SYSTÈME DE LA VEINE-PORTE
[ a vdne-voHe (vena portanm) (2) constitue' un système veineux particulier, systè.ne appendice du système veineux général, et représente à elle seule un arbre c.r- de^ .a je,„eculatoire tout entier, dont la première moitié, qui se comporte comme les veines p^^^^^j, des autres parties du corps {portion veineuse de la veine-porte), a ses racines dans a^rbre^c,^^^ la rate le pancréas et la portion sous-diaphragmatique du canal ahmentaire, ^^^j^^ et dont' la seconde moitié {portion artérieuse) se ramifie dans l'intérieur du foie, à la manière des artères. Les veines sus-hépatiques, chargées de ramener vers le cœur le sang que distribue au foie la portion artérieuse de la veineporte se jettent dans la Yeine-cave inférieure, établissant ainsi une large communication entre le système de la veine-porte et le système veineux général.
1° Veines d'origine de la veine-porte.
Les veines d'origine de la veine-porte sont toutes celles qui rapportent le ^.^veines^^^ sang de la portion sous-diaphragmatique du canal alimentaire, ainsi que de la
la veine-
rate et du pancréas. Elles correspondent aux artères qui proviennent du tronc porte, cœliaque, moins l'artère hépatique, et aux artères mésentériques supérieure et inférieure, et se réunissent en trois troncs, la grande veine mésentérique, la petite vdne mésentérique et la veine splénique.
Ces veines, toujours plus considérables que les artères, sont disposées à la manière de satellites, eu égard aux artères auxquelles elles correspondent.
t . Grande et petite veines mésentériques ou mésaraîques. Ainsi, à leur origine dans l'épaisseur des parois de l'intestin, de môme que les artères à leur terminaison, les veines intestinales ou mésentériques présentent deux ordres de rameaux, des rameaux sous-péritonéaux, qui rampent au-dessous du péritoine, et des rameaux profonds, qui cheminent dans l'épaisseur des tuniques. Ces veines se
(1) Les veines utéro-ovariques étaient énormes chez une femme morte à la suite d'un cancer utérin avec hypertrophie.
(2) Tlieile {Encyclopédie unatomique, t. IH, p. G50) appelle le système de la vemeporte branches indirectes de la veine-cave inférieure.
ANGÉIOLOGIK
Veine miisciitérique supérieure.
A'ciiie oniplialoiniSsentiSiique.
Veine môsentérique inférieure.
Veine splénique.
Sou trajet derrière le pancréas.
Tronc de la veine-porte.
Direction de la veiiic-porte
Ses
1<-En avant
«o En crrièi'e.
réunissent en aréoles anasiomotiquos, toujours subjacenles uux réseaux artériels, et qui aboutissent à des branches, lesquelles forment des troncs correspondants aux artères de l'inlestin. Les veines coliques droites et les veines de l'intestin grêle viennent se rendre, les unes au côté droit, les autres au cOté gauche de la veine mésentérique supérieure ou grande mésaraîque. Dans les premiers temps de la vie intra-utérine, cette veine reçoit la veine omphalo-mésentérique (I) qui correspond à l'artère du même nom, et qui revient de la vésicule ombilicale ; avec cette vésicule les vaisseaux omphalo-mésentériquesdisparaissentvers le troisième mois de la grossesse. D'une autre part, \c5veines coliques gaitc/ies viennent se rendre dans la veine mésentérique ou mésaraîque inférieure, ou petite mésaraîque ; cette dernière fait suite elle-même aux veines hémorrhoîdales supérieures, lesquelles communiquent très-largement avec les veines hémorrhoîdales moyennes et inférieures, branches de l'hypogastrique.
2. Veille splénique. Plus volumineuse proportionnellement que l'artère du môme nom, elle prend naissance dans les cellules de la rate, par un grand nombre de radicules qui se réunissent successivement dans la scissure de cet organe, et formant un nombre de branches égal à celui des branches artérielles, et provenant chacune d'un département bien' déterminé de l'organe. Toutes ces branches se réunissent bientôt en un seul tronc, qui se porte transversalement de gauche à droite, derrière le pancréas, et par conséquent derrière l'artère splénique, qu'il accompagne, sans décrire aucune flexuosité, et vient concourir directement à la formation de la veine-porte ; chemin faisant, la veine splénique reçoit les veines courtes {vasa breviora). On a vu les branches d'ovigine de la splénique se rendre par deux troncs dans la veine-porte, et, dans ce cas, on a dit que la veine splénique était double.
C'est dans la veine splénique que vient s'aboucher le plus ordinairement la veine mésentérique inférieure; ce qui réduit à deux le nombre des troncs veineux qui, par leur réunion, constituent la veine-porte, savoir, la veine splénique et la grande mésentérique.
