MUSCLES DU PIED
§ I‘‘L Piégion dorsale du pied.
Elle offre le ligament annulaire supérieur du pied, l’aponévrose dorsale et le muscle petit extenseur des orteils.
Ligament annulaire supérieur. Il consiste en un faisceau de fibres étendu sur le dos du pied , de la partie externe à l’interne, embrassant les extenseurs, le petit péronier et le jambier antérieur. Voici comment il se comporte le plus ordinairement, car il est sujet à des variétés. Il s’implante à l’enfoncement supérieur du calcanéum, où ses fibres sont très-sensibles et où beaucoup de graisse les entoure , se dirige de là en dedans, et se partage bientôt en deux lames , qui passent Fune dessus , l’autre dessous le tendon du grand extenseur des orteils et du petit péronier, et qui se réunissent ensuite pour former une gouttière à ces muscles. De là, ce ligament passe devant l’extenseur du gros or mil et le jambier antérieur, en offrant souvent à chacun une semblable gouttière, puis il va se fixer à la partie antérieure de la malléole tibiale; mais auparavant, un prolongement très-marqué s’en détache ordinairement , et vient s’attacher au scaphoïde et au bord interne de l’aponévrose plantaire, en embrassant ces deux derniers muscles. Il y a donc cette différence entre le ligament qui assujettit les extenseurs des doigts
344 APPAREIL DE LA LOCOMOTIOlNr.
et celui qui fixe ceux des orteils, que le premier passe seulement sur les gaines fibreuses des tendons, gaînesfixéesà Tos, et auxquelles il adhère seulement^ tandis que le second forme luhmême ces gaines en écartant ses fibres. Continu en haut à l’aponévrose tibiale, en basa la dorsale , celui-ci est recouvert par les tégumens, et recouvre le petit extenseur des orteils.
Aponévrose dorsale. Feuillet mince et peu sensible, qui naît du bord antérieur du ligament précédent, descend sur le petit extenseur, s’attache un peu aux bords latéraux du métatarse , et se perd insensiblement vers les orteils dans le tissu cellulaire. Ses fibres sont assez apparentes derrière le tendon du petit péronier, où elles paraissent transversales ; ailleurs on ne les distingue point manifestement. Leur force est proportionnée au petit muscle qu’elles ont à brider.
Muscle petit extenseur des oj'teils. Mince , aplati , cjuadrilatère en arrière , à quatre tendons en devant. Il est attaché à la face supérieure du calcanéum, au ligament cpii de là gagne l’astragale, et un peu à l’annulaire supérieur. De là , il se dirige obliquement en devant et en dedans, et se partage bientôt en quatre faisceaux secondaires, dont les deux internes sont les plus grands , et qui donnent naissance à autant de tendons. Cachés d’abord dans les fibres charnues, ceux-ci s’en isolent bientôt, croisent la direction de ceux du grand extenseur? traversent le métatarse, et se terminent ainsi : le premier vient en s’élargissant se fixer au-dessus de l’extrémité métatarsienne de la première phalange du gros orteil; les trois autres se joignent intime-
ment an bord externe des tendons correspondans du grand extenseur^ et viennent se fixer, comme il a été dit, aux trois orteils suivans.
Le petit extenseur des orteils, subjacent à Faponévrose dorsale et aux tendons des muscles de la région jambière antérieure , recouvre la rangée antérieure du tarse, le métatarse et les phalanges,
Moiwemens»
Ce muscle remplit lui seul les fonctions de tous les petits faisceaux isolés cpii forment la région antibrachiale postérieure et profonde ; il aide à faction du grand extenseur, dont il change un peu les directions , de manière à faire directement étendre la phalange, Tl n’a point d’action sur la jambe, vu son insertion postérieure,
§ II. Région plantaire mojemie.
Elle comprend l’aponévrose plantaire, qui appartient aussi un peu aux deux régions suivantes , mais qui étant bien plus marquée dans celle-ci , doit y trouver sa place descriptive , le petit fléchisseur des orteils, l’accessoire de leur grand fléchisseur et les lombricaux.
Aponévrose plantaij'e. Dense, épaisse, résistante, occupant le milieu et les côtés de la plante du pied. Elle s’attache en arrière aux éminences postérieures et inférieures du calcanéum , se porte en avant et se partage bientôt en trois portions que séparent deux i rainures assez profondes. Les portions latérales
revêtent, l’une Fadducteur du gros orteil, l’autre l’abducteur du petit ; toutes deux s’amincissent en devenant antérieures , et s’attachent sur les bords latéraux du pied, la seconde surtout , qui fixe prèsc[ue toutes ses fibres au dernier métacarpien ; puis elle s’unissent avec celles qui viennent de la portion mo^'enne. Celle-ci se porte en divergeant en avant, et se divise, vers l’extrémité du métatarse, en cinq languettes qui se subdivisent chacune en deux autres , lesquelles s’enfoncent de bas en haut , embrassent l’extrémité du métatarsien correspondant, et se fixent sur ses côtés. Ces languettes laissent à leur extrémité des passages pour les lombricaux, les vaisseaux et les nerfs, et auparavant d’autres ouvertures pour les tendons fléchisseurs.
Cette aponévrose, très-épaisse et formée de fibres rapprochées en arrière, est plus mince et à fibres plus écartées en devant. De sa surface inférieure se détachent beaucoup de filamens auxquels beaucoup de graisse est intermédiaire , et qui, se fixant au corion de la pêau, l’unissent intimement à celle-ci. Nous avons observé à la main une disposition analogue. L’aponévrose plantaire recouvre surtout les trois muscles superficiels du pied , et leur sert d’attache , soit par sa face supérieure , soit par deux cloisons très-épaisses qu’elle envoie entr’elles , qui en devant servent seulement à les séparer, qui correspondent aux deux rainures dont j’ai parlé , et que réunit au-dessous de l’origine du court fléchisseur une lame assez mince. Cette aponévrose n’a point de muscle tenseur.
