DU CERVEAU
Le cerveau occupe la plus grande partie de la cavité du crâne, qu’il remplit en totalité jusqu’à la tente du cervelet sur laquelle il appuie, et qui sépare en arrière la portion supérieure de cette cavité destinée à le loger, de l’inférieure, qui appartient au cervelet et à la protubérance cérébrale. Sa forme est ovale longitudinalement, plus élargie en arrière qu’en devant , ce qui est relatif à la forme du crâne, convexe en haut, plane eu certains endroits, inégale dans d’autres. Nous suivrons la marche suivante dans la description de cet organe: i° nous examinerons sa conformation extérieure , celle qu’on peut apercevoir sans intéresser sa substance; 20 nous traiterons de sa conformation intérieure, de celle que la dissection seule peut rendre apparente ; 3° enfin, son organisation nous occupera.
§ Ier. Conformation extérieure du Qervcau.
Pour bien concevoir cette conformation ? il faut
diviser l’extérieur du cerveau en deux surfaces 9 dont l’une répond à la voûte du crâne, l’autre à sa base.
a. Surface supérieure du Cerveau.
La surface supérieure ou convexe présente sur la ligne médiane une scissure profonde qui la sépare en deux parties. Cette scissure, bornée en bas et dans le milieu par le corps calleux, s’étend en devant et en arrière jusqu’à la base du cerveau , qu’elle divise en totalité dans ces deux endroits. Le repli de la dure-mère désigné sous le nom de faux cérébrale l’occupe toute entière, et sépare ainsi le cerveau en deux parties qu’il soutient de l’un et de l’autre côtés. Ces deux parties , l’une droite , et l’autre gauche, se nomment hémisphères cérébraux. Allongés, convexes en dehors et en haut, planes en dedans, ils ne présentent aucune trace de la division en trois lobes qu’on remarque inférieurement d’une manière sensible. Libres en devant , en arrière et en dehors, ils sont continus, en dedans et en bas, au corps calleux , qui les réunit. Cette continuité offre la disposition suivante : chaque hémisphère s’avance un peu en dedans au-delà du point de réunion, et appuie seulement sur le corps calleux dont il est séparé par la pie-mère. Il résulte de là, de chaque côté, une fente longitudinale correspondant à la face supérieure du corps calleux , et occupée par diverses branches artérielles.
Toute la surface extérieure des hémisphères cérébraux est remarquable par un grand nombre d’é-
minences que séparent des enfoncemens irréguliers: ce sont les circonvolutions et anfractuosités cérébrales. Les cavités sont extrêmement variables dans leur disposition. Leur profondeur est à peu près toujours la même, mais elles ont tantôt beaucoup de longueur, et tantôt une fort petite étendue. Leur direction est transversale, longitudinale ou oblique , mais toujours marquée par un grand nombre de sinuosités secondaires en forme de zigzag. Tantôt elles sont simples jusqu’à l’endroit où elles se terminent; le plus souvent elles se subdivisent dans leur trajet en plusieurs autres, ou plutôt se continuent avec celles qui les avoisinent. Plusieurs sont exactement isolées. Celles de la convexité se propagent à la face plane de la scissure médiane et à la base.
Les saillies ou circonvolutions suivent la meme disposition que les cavités ; elles répondent aux enfoncemens que bon remarque sur la surface interne des os du crâne. Cependant j’ai observé souvent cpie la disposition des inégalités susorbitaires n’est point exactement analogue à celle des anfractuosités des lobes antérieurs, de manière que nécessairement des circonvolutions doivent correspondre en quelques points à ces inégalités. Quant à la voûte du crâne, ces enfoncemens osseux sont superficiels. Les saillies qui les séparent, assez prononcées sur le coron al , le sont encore sur la portion écailleuse des temporaux, mais peu sur les pariétaux et sur focci pitai. En passant sur les circonvolutions cérébrales, farachnoide en masque la sailiie; cette membrane, ainsi que la pie-mère , étant enlevées, on les
voit très-bien avec leurs anfractuosités correspondantes. Dans ces anfractuosités s’observent d’autres saillies secondaires disposées ainsi qu’il suit: elles naissent d’une circonvolution, et s’engagentdansdes enfoncemens correspondans creusés sur la circonvolution contiguë : il faut écarter celle-ci pour voir cette disposition.
Toutes les circonvolutions disparaissent, comme je l’ai dit, et le cerveau s’égalise à l’extérieur, lorsque, dans l’hydrocéphale, la sérosité distend les ventricules à un certain degré et d’une manière graduée; elles diminuent aussi, mais moins sensiblement, dans Fépanchement subit de l’apoplexie.
b. Surface inférieure du Cerveau ,
La surface inférieure du cerveau doit être considérée comme la précédente , i° sur la ligne médiane, 2 sur les cotés.
Le milieu de la base du cerveau est partagé en deux parties fort distinctes et totalement séparées par la protubérance cérébrale , qui est unie à cet organe au moyen de ses deux prolongemens antérieurs. Nous allons examiner ce qui se trouve derrière et devant cette protubérance. Mais je remarque auparavant que, pour bien voir tous les objets, il faut absolument enlever et l’arachnoïde et la piemère avec ses prolongemens, qui masquent tellement la plupart des inégalités et des enfoncemens, qu’il n’est presque pas possible de rien apercevoir tant qu’elles existent.
. Derrière la] protubérance. i° on trouve tout-à-
fait en arrière une fente considérable et perpendiculaire, qui termine dans ce sens la scissure médiane dont nous avons parlé, -et qui sépare les deux lobes postérieurs. La faux remplit cette fente par son extrémité postérieure, et isole complètement l’un de l’autre ces deux lobes. 20. Plus -en devant, on voit ces deux lobes tenant l’un à l’autre par la partie postérieure du corps calleux réuni à la base de la voûte à trois piliers. 3°. Entre l’extrémité de ces deux portions médullaires qui est en haut, et les tubercules quadrijumeaux qui se trouvent en bas, se remarque une fente large, transversale et très-sensible, qui conduit dans le ventricule cérébral moyen, et par laquelle la pie-mère s’introduit dans celte cavité en formant, comme il a été dit plus haut, un repli dans lequel se trouvent et le canal de l’arachnoïde qui pénètre également dans le ventricule, et la glande pinéale qui est placée sous ce canal (1). 4°. Cette fente se continue de chaque coté avec une autre qui se trouve entre les corps frangés qui terminent les piliers postérieurs de la voûte, et les couches optiques. Cette seconde fente offre une forme demicirculaire, due à la convexité que présentent les couches optiques dans cet endroit, et à la concavité des corps frangés qui s’v accommodent en embrassant ces couches. Par celle seconde fente, la pie-mère pénètre dans les ventricules latéraux pour se continuer dans ces ventricules avec leurs plexus.
Ces deux fentes, une de chaque coté , et celle qui
( 1 ) V oyez la note de la page £9.
est sous le corps calleux, n’eu forment, comme on le voit, réellement qu’une seule très-large, que bornent en haut la voûte, le corps calleux, les corps frangés,* en bas les tubercules quadrijumeaux et les couches optiques. Cette large fente établirait une libre communication -entre l’extérieur du cerveau et ses cavités intérieures sans la pie-mère qui la bouche par ses prolongemens, et surtout sans l’arachnoïde intérieure qui la tapisse par ses replis. On voit facilement tout ceci, lorsqu’après avoir enlevé toute la masse cérébrale et l’avoir renversée avec précaution, on soulève en arrière le cervelet, et l’on coupe tous les prolongemens membraneux qui l’unissent au cerveau et qui s’enfoncent dans cette grande fente à laquelle les auteurs n’ont presque pas fait attention, sans doute parce qu’ils ont toujours étudié le cerveau entouré de ses membranes : elle mérite cependant une considération spéciale; on peut l’appeler grande fente cérébrale. En coupant le cervelet et Délaissant que la protubérance, on nedétruit rien, et on se ménage beaucoup plus de facilité pour l’observer.
