‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier Bichat (volume 2)Chapitre 35 sur 61 · DES PAUPIERES · texte numérisé non relu

DES PAUPIERES

§ R’’. Conformation générale.

IjQs paupières commencent, supérieurement, audessous de deux légères éminences cutanées nommées sourcils. Ces éminences recourbées sur ellesmêmes, plus saillantes en dedans qu’en dehors, étendues dans le sens ti’ansversal sur la portion frontale de la base orbitaire, sont recouvertes de poils courts, à direction oblique de dedans endehors, plus nombreux dans le premier que dans le second sens, plus raides mais de même couleur que les cheveux, plus épais communément chez les bruns que chez les blonds. Les sourcils sont formés, par une couche dermoïde assez épaisse et qui se replie un peu en cet endroit, par une couche celluleuse et graisseuse, 3® par un muscle fort court, déjà décrit sous le nom de sourcilier.^ lecj[uel les fronce ou les épanouit, selon que nous voulons garantir i’oeii ou le mettre à découvert, exprimer les passions tristes ouïes passions gaies.

Les paupières finissent, en bas, au niveau de la base de l’orbite, et n’offrent dans ce sens. aucune limite qui les sépare sensiblement, comme en haut, d’avec la joue.

Leur étendue transversale est marquée par les portions temporale et nasale du rebord orbitaire.

Il y a deu% paupières, l’une supérieure et l’autre

ET DE SES DÉPET^DÆWCES.

inférieure. La première , très - large , est presque seule chargée de recouvrir Fœil par son abaissement; tandis que la seconde, fort étroite, vient, par un mouvement borné d’élévation, rencontrer celle-ci au-dessous du diamètre transversal du même organe. La figure de l’une et de l’autre est déterminée par celle de Foeil , et par le contour de l’orbite auquel elles sont fixées. On observe sur chacune beaucoup de rides transversalement dirigées, plus multipliées sur la supérieure, et qui sont le résultat nécessaire de la différence qui existe entre les propriétés de la couche musculaire sensiblement contractile, et celles de la couche dermoïde, qui, ne l’étant point, est obligée de suivre par ses replis les mouvemens que la première exécute par sa contraction.

Iæs deux paupières se réunissent aux extrémités du diamètre transversal de Forbite, en formant deux angles dont l’interne est plus ouvert que l’externe ; différence qui dépend de ce que les fibres supérieures et inférieures du palpébral viennent se terminer en dedans sur le tendon direct, tandis qu’en dehors elles se réunissent obliquement ensemble sansaucun intermède sensible. L’angle externe est un centre d’où partent eil rayonnant plusieurs rides cutanées, dirigées vers la région temporale, et dues aussi bien que celles du milieu des paupières à l’inégalité de contraction du muscle palpébral et de la peau.

L’ouverture qui sépare les paupières n’a pas une étendue également constante suivant ses deux diamètres. Le transversal, déterminé par l’écartement des deux angles, mesure la largeur, et éprouve peu ir. a 8

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de variations. Le perpendiculaire , dépendant uniquement de la contraction du frontal ^ du palpébral et du releveur, varie suivant rinfluence de la volonté, à laquelle ces muscles sont soumis. C’est par les différences de cette ouverture, bien plus quepar le volume du globe oculaire, que l’on détermine ordinairement la grandeur relative des yeux , comme je Fai fait voir ailleurs.

Le bord libre de l’une et de l’autre paupières, soutenu^3ar un fibro-cartilage dans toute son étendue, offre une coupe oblique de dehors en dedans, coupe qui est disposée de manière qu’un canal triangulaire résulte de leur rapprochement et de leur contact sur l’œil. Ce canal, étroit en dehors, augmente de largeur jusqu’aux points lacrymaux, où son évasement est le plus marqué : il transmet les larmes pendant le sommeil. On voit encore sur tout ce bord libre une rangée de j3etits trous, orifices excréteurs des glandes de Méibomius; et près l’angle interne, l’orifice toujours béant des points lacrymaux. Dans cet endroit, le bord palpébral change de direction : de concave qu’il était, l’œil étant ouvert, il devient presque droit. Enfin on observe, à l’endroit où se replient les tégumens , une suite de poils durs et solides nommés cils , plus nombreux , plus longs et plus forts à la paupière supérieure, et destinés à former un abri à l’œil contre les corpuscules que l’air transporte. Leur couleur est ordinairement semblable à celle des cheveux et de la barbe. Ceux de la paupière supérieure, dirigés d’abord en bas, se recourbent ensuite en haut vers leur pointe. Une direction inverse s’observe pour ceux de l’infé-

