en dehors et en avant, et gagnent en se contournant sur elles-mêmes le bord postérieur de la clavicule, au
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tiers externe duquel elles s’insèrent. Celles qui viennent de la dernière vertèbre cervicale et des premières dorsales sont les plus courtes , et se portent horizontalement et parallèlement en dehors, pour se terminer par des aponévroses prononcées surtout vers l’acromion , où elles ont près d’un pouce , au-dessus du bord postérieur de l’épine de l’omoplate. Enfin , celles des vertèbres dorsales suivantes gagnent , en convergeant dans une direction d’autant plus oblique en haut et en dehors qu’elles sont plus inférieures, l’extrémité interne de l’épine ci-dessus, où elles se terminent par une aponévrose étroite, triangulaire, à fibres dirigées comme les charnues, qui glisse d’abord, sans l’intermède d’une synoviale, sur la facette triangulaire qu’on remarque en cet endroit.
Le trapèze, partout subjacent à la peau, à laquelle il adhère plus au cou qu’ailleurs , est appliqué dans cette partie sur le grand complexus, le splénius et l’angulaire; au dos, sur le petit dentelé supérieur, le rhomboïde, le sur-épineux, le grand dorsal et une petite portion des muscles vertébraux.
Muscle grand dorsal. Large, mince, aplati, irrégulièrément quadf ilatère , à angle supérieur trèsallongé, placé sur la partie inférieure et postérieure du tronc. lo. 11 s’insère à la face externe des trois ou le plus souvent des quatre dernières côtes abdominales, par autant de languettes d’abord aponévrotiques, puis charnues, qui se recouvrent successivement et se croisent avec les languettes correspondantes du grand oblique, dont elles ne suivent pas la direction , mais quelles coupent à an-
DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPETOANCES. l85
gle aigu. 2^. Le plus grand nombre des fibres charnues naissent tout le long du bord externe d’une aponévrose très-forte, qui , large en bas, rétrécie en haut, intimement unie avec le feuillet aponévrotique postérieur du petit oblique, formée de fibres entrecroisées en tous sens inférieurement, et dirigées comme les charnues supérieurement ^ s’insère au sommet de toutes les apophyses épineuses et aux ligamens sur-épineux, depuis le milieu du dos jusqu’au bas du sacrum, puis aux aspérités postérieures de ce dernier, et au tiers postérieur de la crête iliaque. Nées de cette double insertion , les fibres charnues se comportent ainsi qu’il suit : celles qui viennent, en haut, de l’aponévrose se portent horizontalement en dehors; les suivantes augmentent successivement de longueur, et affectent une direction d’autant plus oblique qu’elles s’approchent plus de la crête iliaque; ensuite celles qui naissent des côtes diminuent de plus en plus, et montent dans une direction presque verticale, en sorte que toutes convergent et forment un angle très-allongé, en gagnant l’angle inférieur de l’omoplate, endroit où le muscle a peu de largeur, mais beaucoup d’épaisseur, ce qu’il doit aussi en partie à quelques fibres naissant ordinairement de cet angle inférieur, pour s’unir avec ce muscle au mojment où il passe derrière. Le faisceau résultant de la réunion de toutes ces fibres continue à se porter obliquement en haut et en dehors appliqué sur le grand rond; puis il se contourne sur lui-même de telle sorte que ce dernier le recouvre à son tour vers l’humérus; là, il donne naissance à un tendon de trois pouces à peu près ,
l86 APPAREIL DE LA LOCOMOTION.
qui reçoit par sa partie inférieure les fibres charnues d’en haut, et celles d’en bas par la supérieure , puis vient, collé à celui du grand rond, s’insérer à la lèvre postérieure de la gouttière bicipitale, dont il tapisse en partie le fond avec le grand pectoral. Une bride aponévrotique, en forme de corde, aplatie , descendant de la petite tubérosité de l’humérus, le fixe en cet endroit ; d’où il envoie un prolongement à l’aponévrose brachiale.
Le grand dorsal est partout recouvert par les tégumens, si ce n’est en dedans et en haut, où il l’est un peu par le trapèze. Il est appliqué sur une petite partie du rhomboïde, sur les muscles vertébraux et le petit dentelé inférieur, sur les petit et grand obliques abdominaux, dont il est quelquefois séparé aux lombes par un intervalle triangulaire , sur la face externe des six ou sept dernières côtes, sur les muscles intercostaux correspondans , sur l’angle inférieur de l’omoplate, sur le grand dentelé, et enfin sur le muscle grand rond, qui, à son tour, le recouvre, comme je l’ai dit.
Mouvemens,
Les deux muscles de cette région sont les agens de divers mouvemens quHl faut examiner isolément pour chacun.v Le trapèze agit sur la tête ou sur l’épaule. En prenant son point fixe sur la seconde , il renverse la première en arrière, directement ou de côté , suivant qu’il se contracte avec son semblable ou tout seul. Il élève directement le moignon de l’épaule par ses fibres supérieures, dont la contraction
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part alors de la tête et du ligament cervical. Par les moyennes et les inférieures , il fait exécuter à l’omoplate une espèce de bascule qui oblige son angle antérieur et le moignon de l’épaule par conséquent, de s’élever, tandis qu’il fait descendre l’angle postérieur. Sous ce rapport, il agit surtout dans l’élévation dés fardeaux, et pre^sque toujours concurremment avec le grand dentelé , dont il est l’antagoniste sous le point de vue du mouvement en arrière. En effet, il porte aussi l’épaule dans ce sens, tandis que ce dernier le dirige en devant : voilà pourquoi , en s’élevant , celle-ci reste fixée dans sa position moyenne lorsque ces deux muscles agissent ensemble. Si les grands dentelés se relâchent pendant la contraction des trapèzes, les deux épaules se rapprochent en arrière, en s’élevant vers leur moignon. Le trapèze prend rarement son point mobile sur le tronc. Les membres supérieurs saisissant en haut un objet, tandis que celui ci est suspendu, ils peuvent concourir à l’élever sur eux.
