‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier BichatChapitre 31 sur 56 · GANGLIONS THORACIQUES · texte numérisé non relu

GANGLIONS THORACIQUES

Considéré dans îa poitrine , le système nerveux des ganglions offre un aspect tout différent de celui qu’il présentait au cou. Irrégulier dans cette dernière région, formé de parties évidemment distinctes, souvent tout-à-fait isolées, et qui ne communiquent entre elles que par des rameaux plus ou moins ténus, dont le nombre et la longueur sont aussi variables que leur existence est peu constante, ce système ne pouvait être envisagé dans son ensemble avec une parfaite exactitude : il fallait en décrire les diverses portions chacune en particulier. Quel que fût le nombre des ganglions, chacun d’eux offrait réellement à foeil de l’anatomiste un centre irerveux indépendant, sur lequel il était comme forcé de fixer sa première attention , pour se former une idée juste des rameaux dont ce centre était ou l’origine ou le point de réunion.

Dans la poitrine, au contraire, et spécialement depuisla première côtejusqu’à la onzième, le système nerveux des ganglions forme réellement un tout continu dont la disposition n’offre que peu de variétés. Au premier aspect, l’anatomiste voit ici plutôt un nerf unique qu’une suite de centres nerveux distincts, tant les ganglions sont petits, comparés aux rameaux volumineux par lesquels ils communiquent ensemble.

Aussi, tandis que les auteurs, en décrivant le

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nerf grand sympathique , considèrent cependant les ganglions cervicaux d’une manière isolée et les décrivent chacun en particulier, tous parlent de la portion thoracique comme d’un nerf continu, et les ganglions ne leur paraissent ici que de petits renflemens placés de distance en distance sur un tronc nerveux unique.

Mais il est facile de se convaincre, par un examen attentif, qu’on ne doit pas s’arrêter à ce premier aspect dont nous parlons ; que les ganglions thoraciques doivent être considérés comme les cervicaux, et n’en diffèrent que par plus d’uniformité dans le nombre et la distribution de leurs rameaux.

Suivons donc ici la même marche descriptive que dans les autres régions, en observant seulement de comprendre sous un même coup d’œil tous les ganglions thoraciques, pour éviter des répétitions inutiles.

On compte douze ganglions thoraciques. Tous sont placés sur la tête des côtes correspondantes, et sont immédiatement recouverts par la plèvre. Ce nombre varie quelquefois aussi bien que la position : souvent le dernier ganglion cervical s’étend jusque sur la première côte et remplace le premier thoracique qui manque alors absolument. On en voit • plusieurs qui, au lieu d’occuper la tête des côtes, occupent les espaces intercostaux : ceci est cependant assez rare.

On ne peut assigner aucune forme précise aux ganglions thoraciques, tant cette forme est irrégulière. Leur volume est, en général, très-peu considérable :

rarement il égale celui des ganglions abdominaux , jamais celui des cervicaux.

Chacun de ces ganglions fournit des rameaux que Ton peut distinguer en supérieurs, inférieurs, externes et internes.

i°. Rameaux supérieurs et inférieurs . Nous réunissons ces deux ordres, parce que, comme on le conçoit, le rameaux su périeur d’un ganglion est nécessairement le rameau inférieur du gan glion qui précède.

Tous sont remarquables par le volume considérable quils présentent. Souvent ce volume est presque égale à celui des ganglions eux-mêmes. Toujours c’est un rameau unique qui réunit ainsi deux ganglions en allant de l’un à l’autre, différence sensible d’avec la région cervicale , où l’on voit souvent deux ganglions communiquer ensemble par plusieurs ramuscules isolés.

Mais, quel que soit le volume de ces rameaux, pour l’ordinaire on les distingue fort bien des ganglions d’où ils partent : d’ailleurs, leur origine n’a pas toujours lieu au même point du ganglion. Tantôt ils naissent plus près du corps des vertèbres, tantôt plus près des côtes, en sorte qu’une ligne perpendiculaire traversant à la fois tous les ganglions thoraciques par leur milieu ne correspondrait pointa tous les rameaux dont nous parlons :1e plus grand nombre se trouverait ou à droite ou à gauche de cette ligne.

Ces rameaux passent tous au-devant des artères intercostales correspondantes , dont ils croisent la direction. Dans leur trajet très-court, iis fournissent souvent de petits filets qui vont se perdre, soit aux muscles intercostaux , soit à la surface des côtes.'

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2°. Rameaux externe s. Ceux-ci varient en nombre. Tantôt on n’en trouve qu’un seul pour chaque ganglion, tantôt on en distingue trois ou quatre; d’autres fois le rameau, d’abord unique , se bifurque ensuite plus ou moins près de son origine. Lorsqu’il n’y en a qu’un, son volume est assez considérable. S’il s’en trouve plusieurs, toujours un d’entre eux domine par sa grosseur , les autres étant fort ténus.

Ces rameaux prennent toujours une direction oblique en haut et en dehors; et chacun parvenu , après un court trajet, dans l’espace intercostal > s’anastomose avec la branche antérieure des nerfs dorsaux , au moment où elle sort du canal vertébral. S’il y a plusieurs rameaux pour lé meme ganglion , ou si le rameau, d’abord unique, s’est ensuite bifurqué , tous les filets se réunissent bientôt pour se terminer au même point d’anastomose. Quelquesuns cependant demeurent isolés , et vont se perdre dans les muscles intercostaux.

5°. Rameaux internes. Ils sont très-multipliés , et leur distribution est en général assez irrégulière; on peut cependant, sous ce dernier rapport, les distinguer en deux ordres. Les uns, destinés à l’abdomen, viennent des ganglions thoraciques inférieurs : ce sont les splanchniques : leur disposition est con- ‘ stante. Les autres naissent de tous les ganglions , et se répandent aux parties voisines , dans l’intérieur même de la poitrine.

Ces derniers sont, en général , fort courts et fort ténus. Ils s’entrelacent ensemble près de leur origine, et se dirigent aussitôt sur la partie antérieure de la

colonne vertébeale , où ils se perdent dans le tissu cellulaire.

Mais parmi ces rameaux, on doit en distinguer un beaucoup plus long que les autres , et dont l’existence ainsi que la distribution paraissent constantes, ïl naît du dixième ganglion , au niveau et isolément du nerf petit splanchnique , se dirige obliquement en avant et en bas , et après un trajet assez long se porte sur la partie antérieure de l’aorte. Il suit dèslors le trajet de cette artère , à laquelle il appartient, et fournit à ses parois de nombreux rameaux qui s’anastomosent avec ceux que donne le rameau semblable du côté opposé. Parvenu au niveau du tronc cœliaque, le rameau se jette et se perd dans le plexus du même nom , division du plexus solaire.

Des Nerfs splanchniques .

Ces nerfs, par lesquels paraissent commencer tous les plexus abdominaux, sont au nombre de deux , distingués en grand et petit. L’existence et la disposition du premier sont constantes: le second offre plus de variétés dans son origine et dans le nombre des rameaux qui le constituent; mais jamais il ne manque en totalité.

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