rienre. Ils manquent entre Fangle interne et le point lacrymal. Ils sont appareils surtout en dehors.

§ IL Organisation des Paupièj'cs»

Cette organisation offre plusieurs tissus disposés en membranes et appliqués les uns sur les autres. Distincts par leur nature , par leur vitalité et par leurs fonctions, isolés par des couches celluleuses interposées, ces tissus appartiennent, d’avant en arrière, aux systèmes dermoïde, musculaire, fibreux et muqueux. Le voile qui résulte de leur réunio.^ n’est pas tellement épais qii’ il ne puisse, étant abaissé, se laisser un peu traverser par les rayons lumineux, lorsque surtout la lumière esttrès-vive; ce qui donne une sensation plus ou moins forte.

Membrane dermoide, couche dermoïde pré sente la même structure essentielle que la peau des autres parties; mais elle s’en distingue par sa ténuité, qui est d’autant plus sensible c|u’on s’approche davantage du bord libre. “Nous avons parlé de : ses rides et de leurs causes. Elle offre aussi unesensi- I bilité plus marquée. On cite des exemples où la seule ! impression d’une lumière vive sur les paupières entièrement, fermées avait donné lieu à l’éternument, Ùn tissu cellulaire lâche, jamais ^aisseux, mais susceptible d’une accumulation très-fréquente de ■j sérosité , sépare cette couche de la suivante.

Membrane musculeuse. Celle-ci n’est autre chose fqu’une portion du palpébral. Toutes les fibres qui da composent, remarquables par leur apparence ^.blanchâtre, sont fort écartées les unes des autres

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dans le corps Riême de la paupière ; mais elles augmentent en nombre et se rapprochent près du bord libre, de manière à former au-dessus du cartilage tarse un faisceau distinct. Toutes naissent en dedans du tendon direct ou de ses bifurcations, et se terminent à l’angle externe en se réunissant ensemble, comme je l’ai dit ailleurs. La couche cellulaire qui sépare cette membrane de la fibreuse est assez lâche. La graisse y est exhalée, et présente la meme couleur jaunâtre qu’on retrouve dans celle de l’orbite.

^ Membrane fibreuse. Elle a été considérée par tous les anatomistes comme formant deux ligamens distincts, élargis uniformément dans toute l’étendue de la paupière à laquelle chacun appartient, et se fixant d’un côté à l’orbite, et de l’autre au cartilage tarse : mais cette disposition ^st rarement exacte. Yoici celle qui est la plus ordinaire, car on trouve ici plusieurs variétés suivant les individus.

Lorsqu’on enlève la membrane musculeuse, on rencontre, dans la partie externe de l’une et de l’autre paupières , une couche fibreuse très-distincte et assez forte, implantée d’une part à la portion correspondante de la base orbitaire , de l’autre terminée d’abord au cartilage tarse , puis à un entre-croisement réciproqii|^ de fibres depuis l’angle de réunion de ces cartilages jusqu’à l’angle temporal de l’orbite. Cet entre-croisement présente un peu plus de solidité que le reste de la couche fibreuse , et offre assez bien, dans quelques sujets, l’image d’un ligament qui terminerait en dehors les fibro-cartiîages tarses, comme le tendon du palpébral les commence en

dedans. Dans la nrioitié interne des deux paupières, au contraire , 'on ne trouve point le plus ordinairement de couche fibreuse : on ne voit que la graisse jaunâtre de Forbite formant antérieurement saillie, recouverte seulement par quelques lames celluleuses minces, et quelquefois par quelques petits faisceaux fibreux jamais réunis en membrane.