Le grand dorsal meut le bras, la poitrine, le bassin, et en même temps tout le tronc. Son action sur le bras varie suivant la position de celui-ci. En gérai, il tend toujours à le ramener en arrière, soit qu’il l’abaisse en même temps, vu son élévation préliminaire, soit qu’il lui imprime une légère rotation en dedans, vu sa rotation antécédente en dehors , soit qu’il agisse sur lui lorsqu’il pend le long du tronc. Le grand dorsal est spécialement inspirateur par ses fibres costales : il agit surtout dans ce sens lorsque la respiration est très-gênée : voilà pourquoi ceux qui ont besoin de dilater le plus possible la
l88 APPAREIL DE LA LOCOMOTION.
poitrine, comme les asthmatiques , etc., saisissent souvent avec les membres supérieurs un corps résistant, pour que l’humérus fixé fournisse un appui solide au grand dorsal. Dans ce cas , ce dernier pourrait agirun peu sur l’omoplate , en tirant son angle inférieur en devant, si le petit nombre des fibres scapulaires ne rendait cette action presque nulle. En agissant sur le tronc , le grand dorsal sert à l’élever sur les membres supérieurs, comme quand ceux-ci sont fixés en haut, le tronc étant suspendu, par exemple, dans l’action de s’élever de dessus un siège en s’appuyant sur ces membres , de presser sur un cachet, etc. Il est, dans tous ces cas, congénère du grand pectoral, dont il est antagoniste sous d’autres rapports , et avec lequel il combine d’ailleurs fréquemment son action, comme je l’ai dit. Dans l’attitude sur un seul pied, il peut incliner du côté du pied non fixé le bassin sur la poitrine. On peut aussi le considérer comme tenseur de la forte aponévrose recouvrant l’épais faisceau charnu qui se trouve aux lombes, et dont il favorise par là les puissantes contractions.
§ IL Région dorso-ceivicale,
On n’y trouve que deux muscles, le rhomboïde et l’angulaire.
Muscle rhomboïde. Large , mince , aplati , quadrilatère, obliquement situé à la partie supérieure du dos et inférieure du cou. Il se fixe, par des fibres aponévrotiques bien plus longues en bas qu’en haut, et ayant la meme direction que les charnues, à l’ex-
trémité du ligament cervical , à la dernière apophyse épineuse cervicale , aux quatre ou cinq premières dorsales, et aux ligamens inter-épineux correspondans. De cette insertion, les fibres charnues , parallèles les unes aux autres , se portent obliquement en bas et en dehors , jusqu’au bord spinal de l’omoplate, où elles s’insèrent entre les sus-épineux, sous-épineiix et grand dentelé; en haut et en bas, par de courtes aponévroses; au milieu, par une espèce de tendon vertical qui , fixé à l’os vers ses deux extrémités , n’y tient dans sa partie moyenne que par du tissu cellulaire que traversent des artères.
Ce muscle , que quelques anatomistes divisent en deux , parce que la portion venant du cou est isolée de l’inférieure qui est plus large, par une ligne cellulaire , correspond en arrière au trapèze , un peu au grand dorsal et aux tégumens ; en devant, au petit dentelé supérieur, au splénius , aux muscles vertébraux , aux côtes et aux intercostaux correspondans.
Muscle angulaire. Allongé , assez épais , situé à la partie postérieure et latérale du cou. Il s’implante supérieurement au tubercule postérieur des quatre premières apophyses transverses cervicales , par autant de petits tendons d’où naissent des faisceaux charnus qui , d’abord isolés , se réunissent bientôt, et forment un faisceau unique, lequel descend obliquement en arrière et en dehors vers l’angle postérieur de l’omoplate , auquel il s’insère par de courtes fibres tendineuses.
Ce muscle, subjacent au trapèze, au sternomastoïdien et à la peau; recouvre le petit dentelé
igO APPAREIL DE LA LOCOMOTION.
supérieur, le sacro-lombaire, le transversaire et le splénius.
Mouvemens,
Ils se rapportent spécialement à l’épaule , dont l’angulaire déprime le moignon en élevant l’angle postérieur de l’omoplate , en sorte qu’il est antagoniste du grand dentelé, du trapèze , etc. ; et, à cet égard, observez comment la nature a , par le singulier mécanisme de l’épaule , placé en bas ses élévateurs , et en haut ses abaisseurs. Remarquez aussi de combien les premiers l’emportent par leur force sur les seconds , qui avaient en effet moins d’efforts à faire. Quand l’angulaire et le trapèze se contractent simultanément, il n’y a point de bascule de l’omoplate , et le mouvement de l’épaule est direct en haut. Le rhomboïde fait un peu tourner cet os sur lui-méme dans le sens de l’angulaire ; mais son action principale consiste à le rapprocher du tronc, congénère sous ce rapport du trapèze, dont il est antagoniste sous le rapport de l’élévation , en sorte que , quand tous deux agissent , l’épaule se porte horizontalement en dedans.
Les muscles de cette région agissent peu sur le tronc ; pour qu’ils le fassent , l’épaule doit être préliminairement fixée. Alors l’angulaire incline latéralement le cou , ou le fixe dans sa rectitude s’il se contracte avec son semblable. Les rhomboïdes , par leurs faisceaux supérieurs , peuvent être considérés comme tenseurs du ligament cervical, et propres par conséquent à favoriser les mouvemens des muscles qui viennent s’y fixer.
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPEND AKCES. I91 § IlL Région vertébro-costale.
On y trouve les deux petits dentelés , et leur aponévrose commune. ^
Muscle petit dentelé supérieur. Aplati, très-mince, quadrilatère, situé à la partie supérieure du dos. Il s’insère au bas du ligament cervical , à la dernière apophyse épineuse cervicale et aux deux ou trois premières dorsales , par une aponévrose mince faisant près de la moitié de sa largeur , à fibres parallèles et obliques de haut en bas et de dedans en dehors. Nées de la partie externe de cette aponévrose , les fibres charnues suivent d’abord la meme direction , en formant un plan quadrilatère ; puis elles se divisent en quatre faisceaux terminés chacun par de courtes fibres aponévrotiques , lesquelles s’insèrent au T3ord supérieur des seconde , troisième , quatrième et cinquième cotes , en s’éloignant d’autant plus de leur angle qu’ils sont plus inférieurs : quelquefois trois, plus rarement cinq digitations se remarquent.
Le rhomboïde, l’angulaire, le trapèze et le grand dentelé recouvrent ce muscle , qui est appliqué sur lesplénius, le transversaire, les muscles vertébraux, les côtes et les intercostaux correspondans.