Au-devant de la protubérance cérébrale , on voit, en procédant de devant en arrière, i° une scissure perpendiculaire qui fait suite, comme la précédente, à celle de la convexité du cerveau, et qui sépare l’un de l’autre les deux lobes antérieurs. Cette scissure reçoit l’extrémité de la faux, qui en remplit le tiers antérieur seulement; postérieurement, elle est remplie en bas par de petits prolongemens vasculaires qui d’un lobe passent à l’autre, et par l’arachnoïde , qui, comme je l’ai dit, se porte aussi im-
médiatement d’un lobe à l’autre sans s’enfoncer entre eux. Elle est bornée en haut par la partie antérieure du corps calleux , qu’on y découvre en écartant ies lobes. 2°. Plus en arrière , on voit une portion membraneuse assez solide , qui part de cette partie inférieure du corps calleux et va se porter à la surface supérieure de la réunion des nerfs optiques, qu’il faut soulever avec précaution après avoir enlevé leur enveloppe arachnoïdienne, pour bien distinguer cette portion membraneuse. Elle se continue manifestement avec la pie-mère; mais son aspect et sa texture sont bien différons de ceux de celle-ci : elle est transparente, résistante et peu vasculaire. Elle bouche le ventricule moyen, dont on voit à découvert, en la perçant, l’extrémité antérieure ainsi que la commissure correspondante. 3°. Derrière et sous cette portion membraneuse de nature particulière, on trouve le concours des nerfs optiques dont nous parlerons ailleurs. 4°* Une substance grisâtre, analogue en apparence à la substance corticale, mais qui en diffère en effet, tient à ces nerfs, et vase terminer au niveau des éminences mamillaires. Bornée sur les côtés et en avant par ces nerfs, qui l’embrassent et sous lesquels elle s’enfonce un peu, cette substance occupe un petit espace quadrilatère , au milieu de la substance médullaire qui l’environne de tontes parts au dehors, et qui occupe aussi un peu son centre, comme on peut le voir en la fendant. Le coprs que forme cette substance mériterait aussi bien un nom particulier que la plupart des parties cérébrales qu’on a dénom-
mées (i). Elle correspond en haut au ventricule moyen du cerveau, dont elle forme en partie le plancher; en bas, elle se continue avec la tige pituitaire. 5°. La tige pituitaire est un prolongement mou, d’un aspect rougeâtre , assez épais à son origine supérieure, se rétrécissant toujours davantage en se portant en bas et un peu en arrière pour se continuer avec la glande de même nom. Elle est contenue dans un canal que lui forme l’arachnoïde, laquelle se déploie ensuite sur la glande. Elle ne paraît point creuse dans son intérieur, quoique plusieurs auteurs l’aient pensé. 6°. \j& glande pituitaire est un corps arrondi et transversalement allongé, qui occupe la cavité de son nom creusée sur le sphénoïde. Appuyé inférieurement sur la duremère, ce corps en est environné dans tout son contour; mais supérieurement l’arachnoïde seule le recouvre. La dure-mère semble donc comme percée circulairement dans cet endroit pour la place de cette glande. Ce nom de glande ne lui convient point, puisqu’on ignore ses usages. Son tissu, grisâtre à l’extérieur, est jaunâtre en dedans. Quelques vaisseaux sanguins la parcourent. Quelquefois je l’ai vue dure et comme squirrheuse, une autre fois en suppuration. J’y ai trouvé aussi des graviers; mais ils sont infiniment moins fréquens que dans la glande pinéale, ce qui semble annoncer une différence de structure entre ces deux petits corps, qui se ressemblent beaucoup par leur couleur, leur
(i) Les anatomistes lui ont donné le nom de tuber cinercum.
( Note ajoutée. )
DU CERVEAU ET DE SES DÉPENDANCES, 8 i
texture, leur disposition intérieure, et leur isolement du cerveau, auquel cependant ils tiennent chacun par une appendice. rj°. Les tubercules ma miliaires , ou pisiformes , sont situés derrière la substance grisâtre dont nous avons parlé plus haut; ils sont unis par une petite portion grisâtre qui se continue avec la substance antérieure. Ces tubercules correspondent; comme elle au ventricule moyen, dont ils concourent à former le plancher, et au dedans duquel ils font plus ou moins de saillie. L’union de ces éminences est souvent si peu marquée, qu’on, peut les écarter sans rupture sensible, et voir une fente quelles laissent alors entre elles, et qui communiquerait dans le ventricule moyen , sans le repli arachnoïdien qui bouche celui-ci. 8°. Enfin, derrière les tubercules mamillaires, on trouve une excavation triangulaire qui est entre les prolongemens antérieurs de la protubérance cérébrale. Le fond de
cette excavation offre une portion médullaire qui unit ces prolongemens , et qui forme , avec les objets précédens, la paroi inférieure du ventricule moyen.
Divers trous vasculaires se remarquent sur cette portion médullaire, que tapisse la pie-mère, et dont l’arachnoïde est très-écartée.
Tels sont, avec la protubérance cérébrale qui les sépare, les objets nombreux que présente le milieu, de la base du cerveau.
Sur les côtés de la ligne médiane, cette base du cerveau offre la division des hémisphères en trois lobes. i°. Le lobe antérieur , plane, triangulaire à peu près, plus large en arrière quen devant, plus élevé que les autres, présente, près de son bord inuh G
terne, un sillon pour les nerfs olfactifs, sillon qui forme une anfractuosité cérébrale, et qui paraît très-profond lorsqu’on enlève l’arachnoïde de dessus ^ lui. Ce lobe repose sur la région orbitaire du coronal. 20. Le lobe moyen , fort distinct du précédent, au-dessous du niveau duquel il fait une saillie considérable, est arrondi, et rétréci vers son extrémité antérieure; il occupe et remplit les fosses temporales internes beaucoup plus déprimées que les antérieures. 3°. Un enfoncement considérable, nommé scissure de Sylvius , sépare les lobes antérieur et moyen. Obliquement dirigée en dehors et en avant, cette scissure est très-profonde; mais dans l’état naturel elle est diminuée extérieurement par la dis» position de l’arachnoïde qui passe sur elle sans s’y enfoncer. En dehors, elle se perd dans les anfractuosités de la surface extérieure, et présente absolument l’aspect de ces anfractuosités. En dedans et en arrière, elle se continue avec une autre scissure dont nous allons parler, et qui borne le lobe moyen. Dans cet endroit, la substance blanchâtre y est à nu, percée de plusieurs ouvertures vasculaires trèslarges, et qui admettent des vaisseaux considérables, ce qui fait une exception à la disposition générale des vaisseaux cérébraux. Quelques stries médullaires s’observent sur cette substance blanche qui se voit en dedans de la scissure de Sylvius, et qui va se continuer, en se rapprochant de celle du côté opposé, avec la partie antérieure du corps calleux, sous la membrane que nous avons dit boucher en devant le ventricule moyen. 4°- La seconde scissure, à laquelle se termine en arrière celle de
Sylvius, et que les auteurs ont négligée, est longitudinale. Bornée par le iobe moyen en dehors, elle l’est en haut et en dedans par le prolongement antérieur de la protubérance cérébrale et par le nerf optique; postérieurement elle se continue avec la grande fente cérébrale qui communique dans les ventricules. On ne la voit bien , ainsi que cette fente, qu’après avoir enlevé la pie-qçière et l’arachnoïde. Elle forme avec la scissure de Sylvius un angle presque droit. 5e. Le lobe postérieur se continue avec le moyen, dont il est distingué seulement par une excavation large et peu profonde , qui répond à la convexité du cervelet, sur la tente duquel tout le lobe appuie.
Dans toute cette surface inférieure, on remarque beaucoup moins de profondeur dans les anfractuosités cérébrales. Elles n’ont guère que la moitié de celle qu’on trouve aux anfractuosités de la surface supérieure. Ceci tient à ce que les cavités intérieures du cerveau sontbeaucoup plus rapprochées de cette surface inférieure.
Tel est le cerveau considéré à l’extérieur : exami- : nous maintenant sa conformation intérieure.
§ II. Conformation intérieure du Cerveau .