Outre cette disposition , la paupière supérieure en présente une autre particulière et qui fortifie sa cou- ‘che fibreuse. En effet, son muscle élévateur se termine inférieurement, comme je Fai dit, par une large aponévrose dont les fibres divergentes vont se fixer, les unes au cartilage tarse, les autres à Fangle externe de Forbite plus en arrière que celles de la membrane fibreuse propre, dont elles croisent la direction.

Il suit de là qu’en considérant les deux paupières simultanément et fermées, et en les divisant suivant le diamètre perpendiculaire de Forbite, on trouve, leur partie externe fortifiée par une couche fibreuse particulière, dense, dont Faction protectrice se trouve en rapport avec le défaut de partie osseuse, dans cet endroit où l’obliquité de la base orbitaire laisse l’œil plus à découvert; 2® leur coté interne presque dépourvu de couche fibreuse, laquelle était moins nécessaire ici, oùFœil est garanti par la saillie osseuse du nez; 3® la paupière supérieure fortifiée en bas d’une manière qui lui est propre par l’épanouissement aponévrotique de son élévateur, disposition avantageuse pour cette paupière, qui exécute presque seule tous les mouvemens, et qui supr porte plus immédiatement toutes les lésions.

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Fibro-cartilages tarses. Sur le meme plan que la membrane fibreuse, on trouve, vers le bord libre de l’une et de l’autre paupière , les fibro-cartilages qu’on “nomme tarses, Gbacun d’eux commence à l’extrémité bifurquée du tendon du palpébral, et se t^mine en dehors en s’unissant avec l’opposé sous un angle aigu qui se continue avec l’entre-croisement moyen de la membrane fibreuse. Leur forme et leur volume diffèrent. Le supérieur, plus grand, très-rétréci en dedans et en dehors, offre dans lé milieu une largeur sensible. L’inférieur a dans toute son étendue une largeur à peu près uniforme et beaucoup moindre que celle du précédent; ce qui est en rapport avec la largeur moindre de sa paupière. Tous deux correspondent en devant au palpébral, en arrière à la conjonctive, dont ils sont séparés par les glandes de Méibomius. Leur bord adhérent donne attache en dehors à la couche fibreuse. En dedans, celui du supérieur se continue avec l’aponévrose de l’élévateur de sa paupière; celui de l’inférieur n’offre que l’insertion de quelques fibres aponévrotiques éparses et rares. Leur bord libre est l’endroit où la conjonctive se continue avec la peau. Tl offre, suivant son épaisseur, une coupe oblique de laquelle résulte, quand les paupières sont fermées, le canal triangulaire dont nous avons parlé. La structure de ces deux corps est fibrocartilagineuse, comme celle du pavillon de l’oreille, des anneaux de la trachée-artère , des lames des ailes du nez , etc., et n’offre rien de particulier. Comme portion solide des paupières, ils favorisent le glissement de ces deux voiles sur la surface de l’œil,

en empêchant les rides qui pourraient survenir dans leurs mouvemens divers ^ et en leur donnant une étendue en largeur toujours égale. Haller les a comparés aux rouleaux placés aux bas des estampes pour prévenir les plis c[iii pourraient s’y former.

Membrane muqueuse (conjonctive). Au-dessous de la menibrane fibreuse et des fibro-cartilages, est la dernière couche des paupières formée par la conjonctiee. Cette membrane ^ commune aussi à l’œil , et continue à la peau , doit être examinée en partant d’un point quelconque pour la suivre dans son trajet. Prenons-la au bord libre de la paupière supérieure. Là, elle part de la peau, dont la limite est tracée parla naissance des cils, embrasse le bord du fibro-cartilage , rencontre le point lacrymal supérieur, dans lequel elle s’introduit pour revêtir le conduit de même nom et se continuer avec la pituitaire, recouvre la paupière supérieure, quelle abandonne ensuite pour se réfléchir sur le globe de l’œil. Elle tapisse antérieurement celui*ci dans le tiers de son étendue, l’abandonne de nouveau en bas, et se replie de même pour revenir sur la paupière inférieure. Dans ce trajet, et avant de quitter la base orbitaire, la conjonctive forme, près de l’angle interne de l’œil et derrière la caroncule lacrymale, un repli peu marqué, et souvent nul chez l’homme, nommé membrane clignotante j puis elle recouvre toute la paupière inférieure, se réfléchit sur son bord libre, s’enfonce dans le conduit lacrymal inférieur quelle tapisse , et finit en se contij nuant avec la peau.

