‹ Traité d'anatomie descriptive./ [electronic resource] (volume 2)Chapitre 19 sur 32 · MUSCLES DE LA JAMBE · texte numérisé non relu

MUSCLES DE LA JAMBE

§, Ier. Région jambière antérieure.

‘jry

JliLLE comprend ]es muscles jambier antérieur , extpnseur du gros orteil , grand extenseur des orteils et petit péronier.

• Muscle jambier antérieur. Long, épais, prismatique et charnu en haut , grêle et tendineux en bas , placé au-devant de la jambe. Il naît , i°. de la tubérosité externe du tibia et de la moitié supérieure de la surface externe de cet os , par de courtes fibres ttponévrotiques ; 20. un peu du ligament interosseux, ■et.tout-à-fait en haut d’une petite cloison qui Je sépare de l’ex tenseur commun ; 5°. de la face postérieure .de l’aponévrose tibiale dans son tiers supérieur. De .ces diverses origines descendent les fibres charnues , qui forment par leur assemblage un faisceau considérable, dirigé en bas , en dedans pt un peu en avant , augmentant d’abord d’épaisseur , .diminuant ensuite, et qui , parvenu au commencement du tiers inférieur de la jambe se termine par un tendon aplati et assez •épais. Ce tendon règne quelque temps dans l’épaisseur des fibres charnues , dont il reçoit les supérieures perpendiculairement , et les inférieures de plus en plus obliquement ; il s’en isole un peu au-dessus de 1 extrémité inférieure du tibia , passe au-devant et ensuite sur Tarticulation du pied , où il est assujetti , comme je le dirai, parle ligament annulaire supérieur,

des muscles et de leurs dépendances. 3ii se contourne tfesen dedans, et se tend ru cote interne du premier cunéiforme, où il s’implante en s élargissant un peu et en envoyant toujours à l’extrémité du premier métatarsien un prolongement que tapisse immédiatement la synoviale articulaire. Une petite poche de même nature et isolée se trouve assez ordinairement entre ce tendon et le premier cunéiforme avant l’insertion.

Le corps charnu du jambier antérieur est appliqué en dedans sur la surface externe du tibia , à laquelle il n’est que contigu en bas , et en arrière sur le ligament interosseux. En devant , l’aponévrose tibiale le recouvre, en lui adhérant d’abord et en étant isolée ensuite. En dehors, il est séparé par les vaisseaux tibiaux antérieurs , d’abord de l’extenseur commun , puis de l’extenseur du gros orteil. Quant à son tendon , il est recouvert par les tégumens, plus immédiatement par l’aponévrose tibiale et le ligament annulaire, et se trouve appliqué sur l’extrémité inférieure du tibia, l’articulation du pied et les os du tarse.

En passant sous le ligament, annulaire supérieur, une synoviale mince , assez humectée, se déploie sur lui et l’accompagne assez loin au-dessous. On la distingue en fendant longitudinalement ce ligament.

Muscle extenseur du gros orteil. Allongé, mince, large et aplati transversalement en haut, grêle et tendineux en bas, situé en dehors du précédent. 11 naît , par de courtes aponévroses, de la surface iiitei ne du péroné , dans 1 espace de cinq à six pouces , et de la portion voisine du ligament interosseux. De ■là les libres charnues sc portent parallèlement en bas et en avant, en formant un faisceau rhomboïde,;

012 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, puis , après un trajet de deux pouces à-peu-près , elles viennent toutes tomber obliquement sur un tendon qui occupe d’abord le bord antérieur du faisceau charnu , ensuite s’en isole au niveau du ligament annulaire , passe au-dessous de ce dernier, côtoie Je bord interne du métatarse, recpuvrant ses articulations , passe sur la première phalange, à laquelle il tient par deux expansions aponévroliques détachées de ses bords, et vient s’implanter, en s’élargissant , à l’extrémité de la dernière phalange. Quelquefois un petit tendon , qui s’en détache plus ou moins haut , se fixe à la première.

L’extenseur du gros orteil , dans sa portion charnue , se trouve entre le jambier antérieur dont le séparent cependant les vaisseaux et nerfs antérieurs de la jambe, et le grand extenseur, qui le cachent. Subjacent à l’aponévrose tibiale, au ligament annulaire, et plus bas aux tégumens, son tendon recouvre le tibia, le tarse , le métatarse et les phalanges. Au niveau de l’articulation de la dernière avec la première , la synoviale articulaire se déploie sur son extrémité.

Muscle grand extenseur. Long , mince , transversalement aplati , situé à la partie externe et antérieure de la jambe , et supérieure du pied. 11 s implante en haut à la tubérosité tibiale externe, à une petite cloison aponévrotique qui le sépare du jam^ hier antérieur, et aux ligamens antérieurs de l'articulalion péronéo-libiale ; en arrière , à la partie antérieure du péroné , dans l'espace de cinq à six pouces , par de courtes fibres aponévrotiques ; en devant, à l’aponévrose jambière ; en dehors, à une

des muscles et de leurs dépendances.

large cloison aponévrodque qui le séparé du grand et du moyen péroniers. De ces insertions , les fibres charnues se portent, les supérieures perpendiculairement , les inférieures de plus en plus obliquement , sur un tendon commun qui , d’abord caché dans leur épaisseur , occupe depuis le milieu de la jambe le bord antérieur du faisceau qu’elles forment , et se trouve accompagné par elles jusqu’au ligament annulaire. Ce tendon, bien avant d’y arriver, présente trois portions plus ou moins exactement isolées, et qui reçoivent chacune un faisceau déjà distinct. En y passant la portion interne se bifurque , en sorte qu’audelà de ce ligament on voit quatre portions tendineuses s’écarter les unes. des autres, s’avancer sur la convexité du pied , se diriger vers les quatre derniers orteils en s’élargissant , et en croisant la direction de ceux du petit extenseur. Arrivés sur la face supérieure des phalanges , les trois premiers se placent aù bord externe des tendons de ce muscle , tandis que le dernier reçoit souvent un prolongement du court péronier latéral. Chacun recevant aussi une double expansion des lombricaux et des interosseux , s’élargit alors et recouvre toute la phalange. , puis se divise , comme les tendons extenseurs de la main , en trois portions ; l’une moyenne , qui passe directement sur l’articulation de la première phalange avec la seconde , et s’attache au sommet de celle-ci ; et deux latérales , qui d’abord écartées , puis réunies, viennent se fixer à l’extrémité postérieure de la dernière.

A la jambe, le grand extenseur, séparé en dedans et en haut par Jes vaisseaux antérieurs de cette

3 4 appareils de la locomotion.

parlie , du jambier antérieur auquel il tient d’abord , est contigu plus bas à l’extenseur du gros orteil, avoisine en dehors le grand et le moyen péroniers , ét se trouve comme confondu avec le petit. En avant l’aponévrose jambière le recouvre. Au coude-pied , il passe dans une coulisse du ligament annulaire , qui lui est propre ; en fendant celle-ci on découvre une synoviale distincte, qui se prolonge en haut- et en bas. Sous-cutané au pied, il y est appliqué sur le petit extenseur et les phalanges. Au niveau de l’articulation de la première et de la seconde , il en emprunte la synoviale qui favorise son glissement.

Muscle petit péronier. Allongé , mince , aplati , variable dans son existence , situé en devant et en dehors de la jambe. 11 s’attache, au milieu sur le tiers inférieur de la partie antérieure du péroné, en dedans sur le ligament interosseux , en dehors à une cloison qui le répare du moyen péronier. De cette triple insertion descendent obliquement les fibres charnues , d’abord si intimement confondues avec le muscle précédent , qu’il est impossible de les en isoler , puis formant un faisceau distinct qui se rend sur un tendon qui occupe son bord antérieur. EIni d’abord à celui de F extenseur des orteils , ce tendon s’en sépare , se porte en dehors et en bas , s isole des fibres charnues au-dessus du ligament annulaire , passe sous ce dernier , croise le petit extenseur en s’élargissant beaucoup , et vient se fixer en dehors de fi extrémité postérieure du cinquième métacarpien, et à la partie voisine de son corps. Souvent un prolongement se rend de ce tendon au dernier de ceux du grand extenseur.

A la jambe , ce muscle , subjacent à l’aponévrose jambière en dehors , et voisin du moyen péronier, est confondu en dedans avec l’extenseur des orteils. Au pied, il est recouvert par les ligamens, et appliqué sur le petit extenseur et le dernier os métacarpien. Au coude-pied, il est fixé par le ligament annulaire, et embrassé par la synoviale du muscle précédent.

Mouvemens.

Ils ont rapport aux phalanges , au pied et à la jambe.

Les quatre dernières phalanges sont étendues par l’extenseur commun des orteils , et celle du gros orteil par son extenseur propre. Ce mouvement est bien moins marqué qu’à la main chez la plupart des hommes, où d’étroites chaussures influencent spécialement la convexité des phalanges. J’ai même observé souvent que la compression déforme en partie la structure de l’extrémité tendineuse, qu’il est alors bien difficile de connoître exactement. Quoique l’extenseur du pied égale celui de la main par le nombre de ses fibres , il est facile de voir la différence des mouvemens quand le pied est nu. Lorsque les extenseurs ont agi sur les phalanges , et qu’ils continuent leur action, ou si celles-ci sont fixées, ils fléchissent le pied sur la jambe.

Ce dernier effet est immédiatement produit par le jambier antérieur et par le petit péronier, qui opèrent la flexion directe s’ils combinent leur action , mais qui , s’ils agissent isolément , portent de plus le pied , le premier en dedans, le second en dehors, en lui faisant finie une espèce de rotation.

3l6 APPAREILS DE LA LOCOMOTION.

Si le pied est assujetti , tous ces muscles prennent sur lui leur point d’appui , empêchent la jambe de se renverser en arrière , et la maintiennent dans sa rectitude naturelle. C’est dans la station surtout qu’ils agissent dans ce sens , soit qu’elle ait lieu comme à l’ordinaire, soit quelle se fasse sur la pointe du pied, qui se brise alors dans ses articulations métatarso-phalangiennes. Dans le dernier mode d’action , le jambier antérieur et le péronier sont moins puissamment en action que les extenseurs.

§ lî. Région jambière postérieure et superficielle.

On y trouve les jumeaux , le jambier grêle , le soléaire et le poplité.

