II. — GANGLION SPHÉNO-PALATIN 00 GANGLION DE MECKEL
Ganglion ^P^^^^ avoir foumi le nerf orbitaire, et pendant qu'elle est encore contenue '"'Su,?"" ^^'^^ sphéno-palatine, la branche maxillaire supérieure émet, par son
Fig. lia
Ganglion de Meckec et ses branches, sur une coupe ae la paroiexterne des fosses nasales {')
{d'après L. Hirschfeld).
côté inférieur, un gros rameau, souvent deux (et quelquefois plusieurs), d'où partent immédiatement un grand nombre de nerfs divergents : ce sont les
(*) Oan. M., ganglion de Mcckcl.- Cor. s., cornet supérieur.- Sp. p. Ci-<.,nerf sphéno-palatin externe.
— Cor. m., cornet moyen. — Sp. p. int., nerf sphéno-palatiu interne, coupé. — Nas. inf., rameau nasal inférieur. — Cor. inf., cornet inférieur. — Pal. mit., nerf palatin antérieur. — Ptcr. int., muscle plérygoidien interne. — Péri, int., muscle péristapliylin inlerne, coupé. — Pal. po., nerf palatin postérieur, se distribuant au péristapliylin interne et au palalo-staphylia. — Pal. mo., nerf palatin moven.
— Péri, ext., muscle périslaphylin externe. — Ptér. ext., muscle ptérygoïdicn externe. — jV«. p'/ia., nerf naso-pliaryngien de Bocl<. — Car. Yid., liict carolidieu ilu nerf vidieu. — Pét. vid., fdet pétrcux du nerf vidien. — Car. int., carotide iutcrue. — Vïrf., nerf vidieu.
NERFS CRANIENS : PAIRE.
trois nerfs palatins, les nerfs sphcno-palatins et le nerf vidien. Au point de divergence de ces nerfs, se voit un renflement, que Meckel l'ancien (t) a regardé comme un ganglion, et qui est connu, depuis lui, sous les noms de ganglion de Mcchet, gayiglion sphéno-palatin.
C'est un renflement grisâtre, triangulaire, situé dans la fosse plérygo-raaxillaire, au-dessous de la branche maxillaire supérieure, en dehors du Irou sphénopalatin (d'où le nom de ganglion sphéno-palatin, qui lui a été donné par Meckel), au-devant du trou vidien, au-dessus des nerfs palatins postérieurs. Son volume varie depuis celui d'une lentille jusqu'à celui d'un petit pois.
Le ganglion sphéno-palatin est uni au nerf maxillaire supérieur par deux ou trois rameaux très-courts, qui se détachent de ce nerf pendant son trajet à travers la fosse ptérygo-maxillaire. Ces rameaux convergent vers le ganglion et se perdent en partie dans son épaisseur, en partie s'accolent simplement à sa .=urface, pour se continuer directement avec les nerfs palatins et sphéno-palatins.
Longet a établi, en 1842, que le ganglion sphéno-palatin reçoit, de même que le ganglion ophlhalmique, trois racines, l'une sensilive, l'autre motrice, la troisième sympathique. La racine sensitive est fournie par le nerf maxillaire supérieur ; la racine motrice provient du facial, par l'intermédiaire du grand nerf pétreux superficiel; la racine sympathique, enfin, est une émanation du plexus caverneux. Ces deux dernières, distinctes l'une de l'autre à leur origine et dans une grande partie de leur trajet, se réunissent, au voisinage du ganglion, pour constituer le neri vidien on ptérygoîdien.
Description
de ce ganglion.
Son union avec le nei'l maxillaire supérieui'.
Ses trois racines.
m. — HAMEAUX GANGLIONNAIRES.
Les rameaux qui naissent du ganglion sphéno-palatin sont distingués en inférieurs ou nerfs palatins, antérieurs ou nerfs sphéno-palatins et postérieurs ou nerf pharyngien.
. 1" Nerfs palatins.