Nous suivrons ici le même ordre que nous avons adopté dans la description des deux surfaces externe Lires du cerveau, c’est-à-dire que nous examine. • irons v i° ce qui se trouve sur la ligne médiane; 20 les objets latéralement situés.
a. Objets situés entre les deux Hémisphères cérébraux. «
Corps calleux. Le corps calleux est le premier objetqui se présente sur la ligne médiane, en procédant de haut en bas. Il offre une portion médullaire large , qui unit l’un à l’autre ces deux hémisphères. Sa forme e^t quadrilatère et allongée , sa largeur plus grande en arrière qu’en avant, sa direction horizontale, son épaisseur de quelques lignes seulement, sa situation telle qu’il se rapproche un peu plus de la partie antérieure que de la postérieure du cerveau. i°. Sa surface supérieure se voit en partie à découvert, lorsqu’après avoir enlevé la faux on écarte doucement les deux hémisphères; et elle est en partie cachée au-dessous de ces hémisphères, qui, s’avançant sur elle, lui sont contigus dans cet endroit, et forment, comme je l’ai dit, une cavité longitudinale de chaque côté. Le milieu de cette surface offre deux lignes saillantes, longitudinales, et à peu près parallèles , que bornent des sillons correspondans, et auxquelles se réunissent plusieurs autres lignes et sillons transverses (i ). Recouverte en entier par la pie-mère, cette surface est le point de réflexion de l’arachnoïde , qui se porte d’un hémisphère
(i) Entre ces deux lignes saillantes , ou fdets longitudinaux , se trouve, sur le trajet delà ligne médiane, une ligne saillante aussi , correspondant au Lord inférieur de la faux du cerveau , formée d’un tissu plus compacte , et pénétrant toute l’épaisseur de l’organe ; on lui a donné le nom de raphé du corps calleux.
( Note ajoutée. )
à l’autre. 20. La surface inférieure du corps calleux ne se voit bien qu’en commençant de bas en haut la dissection du cerveau; elle paraît beaucoup plus large que la supérieure, parce qu’en haut ce corps se continue plus tôt avec la substance cérébrale. Cette surface recouvre les ventricules latéraux sur les côtés, et dans le milieu la voûte à trois piliers. En arrière , elle est immédiatement continue à cette voûte et fait corps avec elle; quelquefois cependant j’ai vu les deux piliers postérieurs, écartés l’un de l’autre , laisser entre eux un espace assez large oûle corps calleux se voyait à nu. Dans ces deux tiers antérieurs , cette surface, distincte de la voûte, lui tient par la cloison des ventricules, qui se continue avec elle dans toute son étendue. 3°. L’extrémité postérieure du corps calleux, confondue avec la voûte, plus large que le reste de son étendue, offre en bas un renflement transversal et arrondi qui fait une
saillie très-sensible , et qui rend cette extrémité beaucoup plus épaisse que le reste du corps. En l’examinant dans la dissection inférieure du cerveau, on voit qu’elle se continue latéralement avec les cornes d’Àmmon. 4°- L’extrémité antérieure du corps calleux ne finit point à l’endroit où on la trouve entre les hémisphères; elle se recourbe inférieurement d’une manière très-marquée, forme une- concavité du côté des ventricules, embrasse la partie antérieure des corps striés, et ferme ainsi ces ventricules. On voit facilement ceci lorsqu’on renverse le cerveau , et qu’on coupe la protubérance cérébrale de manière à découvrir le corps calleux inférieurement. Il résulte de cette disposition courbe en de-
vant, et de la saillie formée en bas par l’extrémité postérieure, que le corps calleux, qui paraît plane en haut, a réellement une forme très-concave, considéré inférieurement. Après s’ètre ainsi recourbé en devant, de manière à offrir une concavité qui borne les ventricules dans ce sens, il se termine par une lame qui se prolonge en arrière, et qui forme en partie la paroi inférieure de ces cavités , dont il a déjà formé la paroi supérieure. C’est entre ces deux lames du corps calleux que se trouve la partie antérieure de la cloison des ventricules. Tous les anatomistes ont mal saisi cette disposition du corps calleux en devant; aucun ne l’a décrite. 5°. Par ses bords latéraux, ce corps se confond avec la substance médullaire du cerveau. Au-dessous de lui , on trouve la cloison des ventricules.
Clois ondes ventricules. La cloison des ventricules se voit bien lorsqu’on soulève avec précaution le corps calleux dans son milieu. Née, en haut, de ce corps, et y tenant dans toute son étendue, elle se termine en bas sur la voûte dans sa partie postérieure; mais antérieurement, et au-delà de l’écartement des deux piliers qui forment l’origine de la voûte, elle tient à une substance médullaire, prolongement du corps calleux, qui s’étant recourbé, comme j’ai dit, bouche en bas et en devant les ventricules latéraux. Il y a à peu près un pouce d’étendue entre l’extrémité antérieure de la voûte et celle du corps calleux, oû commence ce prolongement. Cette cloison se trouve sur la ligne médiane de cet espace, en sorte quelle n’appartient qu’assez peu à la voûte par son bord inférieur, quoique les anatomistes
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aient dit le contraire. Les deux surfaces de cette cloison correspondent aux ventricules latéraux, et particulièrement aux corps striés en avant, et en arrière aux couches optiques. En devant, elles se terminent au corps calleux, dans la concavité qui résulte de sa courbure antérieure. Elle a une hauteur trèssensible en cet endroit : mais plus en arrière elle va toujours en se rétrécissant; en sorte que sa forme est véritablement triangulaire. Deux lames distinctes forment cette cloison , et il reste entre elles une petite cavité dans laquelle un fluide séreux se trouve quelquefois accumulé. Cette cavité communiquet-elle avec celle des ventricules? une membrane particulière la tapisse-t-elle (1)?
Voûte à trois piliers . Elle se rencontre au-dessous de la cloison des ventricules. Ce corps médullaire, triangulaire dans sa forme, recourbé sur lui-mème de haut en bas, présente sa plus grande largeur en arrière. i°. Sa surface supérieure, contiguë dans sa
(i) Cette cavité, que l’on a nommée fosse de Sy lotus , ou cinquième ventricule, est plus grande chez le foetus que chez l’enfant , et chez celui-ci que chez l’adulte. Elle est cordiforme dans le premier âge; c'est une fente allongée chez les vieillards. Selon les frères Wenzel, elle est tapissée par une membrane dont on peut quelquefois détacher des lambeaux dans certains cas de maladie. Selon eux aussi, on trouve à son extrémité postérieure une petite fossette triangulaire ou cordiforme, dont l’étendue n’est pas toujours en rapport avec celle de la cavité principale : en y enfonçant une soie , on parvient dans le troisième ventricule ; mais on ne peut reconnaître , dans l’état naturel , l’ouverture qui lui livre passage au-dessous de la commissure antérieure.
( Note ajoutée. )
plus grande partie au corps calleux, lui est unie sur la ligne médiane et en devant par les deux lames de la cloison des ventricules; elle se confond avec lui en arrière. Sa surface inférieure répond à la toile choroïdiemie, qui la tapisse en entier et qui présente la meme forme qu’elle. Cette portion de pie-mère plus dense sur la ligne médiane, devient fort mince sur les côtés, et forme tout-à-fait en dehors les deux replis considérables que l’on a nommés plexus cho -
roïcles. Ce sont ces deux replis qui bornent en dehors la voûte , et indiquent ses bords latéraux au-delà desquels ils font saillie dans les ventricules. Quand on a enlevé la toile choroïdienne, on trouve sur la surface inférieure de la voûte une ou deux lignes longitudinales auxquelles plusieurs autres transversales ou obliques viennent se rendre, en formant ainsi ce que les anatomistes ont nommé la lyre; mais le plus souvent ces lignes m’ont paru à peine apparentes. 3°. En devant, la voûte se termine par une portion rétrécie qui constitue son pilier antérieur. Cette portion se recourbe en suivant les corps striés pour se porter perpendiculairement en bas. Aussitôt après avoir pris cette direction, elle se divise en deux cordons médullaires fort distincts, qui s’écartent successivement davantage, passent derrière la commissure antérieure, et vont, à travers la substance cérébrale qui les cache, se terminer aux éminences mamilîaires. Derrière chacun des cordons médullaires qui composent le pilier antérieur, se trouve une ouverture ovalaire plus ou moins large, et par laquelle les ventricules latéraux communiquent avec le moyen. L’extrémité de la
DU cerveau et de ses dépendances. 89
toile choroïdienne se continue par ces ouvertures avec le plexus choroïde. 4°. En arrière, îa voûte se termine par deux portions médullaires étroites et aplaties, entre lesquelles reste un écartement triangulaire qu’occupe une lame médullaire, et quelquefois seulement le corps calleux à nu, comme je i’ai dit : ce corps est alors le siège des stries qui forment la lyre. Ces deux prolongemens médullaires qui terminent la voûte en s’écartant beaucoup l’un de l’autre, paraissent être une suite des deux cordons d’origine dont nous pariions tout à l’heure, et qui, d’abord écartés, se joignent intimement pour s’écarter encore. Ils se portent, en se contournant dans îa seconde partie des ventricules latéraux, au-devant des cornes d’Ammon, dont ils suivent la direction , mais dont ils sont toujours distincts par une rainure, quoiqu’ils offrent la même structure et qu’ils leur soient unis. Ils sont recouverts par les plexus choroïdes. On les a nommés corps frangés. Ils se terminent, à l’extrémité des ventricules, en se perdant sur les cornes d’Ammon. Us offrent en devant, sur leur con-
cavité, un bord aigu qui appuie sur la partie postérieure des couches optiques. C’est entre ce bord et ces couches qu’existe la fente latérale dont nous avons parlé, et par laquelle la pie-mère extérieure vient se continuer avec les plexus choroïdes.
