‹ Traité d'anatomie descriptive [electronic resource]Chapitre 78 sur 254 · VEINES · texte numérisé non relu

VEINES

système veineux pulmonaire, à un tronc artériel unique répondent -quatre veines, deux pour chaque poumon.

Chaiue artère est accompagnée ordinairement de deux vemes, qu on appelle ses sdeHUes et qui portent le môme nom qu'elle; en outre, il existe, pour un certain nombre de régions, des veines superficielles ou sous-cutanees, qui fornaent un système tout à fait étranger aux artères, et qu'on peut considérer comme des veines complémentaires.

Le nombre des veines, d'une manière générale, est donc beaucoup plus considérable que celui des artères. Mais cette règle soufîre quelques exceptions : i n'existe en eiïet, qu'une seule veine satellite pour les gros troncs artériels et même pour quelques artères d'un calibre moyen. Ainsi, il n'y a qu'une veine méseutérique, une veine rénale, une veine iliaque externe, qui correspondent aux artères du même nom. Dans quelques cas très-rares môme, on rencontre plusieurs artères pour une seule veine : c'est ainsi qu'cà la veine ombilicale répondent deux artères ombilicales, à la veine capsulaire, plusieurs artères cap-

'"LÔ'Samè/re des veines ne saurait être évalué d'une manière rigoureuse, en raison des variations de calibre dont les rend susceptibles leur excessive dilatabilité. C'est ce qui explique le défaut de concordance dans les résultats auxquels ont été conduits, sous ce rapport, les divers observateurs. Ainsi, d'après Haller, la capacité des veines serait à celle des artères comme 2 estai ; d'après Borelli, comme 4 est à 1 ; d'après Sauvages, comme 9 est à 4.

Considéré sous le rapport de sa forme générale, le système veineux représente un cône tronqué, dont le sommet toucbe au cœur, et dont la base répondrait aux extrémités d'origine. Il résulte de cette disproportion entre la capacité totale des veines secondaires, et celle des troncs veineux que, dans l'ordre de la circulation, le sang passe d'un espace plus considérable dans un espace plus étroit.

Origine. — Les veines naissent des réseaux capillaires des organes de la môme façon que les artères s'y terminent. Les injections, même les plus grossières, qui souvent passent avec une si grande facilité des artères dans les veines, établissent incontestablement cette continuité entre les divers ordres de vaisseaux, continuité que démontre d'ailleurs d'une manière péremptoire l'examen de la circulation dans les parties transparentes des animaux vivants. .11 arrive quelquefois que les injections poussées dans les veines, des troncs vers les extrémités, s'échappent à Iravers la surface des muqueuses; cette circonstance avait fail croire que les veines naissaient par des bouches ouvertes à la surface de ces membranes. Haller admettait des veines absorbantes naissant de toutes les surfaces libres ; mais il est certain que la matière des injections s'échappe par des ruptures.

Trajet. — Immédiatement après leur origine, les veines forment des réseaux, d'où partent des ramuscules qui s'anastomosent entre eux pour former des réseaux de plus en plus considérables ; de ces réseaux se détachent des rameaux, qui se réunissent successivement de la môme manière que les artères se sont divisées, c'est-à-dire que les ramuscules forment, par leur réunion, des rameaux, les rameaux, des branches, et les branches, des troncs.

Aux membres, les veines se partagent en deux ordres : les veines superficielles et lesDet?ies profondes. Les veines profondes, satellites des artères, auxquelles elles sont accolées et dont elles partagent la gaine fibro-celluleuse, affectent les

Des vemei satellites dei artères.

Des veines superficielles.

Nombre des veines.

Impossibilité d'apprÉcier le diamètre des

veines.

Capacité du système ■veineux.

Forme générale.

Les veines se continuent avec lus artères.

Disposition réticuléedes veines à leur origine.

Réunion e»

rameaux, eu branches et en Ironcs.

Veines prol'oudes.

ANGÉIOLOGli;.