Muscles jumeaux. Ce sont deux faisceaux allongés, épais et isolés en haut , aplatis et contigus inférieurement, placés superficiellement au haut de cette région. L’interne e6t plus fort, et descend plus bas que l’externe. Chacun se fixe au-dessus de l’extrémité postérieure du condyle fémoral correspondant, par un fort tendon recourbé , d’abord placé , en dehors des fibres charnues pour le faisceau externe , en dedans pour l’interne , et qui s’épanouit tout de suite en une aponévrose mince , appliquée assez loin derrière ces fibres. Celles-ci naissent en dedans du tendon externe , en dehors de l’interne , en devant de tous deux et de leur aponévrose. Elles sont assez courtes , dirigées en bas , et viennent se terminer obliquement , et dans l’ordre de leur origine, à la surface postérieure d’une autre aponévrose, d’abord divisée en deux parties pour les deux faisceaux , mais simple vers le mi-

DES MUSCLES et DE LEURS DÉPENDANCES. 3i7

lieu de la jambe , et bientôt confondue avec une aponévrose analogue appai tenant au soleaire , jiour concourir à la formation du tendon d’Achille.

Au niveau de l’articulation fémoro-tibiale , les deux jumeaux isolés complètent en cet endroit l’espace poplité, et sont recouverts , l’interne par le deiniaponévrotique , l’externe par l’aponévrose tibiale. Ils recouvrent d’abord les condyles du fémur , par l’intermède de la synoviale articulaire qui se déploie sur eux en faisant l’office de synoviale tendineuse , pour favoriser leur glissement. De plus, l’externe correspond au poplité , et l’interne est séparé du tendon du demi-aponévrotique par une synoviale isolée , assez lâche, ovalaire, et humectée d’une assez grande quantité de synovie.

Au-dessous du genou , les deux faisceaux réunis sont subjacens à l’aponévrose jambière , et appliqués sur les vaisseaux et muscles poplités , sur le plantaire grêle et sur le soléaire.

Muscle soléaire. Allongé, volumineux, large etépais au milieu , rétréci à ses extrémités. Ses nombreuses fibres charnues ont trois insertions distinctes : i°. l’une externe, à la face postérieure d’une aponévrose large et mince appliquée au-devant de sa partie externe , qui commence à s’attacher derrière l’extrémité tibiale du péroné , et qui , se fixant ensuite tout le long de la partie externe des deux tiers supérieurs de cet os , y attache ce muscle ; 2°. l’autre moyenne, à la convexité d’une arcade aponévrotique très-sensible , sous laquelle s’engagent les vaisseaux poplités , étendue entre cette aponévrose et la suivante ; 5°. enfin une troisième interne ; à une aponévrose fixée à la ligne oblique

3l8 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, postérieure du tibia, au tiers moyen de son bord interne , et qui se répand très-bas sur la partie fri terne des libres charnues. De tous ces points, celles-ci, dirigées en bas, se rapprochent les unes des autres et se rendent successivement , suivant l’ordre de leur origine , au-devant d’une large et mince aponévrose appliquée sur la face postérieure du muscle. Celle-ci les reçoit en partie immédiatement, en partie par le moyen d’un raphé tendineux qui règne sur sa partie antérieure, et sur chaque côté duquel elles viennent se rendre comme les barbes d’une plume sur leur tige. Ensuite elle s’unit intimement avec celle des jumeaux. Le tendon d’Achille résulte de la réunion de ces deux aponévroses, et descend, formé de fibres très-distinctes , verticalement derrière l’extrémité inférieure de la jambe , en se rétrécissant, s’épaississant et s’arrondissant. Près du calcanéum, il s’élargit un peu de nouveau, puis va se fixer au bas de l’extrémité postérieure de cet os , après avoir glissé sur une facette cartilagineuse que revêt , ainsi que lui , une synoviale très-serrée et assez humide de synovie. Ce tendon , saillant au-dessous de la peau , correspond en devant à beaucoup de tissu cellulaire qui le sépare des muscles de la région profonde, et qui occupe l’espace très-sensible qui se trouve entr’eux. 11 continue à recevoir, jusque près du calcanéum, l’insertion des fibres charnues du soléaire. Ce dernier, recouvert dans son corps charnu parles jumeaux , le jambier grêle et l’aponévrose jambière, est appliqué sur le péroné, les vaisseaux poplités, tibiaux postérieurs et péroniers , sur le muscle poplité et les autres de la région profonde.

Muscle jambier grc le. Long , tendineux presque

des muscxes et de leurs DÉPENDANCES. 3 19 en totalité , manquant dans quelques sujets , situé entre les muscles précédens. Son petit faisceau charnu arrondi et conique, né derrière le condyle externe du fémur , par un tendon qui lui est commun avec le jumeau externe , et que revêt en devant la synoviale articulaire , se porte en bas et en dedans , derrière l’articulation. Après deux pouces environ de trajet , il se change en un autre tendon très-grêle et aplati , qui commence d’ahord sur sa face postérieure , s’isole , suit la même direction , se place au côté interne du tendon d’Achille , le côtoie , s’y unit en bas , et se termine avec lui derrière le calcanéum.

Recouvert , dans sa partie supérieure , par les jumeaux , ce muscle , dans cette partie , est appliqué d’abord sur la synoviale du genou , puis sur le ligament postérieur , sur le vaisseau et le muscle poplités, et sur le soléaire. Inférieurement il est uniquement sous-cutané.

Muscle poplité. Court , aplati et triangulaire , placé profondément au haut de la jambe , et derrière elle, au-dessus du soléaire. Il naît par un tendon aplati , épais, d’un pouce de long , implanté dans l’espèce de gouttière subjacente à la tubérosité externe du fémur. Dirigé de là obliquement en dedans et en arrière , il tient au ligament semi-lunaire externe , sur lequel il passe, est embrassé jusqu’aux fibres charnues par la synoviale qui se réfléchit ensuite en l’abandonnant , en sorte qu’il paroît d’ahord contenu dans l’articulation. Nées de sa partie postérieure qui s’élargit beaucoup, les fibres charnues, d’autant plus longues et plus obliques en bas et en dedans , quelles sont plus inférieures , vont s’insérer en grande partie sur la

520 APPAREILS DE LA LOCOMOTION, surface triangulaire supérieure et postérieure du tibia , et quelques-unes sur la partie voisine du bord interne du même os , par une aponévrose mince , détachée du demi-aponévrotique , et qui règne d’ahord sur presque toute leiendue du muscle.

Les jumeaux, le jambier grêle, les vaisseaux et nerfs poplités recouvrent ce muscle , dont l’articulation péroneo-tibiale , le jambier postérieur , et la surface triangulaire du tibia forment les rapports profonds.

Mouvemens.

Les muscles de cette région sont , comme ceux de la région fessière , une preuve , par leur force et leur énergie , de la destination de l’homme à marcher debout. Le gras de jambe qu’ils forment est un attribut spécial de l’homme. Dans la station , en prenant leur point fixe sur le calcanéum , le soléaire retient la jambe en arrière et l’empêche d’obéir à la tendance que le poids du corps lui donne à se fléchir sur le pied. Les jumeaux fixent la cuisse en arrière , antagonistes sous ce point de vue du crural qui la retient en devant. Portée au-delà du degré ordinaire , leur action peut la fléchir , ainsi que celle du poplité, qui agit obliquement à cause de sa direction. Celle du soléaire peut renverser la jambe sur le calcanéum.

Dans la progression, le soléaire et les jumeaux, en élevant le talon , servent surtout à faire exécuter au pied ce* mouvement de rotation par lequel il décrit un demi-cercle sur la pointe encore appuyée , et qui , agrandissant le membre inférieur de la longueur de toute la partie postérieure du pied , communique

DES MUSCLES ET DE LEUI^S DEPENDANCES. S'il au tronc une impulsipn qui le dirige en devant. J’ai parlé de ce mécanisme dans l’Osléologie. La course met puissamment en jeu tous ces muscles : en effet , la partie antérieure du pied repose seule alors à chaque pas sur le sol , la postérieure étant continuellement tenue élevée par eux. Ils ne sont pas moins en action dans le saut, à l’instant où le talon se relève. Je ferai meme à cet égard une observation , c’est que les muscles des membres inférieurs qui se contractent subitement pour redresser toutes les articulations préliminairement fléchies , sont les plus puissans et les plus énergiques. Le soléaire redresse l’articulation libio-astragalienne , le crural la fémoro-tibiale , le grand fessier l’ischio-fémorale. On s’étonne de la hauteur à laquelle nous nous élevons quelquefois. L’énergie de ces muscles alternativement disposés en arrière, en devant, puis en arrière encore, pour s’accommoder à la disposition alternative de la flexion des articulations , explique ce fait. On conçoit aussi les observations de rupture du tendon d’Achille survenue chez les sauteurs quand le pied est étendu sur la jambe par le soléaire et par les jumeaux. Dans les mouvemens ordinaires, celle-ci peut être fléchie sur la cuisse, par les jumeaux qui, dans ce mouvement, ont le poplité pour congénère. Ce dernier , dans la demiflexion de la jambe sur la cuisse , état où les surfaces articulaires sont moins serrées les unes contre les autres , peut faire exécuter à la première une rotation très-sensible qui dirige en dedans la pointe du pied.

Le jambier grêle ne joue qu’un foible rôle dans tous ces mouvemens.

§ III. Région jambière postérieure et profonde.

Elle comprend le grand fléchisseur des orteils, le jambier postérieur et le grand fléchisseur du gros orteil.

Muscle grand fléchisseur des orteils. Allongé , mince et aplalyén haut , à quatre divisions tendineuses en bas. 11 s'insère en dedans , par de courtes fibres aponévrotiques , à la face postérieure du tibia, depuis sa ligne oblique jusqu’à son quart inférieur ; en dehors à une longue cloison aponévrotique qui le sépare du jambier postérieur et du grand fléchisseur du gros orteil. De cette double insertion, les libres charnues descendent successivement et obliquement sur les côtés et au-devant d’un tendon caché à son origine dans leur épaisseur , mais bientôt libre en arrière , et qui les reçoit suivant l’ordre de leur origine. Ce tendon est abandonné d’abord parcelles de la première insertion; puis, vers la malléole, par celles de la seconde. Là, il se réfléchit d’abord sur le tibia , où il est séparé par une cloison du jambier postérieur , puis sur l’astragale où , devenu plantaire et horizontal , il se dirige en dehors, croise la direction du fléchisseur du gros orteil sous lequel il passe, et dont il reçoit une languette. Au-delà , il commence à s’élargir et à offrir la trace de quatre portions ; il reçoit le fléchisseur accessoire , comme je le dirai , se sépare en quatre tendons > et donne à leur origine naissance aux lombricaux. Chacun de ces tendons se porte à l’orteil qui lui est destiné, s’engage dans sa gaîne fibreuse avec le tendon correspondant du petit fléchisseur, passe dansl ouver-

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 5'j5

ture que lui offre ce dernier , et va s’attacher en arrière et eu bas de la dernière phalange.

A la jambe, ce muscle est recouvert parle soléaire , l’aponévrose jambière * l’artère tibiale, et recouvre le tibia et le jambier postérieur.

