DES NERFS ENCÉPHALIQUES EN GÉNÉRAL. !? I
divisé par beaucoup de sillons : tel est le nerf pneumogastrique ; le même nerf réunit quelquefois de gros et de petits cordons; d’autres fois ils sont tous égaux, comme dans le nerf sciatique, etc.
1496. Tout nerf encéphalique est enveloppé par une membrane extérieure qui forme , pour chacun de ses filets, un véritable canal dans lequel est contenue une matière blanche, médullaire. Cette membrane est le Névvilemme (1) ; celle qui entoure les nerfs vertébraux se continue manifestement avec la membrane propre de la moelle ('1490) ; de meme aussi , celle qui enveloppe les nerfs au niveau de la protubérance cérébrale paroît s’identifier avec la pie-mère , qui tapisse cette portion de l’encéphale.
Le nerf olfactif est dépourvu de névrilemme ; le nerf optique n’en présente qu’après sa commissure.
Le névrilemme est très-adhérent au tissu cellulaire ; il est transparent , comme fibreux; il se racornit avec une grande facilité par l’action des acides et du calorique; par l’ébullition long-temps continuée, il acquiert une teinte jaunâtre particulière; les alkalis ne l’attaquent point; la macération ne le dissout et la putréfaction ne s’en empare qu’au bout d’un très-long espace de temps ; sa résistance est considérable ; mais sa nature intime est encore fort peu connue.
1 497* Dans chaque tuyau formé par le névrilemme est une substance médullaire (2) qui le remplit exactement ; elle semble analogue à la matière blanche du cerveau et de la moelle; c’est elle qui donne au nerf la teinte qu’on lui connoît; parla dessiccation elle jaunit sensiblement ; elle résiste à la putréfaction plus que le tissu de l’encéphale; comme celui-ci , elle ne se racornit ni sous l’influence du
(0 Njâpoy, nervus ; Ai/tpa., tunica.
(>) Quelques auteurs, entre autres Monro , croient qu’il existe aussi dans les nerfs une substance grise.
8s ORGANES DF. LA SENSIBILITÉ.
calorique , ni sous celle des acides; comme lui aussi, elle reste suspendue dans l’eau en forme d’émulsion ; par l’ébullition elle acquiert une teinte grise et terne; l’acide sulfurique la durcit d’abord , et la réduit ensuite en: pulpe: le nitrique la jaunit et la durcit seulement; l’ai-kohol la durcit également , tandis que les alkalis la dissolvent.
Remarquons , au reste, que beaucoup d’anatomistes, même aujourd’hui , n’admettent point encore cette structure intime des nerfs , et refusent au névrilemme la forme canaliculée que nous venons de lui attribuer ; mais qu’on soumette ces organes à l’action des différens réactifs, comme l’ont fait Reil et Bichat , et on reconnoitra les particularités indiquées.
i4q8. Les nerfs sont revêtus et unis aux parties voisines par une couche abondante de tissu cellulaire graisseux , qui envoie en dedans des proion gemens qui séparent et isolent les cordons et les filets nerveux les uns des autres : les principaux de ces prolongemens contiennent le plus souvent de la graisse ; mais ceux qui s’interposent entre les filets nerveux eux-mêmes n’en renferment jamais. Ce tissu cellulaire unit tellement entre eux les cordons des nerfs et leurs filets , qu’aucun mouvement ne peut y avoir lieu : on n’en remarque pas autour des nerfs logés dans un canal osseux.
1499. Les troncs artériels qui accompagnent les nerfs leur envoient des rameaux qui pénètrent de toutes parts dans leur intérieur ; le nerf optique seul fait exception à cette règle. Ces artérioles rampent d’abord dans le tissu cellulaire intermédiaire aux cordons et y ont un volume plus ou moins considérable ; elles envoient de petites branches dans tous les interstices des filets , lesquelles s’épanouissent sur le névrilemme et semblent se perdre à sa face interne.