3. Tronc de la veine-porte. Il est formé par la veine splénique et par la veine mésentérique supérieure, qui se réunissent à angle aigu, derrière l'extrémité droite du pancréas, au-devant de la colonne vertébrale, à gauche de- la veine-cave inférieure. Ce tronc, dont le calibre est supérieur à celui de ses veines d'origine, prises isolément, est moins considérable que la somme des calibres de ces deux veines. Il se porte obliquement de bas en haut et de gauche à droite, et, après un trajet d'environ 10 centimètres, il atteint l'extrémité gauche du sillon transverse du foie, où il se termine en se bifurquant.
Voici quels sont ses rapports pendant ce trajet : en avant, il est recouvert par la téte du pancréas, par la deuxième portion du duodénum, par l'artère hépatique, les canaux biliaires et les lymphatiques du foie, ainsi que par quelques branches des plexus nerveux hépatiques ; en arrière, il est revêtu par la portion de péritoine qui s'enfonce dans l'hiatus de Winslow, derrière les vaisseaux du foie, pour aller tapisser l'arrière-cavité des épiploons. Il est séparé par cet hiatus delà veine-cave inférieure, dont il croise la direction à angle très-aigu (2).
(l)On cite un exemple de persistance de la veine omphalo-mcsentérique chez un adulte [Journal complém. des Sciences méd.,t. VI, p. 375).
(1) J'ai vu la veine pylorique se rendre à la partie moyenne delà veine-porle ventrale. Daiîs un cas, la veine gastro-épiploique droite, qui s'unit souvent à la veine colique droite supérieure, s'ouvrait directement dans le tronc de la veine-porte.
ombilicale.
SYSTÈME DE LA Vl^lNE-l'ORTlC. 239
Le tronc de, la veine-porte reçoit directement la vaina coronaire slotnachiquc; l;i veine pylorique et les veines cybtiques s'ouvrent dans sa branche droilc.
Les deux divisions de la veine-porte, qui occupent le sillon transverse du fuie, simisde in se séparent à angle droit et semblent constituer un tronc sur lequel tombe """l^^^l'-'J^^' perpendiculairement le tronc de la veine-porte lui-mûme. Quelques analomisics p„,io hi'paont appelé sinus de la veine-porte la portion de celte veine qui occupe le sillon '''i'"^transverse. On lui donne plus généralement le nom de veine-porte hépatique, pour distinguer cette portion de veine adhérente au foie de celle qui est libre et flotl uite, et qu'on appelle veine-porte ventrale . A partir du sillon transverse du foie, la veine-porte se comporte à la manière d'une artère, d'où le nom de porte artiTieuse, qui lui est donné par quelques modernes.
Les deux divisions de la veine-porte se dirigent horizontalement, chacune, vers Division le lobe du foie qui lui correspond; bientôt elles se divisent et se subdivisent .^'^
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par rayons divergents, à la manière des plis d'un éventail, et fournissent des ra- hépatique, mifîcalions à tous les lobules glanduleux du foie. Les ramifications de l'artère hépatique et des canaux biliaires les accompagnent. La capsule de Glisson, ou membrane fibreuse du foie, se réfléchit sur eux pour leur former une gaîne commune. {Voy. Fom, t. II, p. 18S.)
Avant la naissance, la veine-porte hépatique reçoit, indépendamment de la veine veine-porte ventrale, la veine ombilicale, ,qui s'oblitère immédiatement après la naissance. J'ai rencontré chez l'adulte un cas dans lequel cette veine avait conservé toute sa perméabilité (1).
(1) J'ai décrit et fait représenter {Anatomie pathologique, 16" livraison, pl. 5) un cas de persistance de la veine ombilicale chez un adulte; cette veine avait conservé le calibre qu'elle présente chez le fœtus, et communiquait, d'une part, avec la veine-porte, d'autre part, avec la veine crurale, par l'intermédiaire des veines sous-cutanées abdominales, prodigieusement dilatées ; le foie était très-petit. — Ménière (Archives de médecine, 183G) a publié un fait de communication de la veine-porte avec la veine iliaque externe, sur un sujet de vingt-cinq ans. Une veine du volume de l'index se détachait de la partie inférieure et interne de la veine iliaque externe, derrière l'arcade crurale, et suivait la direction du bord supérieur du pubis, jusqu'à la symphyse; de là, elle se portait verticalement en haut, derrière la ligue blanche. Arrivée à l'ombilic, elle gagnait le bord postérieur du ligament falciforme du foie, pour s'ouvrir dans le sinus de la veine-porte hépatique. — Un antre fait, publié par M. Manec [Recherches anatomico-pathologiques sur la hernie crurale, 1826) présente des particularités remarquables : une veine, née par une double origine de la partie inférieure et interne de la veine iliaque externe, se dirigeait vers l'ombilic; en décrivant quelquesflexuosités, sortait de l'abdomen par un éraillement de la ligne blanche, formait sous la peau une anse de 3 à 4 pouces de longueur, et rentrait dans la cavité abdominale par la même ouverture ; puis elle se plaçait au côté gauche du cordon fibreux qui résulte de l'obhtération de la veine ombilicale, et s'identifiait avec ce cordon, pour s'ouvrir dans le sinus de la veine-porte.