A l’endroit de sa réflexion , il est assujetti par une gaîne fibreuse fixée d’abord sur la coulisse du tibia , puis sur la malléole interne et sur l’astragale , enfin sous la petite tubérosité antérieure du calcanéum. En fendant cette gaîne fibreuse , on trouve une synoviale distincte qui tapisse le canal qu’elle forme conjointement avec le tibia , l’astragale , le calcanéum et les ligamens correspondans de cet os , se déploie aussi sur le tendon qu’elle embrasse dans un canal , forme en haut et en bas deux culs-de-sac en se réfléchissant , et se trouve assez humectée de synovie.

Au milieu du pied , ce muscle est entre l’adducteur du gros orteil , le petit fléchisseur des orteils , l’abducteur du petit orteil , le nerf médian qui sont en bas , et les muscles profonds du pied qui se trouvent en haut.

Au niveau des phalanges, chaque tendon du grand fléchisseur est loge dans une gaîne fibreuse qui commence à l’extrémité de l’os métatarsien correspondant , tient d’abord au ligament transverse antérieur du tatarse, puis se fixe successivement sur les côtés de chaque phalange , et aux ligamens antérieurs de leurs articulations , et s’entrelace enfin au niveau de la dernière avec ce tendon. En fondant celte gaîne, on y trouve une synoviale assez humectée qui se comporte avec ce tendon et avec cel ui du petit fléchisseur exactement comme celle décrite à l’article des fléchisseurs des doigts. Muscle jambier postérieur. Allongé, aplati .

024 appareils de la locomotion.

charnu en haut , tendineux en bas, occupant la partie profonde et interne de la jambe et du pied. Ses attaches sont mullipliées. En dehors , il se fixe à la partie interne cl postérieure du péroné , d’abord par des fibres aponévroticjues trcs-sensihles qui lui sont propres et qui recouvrent sa face postérieure, puis par une cloison très-marquée , interposée entre cette face et le fléchisseur commun , ainsi que le grand fléchisseur du gros orteil. En dedans , il s’attache d’abord le long de la ligne oblique du tibia , puis sur la face postérieure de cet os , près du ligament interosseux. Cette insertion interne est séparée, en haut, de l’externe par un trou que traversent les vaisseaux tibiaux antérieurs. Au milieu , ce muscle naît du ligament interosseux. De toutes ces insertions descendent les fibres charnues , les supérieures perpendiculairement , les inférieures de plus en plus obliquement. Toutes viennent, suivant l’ordre de leur origine, se rendre à un tendon caché d’abord dans l’épaisseur du muscle où il est élargi , apparent ensuite sur son bord interne , mais isolé seulement un peu au-dessus de l’articulation libio-tarsienne. Là , ce tendon se contourne en s’élargissant derrière la malléole du tibia pour venir s’attacher à la partie interne et inférieure du scaphoïde , et, par un prolongement , au premier cunéiforme. Souvent un autre prolongement, qui est externe , se porte sur la plante du pied, et se confond avec ses ligamens.

A la jambe , ce muscle recouvre le péroné , le tibia cl le ligament inlerosseux , et se trouve caché jwir le muscle soléaire , par le grand fléchisseur des orteils et -par celui du gros orteil. En passant derrière

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le tibia, il y est fixé par une gaîne fibreuse très-forte , qui s’attache aux deux bords de la coulisse qui s’y trouve , et le sépare du grand fléchisseur qui passe dans une gaîne contiguë. En fendant celle-ci , on trouve une synoviale assez distincte , prolongée audessus et au-dessous d’elle , qui contient une assez grande quantité de synovie , et qui est disposée connue les autres analogues. Avant son attache inférieure , il glisse sur un ligament épais que nous avons appelé calcanéo-scaphoïdien inférieur.

Muscle grand fléchisseur du grand orteil. Epais , charnu et arrondi en haut , grêle et tendineux en bas, occupant la partie externe et profonde de la jambe, interne et profonde du pied. Ses attaches ont lieu, en dehors à une espèce de cloison qui le sépare un peu du grand et de tout le moyen péroniers ; en dedans', à une autre cloison plus marquée qui est intermédiaire à lui et aux deux muscles précédons ; au milieu, aux deux tiers inférieurs de la partie postérieure du péroné , où les deux cloisons précédentes se fixent aussi. De cette triple insertion descendent obliquement les unes aux autres les fibres charnues qui constituent un faisceau mince d’abord , plus épais ensuite et de nouveau aminci , lequel obliquement dirigé en bas et en dedans , se termine à un tendon caché d’abord dans les fibres charnues qu’il reçoit successivement suivant l’ordre de leur origine , apparent ensuite en arrière , et isolé seulement audessus de l’articulation tibio-tarsienne. Réfléchi au niveau de celle articulation , ce tendon devient horizontal, passe sous l’astragale, le calcanéum, en se dirigeant en dedans ,se rétrécit un peu, croise le fléchis-

326 A PP ARF.IL s DF LA LOCOMOTION, seur commuai en passant sur lui et lui tenant par un prolongement, s’avance sur le boni interne du pied, s’engage entre les deux portions du petit fléchisseur , puis entre les deux sésamoïdes de l’articulation métatarso-phalangienne du pouce. Là il s’élargit encore , s’engage sous la première phalange , devient plus étroit, et va s’attacher, en s’élargissant de nouveau et présentant la trace sensible d’une division longitudinale , à la partie inférieure de la dernière.

A la jambe, ce muscle, recouvert par le soléaire et l’aponévrose jambière , est appliqué sur le péroné, le grand fléchisseur des orteils , le jambier postérieur , le ligament interosseux et le tibia.

Ensuite ce muscle recouvre l’articulation du pied , et se trouve assujetti sur l’astragale et le calcanéum par une gaîne fibreuse qui s’attache au bord de la coulisse qu’on voit sur ces deux os , et sé confond avec le ligament qui les unit. Une synoviale très-marquée s’observe en fendant cette gaine fibreuse ; elle se propage jusqu’à l’endroit où le tendon croise celui du fléchisseur commun , et s’y termine par un cul-de-sac.

Entre la double portion du court fléchisseur , ce tendon n’est fixé par rien ’ mais sous la phalange il est dans une gaîne fibreuse qui commence au niveau du ligament transverse antérieur du métatarse , s’attache sur les côtés des phalanges et à leurs ligamens antérieurs , complète avec elles un canal entier que traverse ce tendon , et où il se trouve embrassé par une synoviale qui l’empêche de baigner dans la synovie , et qui, vers son extrémité, présente un repli très-sensible entre lui et les deux phalanges. Cettü synoviale tapisse aussi le canal fibro-osseux,

des muscles et de leurs DÉPENDANCES. D27 Mouvemens.

ïls sont relatifs au pied et à la jambe.

Les orteils sont fléchis successivement dans leurs diverses phalanges par les fléchisseurs , qui, lorsqu’ils ont produit cet effet ou que les orteils sont retenus , peuvent courber le pied et s’accommoder ainsi à la forme inégale des corps sur lesquels il s’applique dans la progression. Ce second effet étant produit , le pied peut être étendu sur la jambe , mouvement dans lequel les muscles sont congénères des soléaire et jumeaux , et qui s’exerce dans la station sur la pointe du pied , dans le saut , etc. La concavité que forme le pied par l’action de ces muscles diffère essentiellement de celle de la main , parce que., plus étendu que le métacarpe , le métatarse offre une prédominance remarquable dans la portion solide du pied sur sa portion mobile. 11 n’y a qu’une courbure d’avant en arrière, et non dans tous les sens comme à la main , ce qui tient aussi à l’absence des mouvemens d’opposition.

En étendant le pied sur la jambe , le jambier postérieur le porte en dedans et agit sous ce rapport eu sens inverse du moyen péronier. Il tourne aussi un peu en dedans la plante du pied , et élève son bord interne , antagoniste sous ce rapport du grand péronier.

Dans la station, tous ces muscles prenant leur point fixe sur le pied , y assujettissent la jambe, empêchent sa flexion antérieure , .conjointement avec ceux de la région précédente, et peuvent même la

328 APPAllËILS t)K LA LOCOMOTION, renverser en arrière , en la faisant alors mouvoir dans 1 articulation tibio-iarsienne.

§ IV . Région péronière.

Le grand et le moyen péroniers s’y rencontrent seuls.

Muscle grand péronier. Très-long, étroit, charnu et arrondi dans sa moitié supérieure , tendineux inférieurement , réfléchi au côté externe du pied , placé en dehors de la jambe et au-dessous de celui-ci. Ses fibres charnues naissent, i ° . en haut et en dehors , de l’aponévrose jambière; 3°. en dedans, d’abord du tiers supérieur de toute la face externe du péroné et tout-à-fait en haut un peu du tibia, puis de cette même face du péroné , mais derrière le moyen péronier ; 5°. en arrière, d’une cloison aponévrotique commune à lui, au soléaire et au grand fléchisseur du gros orteil ; /^°. en devant , d’une autre cloison intermédiaire à lui et à l’extenseur commun. De ces insertions descendent les fibres charnues , les supérieures perpendiculairement , les suivantes obliquement , pour venir se rendre à un tendon d’abord placé au centre du faisceau charnu , lequel côtoie verticalement le péroné , laisse voir au milieu de la jambe ce tendon sur sa partie externe , s’amincit , et l’abandonne au tiers inférieur. Celui-ci isolé continue à descendre , se jette un peu en arrière , s’engage avec celui du moyen péronier dans la coulisse de l’extrémite tarsienne du péroné, se réfléchit, abandonne ce dernier muscle , traverse obliquement la face externe du calcanéum , se réfléchit encore dans une autre

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. $29 appartenant an cuboïde , tiaveisc oblKjacnient tout le pied, et vient se fixer enfin à l’extrémité du premier métatarsien. Souvent on trouve dans ce tendon des noyaux cartilagineux et même osseux, aux endroits exposés surtout aux frotlemens , au niveau du cuboïde spécialement.

A la jambe, le grand péronier est subjacent à l’aponévrose jambière , et appliqué d’abord sur le péroné , puis sur le moyen péronier. Vers l’articulation du pied, il est uni au tendon de ce dernier par une petite synoviale assez humectée qui 1rs entoure l’un et l’autre , et tapisse en même temps la coulisse du péroné, le ligament externe de l’articulation et la surface inlerpe d’une petite gaine fibreuse qui , s’attachant à la malléole externe et à la partie supérieure du calcanéum , maintient ces deux tendons dans leur position. Au côté externe du calcanéum une gaîne fibreuse propre le reçoit, est séparée de celle du moyen péronier par une cloison , et tapissée ainsi que lui par le prolongement de la même synoviale qui forme un cul-de-sac vers le cuboïde. Sous cet os commence une nouvelle gaine fibreuse qui se continue jusqu’à l’insertion du tendon en s’attachant aux os voisins , et en donnant même attache à plusieurs fibres musculaires , comme nous le verrons. Cette gaîne, trèsforte , supérieure à la plupart des muscles du pied , est tapissée, ainsi que ce tendon, par une synoviale distincte. Souvent au niveau du cuboïde , ce dernier envoie un prolongement au muscle du petit orteil.