Glande pinéale . Au dessous de la voûte à trois piliers, et en arrière, on trouve un petit corps grisâtre, dont la forme est assez irrégulière : c’est la glande pinéale. Embrassée dans tout son contour postérieur par la duplicature de la pie-mère qui s’enfonce dans le ventricule moyen pour
former la toile choroïdienne , elle lui adhère assez pour s’enlever constammen t avec elle et avec la voûte, lorsqu’on renverse celle-ci. Elle est, comme la glande pituitaire , partout isolée de la substance cérébrale, excepté en devant où elle se dégage de la pie-mère qui l’enveloppe partout ailleurs , et où elle se continue avec les couches optiques, par deux petits prolongemens médullaires blanchâtres, lesquels se portent obliquement en dehors, et se continuent assez long-temps sur la partie interne de ces couches optiques, avant de se confondre avec elles près le pilier antérieur de la voûte. Ils sont à la glande pinéale ce qu’est à la pituitaire la tige du même nom; ils forment sa connexion avec le cerveai^Souvent cette glande contient de petites granulations calculeuses (i) : je l’ai vue changée en un calcul plus gros quelle. Inconnue dans sa nature , elle paraît avoir de l’analogie avec la substance corticale du cerveau. Des vaisseaux assez marqués viennent s’y rendre. J’ai observé que c’est entre la glande pinéale et la toile choroïdienne que l’on trouve l’orifice interne du canal arachnoïdien (a), orifice toujours
(1) Ordinairement elles sont réunies en une petite masse qua-
drilatère sous la membrane choroïdienne , près de la commissure postérieure ; quelquefois elles sont irrégulièrement placées sur les cotés ou dans le tissu même de l’organe. Les plus grosses résultent de l’agglomération d’un certain nombre de petites ; elles sont toutes rondes , quoiqu’au premier coup d’œil elles paraissent être de forme irrégulière. Les frères EVenzel ont cru reconnaître . à l’aide d’un microscope , qu’une membrane propre les unissait les unes aux autres. ( Note ajoutée . )
(2) V oy.' la note de la page 5q.
très-distinct de ce côté , où son contour est bordé par deux lignes saillantes formées par des granulations cérébrales , et réunies angulairement dans leur partie antérieure.
Ventricule moyen du cerceau. Au-devant de la glande pinéale , on trouve le ventricule moyen du cerveau. Sa forme est allongée en avant, et sa direction horizontale. Plus large à ses deux extrémités que dans son milieu, il a partout fort peu d’étendue, comparativement aux latéraux. i°. En haut, la toile choroïdierme et la voûte à trois piliers bornent sa cavité, qui a moins d’étendue dans ce sens qu’inférieurement , où une paroi assez mince le sépare de la base du crâne , en sorte qu’il est beaucoup plus près de cette base que de la voûte , ce qui est l’inverse d’une partie des ventricules latéraux. a0. Cette paroi inférieure du ventricule moyen est formée ainsi qu’il suit : postérieurement, par la portion médullaire qui occupe Fintervalîe des prolongemens antérieurs de la jirotubérance cérébrale, et qui se trouve immédiatement continue de chaque côté avec les couches optiques; plus en devant, par la partie supérieure des tubercules mamillaires que réunit une petite portion médullaire, mais qu’on sépare, comme je l’ai dit, avec une extrême* facilité, par leur partie inférieure, de manière à pénétrer , sans léser sensiblement leur substance , dans le ventricule moyen; plus en devant encore, par cette substance grisâtre qui se trouve au-dessus de Ja tige pituitaire à laquelle elle donne naissance (i).
(i) C’est à cette partie du troisième ventricule, concave,
tp APPAREIL DES SEINS INTERNES.
3°. Sur ies côtés , le ventricule moyen est borné par les couches optiques, qui offrent ici une surface aplatie , par laquelle elles se touchent clans la plus grande partie de leur étendue, sans se continuer , excepté en devant où une bandelette médullaire grisâtre passe souvent de l’une à l’autre. Cette bandelette n’est constante ni pour l’existence, ni pour la forme, ni pour le volume; il est aussi ordinaire de la rencontrer que de ne la pas trouver. 4°- En devant et en haut, un cordon médullaire transversal borne le ventricule moyen : on le nomme commissure antérieure. Il passe d’un hémisphère à l’autre, est libre et apparent dans l’étendue d’un demi-pouce, mais se prolonge beaucoup plus loin de chaque côté, au milieu de la substance grisâtre. Dans ce trajet, il se recourbe en arrière d’une manière sensible, et forme une concavité postérieure très-marquée. Arrondie dans sa portion libre, la commissure antérieure est un peu aplatie , et sensiblement plus grosse clans le cerveau. De chaque côté , sa substance s’épanouit à ses extrémités dans celle de cet organe. Au-dessous de la commissure , on voit cette membrane très-fine, transparente , dont j’ai parlé en décrivant la base cérébrale (pag. 79) : elle bouche une ouverture qui reste , lorsqu’on l’enlève, entre la commissure et la paroi inférieure du ventricule moyen (1),
étroite , et formant en apparence une petite fente , que F011 a donné le nom d ’ i nf ’.m cl ib ulu in . Sa partie la plus profonde répond à la tige pituitaire , dans laquelle néanmoins elle ne se prolonge pas , comme quelques auteurs Font prétendu. ( Note ajoutée. ) (1) C’est cette ouverture, située au-dessous de la commissure
ouverture par laquelle celui-ci communiquerait au dehors , sans cette membrane qui se trouve soutenue dans l’état ordinaire par l’adossement des nerfs optiques , au-dessus desquels elle est située. L’extrémité antérieure du ventricule moyen offre donc un véritable cul-de-sac où s’arrête la sérosité. 5°. En arrière, ce ventricule est borné supérieurement par un autre cordon médullaire analogue, au premier coup d’oeii , au précédent : c’est la commissure postérieure. Ce cordon passe d’une couche optique à l’autre; mais lorsqu’on dissèque la substance cérébrale, on voit qu’il ne s’y prolonge point ; il est plus long que la portion du précédent qu’on voit en dehors; il parait aussi plus gros. Au-dessous de cette commissure, se trouve l’orifice de l’aqueduc de Sylvius , qui mène au ventricule du cervelet, et dont nous parlerons (i).
b. Des Objets situés dans les deux Hémisphères
cérébraux.
Les deux hémisphères cérébraux offrent dans leur intérieur deux grandes cavités placées au milieu de la substance cérébrale (a). Celte substance formé ,
antérieure, que les anatomistes anciens appelaient la omloe du cerceau (vulva cerebri).
(1) C’est l’orifice de l’aqneduc de Svlvius , au-dessous de la commissure postérieure, qui avait reçu le nom à’ anus cerebri.
( Notes ajoutées . )
(2) Dans un mémoire adressé , en 1 824 - à l’Académie royale «le médecine, M* Laurencet de Lyon a soutenu que les venin-
dans ces cavités , diverses éminences et inégalités plus ou moins sensibles; de plus, elle représente autour des mêmes cavités une enveloppe plus ou moins épaisse , médullaire en dedans et corticale en dehors. Examinons d’abord les cavités , puis les objets contenus.