De cette disposition il résulte que la conjonctive

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présente deux surfaces: Fune, libre, se correspond à eile-méme par tous ses points lorsque les paupières sont fermées, et se trouve exposée à l’air dans le cas contraire; l’autre, adhérente, correspond»soit aux paupières, soit au globe de l’œil. Sur les paupières, elle adhère en dehors à la membrane fibreuse par un tissu lâche; en dedans, elle répond plus immédiatement à la musculeuse , dont elle est séparée seulement, dans la paupière supérieure, par l’aponévrose épanouie de l’élévateur. En quittant les paupières pour se réfléchir sur l’œil, elle forme un repli circulaire lâche qui répond en arrière à la graisse orbitaire; et c[ui , plus considérable en haut, se loge , pendant l’élévation de la paupière, dans un petit espace anguleux que lui laisse cette graisse derrière la base de l’orbite. Cet espace prévient, par cet usage, les rides transversales qui se formeraient sur la membrane, comme elles se forment sur la peau dans les contractions du muscle élévateur. Parvenue sur le globe de l’œil, la conjonctive adhère lâchement à la sclérotique, et lui donne l’aspect lisse et éclatant que l’œil présente dans cet endroit. Sur la cornée, elle prend plus de ténuité, et une adhérence beaucoup plus forte, mais qui peut être détruite par la macération (i).

La conjonctive appartientévidemmentau système muqueux. Sa continuité avec la peau et avec la membrane pituitaire, ses sympathies avec celle-ci, le fluide quelle sécrète surtout près de ses bords, son

{i) F oyez la note de la page 44^-

mode de sensibilité anioialej susceptible d’étre mise en jeu avec une extrême facilité par tous les irritans, sont autant de caractères généraux qui la rapprochent de cet ordre de membranes. Mais elle a aussi, comme toutes les autres, des caractères qui lui sont propres et qui la distinguent. On n’observe point de villosités , sur sa surface libre. Les vaisseaux sanguins capillaires y sont peu abondans et peu marqués; on ny en distingue même aucun d’une manière sensible dans l’état naturel. Le système capillaire y est spécialement formé par des vaisseaux blancs qui y prédominent , et qui n’admettent le sang que dans un état morbifique, état si frécpiemment choisi pour exemple par les auteurs qui ont traité de l’inflammation.

Glandes de Au-dessous de la conjonc-

tive et derrière chaque fibro-cartilage tarse, est un amas de follicules communément désignés sous le nom de glandes de Méihoniius. Ils sont logés dans des sillons plus nombreux sur le fibro-cartilage supérieur que sur l’inférieur : ces sillons sont tantôt droits, tantôt flexueux, placés les uns à côté des autres, ordinairement isolés, quelquefois à plusieurs branches. Les glandes de Méibomins s’y trouvent superposées les unes aux autres. De couleur jaunâtre et quelquefois blanchâtre, assez dures et résistantes, elles ont, comme je l’ai dit, leurs orifices ouverts sur les bords palpébraux, où elles versent un fluide onctueux que l’on nomme la^ chassie ^ et qui, dans les inflammations de l’œil, est sujet à un ^rand nombre d’affections. Ce fluide sort par pression, sous forme vermiculaire, dans les cadavres et

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sur plusieurs sujets vivans. L’air en évaporant, pendant'la nuily ses pariies les pins liquides, lorsqu’il suinte abondamment par une affection quelconque, l’épaissit sensiblement, et colle les paupières l’une à l’autre. Y a-t-il pour lubrifier la conjonctive un fluide différent de celui-là? On n’en connaît pas.

