‹ Traité d'anatomie descriptive de Xavier BichatChapitre 43 sur 56 · DU DUODÉNUM · texte numérisé non relu

DU DUODÉNUM

§ T". Disposition. Organisation extérieure.

Le duodénum, nommé ainsi parce que sa longueur

est ordinairement estimée à douze travers de doigt,

occupe la partie moyenne profonde de l’abdomen, où il se trouve caché , soit par l’estomac, soit par la portion transversale du colon et par le méso-colon. Appliqué sur la colonne vertébrale, assujetti en devant par le péritoine, qui passe sur lui sans lui

former aucun repli postérieur, il a une situation fixe et constante que ne présentent ni Festomac ni les autres parties du conduit intestinal, ce qui permet d’indiquer plus exactement ses rapports.

En haut, le duodénum correspond au foie, et à une partie du col de la vésicule biliaire ; en bas , il est borné par le feuillet inférieur du méso-colon; en devant, il répond au feuillet supérieur de ce même repli et médiatement à la face postérieure de l’estomac; en arrière, aux parties antérieure et latérale -

droite de la colonne vertébrale , dont le séparent la veine cave, l’aorte et le pilier droit du diaphragme.

Le duodénum, moins volumineux que Festomac, l’est beaucoup plus que la longue portion intestinale qui lui succède pii peut facilement acquérir une amplitude considérable, ce qui tient à son défaut de tunique séreuse, le péritoine ne le recouvrant qu’antérieurement, comme nous \r verrons bientôt. C’est ce volume qui lui a fait souvent donner par les anatomistes le nom de second ventricule , ou second estomac.

La direction du duodénum mérite surtout d’être remarquée. Elle change deux fois d’une manière très-tranchée, ce cpii oblige de distinguer cet intestin en trois portions ou courbures. La première commence au pylore, immédiatement après le rétrécissement formé par la valvule; elle se dirige horizontalement en arrière et un peu à droite, et finit près du col de la vésicule biliaire, en sorte qu’elle forme avec la seconde portion un angle assez marqué. Continue immédiatement avec Festomac , cette première portion participe de sa mobilité, et toujours est la

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moins fixe des trois, parce que le péritoine la recouvre dans presque toute son étendue, et que F épiploon gastro-hépatique s’attache à elle en partie. Souvent, sur le cadavre, on la trouve colorée en jaune par la bile, comme le pylore, et par la même raison ,

La seconde portion commence près du col de la vésicule, et finit vers la troisième vertèbre des lombes. Elle est presque perpendiculaire, un peuofolique cependant en bas et à gauche. Recouverte en devant par le feuillet supérieur du méso-colon, elle ne lui adhère point sensiblement, mais lui doit seulement sa fixité constante. En arrière, elle répond au côté droit du corps des vertèbres et au rein droit, en dedans au pancréas.

La troisième portion ne forme point d’angle avec la seconde, mais se continue avec elle d’une manière insensible vers la troisième vertèbre lombaire. Elle se dirige transversalement à gauche au-devant de la

colonne vertébrale quelle embrasse, et finit audessus des vaisseaux mésentériques supérieurs qui la croisent en devant et qui l’assujettissent. Renfermée dans Fécartement des deux feuillets du mésocolon/elle répond en haut gfi pancréas.

On voit, d’après ces détails : i° que le duodénum forme une espèce de demi-cercle, dont la convexité est à droite, la concavité à gauche; 20 que ses deux portions inférieures sont les seules parfaitement fixes; 3° que îe pancréas se trouve circonscrit entre ses courbures et borné en haut, en bas et à droite par ses trois portions. C’est à l’union de la seconde tavec la troisième que l’on trouve, »

en arrière, l’embouchure des conduits cholédoque et pancréatique dans le duodénum.

Voilà les seuls objets remarquables que nous présente le duodénum considéré à l’extérieur. Sa surface interne, muqueuse, offre, comme celle de l’estomac, un aspect rougeâtre et lanugineux; mais on y voit en outre une multitude de replis circulaires fort rapprochés les uns des autres, formés par la seule membrane interne, et dépendais de l’organisation primitive, en sorte qu’ils ont également lieu dans tous les états du duodénum, ne correspondent point aux mouvemens de la tunique musculeuse, et ne s’effaceraient que dans une dilatation extraordinaire et excessive de l’intestin. On nomme ces replis valvules .conniventes . Leur largeur n’est que de trois à quatre lignes. Quoique je les aie supposés circulaires, c’est-à-dire dirigés suivant le petit diamètre de l’intestin , comme ils le sont en effet presque tous, il n’est point rare d’en voir qui se dirigent obliquement, et qui s’entre-croisent avec les replis voisins.