Muscle moyen péronier. De même forme , mais moins long que le précédent , réfléchi comme lui ,

35o appareils de la locomotion.

et appliqué sur la partie 'externe et inférieure cîe la jambe. Ses fibres, nées de la moitié inférieure de la partie externe du péroné par de courtes aponévroses , des cloisons aponévrotiques intermédiaires à lui , au petit péronier en devant, au grand fléchisseur des orteils en arrière , forment un faisceau plus épais au milieu qu’à ses extrémités , et se rendent obliquement sur la surface interne d’un tendon d’abord élargi , qui les reçoit successivement , s’en isole vers l’articulation , et qui , contigu à celui du grand péronier, franchit avec lui , en se réfléchissant, la coulisse du péroné où la même capsule fibreuse le retient , et où la même synoviale favorise son glissement. De là il se porte presque horizontalement en devant , et va , en s’élargissant un peu , s’implanter à l’extrémité tarsienne du cinquième os métatarsien.

Le grand péronier et l’aponévrose jambière en dehors, le péroné en dedans, forment les rapports de ce muscle à la jambe. Dans sa portion qui correspond au pied , il est d’abord embrassé par la gaîne fibreuse et par la synoviale commune ; ensuite il a une gaîne fibreuse propre qui se fixe sur le calcanéum , où il se trouve embrassé par un prolongement de la même synoviale qui , tapissant une seule gaîne en haut derrière la malléole , s’introduit dans deux inférieurement.

Mouvement

Les deux péroniers prennent leur point fixe eu liant ou en bas. /

Dans le premier cas , le grand péronier étend le pied , et le porte dans la rotation en dehors, de ma-

mère que son bord interne devient inférieur , cl que la plante est dirigée du côté externe : c’est l’inverse de la rotation déterminée par les jambiers antérieur et postérieur. Aussi , lorsque ces muscles agissent concurremment avec les péroniers, le pied n’est porté ni dans l’un ni dans l’autre sens. Le moyen péronier est moins rotateur du pied qu’abducteur et extenseur. Du reste , cette rotation est moins marquée que la plupart des autres, vu le mode de l’articulation tibio-tarsienne , qui ne s’y prêle que difficilement.

Dans la station, les deux péroniers retiennent la jambe en dehors , usage relatif , probablement , à la disposition du pied , dont la partie interne , creusée d’une concavité , n’offre point un appui au pied , lequel repose sur Je sol, principalement par son bord externe. Aussi la jambe manque de muscles pour la retenir en dedans , et l’empêcher de s’incliner en dehors , tandis que les péroniers préviennent sensiblement son inclinaison en dedans.

Aponévrose jambière.

Elle est moins épaisse que l’aponévrose crurale , mais de structure analogue , et enveloppe la partie du membre à laquelle elle correspond.

Ses origines supérieures sont les suivantes. En arrière, elle se continue manifestement avec l’aponévrose crurale. En dehors, elle en naît , et de plus de 1 extrémité du péroné pt d’un prolongement du biceps crural. En dedans, elle provient des expansions des couturier , demi-tendineux et droit interne crural. De ces origines elle descend , en embrassant la jambe en ai nere , en avant et en dehors , mais non en.

dedans où la face interne du tibia est immédiatement sous-cutanée, et où elle s’attache en descendant tout le long des deux bords qui terminent cette face. En bas , clic se continue en devant avec le ligament annulaire supérieur , en dehors, avec la gaîne qui fixe les péroniers , en dedans avec le ligament annulaire interne. En arrière , elle se perd insensiblement vers le talon en semblant se confondre avec le tissu cellulaire.

Dans soîi trajet sur la jambe , cette aponévrose subjacente aux tégumens , à quelques brandies nerveuses , Emphatiques et veineuses , recouvre tous les muscles superficiels, donne attache en haut au jambier antérieur , à l’extenseur commun des orteils , et au grand péronier, leur est simplement contiguë en bas ainsi qu’à la totalité des jumeaux et à une portion du soléaire.' En descendant, elle envoie une double cloison aponévrotique entre l’extenseur commun et le péronier d’une part , entre Je grand péronier et le soléaire de l’autre. Cette double cloison se fixe au péroné. En bas et en arrière , elle offre deux lames distinctes, dont l’une superficielle passe derrière Je tendon d’Achille , cl l’autre profonde , plus épaisse, passe devant ce tendon , couvre les muscles de la région jambière postérieure et profonde quelle isole de ceux de la région superficielle , s’attache au péroné et au tibia , et se perd insensiblement dans le tissu cellulaire . vers le tiers supérieur de la jambe.

Epaisse et dense en devant , l’aponévrose jambière est plus mince dans les autres sens ; elle est formée de fibres entre-croisées , et a pour muscles tenseurs, en dehors le biceps crural , en dedans le couturier, le droit interne crural et demi-tendineux.

MUSCLES du pied.

§ Ier. Région dorsale du pied.

Elle. offre le ligament annulaire supérieur du pied, l’aponévrose dorsale et le muscle petit extenseur des orteils.

Ligam. annulaire supérieur. Il consiste en un faisceau de fibres étendu sur le dos du pied , de la partie externe à l’interne , embrassant les extens<*irs , le petit péronier et le jambiér antérieur. Voici comment il se comporte le plus ordinairement , car il est sujet à des variétés. 11 s’implante à l’enfoncement supérieur du calcanéum , où ses fibres sont très-sensibles et où beaucoup de graisse les entoure , se dirige de là en dedans, et se partage bientôt en deux lames , dont 1 une passe dessus, l’autre dessous le tendon du grand extenseur des orteils et du petit péronier , et qui se réunissent ensuite pour former une gouttière à ces muscles. De là , ce ligament passe devant l’extenseur du gros orteil. et le jambier antérieur, en offrant souvent à chacun une semblable gouttière , puis il va se fixer à la partie antérieure de la malléole tibiale; mais auparavant , un prolongement très-marqué s’en détache ordinairement, et vient s’attacher au scaphoïde et au bord interne de l’aponévrose plantaire , en embrassant ces deux derniers muscles. 11 y a donc celte différence entre le ligament qui assujettit les extenseurs des doigts et celui qui fixe ceux des orteils, que le premier passe seulement sur les gaines fibreuses des tendons ; gaines fixées à l’os ; et auxquelles il adhère

seulement , tandis que le second forme lui-même ces gaînes en écartant ses fibres. Continu en haut à l’aponévrose tibiale , en bas à la dorsale , celui-ci est recouvert par les légumens, et recouvre le petit extenseur des orteils.

Aponévrose dorsale. Feuillet mince et peu sensible, qui naît du bord antérieur du ligament précédent, descend sur le petit extenseur , s’attache un peu aux bords latéraux du métatarse, et se perd insensiblement vers les orteils dans le tissu cellulaire. Ses fibres sont assez apparentes derrière le tendon du petit péronier, où elles paroissent transversales; ailleurs on ne les distingue point manifestement. Leur force, ^st proportionnée au petit muscle qu’elles ont à brider.

Muscle petit extenseur des orteils. Mince , aplati , quadrilatère en arrière , à quatre tendons en devant. Il est attaché à la face supérieure du calcanéum, au ligament qui de là gagne l’astragale , et un peu à l’annulaire supérieur. De là , il se dirige obliquement en devant et en dedans , et se partage bientôt eu quatre faisceaux secondaires, dont les deux internes sont les plus grands, et qui donnent naissance à autant de tendons. Cachés d’abord dans les fibres charnues , ceux-ci s’en isolent bientôt, croisent la direction de ceux du grand extenseur , traversent le métatarse , et se terminent ainsi : le premier vient en s’élargissant se fixer au-dessus de l’extrémité métatarsienne de la première phalange du gros orteil ; les trois autres se joignent intimement au bord externe des tendons correspondans du grand extenseur , et viennent se fixer, comme il a été dit , aux trois orteils suivans.

DES MUSCLES et "'îE leurs dépendances. 535 Le petit extenseur des orteils , subjacent à l’aponévrose dorsale et aux tendons des muscles de la région jambière antérieure , recouvre la rangée antérieure du tarse , le métatarse et les phalanges.

Ce muscle remplit lui seul les fonctions de tous ]es petits faisceaux isolés qui forment la région antibrachiale postérieure et profonde ; il aide à l’action du grand extenseur , dont il change un peu les directions , de manière à faire directement étendre la phalange. 11 n’a point d’action sur la jambe, vu son insertion postérieure.

§ II. Région plantaire moyenne.

Elle comprend l’aponévrose plantaire , qui appartient aussi un peu aux deux régions suivantes , mais qui étant bien plus marquée dans celle-ci, doit y trouver sa place descriptive , le petit fléchisseur des orteils, l’accessoire de leur grand fléchisseur et les lombricaux.

Aponévrose plantaire. Dense , épaisse , résistante , occupant le milieu et les côtés de la plante du pied. Elle s’attache en arrière aux éminences postérieures et inférieures du calcanéum , se porte en avant et se partage bientôt en trois portions que séparent deux rainures assez profondes. Les portions latérales revêtent, l’une l’adducteur du gros orteil, l’autre l’abducteur du petit; toutes deux s’amincissent en devenant antérieures , et s’attachent sur les bords latéraux du pied, la seconde surtout qui fixe presque toutes §es

556 APPAREILS 1)E LA LOCOMOTION, fibres au dernier métacarpien; puis elles s’unissent avec celles qui viennent de la portion moyenne. Celleci se porte en divergeant en avant, et se divise, vers l’extrémité du métatarse , en cinq languettes qui se subdivisent chacune en deux autres, lesquelles s’enfoncent de bas en liant , embrassent l’extrémité du métatarsien correspondant , et se fixent sur ses cotés. Ces languettes laissent à leur extrémité des passages pour les lombricaux, les vaisseaux et les nerfs, et auparavant d’autres ouvertures pour les tendons fléchisseurs.

Celte aponévrose , très-épaisse et formée de fibres rapprochées en arrière, es! plus mince et à fibres plus écartées en devant. De sa surface inférieure se détachent beaucoup de filamens auxquels beaucoup de graisse es! intermédiaire, et qui se fixant au corion de la peau l’unissent intimement à celle-ci. Nous avons observé à la main une disposition analogue. L’aponévrose plantaire recouvre surtout les trois muscles superficiels du pied , et leur sert d’attaclie , soit par sa face supérieure, soit par deux cloisons trèsépaisses qu’elle „ envoie entr’elles , qui en devant servent seulement à les séparer , qui correspondent aux deux rainures dont j’ai parlé , et que réunit audessous de l’origine du court fléchisseur une lame assez mince. Celte aponévrose n’a point de musclé tenseur.