ARTICLE DEUXIÈME

. DE l’oeil considéré EN GÉNÉRAL.

Le globe de l’œil est situé en dedans et un peu en devant de l’orbite. Plus rapproché de la partie interne de cette cavité que de l’externe, il forme une saillie plus ou moins marquée suivant les individus. Sa grandeur est sujette à des variétés, moins fréquentes cependant qu’on ne le croit communément; car, comme nous l’avons dit, c’est plutôt par l’ouverture très-variable des paupières que par le volume de l’œil, qu’on mesure les yeux grands ou petits. Considéré par rapport à l’orbite, l’œil offre toujours un volume beaucoup moindre que cette cavité n’a d’étendue; disposition nécessaire pour que les mouvemens de l’organe jouissent de toute l’étendue qui leur est nécessaire.

La figure de l’œil est, en général, arrondie. Elle représente deux portions de sphère distinctes, mais unies, et dont l’une, à plus grand diamètre et formant les quatre cinquièmes postérieurs de l’organe, appartient à la sclérotique; tandis que l’autre, à diamètre plus petit, et représentant à peu près le cinquième antérieur, est formée par la cornée.

ET DE SES BliPETOANCES. 443

L’œil est aussi légèrement aplati en quatre sens à l’endroit où ses muscles viennent s’y implanter. Son diamètre d’avant en arrière a un peu plus d’étendue que le transverse. Sa direction n’est pas celle de l’orbite. Celui-ci est oblique en dehors, en sorte que son axe prolongé irait se confondre avec celui de l’autre orbite dans l’intérieur du crâne. L’œil, au contraire, tourné directement en avant, a son axe parallèle à celui de Fœil opposé. Le nerf optique , dirigé dans le sens de l’orbite, ne s’introduit point immédiatement au milieu de l’œil, mais plus en dedans.

En devant , l’œil est en grande partie recouvert par la conjonctive, et prend à son niveau un aspect lisse particulier. Transparent dans toute la portion de sphère que représente ]a cornée, il offre autour une blancheur très-marquée , laquelle appartient essentiellement à la sclérotique, et subsiste quand on a enlevé la conjonctive , qui paraît alors presque entièrement diaphane. De plus, il a un aspect lisse et éclatant, qui tient, au contraire, essentiellement à la conjonctive; car il disparaît avec celle-ci.

En arrière et dans tout son contour, l’œil répond aux muscles droits et obliques, qui s’y terminent, aux vaisseaux et nerfsorbitaires.il avoisine aussi en dehors et en haut la glande lacrymale, en dedans la caroncule de meme nom. De plus, la graisse abondante de l’orbite l’environne, et remplit exactement les intervalles qui, sans elle, se trouveraient entre lui et les organes adjacens. Cette graisse, molle et demi-fluide, permet facilement les mouvemens de l’œil, et détermine antérieurement, de sa part et

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de coIIq des paupières, cette saillie qui, les mettant au niveau du reste de la face, concourt singulièrement à l’expression générale de celle-ci. Aussi, lorsque cette graisse a diminué d’une manière sensible, soit par la maigreur naturelle à la vieillesse , soit par le marasme, résultat accidentel des longues maladies, la dépression des paupières, de laquelle résulte l’affaissement de l’œil peu susceptible de s’enfoncer lui-même, produit cette difformité que l’on connaît sous le nom ^jeux caves. L’excavation des yeux déterminée par la vieillesse se trouve en rapport avec les autres cliangemens que la même cause a produits dans les traits du visage; et il en résulte , dans l’aspect général de la face, une uniformité qui ne nous étonne point, parce qu’elle est naturelle. Lorsqu’au contraire cette excavation survient dans la jeunesse, à la suite de la débauche, par exemple, comme souvent les traits du visage ne sont point altérés proportionnellement, et qu’ils conservent encore entr’eux ces rapports particuliers qui indiquent l’époque brillante de la vie, il en résulte un défaut d’harmonie qui nous choque.

ARTICLE TROISIEME

DES PARTIES CONSTITUANTES DE l’oÊIL CONSIDEREES EN

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