PROPREMENT DIT
Sous le nom de cerveau, on désigne généralement cette portion de la masse encéphalique qui occupe toute la cavité du cnlne, les fosses occipitales inferiem-es exceptées. Ce terme s'applique donc non-seulement aux hémisphères cérébraux, qui résultent du développement des vésicules cérébrales nées sur les parties latérales de la première vésicule encéphalique, mais encore à. toutes les parties qui proviennent de celte dernière vésicule et dont nous venons de donner , la description. Ainsi compris, le cerveau est comme le couronnement de la tige • rachidienne, qu'il surmonte (cereintm SMperiws), en même temps' qu'il lui est an- . térieur {cerehnm anterius) : aussi a-t-il été considéré tour à tour comme l'origine , ou comme l'épanouissement de la moelle. L'isthme de l'encéphale, et plus particulièrement les pédoncules cérébraux, les faisceaux innominés et les pédoncules cérébelleux supérieurs le lient d'une manière intime au cervelet et à la I moelle épinière. La tente cérébelleuse complète son encaissement et le sépare du cervelet, qui est situé en arrière et au-dessous de lui (i).
Le volume considérable du cerveau est, sans contredit, un des traits les plus caractéristiques de l'organisation de l'homme. Plusieurs animaux ont la masse encéphalique proportionnellement aussi volumineuse, et même plus volumineuse (le serin, le sapajou, le dauphin) ; mais pour ce qui a trait au cerveau proprement dit, aux hémisphères cérébraux, les animaux les plus favorisés, sous ce rapport, le cèdent de beaucoup à l'espèce humaine.
Chez l'adulte, le poids du cerveau, c'est-à-dire de l'encéphale séparé du cervelet et de la protubérance par une section faite par les pédoncules, varie depuis I,fi00 jusqu'à 1,500 grammes. M. Longet, voulant apprécier le poids des hémisphères cérébraux isolés, sépara du cerveau le corps calleux, le corps strié et les couches optiques ; sur 22 encéphales d'adultes, dépouillés de leurs membranes, il obtint le poids moyen de 1,0S0 grammes. Parchappe, opérant dans es mômes conditions sur 29 cerveaux d'adultes, est arrivé au poids moyen de 1 ,1 00 grammes. Les hémisphères représentent donc les 9/ 1 0 de lamasse du cerveau.
Je regarde comme impossible à établir une échelle de proportion entre le volume et le poids du cerveau, d'une part, le volume et le poids du corps, de l'autre. Ne voit-on pas, en effet, qu'un des termes de la comparaison, le poids du ' corps, est excessivement variable ? On peut lire, dans Haller, tous les. calculs qui ont été faits à cet égard, et la diversité des résultats obtenus est la meilleure < ri tique qu'on puisse faire de cette manière de procéder.
Il n'en est pas de même du rapport qu'on peut chercher à établir entre le ' cerveau et le cervelet. D'après mes observations, le poids du cervelet est à celui du cerveau comme i est à 8,12.
(1) Le cerveau est certainement, de toutes les parties du centre encéphalo-médullaire, ' celle qui a été soumise aux recherches les plus laborieuses de la part des anatomistes et • des physiologistes, et cependant lie pourrait-on pas dire encore de nos jours ce que taiiloiii disait en son temps : Cerebrum, fars hominis est cujus obscuru adimc structura, ohscuriores morbi, obscurissimœ functiones, perpetim philosophorum et medicorum torquebunt irigmium. FantonI, Obs. Anat., p. 103.
Poids.
Volume et
poids comparatifs et
du cervelet.
DilTérenccs de volume
individuelles.
Différences de sexe.
D'âge.
Innuence de l'exercice
des facultés intellecluelles
sur le volume du cerveau.
^'iO NÉVROLOGIIÎ.
11 importe d'établir approximativement le rapport qui existe, sous le point de vue du volume, entre les cerveaux examinés chez les did'érents individus, dans lesdifrérentssea;es et aux divers d(/es. Il résulte d'un grand nombre de faits : 1» que le volume et le poids du cerveau sont indépendants de la taille des individus ;
2° Que le volume absolu du cerveau est généralement plus considérable chez l'homme que chez la femme ;
3" Que chez le fœtus et l'enfant, le cerveau est proportionnellement beaucoup plus volumineux que chez l'adulte ; mais que le volume absolu du cerveau va toujours en augmentant, depuis la naissance jusqu'à une époque qui est encore indéterminée ;
4» Que chez le vieillard, le cerveau s'atrophie souvent comme les autres organes, et dans ces cas, il ne remplit pas complètement la cavité du crâne, dont l'excédant est occupé par de la sérosité.
Le volume du cerveau peut-il augmenter par l'exercice de cet organe et diminuer par l'inaction ? Cela ne paraît pas douteux : le cerveau doit obéir, sous ce rapport, aux lois qui régissent les autres organes. Si la boîte osseuse dans laquelle est renfermé le cerveau, doit opposer un grand obstacle à son développement quand ce développement est rapide, et on cite des exemples de compression du cerveau et de mort qui ont été produites par l'hypertrophie de ce viscère (1), il n'en est plus de même lorsque l'augmentation de volume du cei-veau est lente et graduelle.
S'il est vrai qu'un organe jouisse d'une puissance d'action d'autant plus grande qu'il est plus développé, il s'ensuit que le volume du cerveau et, par conséquent, la capacité du crâne doivent Ctre dans un rapport assez rigoureux avec le développement des fonctions cérébrales. Ainsi, on cite le poids considérable qu'a présenté le cerveau de certains grands hommes. Voici quelques-uns de ces chiffres, qui, nous devons le dire, n'inspirent pas une confiance absolue.
grammes.
Cromwell , 2,231
Byroa 2,238
Cuvier 1,829
Dupuytreii 1,436
Mais l'activité des fonctions encéphaliques est le résultat de tant de circonstances autres que le volume et la masse de l'encéphale, que toute appréciation de la capacité intellectuelle, exclusivement fondée sur cette donnée, est presque toujours fautive et inexacte (2), et l'on peut dire avec Galien que, sous le rapport des
(1) J'ai fait peser le cerveau d'un individu mort d'une intoxication saturnine avec tous les symptômes de la compression cérébrale, et dont le cerveau nous a paru hypertrophié : le poids total de la masse encéphalique était de 1,605 gram. ; le cerveau proprement dit pesait 1,350 gram.; le cervelet, avec la protubérance et le bulbe rachidien, pesait 155 gram. Le poids absolu du cerveau chez le cheval, le bœuf, n'est guère que la moitié de celui du cerveau de l'homme.
(2) Bien qu'il soit absurde de vouloir mesurer la force intellectuelle par le volume du cerveau, je dois dire que les individus à vaste mémoire m'ont toujours paru avoir ua cerveau volumineux, et le rôle que joue la mémoire dans notre intelligence, est tel qu'il ne faut pas s'étonner si les individus doués d'une mémoire heureuse sont souvent des liommes supérieurs. J'ai connu bien des hommes dont la tête était considérablement développée, et qui n'avaient que de la mémoire, mais point d'esprit, ni aucun des caractères qui constituent l'homme de talent et l'homme de génie. Les individus dont le cerveau est à la