Muscle petit fléchisseur des orteils. Court, allongé,
assez épais, à quadruple tendon en avant. Il naît, en arrière , du calcanéum ; sur les côtés , de deux cloisons qui le séparent de l’adducteur du gros orteil et de l’abducteur du petit ; en bas , de l’aponévrose plantaire. De là , il se porte , en grossissant d’abord et diminuant ensuite , vers l’extrémité du métatarse. Avant d’y arriver , il se divise en quatre portions qui se recouvrent successivement et se terminent par autant de tendons cachés d’abord dans les fibres charnues qu’ils reçoivent suivant leur ordre d’origine, puis appareils et isolés. Ces tendons passent entre les languettes de l’aponévrose plantaire, s’engagent dans le canal moitié fibreux, moitié osseux des phalanges, offrent d’abord des gouttières à concavité postérieure c|ui reçoivent les tendons du grand fléchisseur, se bifurquent pour laisser passer ces tendons, se réunissent, se bifurquent de nouveau, et viennent s’attacher, chacun par deux languettes, sur les parties latérales de la deuxième phalange.
Ce muscle , borné latéralement par l’adducteur du gros orteil et par Fabducteiir du petit, a sous lui l’aponévrose plantaire , au-dessus de lui l’accessoire du grand fléchisseur, les tendons de celui-ci, les lombricaux , les vaisseaux et nerfs plantaires.
Muscle accessoire du grand fléchisseur. Mince ,
. aplati , quadrilatère , placé au-dessus du précédent < et au-dessous des ligamens du tarse. Il est attaché ; aux faces inférieure et interne du calcanéum par de i] petites aponévroses un peu prolongées sur sa partie t externe. Composé de fibres toutes parallèles , il se • dirige horizontalement en devant, et vient se fixer î au-dessus et en dehors du tendon du grand fléchis-
seiir, vers sa séparation en quatre portions, soit immédiatement, soit par un prolongement tendineux très-sensible qui vient s’y rendre après avoir reçu les fibres charnues , le long du bord interne de ce faisceau.
Muscles lornbricaux. Petits faisceaux arrondis, grêles, analogues à ceux de la main , implantés le premier, qui est le plus gros , en dedans du tendon du grand fléchisseur qui va au second orteil , les trois autres à l’écartement des quatre tendons de ce même muscle. De là , ils descendent, les deux latéraux obliquement, les deux moyens perpendiculairement, et donnent naissance chacun à un tendon apparent d’abord sur une de leurs faces et isolé ensuite. Ce tendon traverse une espèce d’ouverture formée par les languettes de l’aponévrose plantaire et par le ligament transverse antérieur du métatarse, se place en dedans de rarticulation métatarsophalangienne , va s’attacher d’abord au côté interne de la base de la première phalange, et ensuite , par un prolongement, au tendon extenseur correspondant. Cette insertion éprouve des variations, quoique moins souvent qu’à la main. Les lornbricaux, subjacens aux abducteurs oblique et transverse du gros orteil et aux interosseux , sont appliqués sur l’aponévrose plantaire.
Moavcmens,
Ils ont tous rapport aux phalanges et au pied. Le petit fléchisseur et l’accessoire du grand les fléchissent ; ce dernier rend plus directe l’action du grand
fléchisseur. Les lombricaux fléchissent aussi les phalanges; mais c’est surtout quand elles le sont déjà un peu , parce cpi’alors leur action devient perpendiculaire à ces petits os , qui peuvent être aussi un peu portés par eux dans l’adduction.
Le petit fléchisseur courbe la totalité du pied et concourt puissamment à l’excavation que celui-ci présente aux surfaces inégales sur lesquelles s’opère la progression. Les chaussures rendent l’usage de la plupart de ces muscles moins marqué dans la société.
§ III. Fié gion plantaire interne.
On y trouve d’abord le ligament annulaire interne, puis l’adducteur du pouce, son petit fléchisseur oblique et le transverse.
Ligament annulaire interne. C’est un plan flbreux, épais et large, fixé au bas et au-devant de la malléole tibiale, descendant de là à la partie postérieure et interne du calcanéum , et formant un véritable canal de l’excavation qu’on trouve sous le calcanéum. Dans ce canal général se trouvent des gaines fibreuses partielles pour le jambier postérieur, le grand fléchisseur des orteils et celui du pouce. De plus, elle est traversée par les vaisseaux et nerfs tibiaux postérieurs cpii vont former les plantaires, et remplie par une grande quantité de tissu cellulaire graisseux. Ce ligament se continue en haut avec l’aponévrose tibiale; en bas , il donne attache àTadducteur du gros orteil ; il est sous-cutané en dedans.
Muscle adducteur du gros orteiL Epais, aplati, allongé, plus gros en arrière qu’en devant, occii-
APPARËIL DE LA LOCOMOTIOl^.
pantlebord interne du pied. Il se fixe au ligament décrit ci-dessus, à la partie postérieure et interne du calcanéum, à l’aponévrose plantaire et à la cloison qui le sépare du petit fléchisseur. Nées de cette quadruple insertion, les fibres charnues se dirigent toutes très-ohliquement et se terminent successivement, suivant l’ordre de leur origine, à un tendon qui occupe d’ahord long-temps le milieu du muscle, paraît ensuite sur sa partie inférieure, s’unit à la portion interne du petit fléchisseur, et vient, accompagné par elle et par les fihres charnues du muscle , s’attacher à la partie postérieure et interne de la première phalange, tapissé auparavant par la synoviale articulaire.
L’aponévrose plantaire en has , en haut le tendon
du grand fléchisseur et son accessoire, celui du
grand fléchisseur du pouce, les vaisseaux et nerfs plantaires, l’attache des jamhiers antérieur et postérieur, forment les rapports de ce muscle.
