‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier BichatChapitre 14 sur 56 · CL · texte numérisé non relu

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auriculaire postérieur. Ils communiquent avec le temporal superficiel du tronc maxillaire inférieur, avec les temporaux profonds, et avec la branche lacrymale de Fophthalmique.

b. Rameaux malaires. Ordinairement au nombre de deux, ils gagnent Fos malaire, se divisent en un grand nombre de filets qui vont aux muscles palpébral, zygomatique, canin, etc., communiquent avec le lacrymal, les rameaux sous-orbitaires de la branche maxillaire supérieure et les filets qui passent par les trous de Fos maîaire, et se répandent sur toute cette partie de la fa.ce qui est entre deux lignes horizontales, dont Fune passerait sous la paupière inférieure et Fautre sous les ailes du nez. Superficiels, dans la partie postérieure de cet espace qui correspond à la portion supérieure du masseter, la plupart de ces filets se trouvent, dans sa partie antérieure, profondément cachés, ainsi que leurs anastomoses, par les niuscies de cette partie.

c. Rameaux buccaux. Ils sont au nombre de trois, passent transversalement sur le milieu du masseter, communiquent ensemble, avec la branche cervicofaciale et avec les rameaux malaires. i°. Le supérieur, assez considérable , monte obliquement vers la racine du nez, et distribue beaucoup de filets aux zygomatique, canin, releveur propre et releveurcommun de la lèvre. 20. Au-dessous de ce rameau, il y en a un très-considérable, situé sous le conduit du parotidien, et qui dorme souvent origine au premier. Ce rameau, le plus grand de ceux de la branche qui nous occupe, s’étend fort loin sur le buccinateur, et va presque jusqu’à la commissure, en

ur. i5

1126 appareil cond. du sent, et du mouv.

donnant de nombreux filets par sa partie supérieure

et par l’inférieure. Tous les muscles et toutes les

parties situés entre la ligne horizontale que nous

avons dit passer à la base du nez , et une autre qui

serait censée passer au-dessus de la lèvre inférieure,

en reçoivent des subdivisions. Plusieurs filets vont *

s’anastomoser avec les rameaux sous-orbitaires de la branche maxillaire supérieure. 3°. Un autre rameau, inférieur au précédent, et qui n’en est le plus souvent qu’une division, répand aussi des filets dans l’espace indiqué , et en envoie même à la lèvre inférieure. Au reste, tous ces filets superficiels au niveau du masseter, deviennent d’autantplus profonds qu’on les examine plus en devant.

J’ai plusieurs fois cherché inutilement des anastomoses entre les filets d’un côté et ceux du côté opposé, non -seulement dans cette portion du nerf facial, mais encore dans sa branche inférieure. Cependant on en trouve quelquefois , suivant les auteurs. En général , elles doivent être peu nombreuses, remarque applicable, non-seulement à ce nerf, mais à tous les autres, où par le scalpel on arrive rarement à une union de deux filets droit et gauche de la même paire, sur la ligne médiane. Voyez sur ce point X Anatomie générale .

B. Branche cervico-faciale.

Elle se dirige obliquement en bas, cachée par la branche de l’os maxillaire inférieur, et située dans 1 épaisseur de la glande parotide , plus près de sa patie interne que de l’ externe. Parvenue à l’angle de la

NERFS £>E LA VTE APTIMÂLE. ay

mâchoire, elle se dévie obliquement en devant, en s’enfonçant au-dessous du muscle peaucier, et se divise en plusieurs rameaux qui s’anastomosent avec les nerfs cervicaux superficiels. Les rameaux qu’elle fournit dans ce trajet sont ordinairement au nombre de trois ou quatre. On peut les rapporter à deux chefs principaux : les uns se distribuent au -dessus , les autres au-dessous de la mâchoire inférieure.

a. Rameaux sus - maxillaires. Il y en a deux : le premier, assez volumineux, naît à angle droit de la branche encore renfermée dans la parotide, immédiatement au-dessous du lobule de l’oreille. Il se porte transversalement en devant, contourne le bord saillant de la branche maxillaire, et parvient sur le masseter, caché toujours par le prolongement de la parotide. Bientôt il se subdivise en quatre ou cinq blets, dont les uns remontent vers l’os malaire, les autres descendent vers la partie inférieure du masseter, où ils se terminent en s’anastomosant avec ceux qui suivent. L’abaisseur de la lèvre inférieure, les fibres supérieures du peaucier, et la partie inférieure du buecinateur, en reçoivent des filets.