Muscle petit dentelé mférieur. Plus large , mais à peu près de meme forme que le précédent, situé au bas du dos , dans la région lombaire. Il naît des deux dernières apophyses épineuses dorsales , des trois premières lombaires et des ligamens inter-épineux correspondans , par une aponévrose assez large
igîi APPAREIL DE LA LOCOMOTION.
en composant près de la moitié J à fibres parallèles et obliques en haut et en dehors , tellement adhérente à celle du grand dorsal dans sa moitié interne , qu’on dirait qu’elle part de cette dernière plutôt que des vertèj^es. Quoi qu’il en soit, les fibres charnues, continuant à suivre la direction des aponévrotiques, viennent, après un court trajet, se partager en quatre faisceaux, dont le premier, qui est le plus large, s’insère au bord inférieur et près l’angle de la seconde côte abdominale , et dont les autres, d’une largeur successivement moindre, se fixent aussi, par des fibres aponévrotiques, au meme bord des trois dernières côtes abdominales , et d’autant plus loin de leur angle qu’ils sont plus inférieurs ; en sorte que le dernier , qui est trèsétroit , se fixe et à l’os et au cartilage. Ces faisceaux se recouvrent successivement par leur bord inférieur.
Le petit dentelé inférieur, subjacent au grand dorsal, recouvre les muscles vertébraux, les trois dernières côtes , les intercostaux correspondans , et le feuillet postérieur de l’aponévrose du transverse , avec lequel la sienne adhère initimement.
Aponéi>rose vertébrale. Une aponévrose trèsmince semble unir les deux muscles précédens, aux bords correspondans desquels elle se fixe. Attachée, d’une autre part , en dehors aux angles des côtes, en dedans aux apophyses épineuses, cette aponévrose bride et retient les muscles vertébraux, quelle renferme dans une espèce de gouttière aponévrotique en arrière, osseuse en devant. Elle présente quelques fibres transversales, apparentes spéciale-
DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. IqS
ment vers les dentelés , aux fibres aponévrotiques desquels elles sont parallèles.
Mouvemens,
Les deux muscles de cette région ont un usage commun , celui de retenir dans leur place les muscles vertébraux , de les brider, pour ainsi dire : ils sont congénères, sous ce rapport, de leur aponévrose commune. Mais , sous un autre point de vue , ils sont antagonistes Tun de l’autrel, le petit dentelé supérieur élevant les côtes auxquelles il se fixe , l’inférieur abaissant les siennes , l’un étant par conséquent inspirateur, et l’autre expirateur. L’action de ce dernier est plus efficace que celle du premier, la mobilité des côtes inférieures étant plus grande que celle des supérieures. Tous deux n’ont aucune action sur l’épine.
§ IV. Région cerçico-occipitale superficielle»
On y voit les muscles splénius , grand et petit complexus.
Muscle splénius. Allongé , aplati , assez épais, placé obliquement derrière le cou. Il s’insère en dedans, par des fibres aponévrotiques plus larges en bas qu’ en haut, aux quatre ou cinq premières apophyses épineuses dorsales, à la dernière cervicale, et aux deux tiers inférieurs du ligament cervical. De là, ses fibres charnues, d’autant plus longues quelles sont plus inférieures , quelquefois unies en bas avec le transversaire, se portent obliquement en haut et en ir. J 3
iq4 appareil de la locomotion.
dehors , en laissant entre ce muscle et son semblable un espace triangulaire où se voit le complexus ; puis elles se divisent bientôt en deux faisceaux , dont le supérieur , plus étendu , se termine , par de courtes fibres aponévrotiques , en dehors de l’empreinte raboteuse subjacente à la ligne courbe occipitale supérieure , à la portion mastoïdienne , et à tout le coté externe de l’apophyse mastoïde du temporal ; l’inférieur, plus étroit, se subdivise en deux autres portions qui vont , par deux petits tendons plus prolongés sur leur partie interne que sur l’externe, s’insérer aux deux premières apophyses transverses cervicales. Quelqu efois un petit faisceau se porte à la
troisième.
Le rhomboïde, le petit dentelé supérieur, le trapèze, l’angulaire et le sterno -mastoïdien , correspondent en arrière et de bas en haut au splénius , qui recouvre les petit et grand complexus , le long dorsal et le transversaire.
Muscle gixind complexus. Large , allongé , assez épais, situé sous le précédent. Il prend insertion, par des tendons d’abord isolés, puis interposés parmi les fdares charnues, et d’autant plus marqués qu’ils sont plus inférieurs , aux dernières apophyses transverses et articulaires cervicales , et aux quatre ou cinq premières transverses dorsales. Nées de ces tendons , les fibres charnues forment par leur réunion un faisceau étroit et pointu en bas , mais qui prend plus de largeur à mesure qu’il se porte obliquement en haut et en dedans , en se rapprochant du muscle opposé , dont le sépare seulement , au haut du cou , une ligne celluleuse subjacente au
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. igS
ligament cervical. Fixées quelquefois par quelques prolongemens à la dernière apophyse épineuse cervicale et aux deux premières dorsales , ces fibres parviennent enfin dans leur direction oblique à foccipital , auquel elles s’implantent en dedans des inégalités qui sont sous sa ligne courbe supérieure , par des fibres aponévrotiques prolongées assez loin dans l’épaisseur des charnues.
Ce muscle est partagé selon sa longueur en plusieurs portions^ par des faisceaux aponévrotiques de forme différente. L’un d’eux a une disposition constante et analogue à celle des tendons ; il est plus large à ses extrémités qu’au milieu. On le voit à la partie interne du muscle, dont il occupe un peu plus du tiers moyen , soit qu’il se trouve isolé , soit que , ce qui est plus commun , il règne seulement en arrière, des fibres charnues se trouvant au-devant de lui. Un autre faisceau existe au milieu : quelquefois il est parallèle au précédent ; le plus souvent irrégulièrement disposé en intersection , il forme des espèces de zigzags , et se rapproche de la direction transversale. Quelquefois on trouve une autre intersection très-variable à la partie supérieure du muscle.
Le grand complexus , recouvert successivement par le trapèze , puis par le splénius , le petit complexus, le transversaire et le long dorsal, recouvre en haut les muscles droits et obliques , en bas le transversaire épineux.
Muscle petit complexus. Allongé, étroit, mince, placé sur la partie latérale et un peu postérieure du cou. Il prend naissance en dehors et en bas des quatre dernières apophyses tran s verses cervicales,
quelquefois de la première dorsale , par de petits tendons d’autant plus marqués qu’ils sont plus inférieurs , et desquels partent des faisceaux charnus qui montent d’abord isolés , puis forment bientôt par leur réunion un faisceau unique qui se porte , en épaississant, Yerticaiement derrière l’apophyse mastoïde , où il s’insère par un tendon aplati qui règne d’abord dans les fibres charnues , lesquelles sont souvent interrompues dans leur trajet par de petites intersections aponévrotiques très-variables.
