I. Grand Nerf splanchnique
Il naît, par quatre ou cinq rameaux distincts et fort écartés les uns des autres, de la partie interne des ganglions thoraciques moyens , depuis le sixième ou septième, jusqu’au neuvième ou dixième.
neufs
Ces rameaux se dirigent tous fort obliquement en bas et en dedans, sur les parties latérales de la colonne vertébrale, recouverts immédiatement par là plèvre, et ne se réunissent en un seul tronc que vers la onzième vertèbre dorsale» Ce tronc continue son trajet dans la même direction oblique , jusqu a la partie postérieure des appendices diaphragmatiques , s’engageant alors entre ces appendices et les vertèbres correspondantes , pour pénétrer dans l’abdomen. Cette introduction a lieu des deux côtés par un écartement particulier des fibres du diaphragme , et jamais par les grandes ouvertures que ce muscle présente.
En pénétrant dans l’abdomen , le grand splanchnique se divise en plusieurs rameaux assez volumineux. Ces rameaux, légèrement divergens entre eux , et cachés profondément d’un côté par l’estomac, de l’autre par le foie, vont se terminer à des ganglions très-supérieurs par leur volume à tous ceux que nous avons observés jusqu’ici. Les anatomistes ne comptent , pour l’ordinaire , qu’un seul ganglion semblable de chaque côté, et le nomment semi-lunaire ; mais un examen attentif en fait découvrir un bien plus grapd nombre. On voit, surtout du côté droit, en soulevant le foie, les rameaux splanchniques aboutir à une multitude de ganglions fort distincts les uns des autres, plus ou moins volumineux , très-irréguliers dans leur forme, trèsvariables pour le nombre. Tantôt ces ganglions se réunissent ensemble par une vraie continuité de substance , et laissent seulement entre eux des aréoles de diverses figures ; tantôt et plus souvent
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ils sont isolés , et ne communiquent que par des rameaux multipliés naissant de leur circonférence.
Ce que je dis s’applique également au côté gauche ; souvent cependant le premier aspect indique ici une disposition un peu différente. Lorsqu’on soulève l’estomac, on voit assez fréquemment les rameaux splanchniques se terminer d’abord à un seul ganglion très-considérable, réellement semi-lunaire, ou plutôt en forme de croissant, et présentant sa convexité en bas, sa concavité en haut. Ce ganglion paraît entièrement isolé, et on n’en voit naître que des rameaux ténus. Mais pour peu qu’on suive ces rameaux , on les voit bientôt se terminer à d’autres ganglions secondaires , disposés comme ceux dix côté droit.
Cet assemblage de ganglions et de rameaux nerveux entre-croisés d’une maniéré inextricable et réunis ensemble , forme, au-devant de la colonne vertébrale, le vaste réseau que l’on connaît sous le nom de plexus solaire , terme commun des deux grands nerfs splanchniques, et origine de presque tous les plexus intestinaux. C’est lui que plusieurs physiologistes ont considéré comme un second centre nerveux général , auquel se rapportaient en part# les impressions reçues du dehors ; idée difficile a soutenir depuis que des expériences exactes ont prouvé l’insensibilité habituelle du système des ganglions.
Le plexus solaire répond en arrière à la colonne vertébrale, à l’aorte, aux appendices diaphragmatiques; en devant à l’estomac, en haut au foie, au diaphragme; en bas au pancréas. Inutilement vou-
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drait-on lai assigner une forme ou décrire isolément ses rameaux, qui tous s’entrelacent aussitôt après leur origine, et ne présentent jamais , chacun en particulier, une disposition régulière. On est forcé de les considérer dans leur ensemble sous le nom de plexus secondaires , en observant les différences les plus saillantes qui les distinguent les uns des autres •
C’est à l’aorte que le plexus solaire distribue toutes
ses divisions, c’est pour elle qu’il paraît exister; et tous les plexus qu’il fournit suivent si exactement le trajet et les branches de cette artère, qu’il faut nécessairement suivre celle-ci pour se iormer une idée juste de ceux-là.
i°. Plexus diaphragmatiques .
Ils naissent de la partie supérieure du solaire pour accompagner les artères diaphragmatiques inférieures. Un petit nombre de rameaux sert à les former. Ces rameaux s’entre-croisent moins fréquemment que dans les autres plexus , et souvent côtoient pendant long-temps les artères auxquelles ils appartiennent. Rarement on les trouve interrompus par de petits ganglions. Plusieurs se répandent sur le diaphragme et s’y perdent; quelques-uns, surtèèt à . droite, s’anastomosent dans l’épaisseur de ce muscle avec les nerfs diaphragmatiques venant des branches cervicales.