Le second rameau naît au niveau de l’angle maxillaire, sur lequel il se contourne en donnant plusieurs filets, soit au masseter, soit au ptérygoïdien interne, près de leur attache inférieure, puis il se dirige obli- * cjuement en avant et en bas sur la partie externe et inférieure du masseter, en croisant la direction de ses fibres. Près du bord antérieur dé ce muscle, il se divise en plusieurs filets, dont les uns remontent, et vont se perdre soit au masseter, soit aubuccinateur; tandis que les autres descendent, et vont se

terminer aux muscles abaisseur de l’angle des lèvres , abaisseur de la lèvre inférieure, buccinateur, peaucier, etc. Deux ou trois de ces filets vont s’anastomoser avec ceux qui sortent du trou mentonnier du maxillaire inférieur; ces rameaux présentent, ainsi que les précédens, beaucoup de variétés. Souvent on en trouve trois, se séparant en meme temps au-dessus de la mâchoire : j’en ai compté meme quatre; leur^ volume diminue à proportion. Au reste, le nombre est indifférent à la distribution; il dépend de la séparation, un peu plus ou un peu moins prompte , des faisceaux du cordon nerveux.

b. Rameaux sous-maxillaires . Ils naissent immédiatement au-dessous du dernier rameau sus-maxillaire; quelquefois même ils paraissent naître avec lui par un tronc commun. Obliquement dirigés en avant et en bas, ils se portent derrière l’angle maxillaire qui les recouvre. Quelquefois ils naissent par un seul rameau; d’autres fois il y en a tout de suite deux et même trois de distincts. Quoi qu’il en soit , ils s’épanouissent en divergeant sur le bord inférieur de la mâchoire , où ils communiquent avec les filets sus-maxillaires, et avec ceux sortant par le trou mentormier, ensuite sur la partie antérieure et inférieure du col, où ils s’unissent fréquemment aux rameaux cervicaux superficiels, et où ils forment avec eux une espèce de plexus souvent très-sensible. Le peaucier et les tégumens cervicaux en reçoivent spécialement des filets.

D’après ce que nous venons de dire, la distribution du nerf facial appartient à un espace que bor-

NERFS DÉ LA VlR ANIMALE.

nenten haut les tempes , en bas la partie supérieure du col, et qui comprend tout le visage. On conçoit quel rôle important il joue dans l’expression de la physionomie. Sa consistance, quoique plus ferme dans le crâne que celle du nerf auditif, est cependant bien moindre qu’au dehors de cette cavité, et meme que dans l’aqueduc de Faliope : disposition commune à la plupart des nerfs.

Ses anastomoses multipliées sont très -remarquables (i). Non-seulement il unit ses filets à une foule d’autres appartenant aux nerfs voisins, mais il les entrelace souvent ensemble, ce qui forme sur la face une espèce de réseau que plusieurs auteurs ont cependant trop exagéré dans leurs planches. Aucun nerf de la vie animale ne présente d’aussi fréquentes réunions entre ses filets divers.

§ VI. Nerf auditif

Le nerf auditif, remarquable par la mollesse de son organisation, qui le distingue du facial, naît, i° en arrière, de l’extrémité latérale du ventricule du cervelet , et se compose là de plusieurs stries médullaires , plus ou moins apparentes sur la paroi antérieure de cette cavité, dont la membrane postérieure se réfléchit sur eux, à l’endroit où elle passe de cette extrémité sur la partie correspondante du cervelet. 20. En devant , il vient aussi de la partie

(i) C’est à cause (le ces nombreuses anastomoses que quelques auteurs lui ont donné le nom de petit sympathique .

( JS ote ajoutée. )

a30 APPAREIL GOTO. DU SENT. ET DU MOUV.

antérieure des prolongemens antérieurs de la protubérance , ce qui fait quelquefois une origine distincte de la première. C’est celle-ci qui donne au nerf la plus grande partie de son volume (i). Entièrement pulpeux au moment où il quitte la protubérance , il forme bientôt un faisceau de fibrilles distinctes, et acquiert plus de consistance. Du côté interne , il présente un sillon dans lequel le nerf facial* se trouve logé , en paraissant* intimement réuni à lui.

Le nerf auditif se dirige aussitôt obliquement en dehors, en haut et en avant, vers le conduit auditif interne, dans lequel il s’introduit. Ce conduit, situé sur la partie interne et postérieure du rocher, offre une largeur très-sensible , un orifice très-évasé, une direction oblique en avant et en dehors , et une largeur moindre que celle du conduit auditif externe : il traverse les deux tiers postérieurs de l’épaisseur du rocher , et finit en cul-de-sac, borné en devant et en dedans par la base du limaçon; en dehors et en arrière par le vestibule et par les canaux demi-circulaires. Le nerf auditif occupe ce canal avec

(i) Le nerf auditif naît sur ta paroi antérieure du quatrième . ventricule , par plusieurs racines blanches , transversales , commençant dans le sillon de la moelle que termine le calamus scriptorius , unies par une sorte de commissure à celles du coté opposé; plus en avant il reçoit de nouvelles racines qui sortent du corps restiforme. Il s’isole de la substance de l’encéphale dans une petite excavation placée entre l’éminence olixaire , le pédoncule du cervelet , la protubérance et le corps restiforme.