Muscle petit fléchisseur du gros orteil. Court, épais, simple en arriéré, bifurqué en devant, situé en dedans du précédent. Il s’implante, par un tendon très^marqué et épanoui au - dessus des fibres charnues, au bas du calcanéum et des deux derniers cunéiformes, et aux ligamens de ces os. La cloison du petit fléchisseur des orteils et de l’adducteur du gros lui fournit aussi des attaches. De là, les fibres charnues, courtes et obliques, s’avancent en devant en formant un faisceau qui est creusé d’une cannelure inférieure pour recevoir le tendon du grand fléchisseur, et qui grossit peu à peu, parce que ces libres naissent successivement de leur double insertion.
Parvenu vers le gros orteil , ce faisceau se divise en deux portions d’abord jointes par du tissu cellulaire^ ensuite distinctes. L’interne, plus grande, va, unie intimement à l’adducteur, se fixer avec lui , par de courtes aponévroses, au sésamoïde interne de l’articulation et en dedans de l’extrémité correspondante de la première phalange; l’externe plus mince, unie et confondue avec fabducteur oblique, s’attache avec lui au sésamoïde externe et en dehors de l’extrémité de la même phalange.
Ce muscle, recouvert par le tendon du grand péronier et par le premier os métatarsien, est appliqué sur l’aponévrose plantaire , sur le tendon du grand fléchisseur qui est assujetti dans sa gouttière, et un peu sur l’abducteur oblique, avec lequel il est confondu.
Muscle abducteur oblicj[ue du gros orteil. Court, épais, presque triangulaire, situé en dehors du précédent. Il s’attache , par des fibres aponévrotiques assez prolongées , au bas du cuboïde , à la gaine fibreuse du grand péronier, et un peu aux ligamens de l’extrémité des deux derniers métatarsiens. Dirigé de là en avant et en dedans, son faisceau charnu grossit d’abord, s’amincit ensuite, s’unit au petit fléchisseur par une aponévrose intermédiaire, un peu à l’abducteur transverse , et va se fixer au sésamoïde externe de l’articulation et en dehors de l’extrémité de la première phalange , par un tendon d’abord épanoui en aponévrose au dessous des fibres charnues qu’il reçoit successivement, et qui raccompagnent jusqu’à son extrémité.
Contigu en dehors aux interosseux, en bas aux
APPAREIL DE LA LOCGMOTiOjy*
tendons du grand fléchisseur des orteils , à son accessoire 5 aux loinbricaux et un peu à Faponévrose plantaire ^ ce muscle est continu en dedans au petit fléchisseur, dont on ne peut presque pas le séparer.
Muscle abducteur transcerse du gros orteil. Mince, allongé , aplati , situé transversalement et profondé, ment sous les extrémités antérieures des quatre derniers os métatarsiens. Des languettes plus ou moins distinctes et légèrement aponévrotiques l’attachent aux ligainens de ces extrémités métatarsiennes , et forment par leur réunion un petit faisceau à fibres parallèles plus longues en arrière qu’en avant, où se trouvent ces languettes. Ce faisceau se dirige en dedans, vient s’unir à l’abducteur oblique, et se flxe avec lui en dedans de l’extrémité de la première phalange par de courtes fibres aponévrotiques. Ce muscle est entre les interosseux qui sont en haut, les tendons des deux fléchisseurs des orteils, les loinbricaux et les faisceaux digitaux qui sont en bas.
M OLivemens,
Les muscles de cette région diffèrent de ceux de l’éminence tbénar auxquels ils correspondent , en ce qu’ici on trouve bien des abducteurs , des adducteurs et des fléchisseurs , mais non un opposant. Ce muscle serait devenu inutile par le mode articulaire du premier os métatarsien , qui , essentiellement différent , comme je l’ai montré, de celui du premier métacarpien , ne se prêterait point à un mouvement d’opposition. L’adduction du pouce , qu’exécute raddiicteur , a pour but d’élargir
lin peu la base de sustentation. L’abduction , dont les deux abducteurs sont les agens, tend à la rétrécir
un peu et à serrer le gros orteil contre les autres. La flexion , qu’opère le petit fléchisseur concurremment avec le grand ^ peut , en courbant le pied , assurer la solidité de la station , but auquel tend aussi un petit mouvement de concavité transversale que peut imprimer au métatarse l’abducteur transverse du gros orteil. Ce mouvement peut se combiner avec la concavité d’avant en arrière que déterminent le petit fléchisseur des orteils, l’adducteur du grand , l’abducteur du petit, etc. Mais rien dans ces divers mouvemens n’a rapport à la préhension des corps. Quand certains hommes les font servir à ce but , comme ceux qui écrivent avec le pied , ces mouvemens restent toujours incertains, inexacts, très-bornés , et ne sauraient jamais , vu le défaut d’opposition du gros orteil et de longueur des autres , remplacer le mouvement de la main.
§ IV. Région plantaire externe.
itl lu I
On y voit l’abducteur du petit orteil et son court fléchisseur.
Muscle abducteur du petit orteil. Allongé , un peu aplati , beaucoup plus épais en arrière c[u’en avant, situé à la face externe de la plante du pied. Ses insertions se font, par de courtes fibres aponévrotiques, au bas de toute l’extrémité postérieure du calcanéum, surtout du côté externe , où l’on voit cette insertion , laquelle est cachée du côté interne par le petit fléchisseur des orteils j 2° à une cloison II. 20
aponévrotique qui le sépare de ce dernier ; 3® à l’aponévrose plantaire , qui le recouvre d’abord ^ et qui^ s’attachant ensuite à l’extrémité du cinquième métatarsien par un faisceau de fibres très-distinctes^ semble être là un tendon de terminaison de ce muscle. Mais en disséquant exactement les fibres charnues , il est aisé de voir que ce faisceau leur donne origine comme l’aponévrose elle-même , mais ne les termine point. Quoi qu’il en soit, le corps charnu que celles-ci représentent, d’abord très -épais en arrière , s’amincit successivement en se portant en devant ; ce qui provient de ce que les fibres charnues 5 courtes et obliques , se terminent successivement sur un long tendon qui naît près de l’insertion au calcanéum , règne sur toute la partie supérieure et interne du muscle , s’isole seulement vers l’extrémité du dernier os métatarsien , et vient se fixer en dehors de l’extrémité correspondante de la première phalange du petit doigt.
