VEINES
naît de l'un des points d'une veine, et se termine, dans la mûme veine, à une disfance plus ou moins considérable, à la manière d'un canal destine ii réunir deux points éloignés d'un môme fleuve. Ce canal collatéral est destiné à recueillir un certain nombre de veines qui, sans celte disposilion, se rendraient dans le vaisseau principal. Une variété de cette anastomose est la suivante : une veine se divise en deux veines égales en calibre, qui s'écartent à angle très-aigu, ou plutôt marchent parallèlement entre elles et viennent se réunir à une distance plus ou moins considérable. La saphène interne présente souvent cette disposition. Quelquefois la réunion des deux branches de bifurcation se fait immédiatement, si bien qu'on croirait que cette disposition n'est autre chose qu'une perforation de la veine ; c'est ainsi que Deville a montré à la Société anatomique le nerf musculo-cutané traversant la veine axillaire. A côté était un petit filet nerveux traversant également une très-petite veine.
Les flexus veineux, espèces de réseaux inextricables, ne sont autre chose que le degré le plus élevé des anastomoses ; ils se rencontrent autour des parties dont la circulation est susceptible de ralentissement, ou qui sont le siège de fonctions nécessitant une fluxion sanguine considérable : exemples, plexus vésicaux, utérins, spermatiques, etc. Ces plexus veineux doivent être bien distingués des réseaux anastomotiques qui se voient à l'origine des veines.
Les veines sont rarement flexueuses comme les artères ; elles sont, au contraire, rectilignes. L'absence presque complète de flexuosités est encore une circonstance qui atténue les inconvénients du défaut d'agent impulsif direct ; car les flexuosités, en multipliant les frottements, seraient une cause manifeste de ralentissement dans le cours du sang veineux. Les flexuosités sont en quelque sorte étrangères aux grosses veines ; elles sont, au contraire, extrêmement prononcées dans les dernières radicules et dans les plexus. Les flexuosités des veines doivent être considérées comme le résultat d'un développement considérable, •'.'est ainsi que les veines hypertrophiées, qu'élles soient variqueuses ou non, décrivent des espèces de zigzags aussi prononcés que possible (t).
Variétés. Les variétés de calibre, d'anastomose et de terminaison ou embouchure des veines sont tellement multipliées qu'il est impossible de les comprendre dans une description générale : il semble que ce soit une chose indifférente, pour la régularité des fonctions, qu'une veine s'abouche avec telle ou telle partie du système veineux. On conçoit que les anastomoses veineuses étant très-multipliées et se faisant par des branches considérables, il importe peu que ce soit telle ou telle branche anastomotique qui prédomine.
Terminaison. Les veines de la partie sus-diaphragmatique du corps se rendent toutes à la veine-cave supérieure, celles de la partie sous-diaphragmatique à la veine-cave inférieure ; les veines du cœur s'ouvrent isolément dans l'oreillette droite. Les deux veines-caves communiquent entre elles par la veine azygos et surtout par le système veineux rachidien, de telle façon qu'elles se suppléent dans les cas d'oblitération de l'une d'elles.
Valvules des veines. L'existence de replis membraneux ou valvules dans l'in-
(1) J'ai coutume de diviser les varices en deux espèces bien distinctes : les varices serpentines et les varices ampullaires. Les premières consistent dans un développement uniforme, permanent, qui triple, quadruple, décuple le calibre du vaisseau, et s'accompagne par conséquent de zigzags extrêmement prononcés ; les varices ampullaires sont des dilatations circonférentielles ou latérales, occupant tels ou tels points du vaisseau. Souvent les varices serpentines et ampullaires se trouvent réunies sur le même vaisseau.
Anastomose à l'aide d'un
canal veineux collatéral.
Les plexus veineuxsoni le maximum des anastomoses.
tiirection rectiligne des veines.
Les variétés de calibre, d'anastomose et de terminaison des veines sont innombrables.
Les deux veines-caves s'anastomosent entre elles.