Ventricules latéraux. Ces ventricules, fort étendus en longueur, et assez larges, communiquent avec le ventricule moyen, et occupent, par la courbure considérable qu’ils présentent, une grande partie du centre cérébral. Ils commencent à peu près à un pouce et demi de l’extrémité antérieure du cerveau, où il se trouvent un peu écartés et dirigés en dehors. Ils se portent de là en arrière et en dedans , en se rapprochant l’un de l’autre; puis, au milieu du cerveau, ils s’écartent de nouveau, et se dirigent en dehors et en bas jusqu’à l’endroit où les piliers postérieurs de la voûte donnent naissance aux corps frangés; là, ils changent absolument de direction, et revenant sur eux-mêmes ils se portent en bas, en dehors et en avant, pour se terminer près de la scissure deSylvius en se rapprochant un peu l’un de l’autre. Il résulte de là que chaque ventricule est foTmé de deux moitiés continues entre elles, mais distinctes par leur direction; l’une, supérieure, plus près de la convexité cérébrale, s’étend de l’extrémité
cules cérébraux n’existent réellement pas ; qu’ils ne sont que le résultat du rapprochement des lames de la membrane nerveuse , qui , selon lui , constitue l’encéphale , et peut être déployée sans aucun déchirement.
( Note ajoutée . )
antérieure du cerveau jusque sur les parties latérale et postérieure de la voûte, et se courbant sur elle-même, présente sa convexité en dedans, et sa concavité en dehors; l’autre, inférieure, plus voisine de la base du cerveau, commence à l’endroit où finit la première, et se termine en avant et en bas, près de la scissure de Sylvius, offrant sa convexité en dehors et sa concavité en dedans. Cette seconde portion, qui se trouve véritablement audessous de la première, en est séparée par la couche optique, qui se trouve dans la paroi supérieure de l’une et inférieure de l’autre; c’est derrière cette couche qu’est leur continuité. A l’endroit de cette continuité, là 011 le ventricule se contourne, une petite cavité accessoire se remarque en arrière, et se nomme cavité digitale. Considérons en particulier ces trois parties.
La portion supérieure des ventricules latéraux est bornée en haut par la surface inférieure du corps àcalleux, cpie surmonte une épaisseur considérable ! de substance cérébrale, qui garantit cette cavité. îEn bas, elle offre plusieurs éminences dont nous lallons parler. E11 dedans, la cloison des ventricules (la sépare d’avec la cavité voisine. En devant, le corps icalleux la termine par sa portion recourbée, et la sépare de la substance cérébrale des lobes antérieurs qui, au-delà, présente près d’un pouce et idemi d’épaisseur. En arrière, elle se continue, en se jrecourbant comme je l’ai dit, avec la portion inféirieure. — Celle-ci occupe la partie antérieure du lobe postérieur et tout le lobe moyen ; elle est séparée en jbas par une épaisseur peu marquée de la base céré-
<j6 APPAREIL DES SENS INTERNES.
braie. En devant, il n’y a aussi entre elle et la scissure de Sylvius que très-peu de substance cérébrale; en haut et en dehors, on en rencontre beaucoup. — La cavité digitale, creusée dans le lobe postérieur, a de toutes parts autour d’elle une épaisseur assez grande de substance cérébrale.
Les ventricules latéraux sont divisés dans toute leur longueur, depuis l’extrémité de leur portion supérieure jusqu’à l’extrémité opposée de leur portion inférieure, par une fente à laquelle correspondent les plexus choroïdes. Cette fente est, dans la portion supérieure, entre les couches optiques qui sont en dehors, et les bords de la voûte à trois piliers qui, appuyant sur ces couches, se trouvent en dedans. Elle commence, de chaque côté et en avant, d’ouverture ovalaire placée derrière chaque division du pilier antérieur de la voûte, et par laquelle il y a une communication libre entre les ventricules latéraux et le moyen ; mais la fente elle-même étant occupéepar ieprolongementde la toile choroïdienne, et fermée par un repli de l’arachnoïde qui de l’une de ses parties se porte à l’autre, ne permet aucune communication. Dans la portion inférieure, cette même lente résulte de la contiguïté des corps frangésavecFextrémité postérieure des couches optiques. Le prolongement de la pie-mère extérieure qui vient aux plexus choroïdes Foccupe, et elle est fermée aussi par un repli de l’arachnoïde.
Examinons maintenant les objets contenus dans les ventricules.
i°. On observe dans leur portion supérieure les
corps striés , les couches optiques , et la bandelette demi-circulaire.
Corps striés. Ce sont deux éminences pyriformes, obliquement situées , de manière que leur extrémité la plus étroite se trouve en arrière et en dehors. Elles sont ainsi nommées à cause de la disposition de la substance médullaire dans leur intérieur, disposition dont nous parlerons ailleurs. Assez rapprochés en devant, ces corps s’écartent beaucoup en arrière, où ils se perdent insensiblement en pointe. Leur couleur est grise et même un peu brunâtre; les vaisseaux sanguins qui rampent presque à nu sur leur surface les rendent remarquables : ce sont les radicules des veines de Gcdien. Saillans et libres en dedans, en avant et en haut, où l’arachnoïde les recouvre, ils soutiennent, dans cet endroit, le corps calleux, auquel ils ne sont que contigus; ils se continuent en arrière, en dehors et en bas, avec la : substance médullaire du cerveau. Sur plusieurs suj jets, la surface libre de ces corps présente, du coté : de la bandelette demi-circulaire, de petites stries ! médullaires extrêmement fines, qui semblent quel- 1 quefois se continuer avec cette bandelette, et d’autres fois en sont isolées; et qui, se portant en diver- ! ses directions sur les corps frangés, s’y perdent I bientôt. Le nombre de ces petites stries varie beau- 1 coup; quelquefois il n’y en a qu’une ou deux, d’autres fois elles manquent : leur disposition n’est pas moins variable.
Couches optiques. Plus en arrière, on trouve Tes couches optiques : ce sont deux corps médullaires en dehors, et par conséquent blanchâtres. Plus vain.
g8 APPAREIL DES SENS INTERNES.
lumineux en arrière qu’en devant, ce qui est l’inverse des corps striés, ils répondent en partie dans les ventricules latéraux, en partie dans le moyen, et en partie à l’extérieur du cerveau. Leur forme est arrondie et irrégulière. Pour bien voir cette forme, il faut enlever la voûte pour les embrasser du meme coup d’œil dans les ventricules latéraux et dans le moyen. i°. Leur partie externe se confond entièrement avec la substance cérébrale et avec celle des corps striés, dont la sépare en haut, sur leur surface libre, la bandelette demi-circulaire. 20. L’interne répond dans le ventricule moyen. On y voit d’abord la saillie médullaire et linéaire que forme de chaque côté le prolongement de la glande pinéale. Au-dessous de cette saillie , la couche optique est aplatie, quelquefois contiguë seulement à celle du côté opposé, d’autres fois continue par la portion dont nous avons parlé, et qui traverse le ventricule moyen. Cette partie interne de la couche optique est un peu plus grise que la supérieure. 3°. Celle-ci , très-sensiblement blanche, se voit dans les ventricules latéraux, dont elle occupe la paroi inférieure en dedans et en arrière des corps striés. 4°. La partie inférieure des couches optiques se voit à la base du cerveau, quand on a enlevé toutes les membranes; elle est remarquable par la disposition suivante : en dehors et en arrière, les nerfs optiques tirent leur origine de cette partie inférieure (1),
(i) Les nerfs optiques ne naissent point des couches optiques , comme on le pensait encore à l’époque où écrivait Bich ,
DU CERVEAU ET DE SES DÉPENDANCES. gg
ils côtoient ensuite pendant un certain trajet avant de i abandonner. En dedans, le prolongement anterieur correspondant de la protubérance cérébrale vient se rendre à cette partie dans laquelle il se perd, en sorte que ce prolongement se trouve véritablement entre deux couches médullaires qu’il unit, savoir, la protubérance et la couche optique.