Au nombre de trois: un anlérieur, qui est le plus considérable, nn postérieur, qui est le moyen sous le rapport du volume, et un intermédiaire, qui est le plus petit. Ces nerfs font suite au ganglion de Meckel ; mais il est de toute évidence, dans le plus grand nombre des cas, qu'ils se détachent directement de la partie inférieuredu nerfmaxillaire supérieur (2). Les trois nerfs palatins semblent constitués par un rameau de bifurcation de la branche maxillaire supérieure.
a. Le nerf palatin antérieur, ou grand nerf palatin, pénètre immédiatement Gfand nerf dans le canal palatin postérieur, le parcourt dans toute son étendue et, par- P'''*''" venu à son orifice inférieur, se réfléchit d'arrière en avant pour se terminer à la voûte palatine, en se bifurquant.
Chemin faisant, il fournit: 1° immédiatement après son entrée dans le canal ''n^ai" palatin, un rameau nasal inférieur [rameau inférieur des cornets), qui est destiné inférieur, à la muqueuse du méat moyen, du cornet et du méçit inférieurs :1a division qui va au cornet inférieur peut être suivie jusqu'à la partie antérieure de ce cornet; 2° plusieurs petits filets qui traversent la paroi interne du sinus maxil-
{\) Mém. de Berlin, 1849.
(2) Dans un cas, le ganglion de Meckel se, trouvait appliqué contre la face interne du nerf maxillaire supérieur, et de la partie supérieure de ce ganglion partait un lilet qui allait s'unir à lu hrauclic que le moteur o;;ul;iire externe fjurnit an grand sympalbi ine.
NÉVROLOGIE.
nameau staphylin.
Nerfpalatin postérieur ou moyen.
Filets du péristaphylin interne et
du palalobtapliylia.
Petit nerf palatin.
laire et vont se rendre aux dernières Hents molaires ; un filet très-grP^e est destiné à la muqueuse du sinus ; 3" au sortir du canal palatin, et mâme quelquefois pendant qu 11 y est encore contenu, un rameau staphylin. qui s'épanouit en plusieurs mets qui se portent tous en arrière dans l'épaisseur du voile du palais - ces filets se divisent en supérieurs, qui vont se distribuer à la muqueuse nasale, et en mféneurs, qui vont àlamuqueuse buccale de ce voile et à la couche glanduleuse subjacente. Aucun filet ne peut être suivi dans l'épaisseurdesmusclesdu voile du palais Des deux branclm terminales, qui toutes deux occupent la voûte palatine l'une* externe, avoi?ine l'arcade alvéolaire ; l'autre, inteime, se rapproche de l'a ligné médiane. Toutes deux se portent dans la couche glanduleuse du palais et se perdent dans l'épaisseur des glandes et de la muqueuse palatine et gingivale.
b. Le nerf palatin postérieur par la position, moyen par le volume s'engage dans un conduit particulier, au sortir duquel il se porte d'avant en arrière, sous la muqueuse nasale du voile du palais, et se divise en deux ordres de filets : les uns qui sont destinés aux téguments muqueux et à la couche glanduleuse du voile du palais ; les autres qui vont se distribuer aux muscles péristaphyhn interne et palato-staphylin. Longet, à qui nous devons la connaissance de ce fait, l'a parfaitement expliqué en montrant que le nerfpalatin postérieur est la continuation du filet crânien du nerf vidien, émanation du facial ; et, en effet, il est extrômement facile de suivre ce filet à travers le ganglion, jusque dans le nerf palatin postérieur (1).
c. Le nerfpalatin moyen, le plus petit des trois, est extrêmement grêle; il s'engage dans un conduit particulier, et quelquefois dans le conduit palatin postérieur, et va se distribuer au tégument muqueux du voile du palais et à la couche glanduleuse subjacente (2).
Leur situation.
Nerf, de la cloison ou nerfj nasopalatin.
Variété.
2° Nerfs sptiéno-palatins on nasaux postérieurs.
Préparation. Sur une coupe verticale du crâne, qu'on aura fait macérer préalablement dans l'acide nitrique étendu, décoller la pituitaire de dessus la cloison et les cornets, et étudier ces nerfs par la surface adhérente de celte membrane.
