‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier BichatChapitre 20 sur 56 · III. Nerf médian · texte numérisé non relu

III. Nerf médian

Ce nerf, le plus remarquable de ceux du plexus , naît de sa partie antérieure , derrière le brachial cutané interne, entre le cutané externe et le cubital. Les sixième et septième nerfs cervicaux, réunis avec le premier dorsal , forment sa principale origine. Les quatrième et cinquième cervicaux augmentent, comme je l’ai dit , son volume par une branche qu’on a décrite comme une division du brachial m. 19

29O APPAREIL €0m DU SEXT. ET DU MOUV.

cutané externe. L’artère axillaire se trouve embrassée par ces diverses branches d’origine.

Le nerf médian se dirige ensuite obliquement en bas et en dehors derrière la partie interne du biceps, côtoie l’artère brachiale , qui se trouve plus en dehors, et parvient ainsi au pli du coude, sur lequel il passe, à côté et en dedans du tendon du biceps,, derrière la veine médiane : là , il s’enfonce au-dessous de l’aponévrose anti-brachiale , entre le brachial antérieur et le grand pronateur , passe entre les deux portions qui forment l’extrémité supérieure de ce dernier, et continue presque perpendiculairement son trajet à la partie antérieure et moyenne de l’avant-bras , ‘entre les fléchisseurs digitaux superficiel et profond. Caché d’abord par le premier, il devient plus apparent en bas, et se montre à découvert entre ses tendons , s’engage comme eux audessous du ligament annulaire du carpe, et acquiert en cet endroit un peu plus d’épaisseur qu’auparavant ; enfin , parvenu dans la main vers les os métacarpiens, il se divise comme je le dirai.

Tant que le nerf médian répond au bras , il ne donne aucun rameau. Son volume , peu diminué le long de l’avant-bras, ne permet pas de le regarder comme divisé en branches , malgré les rameaux assez volumineux qu’il y fournit.

Rameaux musculaires supérieurs. C’est au moment où ce nerf s’engage entre le brachial antérieur et le grand pronateur , qu’il donne ses premiers rameaux. Ils sont en nombre indéterminé. La même quantité de filets existe toujours ; mais ils se trouvent assemblés en plus ou moins de faisceaux ; le

1SEHFS DÉ LA VIE ANIMALE. 2f)I

moins qu’il y en ait , c’est deux ; ils forment un paquet assez volumineux, et vont gagner les muscles qui s’attachent ensemble au eondyle interne. Tous se perdent presque aussitôt dans ces muscles, et se prolongent plus ou moins au milieu de leurs fibres charnues, qu’ils pénètrent par leur face interne. Le grand pronateur, les grand et petit palmaires, le fléchisseur digital superficiel et le cubital interne, en reçoivent le mouvement. Quelques-uns vont aux muscles plus profonds , et spécialement au fléchisseur du pouce.

Rameaux interosseux. Un peu plus bas , le médian fournit un rameau plus considérable, qui s’en sépare à angle très -aigu. Ce rameau naît ordinairement avec un autre, avec lequel il forme d’abord un faisceau commun , et qui » s’en séparant tout de suite, se jette, comme les précédées, dans les muscles antérieurs de l’avant-bras , et spécialement au milieu du fléchisseur digital superficiel. Quelquefois j’ai vu ce dernier naître isolément. Quoi qu’il en soit, il s’enfonce aussitôt entre les muscles fléchisseurs digitaux superficiel et profond, pour aller gagner la surface antérieure du ligament interesseux, et descendre sur cette surface jusqu’au niveau du pelit pronateur. Dans ce trajet , il donne , à droite et à gauche, plusieurs filets qui vont se perdre dans les muscles fléchisseur digital profond et fléchisseur du pouce ; puis il s’enfonce au-dessous du petit pronateur, auquel il donne des filets, et sort enfin par l’ouverture inférieure du ligament in ter osseux, pour se répandre sur le dos de la main , où il finit par divers filets qui se prolongent plus ou moins loin , et

iQQ. APPAREIL COND. DÛ SENT. ET DU MOÜV.

deviennent superficiels après avoir été d’abord profondément cachés. Ils s’étendent moins loin que l’artère interosseuse qu’ils accompagnent.