Les rapports inférieurs de ce muscle sont , en bas, avec l’aponévrose plantaire qui lui sert d’insertion, et avec la peau. En haut, il répond d’abord au calcanéum , au ligament calcanéo-cuboïdien inférieur, et à la gaine du grand péronier ; ensuite il passe dans une coulisse piacée entre l’extrémité saillante du dernier os métatarsien et le court fléchisseur, coulisse où il est fixé par le faisceau aponévrotique dont j’ai parlé , et qu’on a inexactement pris^ pour un tendon de terminaison ; enfin il recouvre le court fléchisseur.
Muscle court fléchisseur du petit orteil. Court, allongé , plus épais à son milieu qu’à ses exlrémités ,
situé en dedans du précédent. Il s attache , par des fibres aponévrotiques sensiblement prolongées sur sa face interne , au bas de l’extrémité tarsienne du dernier os métatarsien et un peu à la gaine du grand péronier. De là, il se porte en devant, en épaississant d’abord et diminuant ensuite , puis vient se fixer en dehors de l’extrémité métatarsienne de la première phalange du petit orteil , avant le précédent, et par des fibres aponévrotiques prolongées sur sa face inférieure et ensuite dans son épaisseur. Recouvert par rabducteur et par l’aponévrose plantaire , il répond en haut au dernier os métatarsien et à l’interosseux du petit doigt.
M ouvemens»
Le petit orteil est, comme le gros, privé de muscle opposant. L’abduction et la flexion sont les seuls mouvemens que lui impriment les muscles de cette région, qui peuvent aussi, comme ceux de la précédente, élargir un peu ou recourber d’avant en arrière la base de sustentation. Ce dernier usage est rempli, pour le pied en totalité, par l’abj ducteur du petit orteil.
j § V. Piégion interosseuse,
On y trouve, comme à la main, sept petits musi clés placés entre les os du métatarse. Six appartien- ' ! nentaux trois orteils du milieu , et un au petit. Le igros orteil en est privé; ses abducteurs et son adduci tcur les remplacent. Nous diviserons ces petits mussi(»cles comme ceux de la main.
Muscles interosseux du second orteil . L’adducteur est un des plus considérables de tous ces petits muscles. Il est dorsal , allongé , presque triangulaire , fixé en dehors à l’extrémité postérieure et externe du premier métatarsien, en dedans au côté interne du second. De cette double insertion, que sépare en haut une ouverture pour l’artère pédieuse, naissent les fibres charnues , lesquelles descendent obliquement les unes aux autres sur les côtés d’un tendon caché d’abord dans leur épaisseur, accompagné par elles jusqu’à l’extrémité du métatarse, et qui se fixe en partie en dedans de l’extrémité métatarsienne de la première phalange, et se continue en partie avec le tendon extenseur correspondant.
L’abducteur, qui est aussi dorsal, et de même forme que le précédent, se fixe à tout le côté externe du second métatarsien, et au-dessus du côté interne du troisième; double insertion d’où il se dirige en devant, et se fixe, par un tendon placé d’abord dans son épaisseur et recevant obliquement les fibres charnues , en dehors de l’extrémité de la première phalange et au tendon extenseur correspondant.
Muscles inter osseux du troisième orteil. L’adducteur est plantaire, et se voit plutôt au-dessous du pied que dans l’espace interosseux auquel il correspond. Il se fixe, par des fibres aponévrotiques assez prolongées à tout le côté externe et même inférieur du troisième métatarsien , au-dessous de l’insertion du précédent, et aux ligamens inférieurs de cet os avec le tarse. De là, ses fibres charnues formant un faisceau aplati et triangulaire viennent obliquement
se rendre sur toute ia face externe et un peu sur rinterne d’un tendon qui les attache en dehors de l’ex' trémité de la première phalange et au tendon extenseur correspondant.
L’abducteur est dorsal et un peu plus considérable que le précédent. Il s’attache à tout le côté externe du troisième métatarsien, et à la partie supérieure du côté interne du quatrième; double insertion d’où ses fibres viennent obliquement se rendre sur les côtés d’un tendon caché par elles jusqu’à l’extrémité du métatarse, où il s’isole et se fixe en dehors de la base de la première phalange et au tendon extenseur correspondant.
Muscles interosseux du quatrième orteil. L’adducteur est plantaire; il est aplati, plutôt situé sous le pied que dans son espace interosseux. Il se fixe au bas du côté interne du quatrième métatarsien, sous le précédent, et aux ligamens de cet os avec le tarse. De là, ses hbres se rendent toutes sur la face externe d’un tendon libre par sa face interne, d’abord épanoui, puis arrondi et fixé en dehors de l’extrémité de la première phalange, et au tendon extenseur correspondant.
L’abducteur est dorsal et plus considérable. Il se fixe à la partie supérieure du côté interne du dernier métatarsien et à tout le côté externe du quatrième ; double insertion d’où ses fibres charnues se portent obliquement sur chaque côté d’un tendon quelles cachent, et qui, accompagné par elles jus- I qu’à l’articulation , va se fixer en dehors de l’extré- ! mité de la première phalange et au tendon extenî seur correspondant.
358 li^PAÉEIL DE LA tbCOMOTIOTT.
Muscle interosseux du petit orteil. Il n’y en a qu’un, qtii est adducteur. Fixé d’abord un peu à la gaine ligamenteuse du grand péronier, puis au-dessous et en dedans du cinquième métatarsien, il formé ün faisceau aplati qui se dirige en devant et se termine à un tendon, d’abord un peu caché , puis apparent en dedans, accompagné par ses fibres charnues jusqu’à l’articulation, au-delà de laquelle il se fixe en dedans de l’extrémité de la première phalange et au tendon extenseur correspondant.