I * ^ ^ en arrière, cette partie inférieure offre
une ou deux saillies, et se continue avec les tuber'
; cules quadrijumeaux. 5°. L’extrémité antérieure de la couche optique correspond à l’ouverture de communication entre les ventricules moyen et latéraux, ouverture quelle complète en arrière, le pilier de i la voûte la formant en avant et en haut. 6°. L’extrémité postérieure, libre, contiguë seulement aux corps frangés, correspond à l’endroit où les ventricules se recourbent.
Bandelette demi- circulaire. Entre les couches optiques et les corps striés, on trouve, dans un sillon qui les séparé, la bandelette demi- circulaire , espèce de cordon médullaire blanchâtre , demi-transparent et extrêmement délicat. Elle commence en devant à l’ouverture de communication des ventricules latéraux avec le moyen, vers le pilier antérieur de lia voûte, tantôt par plusieurs filets, tantôt par un seul cordon; de là, elle remonte entre les deux, ainsi que nous venons de l’indiquer, passe sur plusieurs veines qui vont au corps strié, et permet de les distinguer à cause de sa transparence; est unie à la
[mais Lien des tubercules quadrijumeaux , comme nous le dirons .plus tard. ( Note ajoutée . )
ioô APPAREIL DES SENS INTERNES.
substance cérébrale, là où aucune veine ne se rencontre; se dirige de plus en plus en arrière, se recourbe en bas et vient se perdre près de l’endroit où naît le nerf optique, en faisant ainsi un trajet très-considérable dans les ventricules, où sa partie supérieure est libre.
a°. La portion inférieure des ventricules latéraux contient le corps frangé, la corne d’Àmmon et ses accessoires.
Nous avons déjà parlé des corps frangés , à la description desquels nous avons été entraîné par celle de la voûte , dont ils continuent évidemment les piliers postérieurs.
Cornes cV Ammon ou Pieds d’ Hippocampe. Ce sont deux prolongemens médullaires recourbés sur eux-mêmes, présentant leur concavité en devant, leur convexité en arrière, et occupant la paroi inférieure de la portion inférieure des ventricules. Ils naissent des parties latérales de l’extrémité postérieure du corps calleux, se portent d’abord en dehors, puis se recourbent en devant, vont tou jours en s’élargissant , et viennent finir dans le cul-de-sac qui termine les*ventricules , par une extrémité renflée que surmontent deux ou trois tubercules plus ou moins saillans et séparés par des rainures sensibles. Libres dans les ventricules parleur face supérieure, les cornes d’ Ammon sont confondues en bas avec la substance cérébrale, qui, ayant en cet endroit une épaisseur peu considérable, ne les sépare que par un petit intervalle de la base du crâne. Une rainure très-sensible borne le bord convexe de ces éminences. Derrière cette rainure, la
DU CERVEAU ET DE SES DÉPENDANCES. TOI : substance médullaire qui forme la paroi inférieure des ventricules offre un renflement plus ou moins sensible , lequel suit la direction de ces memes éminences, et représente quelquefois une saillie accessoire presque aussi marquée qu’elles ; mais le plus i souvent cette saillie est peu sensible.
La concavité de la corne d’Ammon est bordée, comme je l’ai dit, par une bandelette médullaire : qui forme le corps frangé. Lorsqu’on soulève cette bandelette, on observe au-dessous d’elle une rai- I mire assez profonde que les auteurs n’ont point in« j diquée, et qui suit la meme direction qu’elle. Cette rainure, que je compare à celle qui est entre la partie interne de chaque hémisphère et le corps calleux, est formée en haut par cette bandelette, en bas par la partie postérieure d’une portion très-large | de substance médullaire, laquelle portion contiguë j aux parties latérales des prolongemens antérieurs ! de la protubérance et aux couches optiques, concourt à former en bas la fente par laquelle la piemère de la base du cerveau pénètre dans la partie inférieure du ventricule, tandis que cette fente ré- 1 suite plus haut delà continuité de la couche optique : et du corps frangé.
Au fond de la rainuredont je pariais tout à l’heure, et que surmonte le corps frangé qui la forme en I haut, est un autre corps de couleur grisâtre, de substance corticale par conséquent , qui se contourne commecette rainure, présente une concavité antérieure et une convexité postérieure. Ce corps , i en forme de petit cordon, présente beaucoup de j petits sillons qui le coupent perpendiculairement
ou obliquement, et d’unemanière très-irrégulière (i). Les auteurs l’ont négligé, quoiqu’il soit aussi remarquable que le corps frangé, dont il suit exactement la direction, recouvert par lui. Pour le bien voir, ainsi que la portion médullaire assez large qui est au-devant de lui, et qui concourt avec le corps frangé à former la rainure concave dont il occi oe le fond ou l’angle rentrant, il faut exactement dépouiller les parties et de la pie-mère et, des vaisseaux qui les recouvrent et qui les masquent en s’y distribuant.
Éminence digitale. Nous avons indiqué une petite cavité à l’endroit où les deux portions inférieure et supérieure des ventricules se réunissent : une petite éminence plus ou moins saillante et ordinairement en forme de mamelon , nommée éminence digitale , occupe la paroi inférieure de cette cavité. Elle est quelquefois divisée par une rainure, de manière à paraître double. Elle est blanchâtre comme la corne d’Ammon. Morand l’a spécialement décrite (2).
§ III. Organisation du Cerveau. e
Deux substances entrent essentiellement dans l’organisation cérébrale: l’une grisâtre, molle, spongieuse, porte le nom de substance corticale , parce
(1) C’est ce cordonnet que Vicq-d’Azyr a nommé portion godronnée.
(2) Les auteurs l’ont désignée sous le nom d ergot , de petit
hippocampe , d’ éminence unciforme. ( Notes ajoutées. )
DU CERVEAU ÊT UE SES DÉPENDANCES. ïo3
quelle est le plus communément extérieure; l’autre, blanchâtre , d'une consistance à peu près égale à celle de la précédente, parsemée, lorsqu’on la coupe, d’un grand nombre de points rougeâtres, indices des Vaisseaux sanguins divisés, s’appelle la substance médullaire. La double couleur de ces substances est d’autant plus distincte que le cerveau est plus frais; la différence devient moins sensible à mesure qu’il tend plus à la putréfaction. La substance médullaire prédomine évidemment sur la corticale, par sa masse. Je n’examinerai point la nature intime de Lune et de l’autre; elle nous est absolument inconnue, et toutes les hypothèses imaginées sur leur structure, essentiellement vasculaire selon les uns, glanduleuse suivant d’autres, n’ont aucun fondement qui repose sur le témoignage des sens , seul guide en anatomie (i). Je renvoie, pour leur
(i) Suivant l’opinion la plus générale, la substance grisâtre, désignée parla plupart des anatomistes sous le nom de substance corticale , presque entièrement vasculaire, est un organe sécrétoire, et la substance blanche, que l’on appelle substance médullaire , est composée de vaisseaux excréteurs , ou au moins de lilamens conducteurs ; les nerfs sont des faisceaux de ces vaisseaux ou filamens ; et la moelle vertébrale n’est elle-même qu’un de ces faisceaux pins considérable que les autres. Cependant* M. Gall regardait , vraisemblablement avec plus déraison, l’ensemble du système nerveux comme un réseau dont toutes les portions participent à l’organisation et aux fonctions du tout, et non pas comme un arbre divisé en branches et en rameaux. Selon ce savant anatomiste, la matière grise est la matrice des filets médullaires ; partout où elle existe , il naît de ces filets ; chaque fois qu’un filet médullaire traverse de la matière grise,
composition , à ce cpie j’ai dit clans Y Anatomie générale. Je vais tout de suite m’occuper de leurs proportions diverses.
