VÉSICULES CÉRÉBRALES OU HÉMISPHÈRES. 44J
fonctions la qualité de la substance cérébrale est bien au-dessus de la quantité.
Le voids spccifimn du cerveau est à celui de l'eau, d'aprùs Musschenbroeck, . . 1030- 1000 II serait curieux de recbercber si ce poids spécifique varie suivant i'âge les maladies, et s'il diffère dans les diverses espèces d'animaux. D'après Sœmmering, le poids spécifique du cerveau serait moindre chez le viei lard que chez l'adulte. Los recherches de Desmoulins ont établi que chez le vieillard au delà de soixante-dix ans, la densité est d'un vingtième à un quinzième moindre que chez l'adulte. Cette densité paraît la même et chez les individus tombés dans le marasme, et chez ceux qui sont pourvus d'un gros embonpoint (1).
La forme du cerveau est parfaitement représentée par celle de la cavité crânienne qui lui sert en quelque sorte de moule : elle est donc variable comme cette cLvité, qui, dans la première enfance, est susceptible de prendre toutes sortes de formes par suite d'une compression extérieure. Ainsi, à cet Age, on peut déprimer le front et refouler en arrière, par une compression continue, les circonvolutions antérieures et supérieures; de manière à faire prédominer la région occipitale. On voit donc combien est erronée l'opinion qui accorde une grande prééminence au développement de telle ou telle région du crûne, comme expression du développement des facultés intellectuelles (2).
Remplissez de plâtre toute la cavité du crâne, les fosses occipitales inférieures exceptées, et vous aurez assez exactement la forme du cerveau que vous avez retiré de la boîte osseuse. Le cerveau a donc, comme le crâne, la forme d'un segment d'ovoïde, dont la grosse extrémité est en arrière. Il est divisé inférieurement en lobes, qui remplissent les divers compartiments de la base du crûne. Toute sa surface est creusée de sillons profonds et sinueux, qu'on appelle anfraduosités, et qui lui donnent l'aspect des circonvolutions intestinales, d'où le nom de circo7ivolutiojis, qu'on donne aux espèces de replis limités par les anfractuosités.
La surface du cerveau présente à considérer une région supérieure ou convexe et une région inférieure ou base.
a. Réçjion supérieure ou convexe du cerveau. Une scissure médiane, grande scîsswre médiane du cerueait, verticale, antéro-postérieure, divise le cerveau en deux quarts d'ovoïde parfaitement semblables, qu'on appelle improprement hémisphères cérébraux, et qu'on pourrait plus exactement désigner, avec Galien, sous les noms de cerveau droit et de cerveau gauche. En avant et en arrière, la grande scissure
fois très-volumineux ettrès aclif, paraissent avoir une plus grande force de résistance dans les maladies que les individus à cerveau étroit. L'épidémie de ctioléra-morbus qui a sévi avec une si grande intensité à Paris, en 1832, m'a permis de faire cette observation.
Lélut, dans un travail remarquable {Du poids du cerveau dans ses rapports avec le développement de V intelligence, Journ. des Connais, méd.-chir., mai 1837), est arrivé à ce résultat que l'encéphale est, en général, plus pesant cliez les hommes intelligents que chez les autres ; que cette prépondérance est, en général, plus marquée dans les lobes cérébraux que dans le cervelet. Mais Lélut est obligé de convenir que ces deux propositions souffrent beaucoup d'exceptions.
(1) Selon Foville, le cerveau diminuerait de volume chez les individus tombés dans le marasme. D'après cet observateur, les circonvolutions cérébrales, les lamelles du cervelet seraient, dans ce cas, moins grosses et séparées par des sillons plus considérables, où abonde la sérosité.
(2) Virchow a attiré l'attention sur les déformations du crâne déterminées par l'ossiûcation précoce de certaines sutures, et plus récemment, M. Guéniot a signalé une déformation extrêmement fréquente, observée à l'hospice des Enfants assistés et due, selon ce chirurgien, au décubitus latéral.
Poids spécifique du cerveau.
Forme du cerveau.
Effets sur le cerveau
des cora-
pre 'Sions exercées sur
le crâne.
Procédé pour avoir exactement la forme Sa division en lobes.
Ses anfractuosités.
Ses circonvolutions.
Grande scissure
médiane.
Des hémisplières
cérébraux.
NÉVROLOGIE.
Le cerveau est im organe symélrique.
Face interne
des hémisphères.
Face externe.
Face inférieure.
Base de l'encéphale.
médiane, qui est occupée par la faux du cerveau, divise le cerveau dans toute sa hauteur ; mais à la partie moyenne, elle est, en quelque sorte, arrâtée par le corps calleux. Il y a deux cerveaux, comme il y a deux moelles, comme il y a deux cervelets (1).