Muscle petit fléchisseur des orteils. Court , allongé, assez épais, à quadruple tendon en avant. II naît, en arrière, du calcanéum , sur les côtés, de deux cloisons qui le ‘séparent de l’adducteur du gros orteil et de l’ abducteur du petit; en bas, de 1 aponévrose

plantaire. Delà, il se porte, en grossissant d’abord et diminuant ensuite, vers l’extrémité du métatarse. Avant d’y arriver, il se divise en quatre portions qui se recouvrent successivement et sc terminent par autant de tendons cachés d’abord dans les libres charnues qu’ils reçoivent suivant leur ordre d’origine « puis apparens et isolés. Ces tendons passent entre les languettes de l’aponévrose plantaire, s’engagent dans le canal moitié fibreux , moitié osseux des phalanges, offrent d’abord des gouttières à concavité postérieure qui reçoivent les tendons dû grand fléchisseur , se bifurquent pour laisser passer ces tendons , se réunissent , se bifurquent de nouveau , et viennent s’attacher , chacun par deux languettes , sur les parties latérales de la deuxième phalange.

Ce muscle , borné latéralement par l’adducteur du gros orteil et par l’abducteur du petit, a sous lui l’aponévrose plantaire , au-dessus de lui l’accessoire du grand fléchisseur , les tendons de celui-ci } les lombricaux , les vaisseaux et nerfs plantaires.

Muscle accessoire clu grand fléchisseur. Mince, aplati , quadrilatère , placé au-dessus du précédent et; au-dessous des ligamens du tarse. Il est attaché aux faces inférieure et interne du calcanéum par de petites aponévroses un peu prolongées sur sa partie externe. Composé de fibres toutes parallèles , il se dirige horizontalement en devant , et vient se fixer au-dessus et en dehors du tendon du grand fléchisseur , vers sa séparation en quatre portions, soit immédiatement , soit par un prolongement tendineux très-sensible qui vient s’y relldre après avoir reçu les fibres charnues , le long, du bord interne de ce faisceau.

Muscles lombrlcciux. Petits faisceaux arrondis , grêles, analogues à ceux de la main, implantés, le premier, qui est le plus gros, en dedans du tendon du grand fléchisseur qui va au second orteil , les trois autres à l’écartement des quatre tendons de ce même muscle. De là , ils descendent , les deux latéraux obliquement , les deux moyens perpendiculairement , et donnent naissance chacun à un tendon apparent d’abord sur une de leurs faces et isolé ensuite. Ce tendon traverse une espèce d’ouverture formée par les languettes de l’aponévrose plantaire et par le ligament transverse antérieur du métatarse , se place en dedans de l’articulation métatarso-phalangienne, va s’attacher d’abord au côté interne delabase delà première phalange, et ensuite , par un prolongement, au tendon extenseur correspondant. Cette insertion éprouve des variations , quoique moins souvent qu’à la main. Les lombricaux , subjacens aux adducteurs oblique et transverse du gros orteil et aux interosseux , sont appliqués sur l’aponévrose plantaire.

Ils ont tous rapport aux phalanges et au pied. Le petit fléchisseur et l’accessoire du grand les fléchissent ; ce dernier rend plus directe l’action du grand fléchisseur. Les lombricaux fléchissent aussi les phalanges , mais c’est surtout quand elles le sont déjà un peu , parce qu’ alors leur action devient perpendiculaire à ces petits os , qui peuvent être aussi un peu portés par eux dans l’adduction.

Le petit fléchisseur courbe la totalité du pied et con-

bES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 55g Court puissamment o 1 excavation, cjug ccliu—ci j^rusentc aux surfaces inégales sur lesquelles s’opère la progression, Les chaussures rendent l’usage de la plupart de ces muscles moins marqué dans la société,

§ III. Région plantaire interne.

On y trouve d’abord le ligament annulaire interne, puis l’adducteur du pouce , son petit fléchisseur oblique et le transverse.

Ligament annulaire interne. C’est un plan fibreux épais et large , fixé au bas et au-devant de la malléole tibiale , et qui descend de là à la partie posté-1 Heure et interne du calcanéum , et forme un véritable canal de l’excavation qu’on trouve sous le calcanéum. Dans ce canal général se trouvent des gaines Fibreuses partielles pour les jambier postérieur, grands fléchisseurs des orteils et du pouce. De plus , elle est traversée par les vaisseaux et nerfs tibiauX postérieurs qui vont former les plantaires , et remplie par une grande quantité de tissu cellulaire graisseux. Ce ligament se continue en haut avec l’aponévrose tibiale ; en bas , il donne attache à l’adducteur du gros orteil ; il est sous-cutané en dedans.

Muscle adducteur du gros orteil. Epais , aplati allongé , plus gros en arrière qu’en devant , occupant le bord interne du pied. Il se fixe ali ligament décrit ci-dessus , à la partie postérieure et interne du calcanéum , à l’aponévrose plantaire et à la cloison qui le sépare du petit fléchisseur. Nées de cette quadruple insertion , les Fibres charades se dirigent toutes trèsobîiquement , et se te maillent successivement , su*-

5/fo appareils de la locomotion-.

Vaut 1 ordre de leur origine , à un tendon qui occupe d abord long-temps le milieu du muscle, paroît ensuite sur sa partie inférieure, s’unit à la portion interne du petit fléchisseur , et vient , accompagné par elle et par les fibres charnues du muscle , s’attacher à la partie postérieure et interne de la première phalange, tapissé auparavant par la synoviale articulaire.

L aponévrose plantaire en bas , en haut le tendon du grand fléchisseur et son accessoire , celui du grand fléchisseur du pouce, les vaisseaux et nerfs plantaires , l’attache des jambiers antérieur et postérieur , forment les rapports de ce muscle.

Muscle petit fléchisseur du gros orteil. Court , épais , simple en arrière , bifurqué en devant , situé en dedans du précédent. Il s’implante , par un tendon très-marqué et épanoui au-dessus des fibres charnues , au bas du calcanéum , des deux derniers cunéiformes et aux ligamens de ces os. La cloison du petit fléchisseur des orteils et de l’adducteur du gros , lui fournit aussi des attaches. De là , les fibres charnues , courtes et obliques , s’avancent en devant en formant un faisceau qui est creusé d’une cannelure inférieure pour recevoir le tendon du grand fléchisseur, et qui grossit peu à peu , parce que ces fibres naissent successivement de leur double insertion. Parvenu vers le gros orteil , ce faisceau se divise en deux portions d’abord jointes par du tissu cellulaire , ensuite distinctes. L’interne, plus grande-, va, unie intimement à l’adducteur , se fixer avec lui, par de courtes aponévroses , au sésamoïde interne de l’articulation et en dedans de l’extrémité correspondante de la première phalange. L’externe plus mince , unie et confondue

avec l’abducteur oblique , s’attache avec lui au sésamoïde externe et en dehors de l’extrémité de la même phalange.

Ce muscle, recouvert par le tendon du grand pé- * ronier et par le premier os métatarsien , est appliqué sur l’aponévrose plantaire, sur le tendon du grand -fléchisseur qui est assujetti dans sa gouttière , et un peu sur l’abducteur oblique avec lequel il est confondu.

Muscle abducteur oblique du gros orteil. Court , épais , presque triangulaire , situé en dehors du précédent. Il s’attache, par des fibres aponévroliques assez prolongées, au bas du cuboïde, à la gaîne fibreuse du grand péronier, et un peu aux ligamens de l'extrémité des deux derniers métatarsiens. Dirigé de là en avant et en dedans , son faisceau charnu grossit d’abord , s’amincit ensuite , s’unit au petit fléchisseur par une aponévrose intermédiaire , un peu à l’abducteur transverse , et va se fixer au sésamoïde externe de l’articulation et en dehors de l'extrémité de la première phalange , par un tendon d’abord épanoui en aponévrose au-dessous des fibres charnues qu’il reçoit successivement, et qui l’accompagnent jusqu’à son extrémité.

Contigu en dehors aux interosseux , en bas aux tendons du grand fléchisseur des orteils, à son accessoire, aux lombricaux et un peu à l’aponévrose plantaire, ce muscle est continu en dedans au petit fléchisseur, dont on ne peut presque pas le séparer.

Muscle abducteur trahsverse du gros orteil. .Mince, allongé , aplati , transversalement et profondément situé sous les extrémités antérieures des quatre der-

ïiiers os métatarsiens. Des languettes plus ou moins distinctes et légèrement aponévrotiques , l’attachent aux ligamens de ces extrémités métatarsiennes , et forment, par leur réunion, un petit faisceau à fibres parallèles, plus longues en arrière qu’en avant, où se trouvent ces languettes. Ce faisceau se dirige en de-*dans , vient s’unir à l’abducteur oblique , et se fixe avec lui en dedans de l’extrémité de la première phalange par de courtes fibres aponévrotiques. Ce muscle est entre les inlerosseux qui sont en haut , les tendons des deux fléchisseurs des orteils , les lombricaux et les vaisseaux digitaux qui sont en bas,

Mouvemens ,

Les muscles de cette région diffèrent de ceux de l’éminence thénar auxquels ils correspondent dans la main, en ce qu’ici on trouve bien des abducteurs, des adducteurs et des fléchisseurs, mais non un opposant. Ce muscle seroit devenu inutile par le mode articurlaire du premier os métatarsien , qui, essentiellement différent, comme je l’ai montré, de celui du premier métacarpien , ne se prêterait point à un mouvernent d’opposition. L’adduction du pouce, qu’exécute l’adducteur , a pour but d’élargir un peu la base de sustentation. L’abduction, dont les deux abducteurs sont les agens , tend à la rétrécir un peu et à Serrer le gros orteil contre les autres. La flexion , qu’opère le petit fléchisseur concurremment avec le grand, peut, en courbant le pied, assurer la solidité de la station , but auquel tend aussi un petit mouvement de concavité transversale que peut imprimer

au métatarse l’abducteur transverse du gros orteil.

Ce mouvement peut se combiner avec la concavité d’avant en arrière que déterminent le petit fléchisseur des orteils , l’adducteur du grand , l’abducteur du petit , etc. Mais rien dans ces divers mouvemens n’a rapport à la préhension des corps. Quand certains hommes les font servir à ce but , comme ceux qui écrivent avec le pied , ces mouvemens restent toujours incertains, inexacts, très-bornés, etne sa uroient jamais, vu le défaut d’opposition du gros orteil et de longueur des autres , remplacer le mouvement de la main.

§ IV. Région plantaire externe.

On y voit l’abducteur du petit orteil et son court .fléchisseur.