Les muscles interosseux ont les rapports suisàns : i®. Sur le dos dii pied, ceux qui y correspondent sont recouverts par les tendons des deux extenseurs et par une aponévrose très-mince, souvent à peiné sensible, qui, d’un os métatarsien, se porte à l’os süivant en occupant tout l’espace. 2®. A la plante du pied , cqs muscles correspondent aux muscles du gros orteil et du petit, aux tendons fléchisseurs, aux lombricaux , aux vaisseaux plantaires profonds. 5^^. En dedans et en dehors, ils se correspondent réciproquement ou aux os métatarsiens. Les plantaires se voient ûniqueilient sous le pied ; les dorsaux y sont aussi plus sensibles qu’au dos.
Ceux-ci ont une structure commune. Chacun a deux faiséeaux venant des deux métatarsiens correspondans , et se terminant sur les côtés d’un tendon mitoyen. Les plantaires n’offrent , au contraire , qu’un faisceau unique, terminé principalement sur un des côtés du tendon d’insertion.
DES MUSCLES ET DE LEURS DEPEND AT^CES. 35g
Mouveincns.
Ils sont analogues à ceux imprimés aux phalanges des doigts par leurs interosseux. Ils font d’abord l’adduction et l’abduction de chacun des orteils auxquels ils correspondent. Ensuite ils peuvent être fléchisseurs de la première phalange par la portion qui s’y fixe, surtout si les fléchisseurs spéciaux ont commencé ce mouvement; car alors ils tombent obliquement ou même perpendiculairement sur leur point mobile, auquel ils sont parallèles dans l’extension ordinaire. Le prolongement cj[u’ils envoient de chaque côté aux tendons extenseurs peut concourir à l’extension de la dernière phalange; mais ici il faut aussi que les extenseurs spéciaux aient préliminairement un peu agi : alors la dernière phalange étant déjà un peu renversée sur la précédente, ils augmentent ce mouvement. Quand, au contraire, la dernière phalange est fléchie, ils me paraissent devoir la fléchir davantage par le prolongement qui va aux extenseurs : en sorte que l’effet de la contraction de ces petits muscles est î réellement variable, suivant l’état où se trouve la dernière phalange. Ils servent de plus, comme à la main, à fixer les tendons extenseurs, et remplacent ainsi les gaines fibreuses qui leur manquent.
Développement des Muscles des Membres inférieurs.
Ce développement offre, comme celui des supérieurs, très-peu de particularités. Moins prononcés
36o APPAREIL DE LA LOCOMOTION.
que ceux-ci clans les premiers temps, à cause de l’artère ombilicale, les membres inférieurs se mettent bientôt à leur niveau, et la disproportion est toujours beaucoup moindre que plusieurs auteurs ne Font cru. Quant au développement partiel des différentes parties du système mnscuiaire de ces membres , il est en rapport exact avec ce qu’il sera par la suite, excepté cependant supérieurement où les muscles qui viennent du bassin, les moyen et petit fessiers, le pyramidal, les obturateurs, les jumeaux, le carré principalement, sont, à cause du peu de développement de cette cavité , bien moins prononcés eux-mêmes que parla suite, proportionnellement aux autres. Je présume que , comme ces muscles sont rotateurs du pied en dehors, c’est à leur peu de développement qu’il faut rapporter d’abord la difficulté qu’on a dans les premiers temps de la progression des enfans, à les faire marcher la pointe du pied très en dehors , comme on le fait sans peine dans un âge plus avancé, puis leur vacillation et leur chute même dans la station, où les pieds affectent la même direction.
Dans l’âge adulte, les muscles des membres inférieurs n’offrent rien de particulier; ils prennent seulement en quelques circonstances un degré de force et d’organisation supérieur à celui qui leur est naturel , par la profession de l’individu qui les exerce plus spécialement.
Chez le vieillard , où le poids du tronc le fait courber en devant, où le genou devient saillant pour que la cuisse , obliquement inclinée , puisse lui offrir une base antérieure de sustentation, où le bassin
est fléchi sur le fémur, celui-ci sur le tibia, et ce dernier sur le pied , ce sont principalement les grand fessier, demi-tendineux, demi-aponévrotique et biceps en haut, crural au milieu, jumeaux et soléaire en bas, qui assurent la solidité de la station. Ils ont un effort très-grand à faire, vu Fétat habituel de demi-flexion des articulations dont il faut qu’ils préviennent la flexion entière.
Dans Fâge viril, où ces articulations sont droites et presque perpendiculaires les unes aux autres, le poids du corps est plus directement supporté par la suite des leviers que lui présentent les membres inférieurs, quoique cependant, comme je vais le faire observer. Faction musculaire soit toujours alors pour cause principale dans la station.
Remarques sur les Wlowemens généraux des
Membres inférieurs.
L’action des muscles des membres inférieurs a rapport non-seulement aux mouvernens, mais encore aux attitudes immobiles de ces membres et du tronc. J’ai considéré, dans FOstéologie (tom. i, pag. 439 et suiv.), ces mouvernens et ces attitudes relativement aux leviers qui leur sont nécessaires. Ici je vais les examiner par rapport aux puissances.
