DES GANGLIONS
Parmi les caractères nombreux qui établissent entre le système nerveux cérébral et celui des ganglions une différence tranchante, caractères observés par Bichat et développés d’une manière si brillante dans X Anatomie générale , il en est un que nous devons rappeler ici , parce qu’il est plus spécialement relatif à la disposition anatomique. C’est que les nerfs des ganglions se distribuent partout au système circulatoire, paraissent exister pour lui et lui appartenir exclusivement. C’est avec les artères seulement qu’ils s’introduisent dans les organes , ou plutôt c’est aux artères seules qu’ils se distribuent immédiatement quelque part quelles se trouvent, et le tissu des organes n’en reçoit que quelques rameaux rares et isolés ; tandis qu’au contraire les nerfs cérébraux s’écartent continuellement des vaisseaux sanguins, suivent souvent une direction toute différente; et lors même qu’ils s’en rapprochent, ne se répandent point sur leurs parois. Ce rapport constant entre le système nerveux des ganglions et le
système vasculaire, se remarque même sur le cœur; car, comme nous l’avons vu , les nerfs cardiaques se trouvent tous soit à l’origine des gros troncs artériels, soit sur le trajet des artères coronaires, et n’appartiennent point proprement aux libres musculaires dont le cœur est composé.
Sans doute ce fait anatomique incontestable (i) ne peut nous conduire à fixer le rapport de fonctions qui a lieu entre les deux systèmes dont il s’agit, puisqu’on ne connaît point les propriétés positives des nerfs des ganglions ; mais nous devons en conclure au moins qu’il reste ici , en physiologie, une lacune importante et essentielle : car il est raisonnable de penser que deux systèmes constamment réunis ensemble existent l’un pour l’autre , sont nécessaires l’un à l’autre, et que si nous ne pouvons déterminer le mode de leur correspondance mutuelle, nous ne devons nous en prendre qu’à finsuffisance de nos moyens,
Nous pourrions ici présenter , par forme de réea pitulalion, l’ensemble des nerfs qui se distribuent à
( i ) Ce fait, affirmé d’une manière si positive par le savant et laborieux continuateur de l’ouvrage de Bieliat ( Buisson )/est cependant aujourd’hui très-douteux. Searpa et M. Lobstein ont reconnu cpie les filets des nerfs cardiaques se terminent dans le tissu musculaire du cœur ; on voit les filets du plexus coronaire stomachique se perdre dans la membrane muqueuse de la face postérieure de d’estomac ; Buretère reçoit du plexus rénal des filets qui se continuent sur ses parois et s’y terminent ; la membrane muqueuse génito-urinaire en peçoit du plexus bypogastrique , etc. ( Note ajoutée, )
chaque organe. Mais ce travail , qui nous obligerait de nommer une foule de parties non encore décrites, nous paraît présenter peu d’utilité. En examinant chaque organe en particulier, nous serons conduits nécessairement à indiquer les sources principales d’où il reçoit ses nerfs, comme celles d’où lui viennent ses vaisseaux. Les connaissances qu’on aura acquises alors rendront ces détails beaucoup plus intéressans qu’ils ne pourraient l’être dans ce moment.
SECONDE PARTIE