2°. Plexus cœliaque .
H forme la division la plus considérable du plexus
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solaire, dont il n’est que le prolongement inférieur. Ses rameaux, mille fois entrelacés et entrecoupés par de nombreux ganglions, enveloppent l’artère cœliaque et ses trois principales divisions. Bientôt il se divise lui-même, comme elle, en trois plexus différens , très-inégaux en volume.
a. Le plexus coronaire stomachique est le moins considérable. Il embrasse étroitement l’artère de même nom près de son origine, et offre ici des gan. glioos nombreux qui la recouvrent presque en totalité. À l’endroit où elle se contourne pour gagner la petite courbure de l’estomac, les rameaux nerveux sont plus multipliés et les ganglions plus rares. Quand l’artère envoie une branche au foie, le plexus se divise aussi pour l’y accompagner, puis il se prolonge sur la petite courbure, qu’ifsuit jusqu’au pylore. Ses rameaux diminuent successivement en nombre à mesure qu’il approche de cette extrémité ; ils se répandent sur les deux faces de l’estomac, et s’y réunissent en plusieurs endroits avec les rameaux du nerf vague. Enfin les filets rares qu’il présente auprès du pylore vont en haut se réunir à ceux du plexus hépatique, en bas concourir à formerle petit plexus qui suit l’artère gastro-épiploïque droite.
b. Le plexus hépatique , très-volumineux dès son origine, enveloppe l’artère hépatique et la veine porte, et se dirige avec elles en haut et à droite jusqu’à la scissure du foie. Avant d’y arriver et au-dessus du pylore, il se divise en deux portions fort inégales;. L’inférieure , constitue le plexus de l’artère gastro-épiploïque droite, descend avec elle et va
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gagner le bord convexe de l’estomac, auquel elle répand ses principaux rameaux : plusieurs entrent dans le pancréas avec les artères pancréatiques transverses; d’autres vont au duodénum avec les rameaux vasculaires que la gastro-épiploïque donne à cet intestin.
La portion supérieure du plexus hépatique, beaucoup plus considérable, augmente encore de largeur d’une manière sensible lorsqu’elle est parvenue au col de la vésicule, qui est entièrement enveloppé par les rameaux entrelacés de ce plexus. Ces rameaux pénètrent entre les membranes et s’y perdent à peu de distance du col, sans se prolonger beaucoup sur le corps meme de la vésicule. Ils environnent aussi le conduit cholédoque jusqu’au duodénum, et suivent dans la substance du foie les rameaux soit du conduit hépatique, soit de l’artère de même nom , soit de la veine porte. Beaucoup de ganglions fort petits et très-irréguliers dans leur forme, interrompent de temps en temps les rameaux du plexus hépatique.
c. Le plexus splénique est de tous le moins proportionné au volume de l’artère qu’il accompagne. Il offre, près de l’origine de cette artère, deux ou trois ganglions assez considérables situés immédiatement sur elle; mais ensuite on ne trouve plus qu’un petit nombre de rameaux rarement anastomosés entre eux, et dont le trajet n’est presque jamais interrompu par des ganglions nouveaux. Ces rameaux serpentent autour de l’artère splénique, dont ils s’éloignent plus ou moins, .et parviennent enfin dans la scissure de la rate, où ils pénètrent avec les
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branches artérielles. Quelques-uns descendent dans le pancréas avec les artères pancréatiques supérieures. D’autres suivent la gastro-épiploïque gauche au bord convexe de l’estomac, Plusieurs de ceux-ci se perdent dans le grand épiploon.
3°. Plexus mésentérique supérieur .
Au-dessous du plexus cœliaque, le réseau nerveux du solaire se prolonge sur l’aorte abdominale, et rencontre bientôt l’artère mésentérique supérieure. Là, il forme un nouveau plexus très-considérable : plusieurs ganglions lui fournissent des rameaux qui l’augmentent. Borné d’abord à l’artère, ce plexus descend avec elle entre le pancréas et la portion transversale du duodénum, s’engage entre les deux lames du mésentère et aussitôt s’épanouit beaucoup. Ses rameaux , entrelacés à l’infini , embrassent les glandes lymphatiques en meme temps qu’ils suivent le trajet de l’artère, et se répandent comme elle sur toute la superficie de l’intestin grêle. L’artère colique moyenne et l’artère iléo-colique en reçoivent chacune un plexus particulier, qui remonte avec les vaisseaux dans le méso-colon transverse, et va se distribuer à la portion correspondante soit du colon , soit du cæcum. De nombreux ganglions peu volumineux interrompent les rameaux du plexus mésentérique supérieur, surtout sur le bord concave de l’intestin grêle , endroit où il est plus immédiatement appliqué sur l’artère à laquelle il appartient essentiellement.