Entre les hémisphères , on rencontre d’abord le corps calleux. 11 est entièrement médullaire, et n’offre pas plus de densité cpie les autres portions de la même substance. Lorsqu’on soulève de dessus lui des lames minces, suivant sa largeur, on y voit des stries transversales qui sont parallèles à celles que présente sa face supérieure , et qui semblent indiquer une texture fibreuse, texture qu’en effet plusieurs lui ont attribuée. Mais il est incertain si cette disposition striée n’est point l’effet d’un tiraillement léger produit par Faction de l’instrument, et aucun autre fait n’indique cette nature fibreuse cpie l’on peut encore révoquer en doute. On a beaucoup parié des fibres du cerveau; les philosophes surtout, qui, clans leurs recherches métaphysiques, ont eu besoin cle quelques données physiologiques, leur ont fait jouer un grand rôle clans leur langage : mais ces fibres
il grossit par les filets qu’elle lui donne , et il ne peut grossir sans le concours de cette matière ; selon lui aussi , la moelle vertébrale n’est point un faisceau de nerfs descendant du cerveau , mais un composé de substance grise qui se renfle au niveau de chaque paire de nerfs , et donne naissance aux filets blancs qui doivent la former par leur assemblage; le cerveau et le cervelet ne sont eux— mêmes que des développemens de faisceaux venus de la moelle vertébrale, auxquels sont ajoutées d’autres masses de fibres blanches provenant de la couche de - substance grise qui enveloppe les hémisphères , substance qu’il assimile aux ganglions, et, qui selon lui, forme en effet dans l’encéphale plusieurs ganglions. ( Note ajoutée .)
DU CERVEAU ET DE SES DÉPENDANCES. lo5
sont aux sens ce que sont à la raison beaucoup de leurs idées, des choses gratuitement supposées (i).
La voûte à trois piliers, molle et facile à détruire, est entièrement médullaire comme le corps calleux.
■ Son prolongement antérieur ainsi que les corps frangés qui forment ses piliers postérieurs ont la meme structure. Aucune trace de substance corticale ne s’y rencontre; on n’y voit non plus aucune fibre. Ce serait avoir une idée bien inexacte du cerveau, que d’en supposer la substance fasciculée , comme celle des muscles, des organes fibreux, etc.: chaque substance y forme un tout sans division, sans stries; c’est comme la substance du foie, etc.
La glande pinéale, qui se trouve au-dessous delà voûte, parait formée de substance corticale. Mais cette substance a un aspect particulier, et sans doute une nature différente; car elle s’ossifie assez souvent, tandis que la substance qui revêt extérieurement le cerveau ne s'ossifie jamais. Au reste, il n’y a pas de substance blanche dans ce corps luimême; au contraire, ses proion gemens supérieurs sont entièrement médullaires.
La commissure antérieure, toute médullaire aussi, conserve manifestement cette nature au milieu des corps striés, dans lesquels elle se prolonge.
La commissure postérieure offre absolument la
(i)La structure fibreuse du cerveau n’est point, comme le dit Biehat, une supposition gratuite : telle est, du moins, l’opinion de Haller , Malaearne, Monro , Sœmmering , Vicq-d’Azyr, Meckel, Wenzel; telle est celle de MM. Gallet Spurzheim, Bauer, Everard Home, etc, ( Note ajoutée.)
même structure dans la petite étendue qu’elle présente. La substance médullaire seule forme aussi la lame inférieure du ventricule moyen , lame que l’on voit entre les deux prolongemens antérieurs de la protubérance cérébrale. Enfin, les éminences mamillaires sont aussi médullaires, quoique d’une couleur un peu plus foncée au milieu qu’en dehors. Il résulte de là, qu’à l’exception de cette portion de substance grisâtre qui se trouve au-dessus de la tige pituitaire, de cette tige elle-même, et des glandes pituitaire etpinéale, toutes les parties du cerveau situées sur la ligne médiane sont médullaires. Pourquoi cette absence de substance corticale sur la ligne médiane? Les objets qui s’y trouvent sont-ils plus essentiels que ceux des côtés ? Est-ce parce qu’ils sont destinés à être des moyens d’union entre ceux-ci?
Dans les hémisphères , il y a deux choses à considérer : i° la structure de la substance cérébrale qui entoure les ventricules; 20 celle des diverses éminences situées dans les mêmes cavités.
On trouve autour des ventricules une masse considérable de substance cérébrale. Tout ce qui est au-dessus du niveau du corps calleux en est formé. En devant, en arrière et sur les côtés, on en rencontre beaucoup aussi. Il y en a moins en bas, les ventricules étant plus près dans ce sens de l’extérieur du cerveau. Lorsqu’on enlève exactement toute cette substance, de manière à n’en laisser que ce qu’il faut pour ne point pénétrer dans les cavités , l’hémisphère est réduit presque au tiers. Cette substance cérébrale paraît, malgré son volume, peu essentielle aux fonctions du cerveau. Elle a été
plusieurs fois intéressée impunément. Les fongus dont elle est le siège subsistent souvent long-temps sans trouble dans les mouvemens ou dans les sensations. On dirait qu’elle ne sert que d’enveloppe et d’écorce aux parties plus essentielles que contiennent les ventricules (i). Cette substance est médul-
(1) La moelle allongée paraît être , en effet , le véritable centre d’action du système nerveux ; mais quoique toutes les parties de ce système concourent à un but unique, elles ont chacune une fonction particulière : or , rien de plus incertain encore que les fonctions spéciales de chaque partie de l’encéphale. D’après Rolande , les sensations et les voûtions ont leur siège dans les hémisphères cérébraux ; le cervelet , qui leur est subordonné dans son action, est l’organe du principe moteur, D’aprèsM. Flourens , le cervelet est bien l’organe qui coordonne les mouvemens volontaires , mais c’est à la portion de la moelle surmontée par les tubercules quadrijumeaux que se rendent les sensations ; c’est de ce point qu’émane l’influence nerveuse qui détermine les mouvemens musculaires. Au contraire , d’après MM. Foville et Pinel— Granchamp , le cervelet est le siège de la sensibilité , et la substance médullaire des lobes cérébraux celui des mouvemens volontaires ; la partie antérieure des hémisphères cérébraux et les corps striés président aux mouvemens des membres inférieurs ; la partie postérieure de ces lobes et les couches optiques aux mouvemens des membres supérieurs. M. Dugès regarde également le cervelet comme le siège de la sensibilité , et les hémisphères comme celui des mouvemens volontaires ; mais il pense que la sensation est transmise directement au côté du cervelet correspondant à l’impression , et qu’ainsi il n’y a pas d’effet croisé comme pour le cerveau. D’un autre côté , M. Bouillaud établit par des observations nombreuses que les lobules antérieurs des hémisphères cérébraux président aux mouvemens des organes de la parole ; M. Foville lui oppose d’autres observations d’où il semble résulter que le siège de ces mouvemens serait dans la corne d’Ammon.
Iû8 APPAREIL DES SENS INTERNES.
laire en dedans, et corticale en dehors. Chaque hémisphère est complètement grisâtre à son extérieur, à cause de cette disposition. 11 n’y a qu’à la
Selon M. Gall, le cerveau est composé d’autant de systèmes nerveux particuliers qu’il y a dans le moral de facultés primitives et originelles; et selon que le cerveau d’un animal contient un nombre plus ou moins grand de ces systèmes , et que ces systèmes sont plus ou moins développés, cet animal a dans sa sphère morale un nombre plus ou moins grand de facultés , et des facultés plus ou moins actives. Chaque faculté a dans le cerveau une partie nerveuse qui lui est affectée , de même que chaque sens a son système nerveux spécial : la seule différence , c’est que les systèmes nerveux des sens sont séparés , distincts ; tandis que les systèmes nerveux des facultés sont réunis et concentrés , et paraissent ne former qu’une seule masse.