Le cerveau est donc symétrique, mais la symétrie de cet organe est bien moins parfaite que celle de la moelle. Je dois môme dire qu'il est très-ordinaire de voir une disproportion notable entre l'hémisphère droit et l'hémisphère gauche. Il ne paraît pas que ce défaut de symétrie exerce sur les facultés intellectuelles l'influence qu'avait soupçonnée l'ingénieux Bichat, dont le cerveau, mal symétrique, donna un démenti formel à sa doctrine. Il est néanmoins possible qu'un défaut de symétrie poussé jusqu'à un certain point puisse influer sur l'intelligence ; les cerveaux de plusieurs idiots que j'ai eu occasion d'étudier étaient remarquables sous ce rapport. J'ai vu la scissui'e médiane du cerveau déviée à droite ou à gauche, de manière à former, avec le plan médian antéro-postérieur du crâne, un angle de 15 à 20°.
Chaque hémisphère présente à considérer :
1 ° Une face interne, plane, verticale, qui est séparée par la faux cérébrale de celle du côté opposé ; et comme la faux n'arrive pas jusqu'au corps calleux, il en résulte que les deux hémisphères se touchent en bas, mais, toutefois, avec l'intermédiaire de la pie-mère. Quand la faux cérébrale fait défaut, ce qui est très-rare, les deux faces se touchent dans toute leur étendue, et Sœmmering, dans un cas de ce genre, les a vues adhérer entre elles. J'ai vu sur un sujet la faux éraillée et les deux hémisphères continuer l'un avec l'autre, comme par une espèce de commissure grise.
2° Une face externe, convexe, qui répond à la concavité du frontal, du pariétal et de l'occipital ; elle est séparée de la face interne par un bord demi-circulaire, que longe le sinus longitudinal supérieur, et vers lequel convergent de toutes parts les veines de cette face, pour se jeter dans le sinus. Ce bord est le siège de prédilection des granulations méningiennes.
3» Une face inférieure, en rapport par ses deux tiers antérieurs avec la base du crâne, par son tiers postérieur avec la tente du cervelet. Cette face inférieure constitue les parties latérales de la base de l'encéphale, dont la face inférieure de la première vésicule encéphahque forme la partie moyenne, et qu'il convient d'envisager ici dans son ensemble.
Parfaitement décrite, et non moins bien figurée par Sœmmering dans un travail ex professa (2), labase de l'encéphale présente un grand nombre d'objets à considérer. Pour s'en faire une bonne idée, il convient de l'étudier 1» le cei-veau étant encore entouré de ses membranes (arachnoïde et pie-mère), et sa convexité étant contenue dans la voûte du crâne, 2» le cerveau étant débarrassé de ses membranes et sa convexité reposant sur un plan horizontal. Dans le premier cas, la base de l'encéphale est ramassée sur elle-même, et peut être considérée dans son ensemble ; dans le second, elle s'étale et peut être étudiée dans ses détails.
C'est par sa base que l'encéphale communique avec les autres parties du centre
(1) Galien, qui se demande pourquoi il y a. deux cerveaux, répond que par là les fonctions cérébrales sont mieux assurées. J'ai vu plusieurs individus hémiplégiques dont tout un hémisphère était atrophié, et qui, cependant, étaient doués de facultés intellectuelles ordinaires.
(2) De basi enccphali, Collection de Ludivig, t. II.
HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
céphalo-rachidien, à l'aide de sespédoncules, que nous pouvons considérer comme les racines des hémisphères.
a. Sur la ligne médiane, au centre de la base de l'encéphale et au-devant de la protubérance, est une excavation, qu'on peut appeler excavation médiane de la base de l'encéphale. Déjà mentionnée à l'occasion de la sérosité sous-arachnoïdienne, qui la remplit, cette excavation résulte d'une sorte de courbure de l'encéphale sur lui-
(Fig. 129) n.
Ui5;;ioii médiaue.
Excavation médiane de
la base de l'encéphale
Cfrvfî
l.EmLI.E.DCL
f:. v£RMOHi,KLn. se
Hémisphère cérébral droit ; face externe (*) (d'après L. fUrschfeld).
même, courbure qui s'efface en partie lorsque cet organe repose par sa convexité sur un plan hoi'izontal. Elle représente une pyramide dont le sommet est en haut et la base en bas. Cette base figure une sorte d'hexagone, dans l'aire duquel est inscrit l'hexagone artériel de la base du crâne. Les côtés de l'hexagone sont formés, les postérieurs, par les pédoncules cérébraux; les moyens, par la portion antérieure du bord interne des lobes postérieurs du cei-veau; les antérieurs, par la portion interne et postérieure des lobes antérieurs du cerveau. Des six angles de l'hexagone partent autant de sillons : 1° de l'angle antérieur, le sillon de séparation des lobes antérieurs, ou la grande scissure médiane du cerveau ; 2" des angles latéraux et antérieurs, les scissures de Sylvius ; 3° des angles latéraux et
Sillons qui partent de l'excavation médiane.
(•) Prot., protubérance.— Cire, pariét., circonvolutions pariétales. — Sets. d. Syl., scissure de Sylvius. — Bran.ant., Bran, post., branche antérieure et branche postérieure de cette scissure. — Cire, front., circonvolutions frontales.— Cir. occi., circonvolutions occipitales.