On voit donc que les valvules conniventes diffèrent absolument de ces rides irrégulières qui se remarquent dans Fes|<|mac, et qui n’ont lieu que momentanément. On attribue à ces valvules l’usage de retarder le trajet des substances alimentaires pour favoriser leur pénétration par la bile et le suc pancréatique, ainsi que l’absorption du chyle.

On trouve encore, dans l’intérieur du duodénum, à l’union de la seconde et de la troisième courbures, l’orifice des conduits cholédoque et pancréatique.

• Tantôt ils sont isolés , mais fort rapprochés l’un de

DE LA D! GESTION

l’autre ; tantôt ils sont réunis en un seul. Toujours le point de leur embouchure est marqué par un tubercule saillant , au sommet duquel s’observe une ouverture allongée.

En haut , le duodénum se termine à la valvule pyiorique , par l’ouverture de laquelle il communique librement dans l’estomac. En bas , il se continue avec l’intestin grêle, au-dessous des vaisseaux mésentériques supérieurs, et n’offre rien dans son intérieur qui indique entre lui et cet intestin des limites exactes.

§ IL Organisation intime du Duodénum.

Le duodénum diffère et de l’estomac et des autres intestins par le défaut de tunique séreuse. Le péritoine ne le recouvre qu’accidentellement, pour ainsi dire , et peut être enlevé de dessus lui avec facilité. C’est aux deux feuillets du méso-colon transverse qu’il doit l’enveloppe péritonéale qu’il possède seulement dans sa partie antérieure. Le feuillet supérieur passe au-devant de la portion perpendiculaire, s’avance sur la moitié supérieure de la portion transversale appuyée en bas sur le feuillet inférieur, et se réunit à ce dernier , après avoir quitté l’intestin; en sorte que cette portion transversale se trouve

renfermée dans l’écartement triangulaire postérieur du méso-colon.

La tunique musculeuse, formée principalement de fibres circulaires , n’offre rien de remarquable , la couleur et la disposition de ces fibres étant les mêmes que dans l’estomac.

La tunique muqueuse offre les valvules conniventes nombreuses dont nous avons parlé : elle est par conséquent beaucoup plus large que la musculeuse, et cette étendue se trouve en rapport direct avec l’absorption chyleuse, qui commence dans cet intestin et y est très-active. L’épaisseur de cette tunique muqueuse est égale à celle de la tunique semblable de l’estomac, dont elle est la continuation et dont elle partage tous les autres caractères.

Entre la tunique muqueuse et la musculeuse, on trouve , comme à l’estomac, ce tissu dense et solide que les anciens appelaient gratuitement tunique nerveuse. On y trouve aussi une grande quantité de glandes muqueuses aplaties , dont les conduits excréteurs traversent la membrame, sur laquelle ils s’ouvrent intérieurement.

Le duodénum reçoit ses artères principales de la gastro-épiploïque droite, branche de l’hépatique: la splénique lui en fournit aussi plusieurs près de son origine. Ses nerfs lui viennent uniquement du plexus solaire : aucun nerf cérébral ne se distribue à ses parois.

§ III. Fonctions du Duodénum .

C’est dansée duodénum que se passe la seconde partie essentielle de la digestion, je veux dire la division de la masse alimentaire en deux portions, l’une nutritive, l’autre non-nutritive, par le mélange de la bile et du suc pancréatique. C’est aussi dans son intérieur que commence et que s’exécute en partie l’absorption chyleuse. Nous n’insisterons point

BE LA DIGESTION

ici sur ces deux phénomènes purement physiologiques ; nous ferons seulement deux remarques anatomiques qui y sont directement relatives :

La première, c’est que la fixité du duodénum est une condition nécessaire pour l’exercice de ses fonctions. Le duodénum, en effet, ne fournit point luimême, commeFestomac, les fluides destinésà opérer Y altération qui se passe au-dedans de lui : il reçoit ces fluides de deux organes glanduleux voisins ; et ces organes étant nécessairement fixes, il devait l’être comme eux,

La seconde , c’est que les courbures du duodénum suppléent au désavantage qui pourrait résulter de sa fixité, en favorisant le séjour des matières alimentaires , séjour nécessaire pour que les phénomènes digestifs soient exécutés avec l’exactitude convenable.

