IV. Nerf cubital
Ce nerf naît de la partie interne et postérieure du •plexus .brachial, et vient principalement du septième cervical et du premier dorsal. Il descend presque perpendiculairement le longde la partie interne du bras, et suit le brachial postérieur, auquel il est uni assez intimement par du tissu cellulaire. Près de l’articulation du coude, il s’engage entre la tubérosité interne de f humérus et Foléçrâne, et traverse
XERES DE ÏA VIE ÀXlMAtE. 2q5
l’extrémité supérieure du cubital antérieur ; puis , se dirigeant un peu obliquement en bas et en devant, il occupe dans le reste de son étendue la partie antérieure et interne de l’avant-bras, placé entre le cubital antérieur et le fléchisseur profond, plus cri dedans que l’artère cubitale. Son volume diminuesensiblement à mesure qu’il avance inférieurement» Vers le quart inférieur de l’avant-bras, au-dessous du poignet, il se divise en deux brandies, l’une palmaire, l’autre dorsale; mais avant cette division il donne différens rameaux, ou plutôt des filets f car leur ténuité est très-grande.
Dans son trajet le long du bras, il en fournit quelques-uns très-minces, un peu au-dessus de l’olécrâne, lesquels vont à la partie inférieure du brachial postérieur et aux tégumens correspondais; ceux qui naissent au niveau de l’avant-bras sont plus gros et plus sensibles. Depuis l’olécrane jusqu’à la bifurcation du nerf, on en trouve ordinairement quatre, cinq et même six : le nombre est indifférent; la quantité des derniers filets nerveux est toujours la meme, seulement le mode de séparation varie. Tous vont se rendre aux muscles voisins, au cubital interne, et spécialement au fléchisseur digital profond. L’un d’eux , très-ténu , assez constant, mais qui manque quelquefois cependant, se porte le long de l’artère cubitale , l’accompagne pendant un certain temps, puis se perd dans les deux fléchisseurs, près du poignet, après un trajet assez long.
io. Branche palmaire. Elle est la plus considérable, ce qui , joint à sa direction, peut la faire regar-
der comme la continuation du nerf lui-même. Obliquement dirigée au devant de l’extrémité inférieure de l’avant-bras, le long du tendon du cubital antérieur, elles’engage sous le ligament annulaire, à côté de l’os pisiforme; là, elle se divise, avant d’arriver à la main, en deux rameaux considérables , l’un profond, l’autre superficiel.
Rameau palmaire profond. Il s’engage au-dessous du faisceau des lombricaux et des tendons fléchisseurs, se recourbe ensuite en dehors, de manière à former une espèce d’arcade, dont la concavité est en haut, et qui ressemble assez bien à celle que forme l’artère cubitale au même endroit. La concavité de cette arcade ne fournit point de filets , mais sa convexité en donne un grand nombre : i° les deux premiers, qui naissent près de l’origine du rameau, se portent au faisceau des muscles de l’éminence hypothénar, et s’y distribuent en s’y introduisant par leur face profonde. 2°. On en voit ensuite quatre ou cinq qui naissent au niveau des espaces interosseux, s’enfoncent dans l’épaisseur des muscles de même nom, et s’y perdent en s’étendant jusque près du dos de la main. 3°. Les derniers , qui terminent le rameau, s’enfoncent dans et sous le muscle abducteur du pouce, et vont s’engager ensuite dans l’interosseux abducteur de l’index. La portion du court fléchisseur du pouce qui s’attache au-devant du carpe en reçoit ensuite des filets. Ce sont ceux-là, à proprement parler, qui finissent l’arcade.
Rameau palmaire superficiel . Aussitôt après avoir dépassé l’os pisiforme, il donne un filet aux tégumens de l’éminence hypothénar, et bientôt après se
NERFS DE LA VIE ANIMALE. 297
divise en deux rameaux secondaires et digitaux, l’un externe, l’autre interne.
Le rameau digital externe est le plus considérable; il se dirige perpendiculairement en bas, sous , l’aponévrose palmaire, jusqu’à la partie inférieure du métacarpe : il donne, dans ce trajet, un filet qui va s’unir à angle aigu au dernier des rameaux digitaux du nerf médian , puis un autre au quatrième des lombricaux. Au bas du métacarpe, il se subdivise en deux autres rameaux , dont l’un côtoie le bord cubital du doigt annulaire jusqu’à son extrémité, sur laquelle il s’anastomose avec le rameau correspondant du nerf médian; l’autre côtoie de même le bord radial du petit doigt, jusqu’à la dernière phalange, où ii s’anastomose avec le rameau suivant. Chacun fournit, comme les rameaux digitaux du médian, et au niveau de la première phalange, un ou deux filets postérieurs très-sensibles , qui, dirigés sur la convexité du doigt correspondant, s’y ramifient et se perdent aux tégumens.
Le rameau digital interne se dirige obliquement en dedans, passe au-devant des muscles opposant et court fléchisseur du petit doigt, donne plusieurs filets à ces muscles, à la peau, et au palmaire cutané; et gagne ensuite le bord cubital du petit doigt, qu’il suit jusqu’à son éitrémité, pour s’anastomoser avec le rameau précédent. Dans son trajet, il donne des filets postérieurs très-sensibles, dont la distribution est analogueà celle de tous les filets postérieurs des rameaux digitaux.
20. Branche dorsale . Elle est fort petite en comparaison de la précédente. Elle se contourne oblique-
298 APPAREIL COND. Df? SENT. ET DIT MOUV.
ment en dedans sous 3e cubital anterieur, et suit le bord interne du cubitus, dont elle cbtoie ensuite la surface postérieure jusqu’au poignet. Là, elle se divise en deux rameaux d’inégal volume, l’un interne, l’autre externe. Auparavant elle donne, au-dessous du cubital antérieur, un ou deux filets qui descendent obliquement sous ce muscle et se perdent dans les tégumens : ces filets viennent quelquefois de la partie supérieure du rameau dorsal interne.
Hameau dorsal interne. Il se porte sur le bord cubital du cinquième os du métacarpe , et fournit un grand nombre de filets divergens qui se distribuent, soit au muscle abducteur du petit doigt, soit aux tégumens. Le rameau lui-même va se perdre sur le bord cubital du petit doigt, en se distribuant également à la peau.
Rameau dorsal externe . Il va gagner l’intervalle des quatrième et cinquième os métacarpiens. Près de leur partie inférieure, et très-souvent plus haut, il se divise en deux filets, dont l’un se porte d’une part sur le coté externe du petit doigt, où il s’anastomose avec le rameau précédent, d’autre part sur le côté interne de l’annulaire ; tandis que l’autre gagne, par une division, le côté externe de ce dernier doigt, et, par une autre division, le côté interne du médius, où il s’anastomose avec le nerf radial. Toutes ces divisions distribuent un grand nombre de fiiamenssur le dos des deux derniers doigts, sur la partie interne de celui du milieu, et 11e se perdent qu’à leur extrémité.
NEUFS m LA, VIE ANIMALE,