Extrêmement grêles, ils naissent de la partie interne du ganglion de Meckel et pénètrent, par le trou sphéno-palatin, dans les fosses nasales, où Scarpa les a suivis avec son exactitude accoutumée. Ils se placent tous dans l'épaisseur de la pituitaire, ou mieux, entre le périoste et la muqueuse, et ne peuvent être bien vus que lorsqu'on a détaché cette membrane fibro-muqueuse des os qu'elle revêt : on distingue alors les filets nerveux à travers la couche fibreuse, devenue demi-transparente sur les pièces qu'on a fait macérer dans l'acide nitrique étendu.
Les nerfs sphéno-palatins, se partageant entre la cloison et la paroi externe des fosses nasales, se divisent en internes et en externes.
a. II n'existe qu'un neri: sphéno-palatin interne [fig. 143) : c'estle nerf delacloison (naso-palatin, Scarpa), qui se porte de dehors en dedans, au-devant du sinus sphcnoïdal, au-dessous de l'orifice de ce sinus, et gagne ainsi la cloison des fosses na-
(1) J'ai vu un nerfpalatin pénétrer dans le sinus maxillaire, au-dessous de la membrane du sinus, traverser verticalement la tubérosité maxillaire derrière la dernière dent molaire, et se porter à la voùle palatine.
(2) Ce fait d'anatoniie explique la déviation de la luette dans les paralysies du facial dont la cause a son siège au-dessus du premier coude de ce nerf, c■cst-.^-(li^e au-dessus de rorigine du filet crânien du grund nerf pétroux.
NERFS CRANIENS : 5* PAIRE.
sales. Dirigé d'abord presque verticalement en bas, il chemine ensuite presque horizontalement d'arrière en avant, jusqu'au niveau de l'orifice supérieur du canal palatin antérieur, où il s'engage, pour pénétrer dans un conduit particulier, bien distinct du canal palatin antérieur, et parallèle au conduit du nasopalatin du côté opposé (1).
On voit manifestement ces nerfs se porter dans la muqueuse palatine, derrière les dents incisives, sur cette saillie de la muqueuse palatine contre laquelle vient si souvent s'appliquer la pointe de la langue. Je n'ai vu d'anastomoses ni entre les deux nerfs naso-palatins, ni entre ces nerfs et le nerf palatin antérieur ou le nerf dentaire antérieur.
Le nerf naso-palalin fournit, dans son trajet, des filets à la pituifaire qui recouvre la cloison. Mais ces filets sont tellement fins qu'ils sont difficiles à voir, même sur des pièces dont la pituitaire est devenue transparente par l'immersion prolongée dans l'acide nitrique étendu.
b. Les nerfs sphéno-palatins externes, SipT^élés msû nasaux supérieurs {fig. 145), par opposition au nasal inférieur, fourni par le nerf palatin antérieur, sont au nombre de trois ou quatre ettrès-grôles ; ils se dirigent verticalement en bas, le long de la partie postérieure de la paroi externe des fosses nasales, et s'épanouissent en filets qui se portent sur les cornets et dans les méats supérieurs et moyens : c'est seulement par la surface externe de la pituitaire qu'on peut voir ces filets.
c. Nerf naso-pharyngien. Bock et , après lui , Arnold ont décrit , sous le nom de imf pharyngien, un rameau assez considérable qui peut être considéré comme appartenant aux nerfs sphéno-palatins externes. Ce rameau, né de la partie postérieure et interne du ganglion de Meckel, passe dans le conduit ptérygo-palatin, situé entre la face inférieure du sphénoïde et l'apophyse sphénoïdale de l'os palatin, se porte en arrière et en dedans, et se divise en plusieurs filets, qui se distribuent, les uns, à la muqueuse de la partie supérieure et postérieure des fosses nasales, les autres, à la muqueuse de la partie supérieure du pharynx, au voisinage de la trompe d'Eustache. On peut rapporter à ce nerf un filet que Longet a vu se détacher du ganglion sphéno^ palatin et se porter dans le sinus sphénoïdal.