Cette communication du système de la veine-porte avec le système veineux général représente, ainsi que Ménière l'a fait observer judicieusement, une disposition veineuse décrite par Jacobson, dans les ophidiens, les sauriens et les batraciens {Bulletins de la Société Philomathique, janvier 1813), où les veines des extrémités postérieures, les veines caudales et rénales se réunissent en un seul tronc, qui va sejeter dansla veine-porte hépatique.
S'il est excessivement rare de rencontrer, chez l'homme, une connexion entre les gros troncs du système veineux général et ceux du système de la veine-porte, il est assez fréquent de trouver de nombreuses anastomoses entre les petites branches veineuses appartenant h ces deux systèmes. Ainsi, les veines hémorrhoïdates s'anastomosent largement I avec les veines honteuses internes, olituratrices et fessières.
veineux.
ANGIilOLOGIE.
C'est également de la veinc-porle hépatique qu'on voit, avant la naissance, partir le canal veineux, qui établit une communication directe entre la veineporte et la veine-cave inférieure.
Origine.
Trajet des veines sushépatiques.
Petites et grandes veines sushépatiques.
Ampoule de
la veinecave au niveau des veines sushépatiques.
Différences entre les divisions de la veineporte et celles de la veine sushépatique :
1» Sous lerapportde la direction ;
2" De la manière dont elles se comportent par rapport au tissu du foie ;
3» Du mode de réunion (Je ces veines.
2° Veines hépatiques ou sus-liépatiques.
Du rôBcau capillaire des lobules du foie partent les radicules des veines sushépatiques (v. t. Il, p. t!97), qui, réunies successivement en rameaux de divers ordres, convergent toutes vers le bord postérieur du foie, ou plutôt vers la gouttière de la veine-cave inférieure, et donnent naissance 1° à un nombre variable de petites branches, petites veines sus-hépatiques, qui s'ouvrent dans la veine-cave tout le long de la gouttière ; 2° à deux troncs principaux, grandes veines sus-hépatiques, dont les embouchures sont situées immédiatement au-dessous de l'ouverture carrée du diaphragme ; le tronc du côté droit appartient au lobe droit, le tronc du côté gauche, au lobe gauche du foie (1).
Souvent le tronc du côté gauche, recevant un grand nombre de branches qui appartiennent au lobe droit du foie, est plus volumineux que le tronc du côté droit.
Constamment la veine-cave présente, au niveau de l'embouchure des veines hépatiques, une dilatation ou ampoule considérable (2), qu'on peut appeler grande ampoule de la veine-cave.
Il résulte de ce qui précède, 1" que les divisions des veines sus-hépatiques et celles de la veine-porte s'entre-croisent à angle droit, puisque celles ci vont en divergeant du cenire du foie vers ses extrémités droite et gauche, tandis que les divisions dos veines sus-hépatiques convergent du bord antérieur vers le bord postérieur de cet organe;
2° Que les divisions des veines sus-hépatiques, accolées au tissu du foie, restent béantes comme des canaux à parois rigides lorsqu'on les coupe en travers, tandis que celles de la veine-porte, accompagnées par les divisions de l'artère hépatique, les vaisseaux lymphatiques, les nerfs et les conduits hépatiques, sont séparées du tissu du foie par la capsule de Glissonet s'affaissent sur une section
de cet organe. , ^ j r
Cette disposition des veines sus-hépatiques a évidemment pour but de favoriser la circulation sanguine dans le foie, en permettant à l'aspiration produite par la dilatation du thorax dans l'inspiration d'étendre son influence aux ramifications de ces veines.
3" Je ferai remarquer, en outre, que les veines sus-hépatiques, tout en se réu-
(1) Cliez le phoque, animal amphibie, les veines sus-hépatiques présententdes ampoules ou sinus considérables, qui sont peut-être en rapport avec la faculté qu'a cet animal de
suspendre sa respiration.
(V) On a vu deux grosses veines hépatiques s'ouvrir dansla veine-caveau-dessus du diaphragme. On a même rencontré une veine hépatique qui s'ouvrait, dans le cœur indépendamment de la veine-cave (Encyclopédie méthodique, t. III, p. 660). Dans le cas que j ai rapporté plus haut, à l'occasion des variétés anatomiques de la veine-cave inférieure (vol p. 233), les veines sus-hépatiques se réunissaient en un tronc commun indépendant de la veine-cave inférieure, lequel traversait le diaphragme, pour s'ouvrir dans 1 orediette droite à la manière delà veine-cave, inférieure; celle-ci, par une anomalie bien remarquable, remplissait à la fois les fonctions de veine-cave supérieure et celles de veinecave inférieure.