D es Puissances musculaires dans la Station,
Pour bien considérer ces puissances, dont j’ai déjà partiellement indiqué la plupart dans chaque région, il faut examiner comment le corps tombe , quand,
362 APPAREIL DE LA LOCOMOTIOl^.
les forces muscalaires cessant tout à coup d’agir ^ il est abandonné à sa seule gravité. Quand un homme est debout J et qu’il est saisi d’une syncope subite, voiRs voyez aussitôt et en même temps sa tête et son cou se pencher en devant, le tronc s’incliner aussi antérieurement , le bassin se fléchir en devant sur la cuisse, celle-ci en arrière sur la jambe, cette derrière en devant sur le pied. La conséquence immédiate à déduire de l’observation de ce phénomène , c’est que les muscles surtout en action clans la station sur les deux pieds sont ceux opposés à ces mouvemens divers que détermine le poids du corps quand ils cessent d’agir. Depuis le bassin jusqu’à l’occipital, ce sont surtout les muscles postérieurs qui agissent. Au tronc, les trois muscles vertébraux se contractent principalement: en effet, les muscles dorsaux sous lesquels ils se trouvent , comme le grand dorsal , le trapèze , cpii seulement maintient un peu la station de la tête , les rhomboïdes , les deux petits dentelés , relatifs surtout à l’épaule , aux bras ou aux côtes , sont réellement étrangers à la station. Au cou, outre une portion du trapèze, il y a les splénius , complexus , transversaires , grand et petit droits et obliques , les scalènes même , les droits latéraux et inter- transversaires , qui, quoique un peu sur les côtés , n’assujettissent pas moins la rectitude du cou.
Depuis le bassin jusqu’au bas du corps, les principaux muscles qui agissent dans la station sont , comme je l’ai observé plus haut, disposés en ordre inverse et opposé à celui dans lequel les articula^ tiens tendent à se fléchir par le poids du corps. En
DES MUSCLES ET DE LEURS Dl^PENDAlNCES. 363
arrière J les muscles fessiers^ demi-tendliieiix, demiaponévrotique et biceps pour le bassin ; en devant, le crural pour la cuisse ; en arrière encore , le Soléaire et les muscles plus profonds qui vont au pied pour la jambe , concourent spécialement à maintenir le membre dans sa rectitude. Les muscles opposés à ceux-là agissent bien aussi, mais beaucoup moins : ainsi les iliaque, psoas, droit antérieur et pectiné, fixent un peu le bassin en devant; les jumeaux et le jambier grêle tendent à porter un peu la cuisse en arrière. sur la jambe, et les muscles antérieurs de celle-ci à la fléchir sur le pied; mais cette action est faible , parce que le poids du corps tend à produire le même effet qu’eux. L’articulation du bassin avec le fémur est celle où cette influence tend le moins à déterminer un mouvement dans un sens spécial ; car il peut presque le porter en arrière comme en devant : aussi ces muscles antérieurs sont -ils prononcés et très -favorablement placés. Au contraire , le mode articulaire de la jambe avec la cuisse s’oppose nécessairement à ce que , dans la station , cette dernière soit fléchie en avant; aussi les jumeaux, qui la retiennent en arrière, sontils moins puissa'ns quand ils agissent de bas en haut c|ue ne l’est le crural, qui leur est alors opposé.
Je remarque que l’action musculaire est bien plus puissante dans la station que plusieurs auteurs ne l’ont cru. Ils ont eu trop égard à la manière dont les os , superposés les uns aux autres , se transmettent perpendiculairement le centre de gravité ; ils ont trop considéré cet état d’une manière passive. Sans doute ce support successif du centre de gravité est
réel, comme je l’ai indiqué dans l’Ostéologie (tom. i, pag. 44o ) 7 mais il est peu pour cette attitude en comparaison des forces musculaires. Pour s’en convaincre, il ii’y a qu’à examiner la plupart des animaux quadrupèdes , qui , dans la station , ont leurs articulations demi-fléchies ; il n’y a aussi qu’à considérer le vieillard , dont les membres inférieurs présentent la même disposition , etc. Certainement le support successif du centre de gravité par des colonnes osseuses passivement résistantes est absolument nul dans ces deux cas où les muscles sont tout.
Dans la station sut' un seul piecl^ l’action musculaire change entièrement. Tous les muscles externes du membre fixé se contractent d’abord fortement pour le retenir et l’empêcher de se diriger en dedans, sens dans lequel le tronc, qui n’est pas supporté par l’autre membre , tend à entraîner celuici. Ainsi les péroniers et la portion externe du crural , qui est si puissante , agissent d’une manière spéciale. Le tenseur aponévrotique crural, les moyen et petit fessiers inclinent ensuite le bassin latéralement sur le membre fixé. Le bassin entraîne dans le même sens le tronc , lequel est aussi un peu incliné par le carré abdominal et par les fibres latérales des muscles de l’abdomen. Le corps est alors véritablement entre sa gravité, qui agit du côté non fixé , et Faction musculaire, qui lui résiste tout le long de la partie externe du côté soutenu.
On conçoit facilement Faction musculaire dans la station à genoux et dans la station assise. En effet , il n’y a qu’à retrancher le mécanisme de la jambe dans le premier cas, celui de tout le membre infé-
rieur dans le second : ce qui au-dessus restera de l’action musculaire offrira le meme mécanisme que dans la station ordinaire.
Dans la station sur la pointe du pied^ où le corps devient évidemment plus long, et où le pied se brise dans les articulations métatarso-phalangiennes, ce sont spécialement les muscles jambier antérieur, extenseur du gros orteil, grand extenseur des orteils , et même un peu le petit extenseur, qui opèrent ce mouvement , et qui fixent en devant la jambe et la partie postérieure du pied sur sa partie antérieure. Ils remplissent alors en devant les fonctions que les soléaire et jumeaux exécutent en arrière dans la station ordinaire : or, comme ils sont beaucoup moins forts qu’eux , et que d’une autre part la base de sustentation est très - étroite , ce mouvement ne peut se soutenir long-temps.
Des Puissances nuiscidalres dans la Progressai,
la Course, etc.
Dans progression , le tronc est maintenu dans sa rectitude par un mécanisme analogue à celui de la station. Ce sont principalement les muscles postérieurs qui entrent alors en action : le mécanisme propre à ce mouvement se passe en totalité dans les membres inférieurs. J’ai décomposé , pour ainsi dire, la progression , et j’ai offert, sous le rapport des leviers , le mécanisme de son vrai élément qui est le pas, afin de montrer mieux son mécanisme général, en passant ainsi du simple au composé (tom. pag. 465), Je vais suivre ici la même marche.