Elles sont toujours ac ooliics aux artères.

Les veines profondes

n'accompagnent pas

toujours les artères.

Veines superficielles.

Leur nécessité.

Elles constituent pour la circulation veineuse une voie collatérale.

Leur situation générale.

Multiplicité et utilité [les anastomoses.

I c système veineux tout entier constitue un réseau vas- Gulairc.

mômes rapporls que ces dcrniùres avec les os, les muscles, les nerfs, les aponévroses et la peau. Vainement a-t-on voulu dtîterminer la loi qui préside aux rapports des ai-tôres avecles veines. I-a position relative de ces vaisseaux, quoique constante, ne paraît soumise à aucune règle générale. Ces rapports intimes, intéressants pour le chirurgien, qui, dans une ligature d'artère, doit minutieusement séparer les veines de l'artère, le sont peut-être beaucoup moins pour le physiologiste. Les secousses imprimées par les battements artériels au sang des veines satellites sont-elles de nature, comme on l'a dit, à favoriser la circulation dans ces dernières? La chose est loin d'être prouvée.

Lorsque les veines profondes n'accompagnent pas les artères, il existe toujours une raison physiologique particulière que l'observation peut déterminer. Ainsi, les sinus cérébraux, qui sont réellement des veines, n'accompagnent pas les artères ; les veines sus-hépatiques, la veine ophlhalmique, la veine azygos, ne sont point satellites des artères correspondantes.

Les veines super(icielles ne s'observent que dans les parties oti la circulation des veines profondes peut ûtre plus ou moins entravée par le fait de l'exercice des fonctions. Le sang veineux ne circulant pas, en effet, comme le sang artériel, sous l'influence d'un puissant agent d'impulsion, se ralentit par la cause la plus légère, d'où naît la nécessité d'une circulation collatérale.

Les veines superficielles constituent donc, à l'égard des veines profondes, une voie de circulation supplémentaire, qui est utilisée pendant la contraction des muscles des membres supérieurs et inférieurs, ainsi qu'on le voit chez les individus qui exercent beaucoup ces membres. J'ai constaté que la langue présente, ainsi que les membres, une circulation superficielle et une circulation profonde ; il en est de môme de la verge, pogr des raisons analogues. Du reste, les veines superficielles sont placées entre l'aponévrose contentive des muscles et la peau, dont elles sont séparées par une lamelle du fascia superficialis ; elles sont accompagnées par les nerfs et par les vaisseaux lymphatiques sous-cutanés.

De ce qui précède, il résulte que les veines profondes, satellites des artères, ne méritent pas de description spéciale, puisqu'elles affectent la môme distribution et les mômes rapports que les artères. La description du système veineuv sera donc limitée à celle des veines qui ont un trajet indépendant de celui des artères.

Anastomoses, 'plexus veineux. — Les anastomoses, )à'\e.n plus multipliées dans les veines que dans les artères, ont lieu aussi par des vaisseaux beaucoup plus larges. Ainsi, les anastomoses par inosculation,les anastomoses par communication latérale, transversale ou oblique, les anastomoses par convergence s'observent dans tous les départements du système veineux et avec toutes les variétés imaginables. Les petites veines et leurs rameaux forment des réseaux losangiques ; les troncs et les branches communiquent largement entre eux, savoir, les veines superficielles avecles veines profondes, les veines superficielles et les veines profondes entre elles, la veine-cave supérieure avec la veine-cave inférieure ; en sorte qu'on pourrait dire que le système veineux tout entier forme un immense réseau vasculaire, et c'est par là qu'il triomphe des obstacles qui ralentissent ou môme interceptent complètement le cours du sang dans telle ou telle de ses parties. Pour que la circulation du sang veineux soit complètement arrêtée, il faut, en efi^et, qu'il y ait oblitération, non-seulement du tronc principal, mais encore de toutes les voies collatérales. *•

Un mode d'anastomose bien remarquable est celui-ci : une veine collatérale

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