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TEXTURE DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

Pour étudier la texture de la moelle, il faut se servir de pièces qui ne soient pas ramollies par une putréraction coramençaiite, et il n'est peut-être aucun organe de l'économie qui s'altère plus facilement après la mort: d'où l'utilité de procéder à cette étude par une température froide, et d'enlever la moelle immédiatement après les vingt-quatre heures exigées par les règlements. Saine, la moelle est plus ferme que le cerveau, non assez cependant pour qu'on puisse pratiquer sur elle des coupes minces, destinées à être examinées au microscope. Il faut donc toujours, pour étudier la moelle, la faire durcir préalablement, en la plongeant soit dans l'alcool, soit dans une solution d'acide chromique ou de ctiroraate de potasse. Les coupes fines obtenues sur ces préparations peuvent être colorées au moyen d'une solution ammoniacale de carmin, et seront rendues transparentes par la glycérine ou par la soude.

Si l'on soumet la moelle à des coupes horizontales, faites à diverses hauteurs, on voit qu'elle est formée de substance blanche à l'extérieur, et de substance grise intérieurement ; que chaque moitié de la moelle présente un cyhndre de substance blanche,

(") a, au niveau des racines de la U' paire cervicale. - b, id. de la paire. - c, iû. de la S« paire — rf, id. de la 1" paire dorsale.—/', id. de la 3° paire.— ff, id. de la 5' paire — A, id. de la paire. — i, id. de la 9« paire. — ,/, au niveau de la région dorsale inférieure. — k, au niveau des racines de la 1" paire lomliaire. — l, id. de la 3° paire. — m, id. de la 5" paire, —n, id. de la 2» paire sacrée 4* paire. — p, id. du nerf coecygien.

Tmporlance de faire celle étude sur une moelle non altérée

Élude de la moelle

par des coupes hol'izontales.

0, id. de la Sections transversales de la moel/a épinière d'un sujet adulte.

[D'après Stjl/ùiff.)

NÉVROLOGIE.

Cornes antérieures.

Cornes postérieures

Figure en X de la substance

grise vue sur les coupes.

Difl'érenccs de figure

de la substance grise sur les coupes.

que l'on peut diviser en trois cordons, l'antérieur, le latéral et le postérieur (fig. 99, G), mais que ces cordons ne sont pas nettement séparés entre eux {fig.iO\) et qu'ils forment, au cuntraire,-une masse unique de tubes nerveux, qui s'écartent les uns des autres par moments, pour livrer passage aux racines nerveuses; que les cordons antérieurs sont réunis, au fond du sillon antérieur, par la commissure blanche ou antérieure, et les cordons posiérieurs, au fond du sillon postérieur, par la commissure grise ou postérieure ; que la substance grise est composée de trois portions, une portion moyenne et deux portions latérales; la portion moyenne représente un long ruban transversal, dans lequel est contenu le canal central de la moelle : Stilling la désigne sous le nom de substance gélatineuse centrale; les deux portions latérales figurent deux demi-cylindres ou gouttières irrégulières, à concavité externe et postérieure, et unies l'une à l'autre par la portion moyenne. La portion antérieure de ces gouttières, appelée corne an.térieure sur une coupe, est épaisse, arrondie, et se trouve à une distance considérable de la surface de la moelle ; c'est vers celte corne que se dirigent les ' racines antérieures des nerfs rachidiens. La portion postérieure, appelée r^orae postmeure, est plus effilée, plus longue et atteint presque la surface de la moelle ; elle est en rapport avec les racines postérieures. Il résulte de cette disposition que l'ensemble de la substance grise de la moelle représente assez bien, sur une coupe, un z dont les deux moitiés ou demi-lunes seraient réunies par un trait horizontal.

Au reste, tandis que le volume de la substance blanche va en augmentant de bas en haut (t), le volume de la masse grise centrale, dans chaque moitié de moelle, la longueur et l'épaisseur des prolongements ou cornes qu'elle envoie vers les racines antérieures et postérieures, l'épaisseur de la commissure blanche et de la commissure grise , offrent beaucoup de variétés, suivant le lieu de la coupe : d'où la divergence des auteurs relativement à la forme que présente la section de la substance grise de la moelle. Ainsi Huber comparait cette coupe à un os hyoïde ; Monro, à mie croix ; KeufFel, à quatre rayons qui convergent vers une partie centrale.

Quant à la couche mince de substance grise périphérique, admise par Monro sur toute la surface de la moelle, elle a été, jusque dans ces derniers temps, reietée par tous les anatomistes. Nous verrons plus loin ce qu'il faut en penser.

Le tableau suivant, tiré de Stilling, permet d'apprécier le volume relatif des diverses parties de la moelle.

(1) Au niveau des renflements lombaire et bracfiial, l'augmentation de volume est due en partie aux racines nerveuses qui traversent la substance blanche.

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