Quelquefois un autre rameau du nerf médian, naissant à peu près au même endroit que le précédent, suit le trajet de l’artère cubitale, et va s’anastomoser avec le nerf cubital : ce rameau manque le plus souvent.

Divers filets sont fournis par le médian dans le reste de son trajet à l’avant-bras; mais ils n’ont rien de remarquable : ils vont se perdre aux muscles voisins.

Rameau palmaire cutané. A la partie inférieure de l’avant-bras , ce nerf donne un rameau assez considérable, qui sort entre les tendons et va se porter aux tégumens de la paume de la main , dans lesquels il se perd bientôt : l’adhérence de la peau avec les parties fibreuses subjacentes en rend la dissection un peu difficile.

Le nerf médian, parvenu vers les articulations supérieures du métacarpe, se divise en cinq rameaux qui vont aux doigts. Cette division commence quelquefois par deux branches principales, qui se subdivisent ensuite, l’externe en trois, l’interne en deux rameaux; d’autres fois tous partent du même endroit. On peut les distinguer par leur nom numérique, en comptant de dehors en dedans.

Premier rameau digital. Il se dirige obliquement en dehors, et fournit aussitôt plusieurs filets qui vont gagner les muscles court abducteur, opposant et court fléchisseur du pouce. Ces filets naissent souvent par un tronc séparé en même temps que le ra-

NERFS DE LA VIE ANIMALE. 2C)3

meau, ce qui fait que plusieurs auteurs les en ont isolés. Quoi qu’il en soit , celui-ci descend le long du court fléchisseur, auquel il donne encore un filet, et va sur le bord radial du pouce jusqu’à l’extrémité de ce doigt. Un filet postérieur , qu’il donne au niveau de la première phalange , se détourne en arrière , et vase porter aux tégumens de la surface postérieure du pouce , dont il côtoie aussi le bord radial.

Second rameau digital. Il marche d’abord à côté du précédent, s’en écarte ensuite, suit le bord cubital du premier os du métacarpe et du pouce, donne quelquefois, dans ce trajet, un filet qui va au court fléchisseur, puis en fournit constamment d’autres postérieurs qui se portent à la partie postérieure du doigt; il s’anastomose ensuite avec le rameau précédent sur la pulpe du doigt.

Troisième rameau digital. Il suit d’abord la direction du premier des lombricaux, auquel il donne un filet qui se divise en y pénétrant; puis il marche le long du bord radial du second os métacarpien et de l’index jusqu’à l’extrémité de celui-ci, où il sépanouit. Un ou deux filets postérieurs s’en échappent au niveau de la première phalange, côtoient un peu le bord digital, et se perdent en arrière.

Quatrième rameau digital. lise porte entre les deuxième et troisième os métacarpiens, et donne un filet au second des lombricaux. A la partie supérieure des doigts index et médius, il se divise en deux rameaux secondaires, qui suivent les bords cubital de l’index et radial du médius. Souvent la division a lieu beaucoup plus tôt, et près de l’origine du rameau principal. Chacun de ces rameaux se-

r C)4 !APPAfeEtL COND. BU SENT. Et f)TÎ MOÜV;

uondaires donne des filets postérieurs au niveau des premières phalanges, filets qui, gagnant le dos des doigts, côtoient chacun le bord auquel ils correspondent, et se perdent ensuite. Quelquefois le principal filet postérieur du rameau du médius naît à l’endroit de la bifurcation, et semble former un troisième rameau secondaire.

Cinquième rameau digital. Il suit la direction primitive du nerf médian, se porte entre les troisième et quatrième os métacarpiens, donne un filet au troisième des muscles lombricaux, et se divise ensuite en deux rameaux secondaires, qui suivent les bords cubital du médius et radial de l’annulaire, et donnent chacun des filets postérieurs , lesquels se comportent à peu près comme ceux des rameaux précédens : leur terminaison est aussi la même.

Tous ces rameaux, parvenus chacun sur la partie antérieure de la dernière phalange, se divisent en plusieurs filets qui se perdent dans la pulpe de celte partie, et s’y anastomosent par arcade avec les rameaux opposés.

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