IjQpas est de deux sortes, sans rotation ou avec rotation du pied. Dans le premier, les deux pieds étant sur le meme plan , le psoas et l’iliaque se contractent, ainsi que le pectiné et même le tenseur aponévrotique crural , qui portent la cuisse l’un en dedans, l’autre en dehors, mais qui, agissant conjointement, la dirigent directement dans la flexion. Cette flexion, en la portant en devant, y, dirige le membre en totalité. En même temps, les demiaponévrotique , biceps et demi-tendineux fléchissent la jambe en arrière. Les muscles du pied ne se contractent presque pas, et celui-ci reste dans le même état. Le membre étant ainsi devenu antérieur, les muscles se relâchent; il tombe sur le sol, et se trouve au devant de l’autre. Le pas avec rotation du pied succède ordinairement à celui-ci. Le membre resté en arrière se détache d’abord du sol , du talon vers la pointe , de manière que le pied se brise dans les articulations métatarso-phalangiennes, comme dans la station sur la pointe des pieds , et que le tarse et le métatarse s’élèvent, les phalanges restant fixées sur le sol. Ce sont surtout les jambier antérieur, grand extenseur des orteils, et extenseur propre du gros orteil, qui sont les agens de ce mouvement, auquel concourent aussi les muscles du tendon d’Aéhille, en relevant le talon. Le membre étant ainsi agrandi d’une partie du pied , les fléchisseurs de ]a cuisse et de la jambe se contractent, détachent du sol le membre, qui est porté par les premiers sur un plan antérieur à celui du pied fixé. Quand il y est arrivé, tous les muscles se relâchent; il se place sur le sol, et le pas est achevé.
DES MUSCLES ET DE LEURS DÉPENDANCES. SÔy
La progression s’exécute ainsi par une suite de pas qui s’enchaînent successivement, et dont le mécanisme a été précédemment plus amplement expliqué (tom. ibid.). Je ne m’étendrai pas davantage sur ce point : je ferai seulement une remarque qui me paraît importante, c’est que les muscles spécialement en action dans la progression ne sont pas les ihémes que ceux en exercice dans la station , c[uoique cependant on ne puisse disconvenir que ces derniers n’agissent aussi. En effet, le grand fessier, le crural, le soléaire même et les jumeaux agissent moins que les psoas , iliaque , pectiné , etc., que les jambier antérieur , extenseur des orteils, etc. Il n’y a guère que les demi-aponévrotique , demitendineux et biceps qui servent autant à l’une qu’à l’autre. La conséquence de ce fait est que, cjuoique la station soit un état d’effort, cependant elle peut jusqu’à un certain point nous reposer de la progression , et que réciproquement celle-ci peut nous délasser de la première. 11 est rare que nous soutenions long-temps l’une ou l’autre d’une manière continue et sans les alterner.
La course met en jeu les mêmes muscles que la progression , mais d’une manière plus rapide. Ce sont, en devant, les psoas , iliaque, pectiné, moyen et petit adducteurs et tenseur aponévrotique crural pour fléchir la cuisse, demi-tendineux, demi-aponévrotique et biceps pour fléchir la jambe , jambier antérieur , grand et petit extenseurs des orteils , extenseur propre du gros orteil, et un peu les soléaii e et jumeaux pour briser le pied dans les articulations métatarso-phalangiennes. Ce dernier
368 APPAREIL DE LA LOCOMOTIO]>r.
mouvement est essentiel, comme je Tai dit; car c’est toujours sur la pointe du pied, et non sur la totalité, que nous courons. Si l’on compare ces muscles à ceux principalement en jeu dans la progression, on verra que presque tous occupent une position opposée : ce que l’état des articulations indique du reste , puisqu’il se rapporte surtout à l’extension dans la station, et à^a flexion dans la course et le saut.
Beaucoup d’autres mouvemens mettent en jeu les muscles des membres inférieurs : la danse et autres exercices analoe^ues offrent ces mouvemens. Dans la danse, il y a deux espèces bien distinctes , l’une que ne complique aucun saut, et l’autre où le saut entre toujours pour partie essentielle.
Dans la plupart des pas simples qui composent les danses de société , il n’y a presque que des mouvemens de diduction, de croisement, de flexion , d’extension eu devant ou en arrière des membres inférieurs , mouvemens qui s’enchaînent avec plus ou moins de rapidité , et dont il est facile , en les voyant, de concevoir les agens. Dans les pas plus composés, au théâtre surtout, et dans les danses légères, presque toujours le saut se complique avec ces mouvemens de croisement, de flexion des jambes, etc. Ici il faut bien distinguer, le mouvementd’élévation du tronc à l’instant qu’il abandonne le sol, mouvement qui appartient au saut; 2® les mouvemens exécutés par les jambes tandis que le tronc est en l’air, comme les entrechats, la grande diduction des cuisses, etc. Ces deux sortes de mouvemens sont absolument indépendans; c’est comme
DES MUSCLES ET DB LEURS DEPENDANCES. SGq
un projectile que nous lançons en l’air, et qui , outre le mouvement général de projection, est animé d’un autre particulier, comme de rotation sur son axe : ces deux mouvemens n’oiiirien de commun , quoique exécutés en meme temps.
Dans la rotation du tronc qui constitue la rouette , il y a deux choses, contraction des muscles rotateurs du bassin, 2° impulsion générale communiquée au tronc. Quand la pirouette est lente, l’action musculaire la règle sans peine; mais si elle est très-rapide , l’impulsion communic[iiée au tronc par cette même action l’anime d’un mouvement tel que nous ne sommes pas maîtres souvent de l’arrêter à volonté. C’est comme cjuand on court dans une descente : l’impulsion communiquée au troue nous maîtrise en bas , et nous force, pour ne pas tomber, à courir encore quelque temps. L’aplomb delà pirouette consiste dans la première impulsion qui a été donnée au corps; l’habitude nous apprend à régler la force ou la faiblesse de cette impulsion suivant la mesure. Une fois an’eile est donnée, la
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volonté ne pourrait arrêter le mouvement dans son milieu.