ARTICLE CINQUIÈME

DE l’intestin GRELE.

§ Ier. Disposition. Organisation extérieure.

L’intestin grêle , siège essentiel de l’absorption , occupe la partie moyenne et inférieure de l’abdomen. Irrégulièrement disposé, et flottant librement dans cette cavité , il forme , par ses contours multipliés et rapprochés les uns des autres, une masse considérable, circonscrite de tous côtés par les gros intestins. Cette circonscription n’est pas partout également exacte. En liant, la portion transversale

/j6a APPAREILS DE LA VIE ORGANIQUE.

dü coîon , fort avancée et soutenue en arrière par le vaste repli horizontal du péritoine , que Ton nomme méso- colon ti'ansverse , forme à l’intestin grêle une limite assez exacte , et le sépare absolument de l’estomac, du pancréas, du foie, de la rate, placés dans la région supérieure de l’abdomen. Mais en bas, le cæcum et la portion iliaque gauche du colon, simplement rapprochés l’un de l’autre, permettent facilement à l’intestin grêle de se plonger dans le bassin , où il est effectivement presque toujours engagé en grande partie. Enfin , sur les côtés, les portions lombaires du colon, fixées profondément dans la partie1 la plus reculée de l’abdomen, et dépourvues de repli péritonéal , permettent à l’intestin grêle de se porter au-devant d’elles, et de correspondre immédiatement dans cet endroit aux parois abdominales. Ces parois bornent antérieurement et retiennent l’intestin grêle, qui en est séparé seulement par un vaste repli péritonéal lâche et flottant, nommé grand épiploon.

Il semble, au premier coup d’œil, qu’on ne puisse assigner aucune direction à l’intestin grêle , vu l’extrême laxité de ses attaches et l’état confus dans lequel ses diverses portions se présentent : mais si , faisant abstraction de cette masse qui en constitue la plus grande partie , on examine l’endroit où il commence et celui où il finit, si l’on a égard à la direction très -bien déterminée du repli péritonéal qui le soutient, on verra que, pris dans son ensemble, il se porte obliquement de haut en bas et de gauche à droite. En effet, son origine a lieu au- dessous des vaisseaux mésentériques supérieurs; au côté

DE LA DÎGÉSTXOX.

gauche du méso-colon transverse; et c’est dans la région iliaque droite qu'il se termine, en s’attachant dans la partie latérale du cæcum. Quant à la disposition du mésentère , nous en parlerons dans un instant.

Mais on doit attacher peu d’importance à cette direction générale; l’attention doit surtout se porter sur cette multitude d’inflexions particulières que l’intestin grêle forme dans son trajet , et que l’on nomme circonvolutions . Les courbes principales qu’il décrit offrent leur concavité du côté de la colonne vertébrale , leur convexité du côté des parois de l’alklomen.

La longueur de l’intestin grêle est très-considérable. On a dit qu’elle égalait quatre ou cinq fois la hauteur du corps de l’individu ; mais je doute que cette estimation soit exacte et bien fondée. Nous savons, en effet, qu’il n’y a ordinairement nulle proportion entre le volume des viscères gastriques et la stature générale du corps ; que celle-ci dépend presque uniquement de la longueur des membres inférieurs, et que les cavités thoracique et abdominale sont, aussi bien que les organes qu’elles contiennent , à peu près aussi considérables chez les sujets de la plus petite taille que chez ceux de taille gigantesque. On n’a donc pas ici deux termes de comparaison proportionnés et relatifs l’un à

l’autre.

Presque tous les anatomistes distinguent deux intestins grêles, sous les noms de jéjunum et ilcum . Ils se fondent sur plusieurs caractères plus ou moins incertains ; et Winslow ? se réduisant à leur tracer

des limites artificielles , a nommé jéjunum les deux cinquièmes supérieurs du canal: ilèum , les trois cinquièmes inférieurs. Nous croyons , avec Haller, que cette distinction est tout-à-fait inutile, et que fon doit considérer comme un seul intestin toute la portion flottante du tube alimentaire.

