DES GANGLIONS ABDOMINAUX
Ceux-ci, plus nombreux que les cervicaux , plus constamment distincts les uns des autres que les thoraciques, font suite au système nerveux général et ont été décrits par les auteurs comme formant la continuation de ce qu’on nommait nerf grand sympathique. L’examen attentif de leur disposition prouve qu’on doit suivre, en les décrivant, la marche que nous avons adoptée jusqu’ici , et les considérer comme autant de centres nerveux particuliers d’où partent des rameaux destinés à diverses parties,
DE LA VIE ORGANIQUE. 3gg
Ces ganglions occupent l’espace compris entre la douzième côte et l’union de la dernière vertèbre lombaire avec le sacrum. Ils sont situés sur les parties latérales et antérieure du corps' des vertèbres plus rapprochés du milieu de ce corps que les ganglions thoraciques. Ordinairement ils répondent aux os eux-mêmes, quelquefois aux fibro-cartiîages qui les réunissent : ceci tient au nombre des uan-
güons, qui est fort sujet à varier. Tantôt, en effet, on en compte cinq, tantôt, et plus souvent, on n’en trouve que trois bien marqués et bien sensibles.
Le volume des ganglions abdominaux, moindre que celui des cervicaux, l’emporte pour l’ordinaire sur celui des thoraciques. Quelquefois on les trouve plus considérables d’un côté que de l’autre. Leur forme est irrégulière, plutôt allongée qu’arrondie. Leur couleur, grisâtre comme aux cervicaux, contruste souvent avec celle de leurs rameaux, qui est plus blanche. Ces rameaux se distinguent comme ailleurs, en supérieurs, inférieurs, externes et internes.
i°. Hameaux supérieurs et inférieurs . Us se rendent d’un ganglion à l’autre, et ne servent qu’à établir cette communication que l’on prend souvent pour continuité. Leur nombre varie beaucoup plus qu’aux thoraciques : souvent au lieu d’un seul on i en trouve deux ou trois. Leur existence n’est pas i même très-constante. U n’est point rare de trouver i un ganglion entièrement isolé de celui qui le pré- ] cède, et communiquant seulement avec celui qui le | suit. D’autres fois, deux ganglions rapprochés l’un : de l’autre se réunissent immédiatement par conti- ; unité de substance ; ce cas est moins fréquent,
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Toujours ces rameaux sont d’une ténuité extrême : différence remarquable d’avec les rameaux semblables des ganglions thoraciques. Leur longueur varie suivant l’espace qui sépare les ganglions entre eux, espace qui varie lui-même suivant le nombre et la position des ganglions. Leur direction est ordinairement un peu oblique, ce qui tient, soit à la courbure de la colonne vertébrale , soit au rapport mutuel des ganglions, qui rarement se trouvent tous sur la même ligne.
2°. Rameaux externes. Leur nombre est incertain. Ordinairement chaque ganglion en produit deux ou trois, qui tantôt naissent isolément, tantôt sont réunis dans leur origine. Ils sont assez volumineux, plus longs que dans la région thoracique, vu la position plus antérieure des ganglions sur la colonne vertébrale. Leur direction , oblique en haut pour les ganglions supérieurs, transversale pour les moyens, est oblique en bas pour les inférieurs. Dans leur trajet , ils croisent la direction des artères lombaires, au-devant desquelles ils passent; quelquefois ils se contournent autour d’elles. Enfin ils s’enfoncent entre les attaches du muscle carré des lombes, et s’anastomosent , au niveau des trous de conjugaison, avec les branches antérieures des nerfs lombaires.
Outre ces rameaux , on en trouve plusieurs autres beaucoup plus ténus qui naissent tantôt des ganglions , tantôt des rameaux supérieurs et inférieurs, tantôt enfin des rameaux externes les plus volumineux. Ils se portent sur le muscle carré des lombes, et pénètrent dans son intérieur, où ils se perdent.
DE TA VIE ORGANIQUE. /jOl
T Rameaux internes. Ils sont multipliés et tous fort ténus. Leur origine a lieu soit aux ganglions , soit aux rameaux supérieurs et inférieurs. Presque aussitôt ils s’entrelacent ensemble d’une manière fort irrégulière, et se dirigent ainsi au-devant de Faorte abdominale, dont ils forment en partie le plexus. Souvent , dans ce trajet , iis sont interrompus par de petits ganglions secondaires qui se trouvent aux divers points d’anastomose.