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4°. Plexus mésentérique inférieur .
Il peut être considéré comme le prolongement du précédent , auquel il se continue en haut, au-devant de l’aorte abdominale. Dans cet espace, il reçoit plusieurs rameaux isolés venant des ganglions abdominaux qui font suite au système général. Il en reçoit beaucoup d’autres du plexus rénal. Parvenu à l’origine de l’artère mésentérique inférieure , il l’embrasse d’abord étroitement; mais peu après, et au moment où cette artère se rapproche du détroit supérieur du bassin , le plexus se divise assez naturellement en deux portions. L’une, interne, moins considérable et formée par des rameaux rarement entrelacés, descend avec l’artère iliaque correspon-
dante, et fournit en partie les plexus propres de l’iliaque externe ou crurale et de l’hypogastrique. Mais un grand nombre de ces rameaux s’écartent absolument de l’artère iliaque, se portent au-devant du sacrum dans une direction presque droite, et se perdent dans le plexus hypogastrique.
L’autre portion , qui constitue essentiellement le plexus mésentérique , continue à accompagner l’artère mésentérique inférieure entre les deux feuillets du méso-colon iliaque, pour se terminer entre les deux lames du méso-rectum. Dans ce trajet, le plexus environne, par des rameaux sans cesse entrelacés, l’artère principale, et c’est de ce réseau nerveux prolongé que partent, soit les filets isolés qui vont se perdre dans le méso-colon, soit les plexus particuliers qui accompagnent les branches artérielles à
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TS du colon. Parmi ces plexus , on doit en distinguer un beaucoup plus volumineux que les autres , lequel accompagne l’artère colique gauche, et va , d’un côté, se répandre sur la portion lombaire gauchedu colon, de l’autre s’anastomoser avec le plexus mésentérique supérieur, suivant exactement en cela la distribution de l’artère. Ces plexus s’avancent fort peu sur les parois de l’intestin lui-inème, et paraissent bornés à environner les rameaux vasculaires qui y pénètrent.
Parvenu dans le méso-rectum, le plexus mésentérique s’épanouit beaucoup et se continue avec le plexus hypogastrique, qu’il concourt en grande partie à former, en se réunissant ici avec les nerfs sacrés. Les rameaux de ce plexus vont se répandre à l’intestin rectum , à la vessie, aux vésicules séminales; dans la femme, au vagin et à la matrice, en suivant dans toutes ces parties le trajet des artères correspondantes. Distribués aux autres divisions de l’artère hypogastrique, ils sortent avec elles du bassin, et leur forment les plexus propres qui les accompagnent à la partie postérieure de la cuisse.
On trouve peu de ganglions dans toute l’étendue du plexus mésentérique inférieur. Ceux qui se remarquent sont toujours rapprochés de l’artère principale.
5°. Plexus rénal .
Celui-ci, double comme l’organe auquel il appartient, naît de la partie latérale des plexus cœliaque et mésentérique supérieur. Il commence par deux
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ou trois ganglions assez volumineux placés sur l’artère rénale, à l’endroit où elle naît de l’aorte. Ces ganglions donnent naissance à beaucoup de rameaux ténus qui, pour l’ordinaire , se portent sur l’artère parallèlement à sa direction et sans s’entre-croiser ensemble, disposition remarquable par laquelle ce plexus diffère essentiellement des autres. Ce n’est qu’après des divisions artérielles que les rameaux nerveux s’entrelacent d’une manière sensible , mais peu fréquemment. Ils pénètrent ainsi dans la substance propre du rein, en suivant les rameaux de l’artère rénale dans leur distribution. D’autres filets partant du même plexus vont se porter aux capsules surrénales , et concourent à former les petits plexus qui accompagnent les artères capsulaires. Enfin , c’est principalement du plexus rénal que naît un autre plexus peu considérable nommé spermatique . Celui-ci, formé par un petit nombre de rameaux, descend en accompagnant l’artère du même nom. Deux autres ganglions se remarquent dans ce trajet. Il suit l’artère jusqu’à sa distribution au testicule chez l’homme, à l’ovaire chez la femme. Mais son extrême ténuité n’a pas permis même à Walter, de le découvrir fort loin au-delà de son origine.
Tel est le plexus rénal considéré dans sa disposition générale et pris à sa principale origine. Mais le plexus solaire n’est point le seul qui concourt à le former, comme nous le verrons tout à l’heure.