Les raisonnemens sur lesquels M. Gall fonde son hypothèse de la pluralité des organes du cerveau, sont les suivans : i°. La pluralité des facultés entraîne nécessairement la pluralité des organes. 2°. On observe entre les hommes beaucoup de variétés psychologiques dont la cause ne peut être que dans le cerveau ; or, puisque la forme générale de cet organe est sensiblement la même , cette cause consiste en des différences qui portent sur des parties isolées du cerveau, et par cela même ces parties isolées sont autant de systèmes nerveux distincts. 3°. Dans un même homme, jamais les facultés intellectuelles et morales n’ont toutes le même degré d’activité; tandis qu’une prédomine , une autre est faible. Or, ce fait, inexplicable si l’on regarde le cerveau comme un organe unique , se conçoit très-bien si l’on admet la pluralité des organes : tandis que la partie cérébrale qui est l’agent de la première faculté est proportionnellement plus volumineuse ou plus active , celle qui préside à la seconde l’est moins. 4°- Dans un même individu, jamais toutes les facultés n’apparaissent et ne se perdent simultanément ; chaque âge a sa psychologie : c’est que chaque système spécial a son époque
DU CERVEAU ÈT DS SES frEPÊTCDANCES. 109
i partie interne de la scissure de Sylvius où l’on trouve ! une couleur blanchâtre qui indique la nature médullaire des hémisphères en cet endroit. Enfoncée
Spéciale de développement et de décroissement. 5°. Il est d’observation que , lorsqu’on est fatigué par un genre d’occupation , une occupation d’un autre genre, loin d’ajouter à la fatigue, peut servir de délassement : c’est qu’un nouvel organe cérébral est alors mis en jeu. 6°. Chez les individus affectés de monomanie , un des principaux moyens de guérison, c’est de faire naître dans leur esprit une nouvelle série d’idées qui détournent et éloignent celles dont ils sont préoccupés. Or, ce fait est inexplicable dans l’hypothèse de l’unité du cerveau. 7 0 . Demêmedans l’idiotie , dans la démence , si le cerveau était un organe unique , comment une faculté persisterait-elle au milieu de l’abolition de toutes les autres ? 8\ Enfin on voit quelquefois une plaie , une lésion physique bornée à un point de l’encéphale ne modifier qu’une seule faculté , la paralyser ou l’exalter , et laisser toutes les autres intactes.
Quelques-uns de ces argumens seraient sans doute sujets à discussion ; mais toujours est-il certain que si la pluralité des systèmes nerveux cérébraux n’est pas rigoureusement démontrée , du moins cette hypothèse mérite-t-elle toute l’attention des psychologistes. La supposant admise , M. Gall 11’avait plus qu’à chercher de combien de systèmes nerveux spéciaux est composé le cerveau de l’homme , et quelles sont les facultés intellectuelles et morales primitives auxquelles préside chacun d’eux. Dans l’impossibilité de prendre pour point de départ l’étude anatomique du cerveau, puisque les systèmes nerveux cérébraux ne sont pas isolés, et que d’ailleurs leur inspection ne peut apprendre à quelle faculté chacun d’eux préside, il examina la tête d’individus qui présentaient à un très-haut degré certaines facultés prédominantes, ou qui excellaient dans tel ou tel genre d’occupations , et chercha à y reconnaître quelques parties du cerveau qui fussent proéminentes , et qu’on put regarder comme les systèmes nerveux spéciaux ou les organes de ces 1 acuités. Il étudia aussi
î ÎO
dans les anfractuosités, et déployée sur les circonvolutions, la substance corticale forme une couche assez mince sur ces parties, en sorte que, s’il était
le crâne des animaux , comparant ceux qui sont doués à un trèshaut degré d’une faculté spéciale , et ceux qui ne l’ont pas , afin de voir s’il n’existe pas dans le cerveau des premiers une partie qui manque dans celui des seconds.
C’est ainsi qu’il est arrivé à spécifier dans le cerveau de l’homme vingt-sept organes correspondant à autant de facultés, et dont un certain nombre existent également chez les animaux : ceux-ci occupent des parties du cerveau que l’on trouve dans les animaux comme dans l’espèce humaine , les parties postérieure-inférieure et antérieure-inférieure ; tandis que ceux qui sont exclusifs à l’homme siègent dans la partie antérieure-supérieure , qui forme le front, et qui n’existe que chez lui.
Nous ne nous arrêterons pas davantage à cette ingénieuse théorie. Nous ferons seulement observer que, pour que les recherches que M. Gall a faites sur les crânes humains et sur ceux des animaux aient pu donner les résultats qu’il en a tirés , il faut , 1° que l’activité d’une fonction résulte toujours du développement de son organe ; 2° que tous les organes cérébraux aboutissent à la périphérie du cerveau ; 3° que le crâne soit exactement moulé sur celle-ci , de manière à en être une représentation fidèle, puisque ce n’est qu’à travers cette enveloppe osseuse et les tégumens qu’il a pu apprécier l’état du cerveau. Or, de ces trois propositions, la première peut être fondée en thèse générale , mais n’est pas toujoursincontestahle; la seconde supposerait démontrées les idées de M. Gall sur l’anatomie du cerveau. Selon se savant anatomiste , les faisceaux nerveux qui , par leur épanouissement , forment les hémisphères cérébraux , grêles d’abord , grossissent successivement en traversant divers ganglions , et se terminent dans les circonvolutions , qui sont l’épanouissement final des organes cérébraux , et sur lesquelles , malgré leur apparente ressemblance , M. Gall assure qu’il fait aisément la différence des organes qu’il admet. Enfin , quant à la troisième proposition , il est
ossible cle l’enlever exactement, les hémisphères, estes médullaires, conserveraient la meme forme; t cela tient à ce que la substance médullaire se rolongeant dans les circonvolutions, en forme omme le noyau. Ces prolongemens de la substance nédullaire partent d’un centre épais de cette subtance, qui surmonte le corps calleux et se continue vec sa surface supérieure. Vieussens Fa appelé le entre ovale.
La structure des objets situés dans les ventricules st celle-ci :
Dans le corps strié, la substance corticale est extérieure, et a beaucoup d’épaisseur, surtout en aut et en bas. Lorsqu’on fend ce corps perpendiculairement, la substance médullaire se présente au lilieu sous la forme d’une bandelette étroite qui ègne dans toute sa longueur, et qui se recourbe en vaut et en bas, pour venir se continuer au-delà e ce corps avec le corps calleux. Lorsqu’au conxiire on coupe transversalement le corps strié, la lème substance médullaire se présente sous la arme d’une lame large qui occupe la plus grande
lien vrai que le crâne se moule en général sur la forme du cer- Lau , qu’il en suit toutes les variations dans les divers âges et bans les maladies ; mais l’existence des sinus frontaux et celle du nus longitudinal supérieur, l’écartement possible des hémi— obères cérébraux sur la ligne médiane, l’épaisseur des tégumens, ? s empreintes musculaires que présente la surface externe du jrâne, etc. , etc. , empêcheront toujours de préjuger, par l’exaten du crâne , les aptitudes intellectuelles et morales.
( Note ajoutée.)
partie de ce corps, et qui, en dedans et en devant, se termine par des stries plus ou moins sensibles, isolées les unes des autres, et enfoncées dans la substance corticale : c’est de là que lui est venu son nom.
La bandelette demi-circulaire parait comme muqueuse et demi-transparente. Elle a, en effet, trèspeu de consistance; elle appartient toute entière à la substance médullaire.
Les couches optiques ont, dans toute leur étendue, une enveloppe extérieure médullaire. Mais lorsqu’on les fend perpendiculairement de haut en bas, on voit qu’elles sont formées de deux portions distinctes, quoique continues. La supérieure, qui répond spécialement aux ventricules latéraux et au ventricule moyen, présente une substance grisâtre analogue , jusqu’à un certain point, à la corticale des autres parties, mais beaucoup plus pâle et plus rapprochée du blanc; elle a aussi beaucoup plus de consistance; elle se trouve un peu mélangée avec la médullaire dans divers points. La portion inférieure, qui avoisine la base du cerveau, et qui donne naissance aux nerfs optiques, est presque entièrement médullaire.
Les cornes d’Ammon sont médullaires à l’extérieur, dans l’épaisseur d’une ligne à peu près. Tout leur intérieur offre la substance corticale beaucoup plus prononcée que dans les couches optiques, et plus analogue à celle qui enveloppe extérieurement le cerveau. Meme disposition dans l’éminence digitale.
De ce que nous venons de dire , il résulte que tout
DU CERVEAU ET DE SES DÉPENDANCES. Il3
ce qui est sur ies côtés du cerveau offre presque un mélange des substances corticale et médullaire, lesquelles cependant ne sont jamais en proportion égale, soit que la première se trouve à l’extérieur, comme dans toute la substance cérébrale qui se voit en dehors, dans les corps striés, dans le cordon qui <est subjacent au corps frangé, etc., soit qu’elle occupe le centre, comme aux couches optiques, aux cornes d’Ammon, aux éminences digitales, etc. Cette structure contraste avec celle des objets situés sur la ligne médiane.
ARTICLE QUATRIÈME