Il est cci'tain que le iiasopalatiu fournit à la piluitaii'c.
Nerfs sphéuo - palatins externes ou
nasaux supérieurs.
Rameau naso-pharyngien.
3" Nerf vidien ou ptérygoïdien.
On décrit généralement ce nerf comme une émanation du ganglion de MeckeL *ferf vidien Contentons-nous, pour le moment, de le considérer comme un moyen de com- °lJlt2' munication entre ce ganglion, d'une part, le facial et le ganglion cervical supérieur, d'autre part, et ne prenons les expressions d'origine et de terminaison que dans un sens purement métaphorique.
Né de la partie postérieure du ganglion de Me;;kel, le nerf vidien (fig. 146) pé- Trajet du nètre dans le canal vidien ou ptérygoïdien, au sortir duquel il traverse la sub- "^rf vidien. stance cartilagineuse du trou déchiré antérieur, et se divise, au niveau du sommet du rocher, en deux filets, l'un supérieur ou crânie^i, ou grand nerf pétreux superficiel; Va.ulvù inférieur ou profond, ou carotidien. Souvent la division du nerf vidien a lieu dès son origine au ganglion de Meckel.
(1) D'après H. Cloquet, les deux nerfs naso-palatins se terminent aux angles supérieurs d'un ganglion qu'il appelle naso-palatin, sans arriver jusque dans la bouche; maisj quelques recherches que j'aie faites à cet égard, il m'a été impossible de rencontrer cd ganglion, dont l'existence est niée par Arnold.
NÉVROLOGIE.
iuférUjui- inférieur ou carolidien, mou, grisâtre, beaucoup plus considérable
ou cmoti- li-ie le supérieur, est la continuation du tronc; il pénètre dans le canal carotidicu dien, s'applique contre le cûté externe de l'artère carotide, où il s'anastomose avec les nerfs qui établissent une communication entre le ganglion cervical supérieur et le nerf moteur oculaire externe, et concourt à la formation du plexus carotidien : un renflement ganglilorme aplati se voit dans le lieu de cette anastomose (1).
Grand nerf 6. Le filet Supérieur ou crânien, grand nerf pétr eux superficiel, souvent double, i)L icux. péujSQ.g jj^j,g crAne entre le temporal et le sphénoïde, en môme temps que le petit rameau correspondant de l'artère vidienne, à laquelle il est accolé, se dirige en arrière et en dehors, sous la dure-mère, qui le sépare du ganglion de
Casser, logé, comme la petite artère pélreuse, dans une gouttière que présente la face supérieure du rocher, pénètre par l'hiatus de Fallope dans le canal du nerf facial et se jette dans le ganglion géniculé de ce nerf (2). Nous verrons, à l'occasion du nerf facial, que le filet crânien du nerf vidien est une émanation du facial, qui va se jeter en apparence dans le ganglion sphéno-palatin, mais qu'il est facile de suivre à travers ce ganglion jusque dans le nerf palatin postérieur, qu'il concourt à former, et que c'est ce raûme filet crânien qui va se jeter dans les muscles péristaphylin interne et palalo-staphylin.
(•) Max. s., nerf maxillaire supéricui'. — Dent. s. a. nerf dentaire supérieur et antérieur. — Dent, p., nerfs dentaires posiéricurs. — Mot. o. ex., nerf moteur oculaire externe. — Gun. M., ganglion de Hecltel. — Vid., nerf vidien. — Pet. Vid., filet pélrcux du nerf \idicn. — Faci., facial. — Jacob., rameau de Jacobson. — G. plia., glosso-pliaryngicn. — Gan. c. 4-., ganglion cervical supérieur. — Pl. car., plexus carotidien. — Car. vi., filet cai'otidion du nerf vidien.
(1) J'ai vu quelquefois deux rameaux carotidieus, dont l'un était très-petit. Meckel avait considéré le rameau carotidien du nerf vidien comme l'origine principale et vraie du nerf grand sympathique.
(2) J'ai vu le rameau supérieur du nerf vidien formé par trois iilels bien distincts.
NERFS CRANIENS : 5^ PAIRE.