Muscle abducteur du petit orteil. Allongé , un peu aplati, beaucoup plus épais en arrière qu’en avant, situé à la face externe de la plante du pied. Ses insertions se font, i°. par de courtes fibres aponévrotiques , au bas de toute l’extrémité postérieure du calcanéum , surtout du côté externe où l’on voit cette insertion, laquelle est cachée du côté interne par le petit fléchisseur des orteils; 2°. à une cloison aponévrotique qui le sépare de ce dernier ; 3°. à l’aponévrose plantaire, qui le recouvre d’abord , et qui , s’attachant ensuite à l’ extrémité du cinquième métatarsien par un faisceau de fibres très-distinctes , semble être là un tendon de terminaison de ce muscle. Mais en disséquant exactement les fibres charnues , il est aisé de voir que ce faisceau leur donne origine comme l’aponévrose elle-même, mais ne les termine

544 APPAREILS IDE LA LOCOMOTION, point. Quoi qu’il en soit, le corps charnu que celles-ci représentent, cl’aborcl très-épais en arrière, s’amincit successivement en se portant en devant ; ce qui provient de ce que les fibres charnues, courtes et obliques, se terminent successivement sur un long tendon qui naît près de l’insertion au calcanéum , règne sur toute la partie supérieure et interne du muscle , s’isole seulement vers l’extrémité du dernier os métatarsien , et vient se fixer en dehors de l’extrémité correspondante de la première phalange du petit doigt.

Les rapports inférieurs de ce muscle sont, en bas, avec l’aponévrose plantaire qui lui sert d’insertion , et avec la peau. En haut, il répond d’abord au calcanéum , au ligament calcanéo-cuboïdien inférieur , et à la gaîne du grand péronier; ensuite il passe dans une coulisse placée entre l’extrémité saillante du dernier os métatarsien et le court fléchisseur , coulisse où il est fixé par le faisceau aponévroliquedont j’ai parlé, et qu’on a inexactement pris pour un tendon de terminaison ; enfin il recouvre le court fléchisseur.

Muscle court fléchisseur du petit orteil. Court , allongé , plus épais à son milieu qu’à ses extrémités, situé en dedans du précédent. Il s’attache, par des fibres aponévrotiques sensiblement prolongées sur sa face interne , au bas de l’extrémité tarsienne du dernier os métatarsien et un peu à la gaîne du grand péronier. De là, il se porte en devant, en épaississant d’abord et diminuant ensuite , puis vient se fixer en dehors de l’extrémité métatarsienne de la première phalange du petit orteil , avant le précédent et par des fibres aponévrotiques prolongées sur sa lace un*

férieurc , et ensuite dans son épaisseur. Recouvert par l’abducteur et par l’aponévrose plantaire , il répond en haut au dernier os métatarsien et à l’inteiosseux du petit doigt.

Mouvemens.

Le petit orteil est , comme le gros, privé de muscle opposant. L’abduction et la flexion sont les seuls mouvemens que lui imprime les muscles de cette région, qui peuvent aussi , comme ceux de la précédente, élargir un peu ou recourber d’avant en arrière la base de sustentation. Ce dernier usage est rempli pour le pied en totalité par l’abducteur du petit orteil.

§ V. Région interosseuse ,

On y trouve , comme à la main, sept petits muscles placés entre les os du métatarse. Six appartiennent aux trois orteils du milieu , et un au petit ; le gros orteil en est privé ; ses abducteurs et son adducteur les remplacent. Nous diviserons ces petits muscles comme ceux de la main.

Muscles interosseux du second orteil. L’adducteur est un des plus considérables de tous ces petits muscles. 11 est dorsal , allongé , presque triangulaire , fixé en dehors à l’extrémité postérieure et ex7 terne du premier métatarsien , en dedans au côté interne du second. De cette double insertion que sépaie en haut une ouverture pour l’a rite re pédieuse , naissent les fibres charnues , lesquelles descendent obliquement les unes aux autres sur les côtés d’un tendon cache d abord dans leur épaisseur y accoiu-

34G appareils de la locomotion.

pagne par elles jusqu’à l’extrémité du métatarse , ei qui se fixe en partie en dedans de l’extrémité métatarsienne de la première phalange , et se continue en partie avec le tendon extenseur correspondant.

L’abducteur, qui est aussi dorsal , et de meme forme que le précédent , se fixe à tout le côté externe du second métatarsien , et au-dessus du côté externe du troisième ; double insertion d’où il se dirige en devant , et se fixe , par un tendon placé d’abord dans son épaisseur et recevant obliquement les fibres charnues , en dehors de l’extrémité de la première phalange et au tendon extenseur correspondant.

Muscles interosseux du troisième orteil. L’adducteur est plantaire , et se voit plutôt au-dessous du pied que dans l’espace interosseux auquel il correspond. Il se fixe, par des fibres aponévrotiques assez prolongées, à tout le côté externe et même inférieur du troisième métatarsien , au-dessous de l’insertion du précédent, et aux ligamens inférieurs de cet os avec le tarse. De là , ses fibres charnues formant un faisceau aplati et triangulaire viennent obliquement se rendre sur toute la face externe et un peu sur l’interne d’un tendon qui les attache en dehors de l’extrémité de la première phalange et au tendon extenseur correspondant .

L’abducteur est dorsal et un peu plus considérable que le précédent. 11 s’attache à tout le côté externe du troisième métatarsien , et à la partie supérieure du côté interne du quatrième ; double insertion d’où ses fibres viennent obliquement se rendre sur les côtés d’un tendon caché par elles jusqu’à lex-

trémité du métatarse , où il s’isole et se fixe en dehors de la base de la première phalange et au tendon extenseur correspondant.

Muscles interosseux du quatrième orteil. L’adducteur est plantaire; il est aplati , plutôt situé sous le pied que dans son espace interosseux. 11 se fixe au bas du côté interne du quatrième métatarsien , sous le précédent , et aux ligamens de cet os avec le tarse. De là , ses fibres se rendent toutes sur la face externe d’un tendon libre par sa face interne, d’abord épanoui, puis arrondi et fixé en dehors de l’extrémité de la première phalange , et au tendon extenseur correspondant.

L’abducteur est dorsal et plus considérable. Il se fixe à la partie supérieure du côté interne du dernier métatarsien et à tout le côté externe du quatrième ; double insertion d’où ses fibres charnues se portent obliquement sur chaque côté d’un tendon qu’elles cachent , et qui , accompagné par elles jusqu’à l’articulation , va se fixer en dehors de l’extrémité de la première phalange , et au tendon extenseur corres-» pondant.

Muscle interosseux du petit orteil. 11 n’y en a qu’un , qui est adducteur. Fixé d’abord un peu à la gaînè ligamenteuse du grand péronier , puis audessous et en dedans du cinquième métatarsien , il forme un faisceau aplati qui se dirige en devant et se termine à un tendon , d’abord un peu caché , puis apparent en dedans, accompagné par ses fibres charnues jusqu a 1 articulation, au-delà de laquelle d se fixe en dedans de 1 extrémité de la première phalange cl au tendon exuanseur correspondant,

Les muscles interosseux ont les rapports suivans-: i°. sur le dos du pied, ceux qui y correspondent sont recouverts par les tendons des deux extenseurs et par une aponévrose très-mince, souvent à peine sensible , qui , d’un os métatarsien , se porte à l’os suivant en occupant tout l’espace. 20. A la plante du pied, ces muscles correspondent aux muscles du gros orteil et du petit, aux tendons fléchisseurs , aux lombricaux „ aux vaisseaux plantaires profonds. 3°. En dedans et en dehors , ils se correspondent réciproquement ou aux os métatarsiens. Les plantaires se voient uniquement sous le pied ; les dorsaux y sont aussi plus sensibles qu’au dos.

Ceux-ci ont une structure commune. Chacun a deux faisceaux venant des deux métatarsiens corrrespondans , et se terminant sur les côtés d’un tendon mitoyen. Les plantaires n’offrent, au contraire, qu’un faisceau unique , terminé principalement sur un des côtés du tendon d’insertion.

Mouvemens.

Ils sont analogues à ceux imprimés aux phalanges des doigts par leurs interosseux. Ils font d’abord l’adduction et l’abduction de chacun des orteils auxquels ils correspondent. Ensuite ils peuvent être fléchisseurs de la première phalange par la portion qui s y fixe , surtout si les fléchisseurs spéciaux ont commencé ce mouvement ; car alors ils tombent obliquement ou jnême perpendiculairement sur leur point mobile, auquel ils sont parallèles dans l’extension ordinaire. Le prolongement qu’ils envoient de chaque côté

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. $4 $ aux tendons extenseurs peut concourir à l’extension de la dernière phalange ; mais ici il faut aussi que les extenseurs spéciaux aient préliminairement un peu agi : alors la dernière phalange étant déjà un peu renversée sur la précédente , ils augmentent ce mouvement. Quand , au contraire , la dernière phalange est fléchie , ils me paroissent devoir la fléchir davantage par le prolongement qui va aux extenseurs : en sorte que l’effet de la contraction de ces petits muscles est réellement variable , suivant l’état où se trouve la dernière phalange. Ilsservent de plus, comme à la main , à fixer les tendons extenseurs , et remplacent ainsi les gaines fibreuses qui leur manquent.

Développement des Muscles des Membres inférieurs.

Ce développement offre , comme celui des supérieurs , très-peu de particularités. Moins prononcés que ceux-ci dans les premiers temps à cause de l’artère ombilicale, les membres inférieurs se mettent bientôt à leur niveau , et la disproportion est toujours beaucoup moindre que plusieurs auteurs ne l’ont cru. Quant au développement partiel des différentes parties du système musculaire de ces membres , il est en rapport exact avec ce qu’il sera par la suite , excepté cependant supérieurement où les muscles qui viennent du bassin , les moyen et petit fessiers , le pyramidal , les obturateurs , les jumeaux , le carré principalement, sont, à cause du peu de développement de cette cavité , bien moins prononcés eux-»

ODO appareils de la locomotion.

mêmes que par la suite , proportionnellement au* autres. Je présume que , comme ces muscles sont rotateurs du pied en dehors , c’est à leur peu de développement qu’il faut rapporter d’abord la difficulté qu’on a dans les premiers temps de la progression des erifans , à les faire marcher la pointe du pied très en dehors , comme on le fait sans peine dans un âge plus avancé , puis leur vacillation et leur chute même dans la station où les pieds affectent la même direction.

Dans l’âge adulte , les muscles des membres inférieurs n’offrent rien de particulier ; ils prennent seulement en quelques circonstances un degré de force et d’organisation supérieur à celui qui leur est naturel , par la profession de l’individu qui les exerce plus spécialement. Chez le vieillard , où le poids du tronc le fait courber en devant , où le genou devient saillant pour que la cuisse, obliquement inclinée, puisse lui offrir une base antérieure de sustentation , OÙ le bassin est fléchi sur le fémur , celui-ci sur le tibia, et ce dernier sur le pied, ce sont principalement les grand fessier , demi-tendineux , demi-aponévrotique et biceps en haut , crural au milieu , jumeaux et soléaire en bas , qui assurent la solidité de la station. Ils ont un effort très-grand à faire , vu l’étal habituel de demi-flexion des articulations dont il faut qu’ils préviennent la flexion entière. Dans l’âge viril , où ces articulations sont droites et presque perpendiculaires les unes aux autres , le poids du corps est plus directement supporté par la suite des leviers que lui présentent les membres inférieurs; quoique cependant, comme je vais le faire

DËS MUSCLES ET PE LEURS DEPENDANCES. 35r observer , l’action musculaire soit toujours alors pour cause principale dans la station.