NÉVROLOGIE.
postérieui S, les deux moitiés latérales de la grande fente cérébrale ; 4" de l'angle postérieur, qui répond à l'intei-valle des pédoncules cérébraux, le sillon de la protubérance annulaire.
(Fig. 130) D.
I Scis- Sylir
I^^nnsr^lSK»* IIIIIIIMHI II „ , ' "*
A'. j>n..(ja!.i. ^|nnun)!illlllllllllllHMHMIilllllilllP^
,V h^ip 1
Tu.h. mi.
Péd.cérfh.
, Vrot.ann.
CcrVL
i.'TVEILLE.DEL.
Face inférieure de l'encéphale [d'après L. Hirschfetd).
Parlies situées :
lu Dans l'aire de la
(irande excavation médiane ; 2» Au-devant ;
Dans l'aire de la grande excavation médiane, se voient, d'arrière en avant : l'espace interpédonculaire, les tubercules mamillams, le to6er ctHereum, avec Unfundiùulum et le corps pituUaire , la. bandelette, le chiasma et la raune grtse des
nerfs optiques. „ *
Au-devant de l'excavation médiane, se voient, toujours d arrière en avant : [•extrémité antérieure ou réfléchie, ou le genou du corps calleux et ses deux pédoncules, la partie antérieure delà grande scissure médiane du cerveau.
r front lobe frontal du cerveau— Scis. Sylv., scissure de Sylvius.- Tvb. cm., tuber cincrcum. Ji'é" im tubercules man,illaires. - Péd. céréb., pédoncule cérébral. " "P-'; -"',;,P'-°'tTc annute.- Pyr. an,, pyramide antérieure. - ««^P^ -^>fo-- ".^^^^^^
HÉMISPHÈRES CÉRÉBRAUX
(Fig. t31) (*).
Gen.c.cal.
Deri-it-re l'excavation médiane, se voient, d'avant en arriùre, la protubérance annulaire, et derrière la protubérance : la portion moyenne ou transversale de la grande fente cérébrale, par laquelle la pie-mère pénètre dans l'intérieur du troisième ventricule, le bourrelet postérieur du corps calleux et la partie postérieure de la grande scissure médiane du cerveau.
b. Sur les parties latérales de la base de l'encéphale, on voit la face inférieure du lobe antérieur ou frontal du cerveau, la scissure de Sijlvius, qui sépare ce lobe du lobe postérieur, et la face inférieure du lobe postérieur. Il n'y a pas de lobe moyen.
Jetons un coup d'œil sur celles de ces parties qui, appartenant au cerveau proprement dit, n'ont pas encore été étudiées.
t" Au-devant de la racine grise des nerfs optiques, est une traverse blanche, qui n'est autre cliosc que l'extrémité antérieure du corps calleux, lequel se recourbe sur lui-même de haut en bas et d'avant en arrière, pour fermer en avant les ventricules latéraux ; on peut donc appeler portion réfléchie du corps calleux l'extrémité antérieure de ce corps, qui a également reçu le nom de geiïou.
A cette traverse aboutissent deux faisceaux blancs, qui naissent dans l'angle de réunion delà scissure de Sylvius avec la grande fente cérébrale, se dirigent en dedans et en avant, en longeant la bandelette optique, en dehors de laquelle ils sont situés, limitent de chaque côté la racine grise des nerfs optiques, et viennent se terminer, en s'adossant sans se confondre, en arrière de la portion réfléchie du corps
Lc.fm
Chiaùma
Portion antérieure de la base deFencéphale {d'après L. Hïrschfeld).
3» En arrière.
Régions latérales de la base
du cerveau.
Portion réfléchie
ou genou du corps calleux.
calleux. Vicq-d'Azyr a décrit ces deux faiscee^ux blancs sous le titre de pédoncules du coi'ps calleux.
2" Au-devant de la portion réfléchie du corps calleux, se voit la portion antérieure de la scissure médiane du cerveau. Elle ne peut être vue dans toute son étendue qu'après l'ablation d'une lame fibreuse très-dense qui unit l'un à l'autre, et quelquefois d'une manière intime, en arrière, les deux lobes antérieurs du cerveau. 11 n'est pas rare de voir ces deux lobes empiéter l'un sur l'autre, car la faux du cerveau, extrêmement étroite en avant, ne remplit qu'une très-petite portion de cette scissure.
3» La partie postérieure de la grande scissure médiane du cerveau est limitée, en avant, par le bourrelet du corps calleux, et comme ce bourrelet est beaucoup plus distant de l'extrémité postérieure du cerveau que le genou ne l'est de l'extrémité antérieure du môme organe, il en résulte que la partie postérieure de la scissure est beaucoup plus étendue que la partie antérieure; elle est, en outre, occupée dans toute sa profondeur par la base de la faux du cerveau, tandis que la
Pédoncules du corps calleux.
Parties antérieure et inférieure de la scissure médiane.