Le splénius et le transversaire sont appliqués en arrière sur le petit complexus , qui tient souvent en bas , par une languette charnue , au grand dorsal, et qui recouvre le grand complexus, un peules obliques de la tête et le faisceau postérieur du digastrique.
Mou çemens.
Ils se rapportent spécialement à la tête , qui est ou renversée directement en arrière, ou, si elle a été inclinée, ramenée aussi directement à sa rectitude quand la totalité des muscles de cette région agit ; mais qui , en même temps qu’elle est portée dans ce sens, éprouve une rotation si le splénius ou le complexus d’un côté seulement entre en action. La face se dirige à gauche et l’occiput à droite si le splénius droit et le complexus gauche agissent : un effet contraire alieu si les muscles opposés se contractent comme rotateurs de la tête. Le splénius gauche et le complexus droit sont donc congénères du sternomastoïdien droit, et réciproquement. Mais comme ce dernier est leur antagoniste sous le rapport de la
flexion , s’il agit en même temps qu’eux , il y a simplement rotation ^ sans flexion ni extension. Cette rotation, étrangère à l’articulation occipito-atloïdienne , se passe , comme je l’ai dit , dans l’axoïdoatloïdienne;aussilalanguette cervicale supérieure du splénius peut-elle en être l’agent comme la portion occipitale de ce muscle , tandis que la languette cervicale inférieure y est étrangère.
Le petit complexus est nul dans toute rotation de la tête, qu’il incline seulement un peu de son côté s’il agit seul, ou qu’il renverse légèrement s’il agit concurremment avec l’autre.
Tous les muscles postérieurs du tronc sont à la tête, dont ils assurent la rectitude, ce que les muscles vertébraux sont au tronc dans la station. Ils font équilibre avec l’excès de pesanteur que la partie antérieure de la tête a sur la postérieure; et comme cet excès est moins prononcé qu’il ne le semble d’abord, ils ne sont pas aussi considérables que chez les animaux. Leur point fixe inférieur, se répartissant sur les apophyses épineuses et sur les transverses , en devient plus assuré. Ils ne peuvent guère agir, de haut en bas, sur la colonne vertébrale, que dans la position renversée que prennent certains bateleurs quand ils se tiennent en station sur la tête.
§ V. Région ceiVico- occipitale pr^ofonde.
Les deux droits , tes deux obliques, et les interépineux composent cette région.
Muscle grand droit, ajalati, triangulaire ,
placé derrière l’articulation de la tête avec la colonne vertébrale. Fixé inférieurementpar de courtes fibres tendineuses au tubercule de la seconde apophyse épineuse cervicale, près le grand oblique, il monte obliquement en dehors , s’élargit, et va s’insérer, par de courtes aponévroses, sous la ligne occipitale inférieure , entre le petit droit et le petit oblique. Il correspond en arrière au grand complexus et un peu au grand oblique; en devant à l’occipital, à la lame de l’atlas et au petit droit.
Muscle petit droit. Court, aplati, triangulaire, plus large à proportion que le précédent, au-devant duquel il est situé. Il s’insère, en bas, au tubercule postérieur de l’atlas, par un court tendon à fibres rayonnées; puis il monte presque verticalement, séparé de son semblable par une ligne celluleuse , et s’élargit à mesure qu’il s’approche de l’occipital, auquel il s’implante par de courtes aponévroses en dedans du précédent. Beaucoup de tissu cellulaire l’isole en arrière du grand complexus. Il répond en devant au ligament postérieur qui unit la tête à l’atlas.
Muscle grand oblique. Allongé, assez épais, arrondi, pyramidal, situé obliquement entre l’atlas et l’axis. Il s’implante, par des fibres aponévrotiques peu sensibles, à la seconde apophyse épineuse cervicale, près le grand droit; puis, montant obliquement en dehors et un peu en avant, il vient gagner le bas du sommet de la première apophyse transverse, où il se termine par des fibres tendineuses peu sensibles. Il correspond en arrière aux petit et grand complexus, en devant à l’axis, au
DES MUSrXES ET DE LEURS DÉPEJ^DANCES. I9
ligament qui unit cette vertèbre à l’atlas, et à l’artère vertébrale.
Muscle petit oblique. Allongé, aplati, situé derrière l’articulation de la tête et un peu sur ses côtés. Des fibres tendineuses très-sensibles le fixent au-dessus du sommet de la première apophyse transverse cervicale; de là, il monte presque verticalement jusqu’au-dessous de la partie externe de la ligne occipitale supérieure , où il se termine par des aponévroses d’abord placées dans les fibres charnues, au-dessus et en dehors du grand droit. Le petit, le grand compîexus et le splénius en arrière, l’occipital, le grand droit et l’artère vertébrale en devant, forment ses rapports.
Muscles inter-épineux cervicaux. Petits faisceaux aplatis, minces, quadrilatères, placés au nombre de deux dans chaque espace inter-épineux, depuis celui de l’atlas avec l’axis jusqu’à celui de la dernière vertèbre cervicale avec la première dorsale. Il y en a deux dans chaque espace. Né par de courtes aponévroses des parties latérales de la vertèbre d’en haut, chacun va se terminer, en descendant parallèlement à son semblable, dont le sépare du tissu cellulaire, sur les parties latérales de la vertèbre d’en bas par d’autres courtes fibres aponévrotiques. Le transversaire épineux est appliqué sur eux en dehors.
Mouvemens.
Ils se rapportent, dans cette région, à la tête ou au cou. La tête est directement renversée en arrière par la contraction simultanée des muscles droits et
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obliques, contraction qui agit alors, quoique plus faiblement, comme celle de tous les muscles de la région précédente. Quand les muscles d’un seul côté entrent en action, outre le mouvement en arrière, qui est général pour tous, il y en a un autre qui varie suivant celui qui agit. Dans l’action du petit oblique, c’est une légère inclinaison latérale; dans celles du grand droit et du grand oblique, c’est une rotation très -marquée de l’articulation axoïdo - atloïdienne, qui, étant très-lâche, se prête à un mouvementtrès-sensible. Remarquez, en effet , que quoique ces deux muscles s’attachent en haut, l’un à l’occipital, l’autre à l’atlas, c’est cependant toujours ce dernier os qu’ils mettent surtout en jeu, vu la texture serrée de l’articulation axoïdo-occipitale, texture qui ne fait pour ainsi dire qu’un de l’occipital et de l’atlas. Sous le rapport de cette rotation , les splénius, grand droit et grand oblique du même côté, grand complexus et sterno-mastoïdien du côté opposé, sont congénères : or, toutes ces puissances s’exercent spécialement sur l’articulation axoïdoatloïdienne, articulation si différente de toutes les autres vertébrales, comme je l’ai démontré, et qui , vu la force de ces puissances, s’est quelquefois luxée dans un mouvement brusque et spontané de rotation.