Prolongés sur Faorte, ces rameaux vont concourir au plexus mésentérique inférieur. Souvent un d’entre eux , isolé des autres et plus volumineux T suit le trajet de l’aorte sans s’anastomoser , et va se perdre dans le meme plexus mésentérique.
ARTICLE CINQUIÈME
DES G.AAGLÎOXS SACRÉS.
Leur nombre est assez difficile à bien déterminer; mais leur existence est constante. Pour l’ordinaire , on en trouve trois bien prononcés; mais lorsqu’on, avance plus inférieurement, on ne voit souvent plus , de l’un et de l’autre côtés , que quelques filets ténus qui paraissent se perdre au-devant du coccyx.
Ces ganglions, situés à la face antérieure du sacrum, répondent tantôt à Funiom des différentes pièces de cet os, tantôt et plus souvent aux trous sacrés antérieurs , recouvrant alors en partie les derniers nerfs que îa^ moelle fournit. En devant, ils répondent au péritoine. Leur forme, habituellement m. 26
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irrégulière, est assez souvent ovale de haut en bas ; leur couleur est grisâtre, leur consistance très-peu marquée. Les rameaux quils donnent se distinguent en supérieurs, inférieurs , externes, internes et antérieurs* Je ne parle ici que des trois premiers ganglions.
i°. Rameaux supérieurs et inférieurs . Ils établissent, comme partout ailleurs, des communications entre les ganglions d’où ils partent. Leur nombre est plus variable que dans aucune autre région. Souvent on en trouve deux ou trois allant d’un ganglion à l’autre. Lors même qu’un seul existe , sa ténuité contraste sensiblement avec le volume du ganglion dont il conserve cependant la couleur. Souvent on peut remarquer que ces rameaux naissent des cotés du ganglion , et non de sa partie supérieure ou inférieure, quoiqu’ils prennent ensuite, en se recourbant un peu, la direction verticale qu’ils ont toujours dans leur trajet.
La longueur de ces rameaux , mesurée ordinairement par l’espace qui sépare les trous sacrés antérieurs, varie suivant l’éloignement mutuel plus ou moins grand des ganglions.
Assez souvent on ne trouve aucun rameau semblable entre le premier ganglion sacré et le dernier ganglion abdominal, en sorte qu’il y a alors une interruption manifeste dans le système nerveux organique , au niveau de l’union du sacrum avec la colonne vertébrale.
2°. Rameaux externes . Ils sont multipliés et assez gros, naissent irrégulièrement par faisceaux , et vont s’anastomoser avec les nerfs sacrés correspondais.
Quelquefois ces rameaux manquent, le ganglion se continuant immédiatement avec le nerf sacré, dont il est toujours très-rapproché.
Plusieurs rameaux externes , plus minces que les antres , se répandent sur les muscles pyramidal et releveur de l’anus.
3°. Rameaux internes. Ils naissent en nombre indéterminé, et se portent, dans une direction plus ou moins oblique , sur le milieu du sacrum , en se réunissant à ceux du côté opposé. Souvent, dans leur trajet, ils s’entre-croisent ensemble et forment une espèce de plexus.
4°. Rameaux antérieurs. Ce sont les plus ténus et ies plus nombreux. Ils se portent sur les parties latérales postérieures du rectum , et se perdent aussitôt dans le plexus hypogastrique.
Les rameaux inférieurs du troisième ganglion sacré prennent une direction très-oblique en dedans et en bas, se rapprochant de ceux du côté opposé. Tantôt ils se terminent à un quatrième ganglion, auprès du quatrième trou sacré ; tantôt et plus souvent, le quatrième ganglion n’existant pas , ils continuent leur trajet jusqu’à l’union du sacrum avec le coccyx. Là, ils offrent quelquefois un petit renflement à peine sensible dont on a fait un cinquième ganglion, mais dont l’existence n’est rien moins que constante. Bientôt après , les rameaux forment, en s’anastomosant avec ceux du côté opposé, une arcade renversée dont la convexité fournit un petit faisceau de filets divergens qui se perdent à la partie antérieure du coccyx.
Voilà la terminaison
inférieure
du système ner**
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veux organique , telle que les recherches les plus exactes ont pu la découvrir. Très -souvent on ne rencontre point l’arcade dont nous parlons , et les filets ténus du troisième ganglion sacré paraissent se perdre isolément sur le sacrum et le coccyx. , sans se rapprocher de ceux qui lui correspondent du côté opposé , et sans qu’on puisse déterminer au juste l’endroit où ils finissent.