Remarques sur les Mouvemens généraux des Membres inférieurs.

L’action des muscles des membres inférieurs a rapport non-seulement aux mouvemens , mais encore aux attitudes immobiles de ces membres et du tronc. J’ai considéré , dans l'Ostéologie , ces mouvemens et ces altitudes relativement aux leviers qui leur sont nécessaires. Ici je vais les examiner par rapport aux puissances.

Des Puissances musculaires dans la Station.

Pour bien considérer ces puissances dont j’ai déjà partiellement indiqué la plupart dans chaque région, il faut examiner comment le corps tombe quand , les forces musculaires cessant tout-à-coup d’agir , il est abandonné à sa seule gravité. Quand un homme est debout , et qu’il est saisi d’une Syncope subite , vous voyez aussitôt et en même temps sa tête et son cou se pencher en devant , le tronc s’in-^ cliner aussi antérieurement , le bassin se fléchir en devant sur la cuisse , celle-ci en arrière sur la jambe, cette dernière en devant sur le pied. La conséquence immédiate à déduire de l’observation de ce phénomène , c’est que les muscles surtout en action dans la station sur les deux pieds sont ceux opposés à ces mouvemens divers que détermine le poids du corps quand ils cessent d’agir. Depuis le bassin jusqu’à l'occipital , ce sont surtout les muscles postérieurs qui

552 appareils de la LOCOMOTION.

agissent. Au tronc , les trois muscles vertébraux se contractent principalement : en effet, les muscles dorsaux sous lesquels ils se trouvent , comme le grand dorsal , le trapèze, qui seulement maintient un peu la station de la tête, les rhomboïdes, les deux petits dentelés , relatifs surtout à l’épaule , aux bras ou aux côtes , sont réellement étrangers à la station. Au cou, outre une portion du trapèze , i I a les splénius , complexus , transversaires , grand et petit droits et obliques , les scalènes mêmes , les droits latéraux et inter-transversaires, qui, quoiqu’un peu sur les côtés , n’assujettissent pas moins la rectitude du cou.

Depuis le bassin jusqu’au bas du corps , les principaux muscles qui agissent dans la station sont , comme je l’ai observé plus haut , disposés en ordre inverse , et opposé à celui dans lequel les articulations tendent à se fléchir par le poids du corps. En arrière , les muscles fessiers, demi-tendineux , demiaponévrotique et biceps pour le bassin ; en devant , le crural pour la cuisse ; en arrière , encore le soléaire et les muscles plus profonds qui vont au pied pour la jambe , concourent spécialement à maintenir le membre dans sa rectitude. Les muscles opposés à ceux-là agissent bien aussi , mais beaucoup moins. Ainsi les iliaque , psoas , droit antérieur et pectine , fixent un peu le bassin en devant. Les jumeaux et le jambier grêle tendent à porter un peu la cuisse en arrière sur la jambe , et les muscles antérieurs de celles-ci à la fléchir sur le pied ; mais celle action est foible parce que le poids du corps tend à produire le même effet qu’eux. L’articulation du bassin avec le fémur est celle où cette influence tend le

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 353 moins à déterminer un mouvement dans un sens spécial ; car il peut presque le porter en arrière comme

éovcUi t . aussi ces muscles antci leurs sont— ils pro— nonces et très — favorablement places. -/Vu contraire , le mode articulaire de la jambe avec la cuisse s’oppose nécessairement à ce que, dans la station , celte dernière soit llécliie en avant : aussi les jumeaux, qui la retiennent en arrière , sont-ils moins puissans quand ils agissent de bas en haut, quenel’estle crural quileur est alors opposé.

Je remarque que l’action musculaire est bien plus puissante dans la station que plusieurs auteurs ne l’ont cru . Ils ont eu trop égard à la manière dont les os, superposés les uns aux autres , se transmettent perpendiculairement le centre de gravité; ils ont trop considéré cet état d’une manière passive. Sans doute ce support successif du centre de gravité est réel , comme je l’ai indiqué dans l’Ostéologie en y considérant la station ; mais il est peu pour cette attitude en comparaison des forces musculaires. Pour s’en convaincre, il n’y a qu’à examiner la plupart des animaux quadrupèdes , qui dans la station ont leurs articulations demi-fléchies ; il n’y a aussi qu’à considérer le vieillard, dont les membres inférieurs présentent la même disposition , etc. Certainement le support successif du centre de gravité par les colonnes osseuses passivement résistantes est absolument nul dans ces deux cas où les muscles sont tout.

Dans la station sur un seul pied, l’action musculaire change entièrement. Tous les muscles externes du membre fixé se contractent d’abord fortement pour le retenir et l’empêcher de se diriger en dedans , sens dans lequel le tronc , qui n’est pas supporté par »• 23

554 appareils de la locomotion.

l’autre membre , tend à entraîner celui-ci. Ainsi les péroniers et la portion externe du crural qui est si puissante agissent d’une manière spéciale. Le tenseur aponévrotique crural , les moyen et petit fessiers inclinent ensuite latéralement, sur le membre fixé , le bassin qui y entraîne le tronc , lequel est aussi un peu incliné par le carré abdominal et par les fibres latérales des muscles de l’abdomen. Le corps est alors véritablement entre sa gravité qui agit du côte non fixé , et l’action musculaire qui lui résiste tout le long de la partie externe du côté soutenu.

On conçoit facilement l’action musculaire dans la station à genoux et dans la station assise. En effet, il n’y a qu’à retrancher le mécanisme de la jambe dans le premier cas, celui de tout le membre inférieur dans le second : ce qui au-dessus restera de l’action musculaire offrira le même mécanisme que dans la station ordinaire.

Dans la station sur la pointe du pied , où le corps devient évidemment plus long, et où le pied se brise dans les articulations métatarso-phalangiennes , ce sont spécialement les muscles jambier antérieur , extenseur du gros orteil , grand extenseur des orteils , et même un peu le petit extenseur, qui opèrent ce mouvement , et qui fixent en devant la jambe et la partie postérieure du pied sur sa partie antérieure. Us remplissent alors en devant les fonctions que les soléaire et jumeaux exécutent en arrière dans la station ordinaire : or, comme ils sont beaucoup moins loris qu’eux, et que d’une autre part la base de sustentation est très-étroite , ce mouvement ne peut se soutenir long-temps.

Des puissances musculaires dans la Progression , la Course ? etc.

Dans la progression , le tronc est maintenu clans sa rectitude par un mécanisme analogue à celui de la station. Ce sont principalement les muscles postérieurs qui entrent alors en action : le mécanisme propre à ce mouvement se passe en totalité dans les membres inférieurs. J’ai décomposé , pour ainsi dire, la progression , et j’ai offert, sous le rapport des leviers , le mécanisme de son vrai élément qui est le pas , afin de montrer mieux son mécanisme général , en passant ainsi du simple au composé. Je vais suivre ici la même marché.

Le pas est de deux sortes , sans rotation ou avec rotation du pied. Dans le premier , les deux pieds étant sur le même plan , les psoas et iliaque se contractent , ainsi que le pectine et même le tenseur aponévroliqùe crural, qui portent la cuisse l’un en dedans, l’autre en dehors, mais qui agissant conjointement la dirigent directement dans la flexion. Cette flexion, en la portant en devant , y dirige le membre en totalité. En même temps , les demi-aponévrotique ,. biceps et demi-tendineux fléchissent la jambe en arrière. Les muscles du pied ne se contractent presque pas, et celuici reste dans le même état. Le membre étant ainsi devenu antérieur, les muscles se relâchent ; il tombe sur le sol et se trouve au-devant de l’autre. Le pas avec rotation du pied succède ordinairement à celui-ci. Le membre resté en arrière se détache d’abord du sol , du talon vers la pointe , de manière que le pied se brise dans les articulations metatarso-phalangienncs ,

S56 AfPAÏlËILS DE LA LOCOMOTION, comme dans la stalion sur la pointe des pieds, et que le tarse et le métatarse s’élèvent, les phalanges restant fixées sur le sol. Ce sont surtout les jambier antérieur , grand extenseur des orteils , et extenseur propre du gros orteil , qui sont les agens de ce mouvement, auquel concourent aussi les muscles du tendon d’Achille , en relevant le talon. Le membre étant ainsi agrandi d’une partie du pied , les fléchisseurs de la cuisse et de la jambe se contractent , détachent du sol le membre , qui est porté par les premiers sur un plan antérieur à celui du pied fixé. Quand il y est arrivé , tous les muscles se relâchent ; il se place sur le sol , et le pas est achevé.

La progression s’exécute ainsi par une suite de pas qui s’enchaînent successivement, et dont j’ai plus amplement expliqué le mécanisme en Ostéologie. Je ne m’étendrai pas davantage sur ce point : je ferai seulement une remarque qui me paroît importante ; c’est que les muscles spécialement en action dans la progression ne sont pas les mêmes que ceux en exercice dans la stalion, quoique cependant on ne puisse disconvenir que ces derniers n’agissent aussi. En effet , le grand fessier , le crural , le soléaire même et les jumeaux agissent moins que les psoas , iliaque , pecliné,elc. , que les jambier antérieur, extenseur des orteils , etc. Il n’y a guère que les demi-aponévrotique , demi-tendineux et biceps qui servent autant à l’une qu’à l’autre. La conséquence de ce fait est que, quoique la station soit un état d’effort , cependant elle peut jusqu’à un certain point nous reposer de la progression, et que réciproquement celle-ci peut nous délasser de la première. Il est rare que nous soute-

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 35y

nions long-temps l’une ou l’autre d’une manière continue et sans les alterner.

La course met en jeu les memes muscles que la progression , mais d’une manière plus rapide. Ce sont, en devant, les psoas , iliaque, pectine, moyen et petit adducteurs et tenseur aponévrotique crural pour fléchir la cuisse, demi-tendineux, demi-aponévrotique et biceps pour fléchir la jambe, jambier antérieur, grand et petit extenseurs des orteils , extenseur propre du gros orteil, et un peu les soléaire et jumeaux pour briser le pied dans les articulations métatarso-phalangiennes. Ce dernier mouvement est essentiel, comme je l’ai dit, car c’est toujours sur la pointe du pied, et non sur la totalité, que nous courons. Si l’on compare ces muscles à ceux principalement en jeu dans la progression , on verra que presque tous occupent une position opposée : ce que l’état des articulations indique du reste , puisqu’il se rapporte surtout à l’extension dans la station , et à la flexion dans la courseet le saut.