( Note ajoutée. )

NERFS DE LA VIE ANIMALE. a3ï

le facial , sans le remplir exactement , comme ce dernier remplit Taquetliic de Fallope. Il y paraît comme roulé sur lui-même, en sorte qu’on peut le réduire facilement en une espèce de bandelette aplatie. Lorsqu’on rompt les liens celluleux qui réunissent ses filets , la gouttière qui reçoit le facial y demeure très-distincte.

Parvenu au fond du cul-de-sac, il se divise en deux ordres de rameaux. C’est à Scarpa que nous devons surtout la connaissance de leur distribution , que les anatomistes n’avaient que vaguement indiquée jusqu’à lui.

A. Branche du Limaçon .

Elle est distincte de bonne heure, par sa blancheur, dans le conduit auditif, où elle forme un cordon joint à la branche suivante, mais qu’il est souvent plus difficile de séparer quelle en filets. Ce cordon se dirige vers la petite excavation qui correspond, dans le conduit auditif, à la base du limaçon. Là, les filets nombreux qui le forment deviennent plus distincts en se séparant un peu les uns des autres, ce qui lui donne plus de largeur. Ils entrent aussitôt par beaucoup de petites ouvertures dont est percée cette base, pénètrent, parallèlement à Taxe du limaçon , les contours de la lame spirale, répandent une infinité de filamens , qui finissent tout de suite , soit sur la membrane dont elle est tapissée , soit sur s£ portion membraneuse ; quelques-uns remontent dans l’axe, se portent jusqu’au

2 3 2 APPAREIL COND. 5DU SEA'T. ET BU MOUV. sommet du limaçon , à l’endroit de la communica*

tion des deux rampes.

Au reste , cette portion du nerf auditif offre , comme la suivante , une exception à la plupart des distributions nerveuses. En effet , toutes les fois qu’un cordon a une certaine grosseur , nous pouvons assurer que ses proiongemens ont une certaine étendue; au contraire la portion limacienne du nerf auditif, quoique très-considérable dans le conduit commun , finit tout de suite dans la cavité qui la reçoit: après le nerf optique, l’auditif est celui dont la terminaison est la plus brusque.

il. Branche du Vestibule et des Canaux demi-ci r -

culaires .

Elle forme un faisceau uni au précédent, mais distinct de lui de bonne heure, comme nous l’avons dit. Ce faisceau se porte en arrière et en dehors , et se partage, vers le cul-de-sac du conduit auditif, en trois rameaux. Chez certains sujets, l’endroit de cette séparation est marqué par un renflement grisâtre et même rougeâtre, lequel n’existe pas dans d’autres.

a. Grand rameau. Il est aussi le plus postérieur ; il entre par de petites ouvertures dont est percée la , pyramide du vestibule , et se partage en deux portions. L’une reste dans le vestibule, en formant une espèce d’épanouissement nerveux très-apparent , qui est de nature pulpeuse, et où la substance médullaire du nerf se trouve seule. L’autre portion se prolonge vers les orifices des conduits vertical supérieur et horizontal, et se continue avec la substance pu!-

NERFS DE LA VIE ANIMALE. ^33

pense et médullaire qui les tapisse, et qui auparavant forme à ces orifices deux espèces d’ampoules.

b. Rameau moyen. À sa sortie du faisceau commun, il pénètre tout de suite dans le vestibule, et se trouve, en y arrivant, dans la cavité demi-sphérique , où il s’épanouit en filamens pulpeux qui pénètrent la membrane qui la tapisse.

c. Petit rameau. 11 est le plus inférieur ; il sort isolément du conduit auditif , par une petite ouverture qu’on rencontre à sa partie externe, pénètre dans le vestibule , va eaener tout de suite l’orifice du canal vertical postérieur, se répand dans une espèce d’ampoule pulpeuse qu’on y observe , et parait se prolonger dans le canal lui-même. Au reste , on ne suit point, dans les canaux demi-circulaires, ces diverses distributions nerveuses.

D’après ce qui a été dit ci-dessus, on voit que le nerf auditif a deux distributions très-différentes : l’une appartenant au limaçon , l’autre au vestibule et aux canaux demi - circulaires. Cette dernière a beaucoup d’analogie avec celle du nerf optique, que la membrane rétine termine; car les épanouissemens des trois portions de la branche vestibulaire ressemblent assez à cette membrane. La distribution qui se fait au limaçon a un peu plus d’analogie avec celle du nerf olfactif, parle mode de séparation des filets,; car, par leur nature uniquement pulpeuse, et par leur brièveté , ces filets diffèrent beaucoup des olfactifs, qui sont névriiématiques , et qui se prolongent très-loin.

Le nerf auditif a-t-il un névriîème dans le crâne? Quoique très -mou, il l’est cependant bien moins

que l’olfactif et que la portion des optiques postérieure à leur réunion : sa résistance ne diffère meme pas beaucoup de celle de la portion du facial auquel il est collé (i).

ARTICLE TROISIÈME

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