1500. Les veines des nerfs suivent le même trajet que
DBS NEUFS ENCÉPHALIQUES EN GÉNÉRAL. 83
ïeurs artères, mais elles ne sortent. pas par les mêmes endroits qui donnent entrée à celles-ci.
i5oi. On n’a point encore pu suivre dans tous les nerfs de vaisseaux absorbans ; quelques auteurs en ont seulement indiqué dans les nerfs principaux \ on n’a point démontré non plus que des filets nerveux allassent se répandre sur le névrilemme.
i5o?.. On divise ordinairement les nerfs encéphaliques en plusieurs classes , d’après le lieu où leur tronc lient à l’encéphale , et on les distingue ainsi en nerfs qui naisseut du cerveau , de la protubérance cérébrale , de la moelle allongée, et de la moelle vertébrale : le cervelet n’en fournissant point. Mais des découvertes récentes, indiquées cependant par plusieurs anatomistes plus ou moins anciens , donnent des nerfs des idées toutes différentes : comme les diverses parties de l'encéphale, ils semblent produits,.! leur origine, par des faisceaux de fibres renforcés par de la substance grise ; il paroit même démontré qu’en suivant les racines des différens nerfs, on les voit remonter de la moelle vertébrale vers le point où ils se montrent au dehors 5 et effectivement, le nerf olfactif est actuellement le seul dont on ne puisse, pas démontrer les rapports directs avec la moelle , ou au moins avec la protubérance formée spécialement par les cordons médullaires qui naissent de sa partie supérieure. Pour plusieurs nerfs cependant, chez l’homme, cette disposition n’est pas si manifeste qu’elle n’ait besoin de l’analogie que fournit l’anatomie des animaux des autres classes ; mais 11e nous occupant que de la connoissance de notre propre organisation et d’une manière graphique , nous croyons devoir nous arrêter là où le témoignage des sens 11e peut plus nous guider dans nos organes : nous n’indiquerons en conséquence que les particularités qui peuvent être reconnues dans l’homme.
OïlGANES DE LA SENSIBILITÉ.
Des Nerfs encéphaliques en particulier.
Des Nerfs olfactifs ( Par primum , W illis ; première Paire’ de la plupart des anatomistes français; Nef ethmoïdal Chaus &.’}Nervus olfactorius, Soemm.).
i5o3. Peu de parties en anatomie peuvent offrir autantt de variations dans les sentimens des auteurs que les nerfss olfactifs \ tant sous le rapport de leur origine que sous celui de leur texture et même de leur usage. Les anciens les consi— déroient comme des espèces d’émonctoires ou de canaux par où s’écouloient la sérosité et la pituite séparées par le cerveau, et les nommoient Processus mamillares : ils : furent la cause d’une longue suite de discussions , et lestravaux des anatomistes les plus récens nous ont seuls misà même de connoître leur vraie structure et leur distribution exacte.
i5o4- L’origine des nerfs olfactifs a lieu par trois filetas qu’on nomme leur racines , et qu’on a poursuivies au-delàa de la superficie du cerveau , et profondément dans lai substance de cet organe. Deux de ces racines sont forméespar de la substance blanche , et sont distinguées en externe et en interne : la troisième est grise.
i5o5. La racine blanche externe, qui est la plus longue , se dirige eu dehors , en arrière' et en haut , cachée en grande partie par la scissure de Sylvius ou inter-lobulaire, et placée au-dessus des rameaux contournés de l’artère carotide- interne. Elle naît de la région externe dm corps strié (i43i) •> et devient apparente extérieurement àà la partie la P1 us reculée du lobe antérieur du cerveau,, dans son point de réunion avec le moyen , sur la substance grise de sa dernière circonvolution , au milieu d’ouvertures très-prononcées qui donnent passage à d’assez gros< troncs vasculaires qui pénètrent dans le cerveau. Souvent: