‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 12 sur 161 · DU U6AMENT DENTELÉ. JJ · texte numérisé non relu

DU U6AMENT DENTELÉ. JJ

plus prononcée qu’on l'examine plus inférieurement ; peu de vaisseaux s:y ramifient , mais un grand nombre la traverse pour aller à la moelle ; sa couleur est d’un blanc jaunâtre. Par sa surface extérieure , elle est en rapport avec l’arachnoïde , mais sans adhérence 5 latéralement , elle se continue avec le névrilemme des nerfs vertébraux et avec le ligament dentelé. Sa surface intérieure adhère à la moelle d’une manière si intime qu’elle semble lui être continue. Son extrémité supérieure se prolonge en s’amincissant insensiblement jusque sur la protubérance cérébrale.

12°. Du Ligament dentelé ( Ligament dentelé, Chauss. 5 Ligamentum denlatum, Soemm.).

1491- On nomme ainsi une bandelette blanchâtre, transparente , mince , mais tres-forte, qui s etend depuis le grand trou occipital jusqu’à l’extrémité inférieure de la moelle, passant de chaque côté entre les racines antérieures et les racines postérieures des nerfs vertébraux. Plusieurs anatomistes modernes ont considéré le ligament dentelé comme une dépendance de la membrane propre de la moelle ; mais il en est véritablement distinct.

Dans son bord externe , chaque ligament dentelé présente successivement vingt ou vingt-deux denticules qui lui ont mérité son nom, et dont les pointes , plus ou moins allongées, s’attachent à la gaine que forme la dure-mère autour de la moelle , dans l’intervalle qui se trouve entre chaque paire des nerfs cervicaux et dorsaux. La base de chacune de ces denticules est triangulaire ; mais leur forme et leur grandeur varient beaucoup : les supérieures sont courtes et transversales; les inférieures deviennent de plus en plus obliques et de plus en plus étendues. La première se fixe , par un filet très-aigu , sur le bord du grand trou de l’occipital , entre le nerf hypoglosse et l’artère vertébrale ,

7^ ORGANES t>E LA SENSIBILITÉ,

la derniereest attachée a la hauteur de la douzième verte-» bie dorsale ou de la première lombaire , et sépare les nerfs dorsaux des lombaires.

Par son bord interne , ce ligament adhère à la membrane propre de la moelle , à l’aide d’un tissu cellulaire dense , sans qu’il y ait continuité de substance.

Il ne faut pas le confondre avec l’arachnoïde qui le recouvre , et dont on peut le séparer par l’insufflation. On ne connoit, du reste, aucunement sa structure intime. Il paroît avoir pour usage d’assujettir la moelle dans son canal.

§ II. Des Nerfs encéphaliques , ou des Organes conducteurs des sensations et des voûtions.

Cou sidérations gén é raies .

1492. Les nerfs encéphaliques sont des cordons blancs, cylindriques le plus souvent, communiquant le plus souvent aussi les uns avec les autres dans divers points de leur trajet , naissant, symétriquement et par paires, du cerveau et de la moelle vertébrale , et formés d’un nombre plus ou moins considérable de filets entrelacés et unis entre eux par du tissu cellulaire.

Leur direction varie : ils sont parallèles , perpendiculaires ou inclinés à l’axe du corps j mais, quelle que soit celle direction , ils vont presque toujours en ligne directe, au lieu d’être tortueux comme la plupart des artères. En s éloignant du lieu de leur origine, les nerls se divisent en branches et en rameaux qui se terminent par des filets , lesquels dégénèrent encore en fibiilles très-fines. La séparation des branches et des rameaux a lieu suivant des angles plus ou moins aigus par rapport au tronc , et est indiquée long-temps d’avance par un sillon qui résulte d’une simple juxta-position de la branche contre le troue ,

DES NERFS F.NCÉPHALIQUES EN GÉNÉRAL. JQ

particularité qu’ou n’observe point dans les divisions des vaisseaux.

Eu général, les troncs nerveux parcourent les grands interstices cellulaires des membres et du tronc ; le plus ordinairement ils sont cylindriques; mais quelquefois aussi ils sont aplatis , comme on le remarque pour le nerf sciatique. Leur longueur varie beaucoup ; mais elle est plus considérable dans les membres qu’au tronc et à la tête. Us peuvent être isolés dans leur trajet , ou accompagnés par des vaisseaux sanguins.

Il faut remarquer aussi que la somme des diamètres réunis des divers rameaux d’un même nerf l’emporte de beaucoup sur le diamètre de son tronc principal , en sorte qu’on peut dire que tout nerf représente un cône dont la base est à la périphérie du corps ou des organes, et le sommet au cerveau ou à la moelle de l’épine.

]493. Les filets qui terminent les rameaux des nerfs finissent en se continuant avec d’autres filets nerveux , ou en se perdant dans' le tissu des organes , sans que, jusqu’à présent , on puisse au juste dire de quelle manière. On nomme anastomose (1) la communication ou la continuation des filets nerveux les uns avec les autres ; et il faut bien distinguer ce mode de jonction de celui par simple juxta-position qui s'observe quelquefois. Les anastomoses nerveuses peuvent avoir lieu de quatre manières différentes : i°. par deux branches qui appartiennent à des nerfs difïérens, comme cela se remarque entre le nerf hypoglosse et les nerfs cervicaux ; 20. par des branches d’un même nerf, par exemple celles du nerf trifacial ou du nerf facial ; 3°. par des branches réunies sur la ligne médiane du corps et venant séparément de chaque côté, ainsi qu’on le peut voir dans les nerfs superficiels du cou et de la face. Ces trois premiers modes d’anastomoses sont dus à

(0 A’vas-T^MCoriç , irtostulaùo.

8o ORGANES DE LA SENSIBILITÉ.

l'union des filets d’un même système nerveux ; mais , 4°. par le quatrième , on voit des filets du système encéphalique se joindre à des filets du système des ganglions.

i494- Si deux ou plusieurs nerfs différens s’approchent ; si leurs divers rameaux se confondent par un grand nombre d’anastomoses, ou même de juxta-positions , de manière à ce qu’il en résulte une sorte de réseau plus ou moins complexe et à mailles plus ou moins lâches , on donne à cet entrelacement le nom de Plexus. Les différentes branches nerveuses qui se sont épanouies pour former un plexus se réunissent ensuite de nouveau , et donnent naissance à des troncs qui suivent leur trajet à la manière accoutumée : on en a des exemples surtout bien marqués pour les nerfs des membres.

i495. Tout nerf encéphalique est formé d’un plus ou moins grand nombre de cordons juxta-posés, lesquels sont également la réunion de plusieurs filets de la même nature : le nombre de ces filets est toujours très-considérable, et souvent même, avec les instrumens d’optique , on ne peut venir à bout de le déterminer; mais à l’aide des réactifs , des acides et des alkalis, on met pour ainsi dire à découvert la structure des nerfs telle que nous allons l’indiquer lout-à-l’heure. Au reste , tous ces cordons , ainsi que leurs fibres, sont joints par un tissu cellulaire ; en les isolaut, on s’aperçoit qu’ils s’envoient les uns aux autres de fréquens rameaux , de manière à former une espèce de plexus dans l’épaisseur même du nerf, ce qui fait qu’après un certain trajet, les filets qui composent les cordons ne sont plus les mêmes qu’au Commencement du nerf.

La disposition des cordons nerveux offre de nombreuses variétés. Rarement leur grosseur est-elle la même dans des nerfs différons; elle 11 est point non plus en proportion avec le volume du nerf; ceux du nerf sciatique sont plus déliés, par exemple, que ceux des nerfs radial ou cubital; quelquefois aussi un nerf n’est formé que d’un seul cordon,

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