Valvules.
ANGÉIOLOGIIÎ
Elles sont (lisposi!es
par paires.
l.uur direction.
Sinus de la veine au niveau de
chaque valvule.
("onséquenoes de la direction
dosvalvules.
Uésistance et ténuité (Icsvalvutes.
Usages des valvules.
Toutes les veines ne
sont pas pourvues de
valvules.
J.oi qui pr.;-
sido à l'existence desvalvulcs.
ttiricur des veines est un dos traits les plus caractéristiques de l'organisation de cet ordre de vaisseau-x. Les valvules se déctMcnt à l'extérieur, dans les veines injectées, par des espèces de nœuds, plus ou moins développés, suivant les sujets.
Si l'on ouvre sous l'eau une veine pourvue de valvules, on voit naître de sa surface interne des replis membraneux , espèces d'apophyses membraneuses (suivant l'expression de Charles Étiennc, qui paraît avoir découvert les valvules), ordinairement disposées par paires, rarement solitaires, mémo dans les plus petits vaisseaux, plus rarement encore au nombre de trois, ainsi que Haller et Morgagni disent l'avoir observé. Toutes ces valvules présentent une forme semi-lunaire, comme les valvules sigmoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire; leur bord adhérent, convexe, regarde les extrémités, leur bord libre, droit ou concave, est dirigé vers le cœur. De leurs deux faces, qui sont libres, l'une regarde vers l'axe de la veine, l'autre répond aux parois du vaisseau; presque toujours, au niveau des valvules, les veines présentent des dilatations ou sinus, qui leur donnent un aspect noueux; les étranglements répondent au bord adhérent des valvules, les dilatations au corps de ces replis.
Par une conséquence nécessaire de leur direction, les valvules permettent une circulation facile des extrémités vers le cœur, mais s'opposent, à la manière de soupapes mobiles, au reflux du sang du cœur vers les extrémités ; et c'est principalement sur le fait anatomique de la direction des valvules que Harvey a fondé la grande découverte de la circulation du sang. L'étendue des valvules est telle qu'en s'abaissant, les deux valvules correspondantes oblitèrent plus ou moins complètement la lumière du vaisseau. 11 est des valvules qui interceptent complètement le cours du sang, il en est d'autres qui l'interceptent incomplètement. En général, les valvules sont d'autant plus insuffisantes qu'elles occupent un vaisseau plus volumineux.
Malgré leur ténuité, les valvules sont extrêmement résistantes, ce dont il est facile de se convaincre en essayant d'injecter les veines dans un sens opposé à celui de la circulation. La disposition aréolaire ou les découpures qu'on a quelquefois observées dans les valvules veineuses, me paraissent accidentelles. 11 y a, sous ce rapport, une grande différence entre les diverses régions : ainsi les veines de la tète et du cou s'injectent très-bien par l'oreillette droite du cœur, malgré la présence de quelques valvules, rares il est vrai, dans les veines jugulaires. Au contraire, les valvules des- membres opposent, en général, une résis- 'tance insurmontable.
Les valvules ont pour usage de préA'enir, dans le cours du sang, les mouvements rétrogrades que tendent à déterminer une foule de causes, telles que la contraction musculaire, la pesanteur, l'expiration.
Toutes les veines ne sont pas pourvues de valvules, et celles qui en sont pourvues, le sont d'une manière très-inégale. On peut dire que leur présence, leur nombre, leur rapprochement ou leur éloignement sont en raison directe des obstacles que rencontre la circulation du sang veineux. C'est ainsi que les valvules sont plus multipliées dans les veines des membres inférieurs, où le sang chemine contrairomeut ;\ l'action de la pesanteur, que dans les veines des parties où la circulation veineuse trouve une force auxiliaire dans cette même pesanteur; elles manquent complètement dans tout le système de la veine-porte, ainsi que dans le système des veines pulmonaires. Elles sont généralement plus multipliées dans les veines profondes que dans les veines superficielles.