Je ne parle pas de mille autres mouvemens des membres inférieurs, dont on concevra facilement les agens d’après ce que je viens de dire sur les précédeus.
ir.
370 APPARML DE LA LOGOMOTIOW.
Puissances musculaires dans le Saut et autres mouveniens
anedogues.
Dans ie saut, soit vertical ^ soit horizontal , les muscles en action sont exactement les mêmes dans les membres inférieurs que ceux de la station, avec la différence que leur contraction est subite , au lieu qu’elle est continue dans la station. Ainsi, toutes les articulations ayant été préliminairement fléchies, le soléaire, les jumeaux, le jambier grêle, etc., redressent la jambe, le crural la cuisse, les grand fessier , demhaponévrolic|ue , demi-tendineux et biceps, le bassin. De là naît une impulsion subite qui se communicjue au tronc , et c|ui Félève à une distance plus ou moins considérable.
L’action de donner un coup de pied offre un mécanisme absolument analogue; je veux dire une flexion préliminaire, et ensuite une extension subite du membre. Aïais l’effet c|ui résulte de ce mécanisme est tout différent : ce n’est pas le tronc qui reçoit l’impulsion, mais le corps aucjuel le coup de pied est applicjué. Si ce corps résiste beaucoup , Fimpulsioiî peut être répercutée sur le tronc, qui est alors repoussé en arrière.
Du AAgrr,
Les mouvemens du nager n’appartienrieiit pas seulement aux membres inférieurs, mais encore à la totalité du tronc ; cependant, comme ces membres y ont une part essentielle, nous considérerons ici ces mouvemens.
des müscles et de leurs diîpetoances. 371
Le corps de l’homme est manifestement plus pesant que le volume d’eau qu’il déplace : de là sa chute inévitable vers le fond , si les mouvemens du nager ne s’opposaient à la tendance qu’il a à le gagner. Cet excès de pesanteur est variable ; il est moLdre dans ceux dont le volume est du à la graisse que chez les individus maigres et secs; il est presque nul dans les individus très-météorisés; dans certaines tympanites, le surnagement aurait probablement heu ; il est douteux qu’il puisse exister dans les accès hystériques, tels au moins que nous les obser- VOUS dans les hôpitaux.
Le nager a deux buts : surmonter la tendance que la gravité donne au tronc à gagner le fond de l’eau; 2^ diriger celui-ci en tel ou là sens. Le meme mouvement remplit également bien ces deux buts. Prenons pour exemple le mode le plus ordinaire de nager ^ celui où le corps , placé à fleur d’eaiq comme on dit, avance parmi mouvement horizontal. Voici ce qui arrive alors : les membres inférieurs et supérieurs se flécbissent et setendent, s’écartent et se rapprochent alternativement. Les premiers, fléchis daboid et écartes, s étendent et se rapprochent tout à coup, et repoussent ainsi le liquide , qui cède en partie, mais qui, résistant en partie, répercute, pour ainsi dire, le mouvement sur le corps, qui a\ance par la. Les agens de ce mouvement ne sont pas précisément ceux qui se trouvent surtout en action dans les extensions et flexions alternatives que nécessitent le saut, la progression, etc. : dans ces derniers cas, les muscles antérieurs et postérieiiFs agissent priricipaleioenî; tandis que., dans les
mouveaieDS du nager ^ les muscles internes et les externes, les adducteurs de la cuisse entre autres, se contractent autant que ceux-là. Je doute meme qu’il y ait des mouvemens sur lesquels ces trois puissans muscles aient autant d’influence.
Pendant cette action des membres inférieurs, les supérieurs, d’abord rapprochés et unis en pointe vers les mains pour rompre le fil de l’eau , s’écartent ensuite, se portent en arrière, et repoussent également le fluide , qui cède en partie , mais qui , résistant aussi un peu, répercute le mouvement, et seconde par là l’effet produit sur le tronc par les membres inférieurs. Le muscle grand pectoral pour rapprocher les membres supérieurs , les grand dorsal et grand rond pour les écarter et les porter en arrière jouent ici le principal rôle, auquel une foule d’autres sont accessoires.
Ce mouvement horizontal imprimé au tronc par les membres surmonte le mouvement perpendiculaire que la gravité tend à lui communicpier, d’autant plus facilement que l’excès de pesanteur de celui-ci sur la quantité d’eau qu’il déplace est moins considérable. C’est comme un corps léger que l’air agite dans l’atmosphère , et que la moindre impulsion i empêche d’obéir à sa gravité. La légèreté ou la pesanteur sont en effet toujours relatives, indépendamment de la masse, au milieu dans lequel sei trouvent les corps.
Outre ce premier effet , pour lequel il faut souventî| très-peu d’effort, puisque nous voyons certains na-i geurs se soutenir sur l’eau par de très-faibles agita-i tions, le nager sert encore à nous diriger de tel oui
tel côté; et J à cet égard, le roécaDisoie des membres est certainement analogue à celui de la rame qui dirige un bateau, des nageoires qui dirigent le corps du poisson. Suivant que l’on veut se dévier à droite ou à gauche, on fait donc prédominer les mouvemens des membres d’un côté sur ceux du côté opposé, que quelquefois on rend momentanément inactifs.
Je ne parlerai pas des autres modes mille fois variés de nager : il faudrait avoir sur ce point, outre les connaissances anatomiques et physiologiques , une expérience de faits qui me manque, et que paraissent aussi ne point avoir eue ceux qui ont écrit sur ce mémo objet.