Les mouvemens de cette région, qui se rapportent au cou, consistent en une légère inclinaison des vertèbres cervicales les unes sur les autres , inclinaison que déterminent les inter-épineux , et qui a rapport à la solidité de la station du cou, station elle-même relative au support de la tête.
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. SiOI
§ VL Région vertébrale,
Elie occupe ce qu’on nomme les gouttiéixs vertéhrales ^ et présente quatre muscles, le sacro-lombaire, le long dorsal, le transversaire, le transversaire épineux. Un faisceau commun réunit en bas les trois premiers, et semble spécialement concourir à les produire.
Ce faisceau, extrêmement épais, un peu aplati, étendu depuis le bas du sacrum jusqu’au-dessus du milieu de l’espace qui sépare la crête iliaque de la dernière côte, est recouvert en arrière par une large aponévrose d’où partent presque toutes les fibres charnues. Cette aponévrose se fixe, en dehors, d’une part à la partie postérieure de la crête iliaque, de l’autre part sur les côtés de l’échancrure où se termine le canal sacré; elle donne, entre ces deux points, attache au grand fessier sans presque s’attacher au sacrum, et prend insertion en dedans à toute la crête moyenne de ces os, aux apophyses épineuses des lombes, aux dernières dorsales et aux ligamens surépineux correspond ans. Cette aponévrose, épaisse, dense et continùe sur le sacrum, y recouvre tout le faisceau commun , puis aux lombes abandonne le sacro-lombaire qui ne naît que de son bord, et se prolonge sur le long dorsal jusque près de sa partie supérieure. Elle y est , comme en bas , formée de fibres parallèles, mais de plus divisée ordinairement en languettes étroites et longues, dont les bords voisins sont unis par des aponévroses trèsminces.
Dans ce faisceau commun, on distingue les fibres dépendantes du transversaire épineux, d’abord par leur direction oblique, ensuite, dans la région sacrée, parce que toutes celles venant du sacrum appartiennent à ce muscle; et dans la lombaire, parce qu’une ligne graisseuse les sépare de celles du long dorsal et du sacro-lombaire. Ces deux derniers muscles sont exactement confondus dans le faisceau commun, ou leurs fibres, venant également et de la partie la plus reculée de la crête iliaque et de l’aponévrose commune, remontent presque perpendiculairement, et ne se distinguent que par leur situation externe ou interne.
Muscle sacro-lombaire. Allongé, très-épais en bas, grêle en haut, pyramidal, le plus externe des trois muscles vertébraux. Il a une double origine: l’une inférieure, d’abord à la partie postérieure de la crête iliaque, au-dessus de l’épine postérieure -supérieure , puis en arrière et en dehors de l’aponévrose commune , double endroit où il est confondu avec le long dorsal; 2^ une autre, interne et supérieure, à toutes les côtes par douze petits tendons qu’on peut nommer origine., allongés, insérés au-dessus de l’angle, d’autant plus longs et moins épais qu’ils sont plus supérieurs, montant, ainsi que les fibres charnues qui en partent , un peu obliquement en dehors, appliqués sur l’angle des côtes, en sorte qu’il faut écarter le muscle long dorsal pour les bien distinguer.
Nées de cette double insertion, les fibres charnues se comportent ainsi qu’il suit : i®. De la crête iliaque et de l’aponévrose commune , elles se diri-
DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. 2o3
gent à peu près perpendiculairement en haut, et vont se terminer aux six dernières côtes environ, par autant de tendons externes, aplatis , qui , régnant d’abord sur la partie postérieure du faisceau charnu, s’isolent ensuite, croisent la direction des précédens, et s’implantent au-dessous de l’angle. 2^. Les fibres des tendons ^origine forment des languettes d’abord isolées, puis réunies et juxta-posées; ce qui continue le corps du muscle, qui cesserait au milieu de la poitrine si ces nouvelles fibres n’étaient point ajoutées à celles venant des lombes. Unies les unes aux autres , ces languettes se portent obliquement en dehors et en haut, et viennent se terminer, celles des tendons iï origine inférieurs aux côtes supérieures, et celles des tendons d’origine supérieurs aux quatre ou cinq dernières apophyses transverses cervicales, par d’autres tendons qui, continuant la série qu’ont commencé les précédens, sont d’abord placés sur la partie postérieure des fibres charnues où ils s’unissent souvent, comme eux, par leurs bords voisins , en formant un plan presque continu, puis s’isolent exactement les uns des autres, deviennent d’autant plus longs et plus grêles qu’ils sont plus supérieurs, et s’attachent à la poitrine, sous l’angle des côtes comme les précédens , excepté à la première, où ils se terminent à la tubérosité; au cou , sur le sommet des apophyses transverses. La structure de ce muscle, très* compliquée au premier coup d’œil, le paraît bien moins en considérant ainsi celui-ci comme recevant successivement d’abord de la crête iliaque et de l’aponévrose commune, puis des tendons internes, les fibres charnues
ao4 APPAREIL DE LA LOCOMOTION.
auxquelles la série des tendons externes sert ensuite d’insertion.
Le sacro-lombaire répond en arrière aux aponévroses des petit oblique et transverse, au petit dentelé inférieur, au supérieur, et à l’aponévrose vertébrale; en avant, à la lame aponévro tique moyenne du transverse , aux côtes , aux intercostaux et au transversaire ; en dedans , au long dorsal, avec lequel il est d’abord confondu , et dont le séparent ensuite des branches vasculaires et nerveuses ; en dehors , d’abord à l’écartement des deux dernières lames aponévrotiques du transverse , puis aux angles des côtes ; et dans le cou aux scalènes et un peu à l’angulaire.