L’intestin grêle offre, comme son nom l’indique, une différence de volume très-marquée d’avec les autres organes digestifs ; mais il est susceptible d’une ampliation considérable, commeonlevoitdans mille circonstances.

Sa surface externe, lisse, polie, blanchâtre, appartient à la membrane séreuse qui entre dans son organisation. On y voit des anastomoses assez nombreuses , formées par les vaisseaux mésentériques. Quelquefois , mais rarement , elle présente des appendices graisseuses irrégulièrement disposées , appendices que nous remarquerons en grand nombre sur les gros intestins. Libre dans presque toute

son étendue, cette surface tient en arrière à un repli considérable du péritoine, repli qui porte le nom de mésentère . C’est liiiquisuspendFintestin grêle, et qui, en lui laissant une extrême mobilité, détermine cependant en partie sadirection et ses rapports. Formé de deux feuillets , le mésentère se continue en haut parle premier avec le méso-colon transverse , tandis que, par le second, il se fixe en bas à la colonne vertébrale , dans une ligne oblique de haut en bas et de gauche a droite. Étroit dans la plus grand partie de son étendue , il s élargit tout à coup antérieurement en se rapprochant de l’intestin , pour se prêter à la longueur de celui-ci. Cette inégalité de largeur du

DE tk DIGESTION. /[65

mésentère est évidemment la cause principale des contours multipliés que fait l’intestin grêle, retenu d’ailleurs et assujetti par les parois abdominales.

La surface interne de l’intestin grêle offre le même aspect que dans le duodénum. On y voit, d’une manière fort sensible, ces villosités multipliées dont nous avons déjà parlé. Elles paraissent disposées sous la forme de franges irrégulières, plus ou moins saillantes et flottantes dans la cavité intestinale. Leur rougeur habituelle est due aux dernières ramifications des vaisseaux sanguins qui s’y distribuent.

Les valvules cormiventes sont extrêmement prononcées dans l’intestin grêle. Formées comme dans le duodénum, elles y ont aussi la même disposition. On les trouve beaucoup plus nombreuses dans la partie la plus rapprochée de ce dernier intestin; elles diminuent ensuite progressivement, et ne se remarquent presque plus dans la partie voisine du cæcum. Tout ceci est en rapport assez direct avec l’usage qu’on attribue à ces valvules , de favoriser l’absorption. En effet, d’un côté, c’est à l’intestin grêle que cette fonction appartient principalement ; de l’autre l’absorption, très-active dans la moitié supérieure de cet intestin , diminue à mesure qu’on se rapproche du cæcum et du colon, dans lesquels tout tend à l’excrétion.

L’intestin grêle se continue supérieurement avec le duodénum, au-dessous et au côté gauche des vaisseaux mésentériques supérieurs. En bas, il se termine dans le cæcum , au milieu de la région iliaque droite. Cette terminaison ressemble beaucoup nu 3o

466 appareils de la vie organique.

à celle de l’œsophage dans l’estomac. L’intestin grêle $e porte en effet transversalement, tandis que le cæcum et le colon ont une direction verticale. L’embouchure de l’un dans l’autre est un peu oblique de bas en haut : intérieurement elle est remarquable par une valvule dont nous parlerons en traitant des gros intestins.

§ II. Organisation intime de V Intestin grêle .

Elle est essentiellement la même que dans l’estomac, sauf quelques différences de disposition que nous allons indiquer.

Pour concevoir comment le péritoine se comporte à l’égard de l’intestin grêle, il faut prendre cette membrane au bord postérieur du méso-colon transverse et la suivre quelque temps dans son trajet. Partie de cet endroit, elle se porte en bas et en devant dans la cavité abdominale, où elle est libre et forme le premier feuillet du mésentère. Parvenue à la partie supérieure de l’intestin grêle, elle s’étend sur lui et l’enveloppe de haut en bas, dans presque toute sa circonférence; puis, revenue inférieurement à l’endroit où elle avait commencé à le recouvrir, elle l’abandonne, se porte en arrière et en haut, formant le second feuillet du mésentère , et se fixe au-devant de la colonne vertébrale, sur laquelle elle se réfléchit aussitôt en bas pour continuer son trajet général. Ainsi le mésentère résulte de deux feuillets péritonéaux, ou plutôt d’un feuillet unique, replié sur lui-même et contenant l’intestin tout entier dans l’endroit de sa duplieature. Un espace triangu-