Beaucoup d’autres mouvemens mettent en jeu les muscles des membres inférieurs : la danse et autres, exercices analogues offrent ces mouvemens. Dans la danse, il y en a deux espèces bien distinctes , l’une que ne complique aucun saut , et l’autre où le saut entre toujours pour partie essentielle,

Dans la plupart des pas simples qui composent les, danses de société , il n’y a presque que des mouvemens de diduction , de croisement, de flexion , d’extension en devant ou en arrière des membres inférieurs , mouvemens qui s’enchaînent avec plus ou moins de rapidité ; et dont il est facile , en les voyant y

5j8 appareils de la locomotion.

de concevoir les agens. Dans les pas plus co lo» ses, au théâtre surtout, et dans les danses légères, presque toujours le saut se complique avec ces mou-* venions. de croisement , de flexion des jambes, etc. Ici il faut bien distinguer , i°. le mouvement d’élévation du tronc à l’instant qu’il abandonne Je sol , mouvement qui appartient au saut ; a°. les mouvemens exécutés par les jambes tandis que le tronc est en l’air, comme les entrechats , la grande diduction des cuisses , etc. Ces deux sortes de riiouvemens sont absolument indépendans ; c’est comme un projectile que nous lançons en l’air , et qui , outre le mouvement général de projection, estaniiné d’un autre particulier, comme de rotation sur son axe. Ces deux mouvemens n’ont rien de commun quoique exécutés en même temps.

Dans la rotation du tronc , qui constitue la pirouette , il y a deux choses, i°. contraction des muscles rotateurs du bassin , 2°. impulsion générale communiquée au tronc. Quand la pirouette est lente, l’action musculaire la règle sans peine ; mais si elle est trèsrapide , l’impulsion communiquée au tronc par cette meme action l’anime d’un mouvement tel que nous ne sommes pas maîtres souvent de l’arrêter à volonté. C’est comme quand on court dans une descente j l’impulsion communiquée au tronc nous maîtrise en bas , et nous force , pour ne pas tomber , à courir encore quelque temps. L’aplomb de la pirouette consiste dans la première impulsion qui a été donnée au corps ; l’habitude nous apprend à régler la force ou la foiblesse de cette impulsion suivant la mesure. Une fois qu’elle est donnée , la volonté ne pourroit arrêter le mouvement dans son milieu.

Je ne parle "pas de mille autres mouvemens des membres inférieurs , dont on concevra facilement les agens, d’après ce que je viens de dire sur les précédera.

Puissances musculaires dans le Saut et attires mouvemens analogues.

Dans le saut , soit vertical , soit horizontal , les muscles en action sont exactement les mêmes d'ans les membres inférieurs que ceux de la station, avec la différence que leur contraction est subite , au lieu quelle est continue dans la station. Ainsi , toutes les articulations ayant été préliminairement fléchies , le soléaire, les jumeaux, le jambier grêle , etc. , redressent la jambe; le crural, la cuisse; les grand fessier , demi-aponévrotique , demi-tendineux et biceps, le bassin. De là naît une impulsion subite qui se communique au trône , et qui l’élève à une distance plus ou moins considérable.

L’action de donner un coup de pied offre un mécanisme absolument analogue ; je veux dire une flexion préliminaire, et ensuite une extension subite du membre. Mais l’effet qui résulte de ce mécanisme est tout différent r ce n’est pas le trône qui reçoit l’impulsion , mais le corps auquel le coup de pied est appliqué. Si ce corps résiste beaucoup , l’impulsion peut être répercutée sur le tronc , qui est alors repoussé en arrière..

Du Nager.,

Les mouvemens du nager n’appartienl(ent pas seulement aux membres inferieurs , mais encore à. la to~

3Go APPAREILS DE LA LOCOMOTION, taliié du tronc; cependant, comrAe ces membres y ont une part essentielle \, nous considérerons ici ces mouvemens.

Le corps de l’homme est manifestement plus pesant que le volume d’eau qu’il déplace : de là sa chute inévitable vers le fond , si les mouvemens du nager ne s’opposoient à la tendance qu’il a à le gagner. Cet excès de pesanteur est variable ; il est moindre dans ceux dont le volume est dû à la graisse , que chez les individus maigres et secs. 11 est presque nul dans les individus très-météorisés : dans certaines tympanites , le surchargement auroit probablement lieu. Il est douteux qu’il puisse exister dans les accès hystériques , tels au moins que nous les observons dans les hôpitaux.

Le nager a deux buts : i°. surmonter la tendance que la gravité donne au tronc àgagner le fond de l’eau ; 2°. diriger celui-ci en tel ou tel sens. Le même mouvement remplit également bien ces deux buts. Prenons pour exemple le mode le plus ordinaire de nager, celui où le corps placé à fleur d’eau, comme on dit, avance par un mouvement horizontal. Voici ce qui arrive alors : les membres supérieurs et inférieurs se fléchissent ets’élendent , s’écartent et se rapprochent alternàtivement.Les premiers, fléchis d’abord et écartés, s’étendent et se rapprochent tout- à-coup, repoussent ainsi le liquide qui cède en partie, mais qui résistant en partie répercute , pour ainsi dire , le mouvement sur le corps qui avance par là. Les agens de ce mouvement ne sont pas précisément ceux qui se trouvent surtout en action dans les extensions et flexions alternatives que nécessitent le saut, la progression , etc. ; cas où les muscles

DES MUSCLES ET DE LEURS DEPENDANCES. 36l antérieurs et postérieurs agissent principalement , tandis qn’ici les internes et les externes , les adducteurs de la cuisse enlr’autres , se contractent autant <pte ceux-là. Je doute meme qu’il y ait des mouvemens sur lesquels ces trois puissans muscles aient autant d’influence.

Pendant cette action des membres inférieurs , les supérieurs , d’abord rapprochés et unis en pointe vers les mains pour rompre le fil de l’eau } s’écartent ensuite et se portent en arrière , repoussent également le fluide qui cède en partie , mais qui , résistant aussi un peu , répercute le mouvement , et seconde par là l'effet produit sur le tronc par les membres inférieurs. Les muscles grand pectoral pour rapprocher les membres supérieurs , grand dorsal et grand rond pour les écarter et les porter en arrière , jouent ici le principal rôle , auquel une foule d’autres sont accessoires.

Ce mouvement horizontal imprimé au tronc par les membres surmonte le mouvement perpendiculaire que la gravité tend à lui communiquer } d’autant plus facilement que l’excès de pesanteur de celui-ci sur la quantité d’eau qu’il déplace est moins considérable ; c’est comme un corps léger que l’air agite dans 1 atmosphère , et que la moindre impulsion empêche d’obéir à sa gravité. La légérelé ou la pesanteur sont en effet toujours relatives , indépendamment de la masse y au milieu dans lequel se trouvent les corps.

Outre ce premier effet , pour lequel il faut souvent très-peu d’effort , puisque nous voyons certains nageurs se soutenir sur l’eau par de irès-foibles agita-

562 APPAR. EiE LA LOCOMOT. DES JVH'SCL. elC..

tions , le nager sert encore à nous diriger de tel ou tel côté ; et , à cet égard > le mécanisme des membres est certainement analogue à celui de la rame qui dirige un bateau, des nageoires qui dirigent le corps du poisson. Suivant que l’on veut se dévier à droite ou à gauche , on fait donc prédominer les mouvemens des membres d’un côté sur ceux du côtéopposé , que quelquefois on rend momentanément inactifs.

Je no parlerai pas des autres modes mille fois variés du nager : il faudroit avoir sur ce point , outre les connoissances anatomiques et physiologiques , une expérience de faits qui me manque , et que paroissent aussi ne point avoir eue ceux qui ont écrit sur ccmême objet..

appareils de la voix.

Considérations générales

jNfous avons terminé l’exposition du premier des deux appareils par lesquels l’homme communique avec les objets extérieurs, et réagit sur ces objets qui ont agi sur lui par les sens. Cet appareil est , comme on vient de le voir , celui de la locomotion , soit que celle-ci ait rapport aux mouvemens des membres , soit quelle se rapporte à ceux du tronc. Quel que soit son siège , elle est spécialement destinée , dans l’état naturel , à pourvoir aux besoins de la digestion, dont elle sert à ramasser les matériaux. Elle offre à l’animal ses moyens de défense et d’attaque , dont la digestion est le plus souvent aussi le but immédiat. Mais en société , l’homme a immensément agrandi le domaine de cette fonction. Soumise par les nerfs cérébraux à l’intelligence, elle est devenue le moyen d’exécution de la plupart des conceptions de celle-ci, et si tout ce que les arts nous offrent d’industrieux atteste l’étendue de la sphère de cette dernière , ils, ne prouvent pas moins combien à proportion ont été reculées les limites de la locomotion. Cette aptitude des muscles de la vie animale à acquérir une précision qui leur est étrangère dans l’état naturel , et que nécessitent les arts , offre un contraste bien frappant avec l’état des muscles organiques, qui, comme je l’ai fait observer ailleurs , restent au sein de la société dans le cercle que la nature traça à leurs mouvemens, pu au moins ne reçoivent d’elle que des influences

364 CONSIDÉRATIONS SUR LES APPAREILS que l’intelligence et par conséquent Ja volonté ne dirigent point. Non-seulement l’homme social tire des muscles de sa vie animale un parti mille fois plus avantageux que celui auquel leur instinct condamne les animaux , en acquérant dans ces mouvemens une extrême précision , mais il leur a encore donné une direction que Ja nature lui indique à peine. 11 en a fait un langage muet et un moyen intellectuel de communication. Ce que la parole ne nous dit pas , la tête , les bras , les yeux nous l’indiquent. Remarquez cependant que le geste n’est presque jamais qu’un supplément à celle-ci. Aussi est-il surtout actif quand elle manqua , chez les muets ou chez ceux que les bienséances sociales condamnent fréquemment parmi leurs semblables à des rélicences forcées. C’est aux oreilles de l’homme de la campagne qu’il faut parler. L’habitude des sociétés a exercé celui de la ville à lire sur la figure ce que le premier ne peut qu’entendre.

La parole est donc le moyen principal de nos communications intellectuelles ; et à cet égard remai quez quelle immense extension l’homme social a donnée aux fonctions de son larynx. Certainement cette extension est encore supérieure à celle que nous offrent les ajrens locomoteurs dans les arts où l’industrie a été poussée le plus loin. En effet , la nature ne donna primitivement à l’homme que la voix brute, dont Ja destination principale fut d’établir les rapports qui rapprochent les sexes. Aussi voyez quelle immédiate connexion existe entre celte voix brute et les parties génitales : elle a , comme celles-ci , une véritable puberté , soit dans les animaux où elle 11e se manifeste

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