Muscle long dorsal. Allongé , un peu aplati, trèsépais en bas , grêle et terminé en pointe supérieurement, étendu le long du dos, depuis l’os iliaque jusqu’à la première vertèbre dorsale, entre le précédent et le transversaire épineux. Il a deux origines : I® en bas, à la partie postérieure de la crête iliaque, en dedans du précédent , et à la partie interne et antérieure de la portion lombaire de l’aponévrose commune ; ^ au-devant de toute la portion dorsale de cette aponévrose, qui lui devient absolument propre le long du dos , et qui remplace ici les tendons d’origine du sacro-lombaire , en fournissant le surplus des fibres charnues qui ne viennent point des lombes. De cette double insertion , ces fibres se dirigent obliquement en haut, et se terminent successivement, à mesure que ce muscle monte, en dehors au bord inférieur des sept ou huit dernières côtes, par des languettes aplaties, assez peu dis-
DES MUSCLES ET DE LEURS DléPENDANCES 20 S
tinctes , et qui finissent par de petites aponévroses minces , assez larges , et d’autant plus apparentes qu elles sont plus supérieures ; en dedans , à toutes les apophyses transverses et articulaires lombaires et aux transverses dorsales, par des languettes beaucoup plus grosses que les précédentes , plus distinctes au dos qu’aux lombes , et qui finissent par des tendons très-prononcés, d’autant plus grêles et plus longs qu’ils sont plus supérieurs, épanouis d’abord sur les languettes charnues, puis entièrement isolés. Outre cette insertion interne , il se détache de ce muscle , au milieu du dos , un faisceau superficiel , long , étroit , dont la partie supérieure est ordinairement isolée , qu’on a regardé comme un muscle distinct , et qui vient, par des fibres aponévrotiques très-prononcées, s’insérer aux deuxième, troisième, quatrième , cinquième , sixième et septième apophyses épineuses dorsales, en sorte que , pourvoir au dos le transversaire épineux et l’insertion du long dorsal aux apophyses transverses , il faut enlever ce faisceau.
Borné en dedans par le transversaire épineux , le grand complexus et le transversaire , en dehors par le sacro-lombaire, auquel il est uni en bas , le long dorsal a en arrière les memes rapports que ce dernier; il est appliqué en devant sur les surcostaux, les côtes, les ligamens costo- transversaires postérieurs , et les vaisseaux et nerfs dorsaux.
Muscle transversaire. Grêle, allongé, aplati, plus mince à ses extrémités qu’à son milieu, situé derrière le cou et la partie supérieure du dos. Il naît , en arrière, des troisième, quatrième, cinquième, sixième,
2o6 appareil BE la LOCOMOTÏOÎf.
septième, et quelquefois huitième apophyses transverses dorsales , par des tendons d’autant plus longs qu’ils sont plus inférieurs , qui croisent à angle aigu ceux du long dorsal, et qui , montant verticalement, donnent bientôt naissance aux fibres charnues. Celles-ci , par leur réunion , forment un faisceau unique, mince d’abord, ensuite un peu plus épais, lequel passe sur les deux premières apophyses transverses dorsales, sans s’y attacher, puis , parvenu au cou , s’épuise peu à peu en s’insérant aux cinq ou six de/nières apophyses transverses cervicales , par des tendons analogues à ceux d’origine , sinon qu’ils sont d’autant plus longs qu’ils deviennent plus supérieurs.
Le transversaire est recouvert par le spîénius et l’angulaire en haut , en bas par le long dorsal , auquel il est tellement uni qu’il semble impossible de bien l’en isoler. Il est appliqué sur le transversaire épineux , sur le grand complexus , et sur le petit , auquel il Adhère aussi d’une manière souvent intime, et telle qu’ils semblent ne former qu’un même muscle qui du dos se porte à l’occipital.
Muscle transversaire épineux. Epais , allongé , triangulaire, placé derrière les lames vertébrales , consistant en une série de faisceaux charnus , de longueur différente , placés les uns au-dessus des autres , et obliquement étendus des apophyses transverses aux épineuses, depuis le sacrum jusqu’à l’axis , offrant dans la masse qu’il représente un volume différent, selon qu’il se trouve dans les régions sacrée, lombaire, dorsale et cervicale.
Au niveau des régions sacrée et lombaire, il s’ini-
plante, clans la première, d’une part aux inégalités de toute la face postérieure du sacrum par de courtes fibres aponévrotiques, d’une autre part au-devant de la partie inférieure de l’aponévrose commune ; dans la seconde, aux apophyses articulaires lombaires, par des lames aponévrotic[ues distinctes et longtemps prolongées. De ces points d’attache , les fibres charnues se dirigent en haut et en dedans , et viennent se rendre, celles de la première insertion , aux dernières apophyses épineuses lombaires ; celles de la seconde , aux premières de cette région et aux dernières dorsales , par des fibres aponévrotiques d’abord interposées parmi les charnues. Les faisceaux superficiels vont d’une apophyse transverse au sommet de l’épineuse de la troisième ou quatrième vertèbre supérieure ; les profonds , de plus en plus courts , se portent d’une vertèbre à la suivante , vers la base de l’apophyse épineuse , et même à la lame.
Dans la région dorsale, le transversaire épineux , mince et grêle, est formé de faisceaux superficiels très-longs , qui , des huit ou neuf dernières apophyses transverses dorsales, montent au sommet des huit ou neuf premières épineuses de la même région, et défibrés profondes plus courtes, qui, de la racine de toutes les apophyses transverses, vont à la base des épineuses et aux lames. Des fibres aponévrotiques dont la longueur est proportionnée à celle clés faisceaux charnus, leur donnent origine et les terminent.
Dans la région cervicale, on voit d’abord un fais-
ceau superficiel^ très-long, très-distinct, souyent
2o8 appareil de la locomotïoï?.
comme isolé, et résultant de plusieurs autres adossés, qui, des apophyses transverses dorsales supérieures, va au sommet des six dernières épineuses cervicales, en se terminant en pointe sur celle de l’axis. Au-dessous est une série de petits faisceaux profonds, séparés du précédent par du tissu cellulaire, et naissant de la base des premières apophyses transverses dorsales et des cinq dernières articulaires cervicales , pour se porter à la base des épineuses de cette région et aux lames. Des aponévroses très-distinctes, et accompagnant ces fibres charnues , se remarquent également à l’insertion de chaque faisceau.
Le transversaire épineux a "pour rapport, en dedans les apophyses épineuses, et de plus les muscles inter-épineux dans le cou, les ligamens de meme nom dans le dos et les lombes; en devant, les lames vertébrales, les ligamens jaunes, les apophyses articulaires et transverses qui lui servent d’insertion ; en arrière , le grand com plexus dans le cou , le long dorsal dans le dos et les lombes.