DE LA DIGESTION. 4Ô7

laire sépare Finie de l’autre ces deux lames membraneuses au moment où elles abandonnent l’intestin pourse rapprocher. Dans cet espace, l’intestin n’adhère donc point au péritoine, et peut en quitter ou en reprendre une plus grande portion, suivant qu’il diminue ou qu’il augmente de volume, disposition déjà observée à l’estomac. On mesure très-facilement l’étendue de cet espace, en remarquant la distance qui existe entre l’intestin et les dernières arcades formées par les rameaux de l’artère mésentérique supérieure. Ces arcades, en effet, cessent toujours au point où les deux lames cessent d’adhérer ensemble : au-delà on ne voit plus que des rameaux artériels isolés, qui se portent parallèlement entre eux sur les parties supérieure et inférieure du tube intestinal. L’intestin s’éloigne d’autant plus de ces arcades qu’il se contracte davantage ; il s’en rapproche en se dilatant. Dans le premier cas, les rameaux parallèles paraissent appartenir en grande partie au mésentère ; dans le second , ils se trouvent tout entiers sur l’intestin.

Le mésentère contient entre les deux lames qui le constituent un grand nombre de glandes lymphatiques, plus volumineuses chez l’enfant que chez l’adulte, et toujours fort irrégulièrement disposées. Mais on ne les trouve que dans l’endroit où les deux lames adhèrent entre elles: aucune Mande semblable ne s’observe au-delà des derniè-

res arcades artérielles; et c’est encore un moyen aisé de déterminer au premier coup d’œil l’étendue de l’espace triangulaire dont nous parlions tout à, ’heure,

La tonique musculeuse , presque uniquement formée de fibres circulaires , offre seulement quelques fibres longitudinales vers la partie convexe de l’intestin; un tissu cellulaire assez lâche la sépare de la tunique péritonéale.

La tunique muqueuse, remarquable par les villosités dont nous avons déjà parlé plusieurs fois (i), est un peu plus épaisse que dans l’estomac. Les valvules conniventes qu’on y trouve lui donnent

une amplitude naturelle qui excède de beaucoup

celle de la tunique musculeuse, et qui favorise la dilatation générale de l’intestin. Du reste, l’organisation de cette tunique intérieure est la meme que dans les autres parties du conduit alimentaire. On y a trouvé un grand nombre de petites glandes muqueuses réunies en forme de grappes et situées principalement vers l’endroit qui correspond à l’attache du mésentère. Peyer, qui les a remarquées, leur a donné son nom. Elles sont difficiles à découvrir.

Un tissu dense, nommé improprement membrane nerveuse , sépare ici, comme au duodénum, les tuniques muqueuse et musculeuse.

L’artère mésentérique supérieure est la source de

(i) Très “nombreuses et très-apparentes, ces villosités sont minces , flexibles, rassemblées en pelotons ou en franges. Si on les examine au microscope , on voit que chacune d’elles est terminée par une ampoule ovalaire percée d’un petit trou que Lie— berkuhn regarde comme l’entrée d’un vaisseau lacté. Les parois de cette ampoule sont tapissées d’un réseau artériel et veineux très-lin. ( Note ajoutée .)

RE LA DIGESTION

tous les vaisseaux qui se distribuent à l’intestin grêle, comme le plexus solaire est le seul centre d’où il reçoive des nerfs.

§ III. Fonction de V Intestin grêle .

Tout est fait ici pour l’absorption, La mobilité de l’intestin grêle est en rapport avec l’état des substances alimentaires au moment où elles y arrivent. Elles ont subi, en effet, toutes les altérations auxquelles elles doivent être soumises, et aucun fluide étranger à la cavité qui les renferme ne doit désormais leur être fourni. La disposition des fibres musculaires permet à l’intestin de se rétrécir beaucoup plus que cle se racourcir, en sorte qu’il agit d’une manière plus directe sur la masse alimentaire. Enfin la longueur considérable et les circonvolutions multipliées du tube intestinal laissent long-temps les substances en contact avec les orifices des vaisseaux absorbant ouverts de toutes parts sur la membrane muqueuse,

ARTICLE SIXIÈME

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