Mowemens,
Les muscles de cette région ont deux modes d’action, l’im commun, l’autre propre. D’abord tous tendent à redresser l’épine , et même à la renverser en arrière. Chacun est ensuite l’agent d’un mouvement particulier, différent de ce redressement.
Le redressement de l’épine, comme je l’ai dit ailleurs, a lieu d’une manière spéciale dans la station , où le poids des viscères pectoraux et gastriques est
une puissance antérieure permanente cpiitend à produire la flexion J et qui nécessite par conséquent une résistance postérieure continuelle : or^ cette résistance, c’est l’action des muscles vertébraux. Voici comment chacun agit dans cette circonstance.
La région lombaire de l’épine est d’abord fixée d’une manière immobile sur le bassin , soit par les fibres du transversaire épineux, qui, de l’os sacrum et de l’aponévrose commune, vont aux apophyses épineuses, soit par celles du long dorsal c[ui se por»tent aux apophyses transverses. Le nombre et la force des fibres c[ui composent le faisceau commun lombaire assurent d’une manière puissante la fixité de cette portion lombaire de l’épine, que la forme plus élargie des surfaces osseuses favorise d’ailleurs' spécialement, en meme temps qu’elle détermine une épaisseur propre à former un abri postérieur très-résistant. La fixation de la région lombaire de l’épine est nécessaire, soit parce que cette région supporte le poids de tout le tronc, quelle transmet au bassin, soit parce que ses vertèbres fournissent une attache aux muscles c[ui assujettissent le dos.
La région lombaire, fixée par Faction des fibres précédentes, à laquelle se joignent, dans les grands efforts, les fibres internes du carré lombaire, celles du psoas, etc., fournit un appui aux portions du transversaire épineux qui vont aux apophj'ses épineuses dorsales inférieures. Le bas de la région dorsale , ainsi rendu solide , devient à son tour un appui qui offre à la portion correspondante du transversaire épineux le moyen de fixer le haut de cette région, lequel devient à sou tour le point immobile U. i4
210 APPA.REIL DE LÆ LOCOMOTIOIY.
d’où partent les contractions de la portion de ce muscle qui assure la station du cou. D’où l’on voit que la série de petits muscles qui, superposés les uns aux autres, forment le transversaire épineux, ayant son premier point fixe au bassin, qui est immobile, agit successivement de telle manière, que chaque vertèbre se trouve être le point où aboutissent les contractions d’un faisceau inférieur, et d’où partent celles d’un faisceau supérieur. L’action des fibres superficielles est plus efficace que celle des profondes, vu leur longueur plus grande et leur plus grand éloignement d’un point d’appui. On conçoit que cette fixation de l’épine par les transversaires épineux suppose leur contraction simultanée , dans laquelle le mouvement opposé se détruit, le commun, qui tend à redresser l’épine , restant seul.
Le long dorsal produit le redressement de deux manières. D’abord, il tend à abaisser successivement sur le bassin , d’où naît son aponévrose d’insertion , toutes les apophyses transverses , qui n’obéissent point à cette action , parce que le muscle opposé s’y oppose, mais qui sont fixées par elle, en sorte que, tandis que le transversaire épineux retient l’épine en arrière, celui-ci la fixe sur les cotés. Ensuite, il tend à déprimer les côtes par ses tendons externes : or, celles-ci étant assujetties, font corps pour ainsi dire avec les vertèbres, en sorte que ces deux ordres de fibres fixent également l’épine. Les apophyses transverses dorsales, rendues immobiles par lui, deviennent un point fixe c|ui favorise les contractions du transversaire, et par conséquent le redressement du cou, ou son renversement en arrière.
Quant au sacro-lombaire Q1 agit uniquement sur les côtes, qu’il abaisse; mais comme elles ont en cet endroit un mouvement peu marqué , et qu’elles font, comme je viens de le dire, presque corps avec l’épine, c’est sur celle-ci que sb porte surtout Faction de ce muscle qui la fixe latéralement. Or, voici comment il agit : le faisceau épais qui vient de la masse commune déprime d’abord les côtes inférieures ; celles-ci, fixées, offrent un appui aux faisceaux c[ui vont aux supérieures, qui, à leur tour, sont fixées. Ces faisceaux présentent à ceux qui vont aux dernières vertèbres cervicales un point fixe, d’où part leur contraction, pour assujettir la portion cervicale de l’épine. Il y a donc ici, comme dans le transversaire épineux, une suite de mouvemens qui se rapportent en dernier résultat au bassin, dont l’effet le plus marqué est la fixation latérale de l’épine , et où chaque pièce osseuse est en meme temps terme et origine de Faction musculaire.
Outre l’usage général de retenir l’épine en arrière, et de la renverser, suivant la force des contractions , les muscles vertébraux produisent chacun un effet isolé et différent. Le transversaire épineux d’un côté agissant seul , lui fait exécuter une espèce de rotation presque nulle pour chac|ue vertèbre, mais très-marquée pour leur totalité. Lorsque nous voulons regarder fortement en arrière, la tête tourne d’abord dans l’articulation axoïdo-atîoïdienne ; mais ce mouvement n’étant pas assez étendu, nous y suppléons par cette rotation générale de l’épine. Le long dorsal agissant isolément d’un côté, incline latéralement l’épine dans les lombes et le dos, puis
agit sur les dernières côtes ^ qu’il déprime de manière à être un peu expirateur. Le sacro-lombaii e agit plus fortement dans ce dernier sens. Sa portion inférieure est spécialement congénère du carré lombaire; les portions suivantes abaissent successiyement les côtes des supérieures aux inférieures ; son action sur la poitrine précède même celle exercée sur l’épine. L’usage du sacro-lombaire comme , expirateur a été indiqué; mais on n a point remai qiié qu’il peut être aussi inspirateur. S’il prend son point fixe sur le cou, ses premiers faisceaux élèvent d’abord les premières côtes, d’oèi partent ensuite les contractions des faisceaux suivans, pour élever les autres côtes : c’est à peu près comme pour lesinteicostaux , dans l’action desquels chaque côte élevee devient successivement un point fixe pour 1 élévation des autres. Le transversaire incline le cou latéralement, dans son action isoiee.
Il est très-rare que les muscles vertebiaiix agissent de haut en bas. Lors de la station , cela n arrive guère que pour le sacro-lombaire dans le cas precédent;mais dansla position renversée que prennent certains bateleurs , ces muscles peuvent agir puissamment pour fixer le tronc sur la tête, qui est le
point d’appui.
IXcmciTCjiiQS SUT les Mou^^enieiis ^eiieiciux des Muscles postérieurs du Tronc.
D’après ce que nous avons dit sur les mouvemens de chacune des régions précédentes , il est évident qu ils se rapportent à trois buts principaux , aux mouvemens de l’épaule , de la tête et du tronc.
DES MUSCLES ET DE EEUES DiÉPENDANCES. 2l5
L’élévation et l’abaissement de l’épaule appartiennent en partie aux muscles postérieurs, et en partie aux antérieurs du tronc. Son rapprochement de lepine dépend exclusivement des premiers, comme son écartement est produit par les seconds. Quand nous élevons un fardeau qui nécessite un grand effort, il faut que , d’une part , l’épine , à laquelle se fixent la plupart des muscles qui meuvent alors l’épaule, c[ue, de l’autre part, les côtes, auxquelles s’attachent le grand dorsal et le grand dentelé, soient solide* ment fixées : or, c’est l’effet qui résulte de la contraction de la masse commune des muscles ver té*» braux. Voilà pourquoi, après l’élévation des fardeaux, nous ressentons un sentiment de lassitude très-vif en cet endroit, pourquoi rusage des ceintures aux lombes, quand on fait de grands efforts avec l’épaule, est très -avantageux, pourquoi on entend quelquefois en cet endroit une espèce de craquement, effet de la forte action musculaire sur les os, pourquoi meme souvent, quand on s’est forcé, on conserve pendant plus ou moins long- temps une douleur en cet endroit. On ne conçoit pas, au premier coup d’œil, quel rapport il y a entre l’élévation du moignon de l’épaule et Faction musculaire des lombes : ainsi cette même élévation et la production des hernies sont- elles difficiles à concevoir, quand on ne connaît pas bien les lois de la mécanic[ue animale , et surtout les secours mutuels que se prêtent les muscles, Fenchaînement réciproque de leurs mouvemens,la nécessité de ceux d’une région pour que ceux d’une autre s’exercent.
Les mouvemens de la tête nous p^èésentent, re-i
2i4 appareil de la LOCOMOTIOIN^.
lativement aux muscles postérieurs , une observation importante , savoir, la prédominance des muscles qui l’étendent sur ceux qui la fléchissent. J’ai déjà observé que l’excès peu marqué , mais réel , de la pesanteur de la partie antérieure de cette cavité sur la postérieure , compense les choses. D’ailleurs, presque tous les muscles postérieurs cervicaux sont autant rotateurs qu’extenseurs de la tête : or, comme aucune partie de l’épine ne présente une articulation plus favorable à la rotation que Faxoïdoatloïdienne , aucune ne devait avoir des muscles plus puissans pour agens de ce mouvement.
Les muscles postérieurs du tronc , comparés aux antérieurs, nous présentent aussi une prédominance remarquable, moins cependant par la place qu’ils occupent que par leur force, qui résulte des aponévroses multipliées parsemées dans les fibres charnues, aponévroses qui, multipliant les points d’insertion de celles-ci, multiplient nécessairement leur nombre. On sait que tous les muscles très-forts, comme le masseter , le deltoïde , ont beaucoup de fibres aponévrotiques intermédiaires : or, sous ce rapport, les muscles vertébraux, le transversaire épineux surtout, sont avant tous les autres. Cette prédominance de force des muscles postérieurs sur les antérieurs entraînerait visiblement le tronc en arrière , si l’équilibre n’était rétabli dans la station , par le poids des viscères pectoraux et gastriques , et dans toute attitude, par le rapprochement des muscles antérieurs du point d’appui, comparé à l’éloignement des postérieurs de ce même point.
Déi^eloppernent.
Les muscles postérieurs du tronc qui sont destinés à mouvoir l’épaule ne présentent rien de particulier dans leur développement; mais ceux qui meuvent la tête sont proportiormellement bien plus prononcés que par la suite. Les deux régions cervico-occipitale, superficielle et profonde, présentent ce phénomène d’une manière remarquable. Leurs muscles sont non-seulement plus prononcés, mais encore plus rouges que les vertébraux. Gela s’accorde avec le volume alors très-marqué de la portion cervicale de l’épine , volume que j’ai indiqué à l’article de son développement ; et sans doute c[ue cette double disposition des muscles et des os est relative au volume de la tête, si considérable proportionnellement chez le foetus , comme on le sait. H fallait des agens proportionnés à son poids pour la soutenir et assurer sa rectitude. Le ligament cervical est , par la même raison , très-prononcé chez le fœtus. Cette prédominance des muscles cervicaux devient surtout remarquable lorsqu’on les compare aux vertébraux , et spécialement à la masse commune , qui , n’ayant qu’une petite surface pour s’insérer au bassin , qui se trouve alors peu prononcé, est, ainsi que les muscles qui en partent , faible, peu saillante et pâle, par le défaut de sang, et se trouve visiblement incapable de soutenir aussi bien la station de la totalité du tronc que les muscles cervicaux supportent la station isolée de la tête. Ce peu de développement de la masse charnue lombaire est un caractère à ajouter à ceux qui prouvent que notre
2i6 appareil de la locomotion.
première attitude dans l’enfance n’est point la
A mesure que l’enfant avance en âge, les muscles vertébraux deviennent plus prononcés ; ils perdent cette pâleur qu’ils avaient chez le fœtus ; plus de sang y aborde. C’est vers l’époque de la station et de la progression qu’ils se prononcent surtout davantage. L’équilibre de développement s’établit entre eux et les cervicaux. Leur masse commune croît et prend un volume proportionné au nombre de ses fibres qui deviennent plus saillantes. Dans la suite des âges, chez le vieillard surtout, souvent ces muscles perdent de nouveau leur rougeur; leurs fibres restent, mais elles deviennent jaunes ou blanchâtres : le sang s’en retire. J’ai averti ailleurs de ne point confondre cet état avec l’état graisseux, dont il a au premier coup d’œil l’apparence , mais dont il diffère totalement. Il n’y a pas de muscles qui le présentent plus souvent que les vertébraux. Tientil aux efforts plus grands et plus répétés qu’ils font pendant la vie ?
Dans les déviations diverses de l’épine, les muscles suivent la disposition osseuse : ils s’allongent du côté de la convexité, se raccourcissent et se renflent du côté de la concavité. Les faisceaux divers du transversaire épineux m’ont présenté surtout cette disposition.
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