DES NERFS OLFACTIFS
Pendant ce trajet, le nerf olfactif,, quelquefois plus gros à droite qu’à gauche, et réciproquement, est mou et pulpeux , et non enveloppé par un névrilemme. Beaucoup d’auteurs ont avancé qu’il étoit creuse par un canal dans toute son étendue; mais les recherches les plus minutieuses n’ont pu me le faire découvrir , non plus qu’aux plus célèbres anatomistes de nos jours.
15 11. C’est de la face inférieure du bulbe qui remplit la gouttière ethmoïdale, que partent les rameaux qui doivent se distribuer dans les fosses nasales et qui traversent les ouvertures de la lame criblee. Leur nombre , leur volume et leur direction varient beaucoup; souvent les trous les plus grands en reçoivent deux ou trois ; mais on les peut toujours distinguer en externes , en internes et en moyens.
1 5 1 2. Leur nombre est très-diflérent suivant les sujets : tantôt ils sont très-fins et très-multipliés ; tantôt on n ea trouve que fort peu et ils sont beaucoup plus gros. Chacun d’eux est embrassé par un petit conduitinfundibuliforaie et fibreux fourni par la dure-mère, lequel cesse un peu au-delà du trou et se continue avec la coucbc extérieure de la membrane pituitaire. Ils sout aussi enveloppés par la membrane arachnoïde, qui leur adhère lâchement, et qui les abandonne après un court trajet pour se porter sur le conduit fibreux et rentrer dans le crâne, en formant une sorte de cul-de-sac. Une lame grise, transparente, et la pie-mère, qui descend plus ou moins loin dans les fosses nasales, les accompagnent aussi.
1 5 1 3. Une fois enveloppés par la dure-mère, les rameaux du nerf olfactif s’épaississent, et durcissent tellement qu ils ne ressemblent plus à ce qu’ils éloient d’abord.
1 5 1 4 • Les rameaux externes se prolongent dans les conduits qu’on remarque sur les cornets ( 34 1 > ^4^ ) i s’y divisent et s’y subdivisent en s’anastomosant entre eux sans abandonner ces conduits, qui s’anastomosent euxmêmes. Lorsqu’ils en sont sortis , leurs anastomoses de-
ORGANES DE LA SENSIBILITÉ, viennent encoie plus fréquentes, et ils forment un véritable plexus que l’on peut bien apercevoir en disséquantt sous 1 eau. Sui le cornet supérieur on en remarque beaucoup qui se îecourbent en arriéré de manière à ce que leur convexité soit tournée vers le sinus du sphénoïde. Ceux: de la partie antérieure, plus nombreux, sont presque ver-, ticaux. Les moyens sont les plus longs de tous : ils se recourbent en arrière sur le^ornet ethmoïdal et s’y ramifient beaucoup, mais sans passer à sa surface concave, à la membrane des cellules ethmoïdales , à celle des sinus et au cornet inférieur.
1515. Les rameaux internes, déjà divisés avant d’avoir quitté la lame criblée , suivent la cloison, sur laquelle ils se partagent de nouveau en un grand nombre de filamens, entre les deux couches de la membrane pituitaire. D’abord au nombre de douze ou de quatorze , chacun d’eux se subdivise au point de paroître pénicelliforme , et d’être l’origine d un faisceau très-composé. Plusieurs de ces filamens, joints ensemble, forment des bandelettes blanchâtres de diverse longueur, dont une ou deux atteignent presque le bas de la cloison. En avant, ils ne vont guère au-delà de son milieu; en arrière ils sont bien plus courts, et se recourbent sur la convexité des sinus sphénoïdaux.
1516. Les rameaux moyens, parvenus dans les fosses nasales , se perdent presque aussitôt dans la portion de la membrane qui tapisse leur voûte.
1017. Comment se terminent ces rameaux? Beaucoup d anatomistes ont cru que c’étoicnt eux qui formoient les papilles ou les villosités de la membrane pituitaire. Les dissections les plus soignées et à l’aide même de divers réactifs , ne m’ont rien appris à ce sujet. Scarpa n’a pu s en assurer non plus à 1 aide du microscope; il les a seulement vu former en serpentant une espèce de membrane propre, dans laquelle ils semblent pour ainsi dire sc fondre, suivant la remarque de Blumenbach.
DES NERFS OPTIQUES. 8g
i5i8. Dans leur tronc, les nerfs olfactifs reçoivent des artères qui naissent des artères mésolobaires antérieures 1 et qui se répandent dans la pie-mère qui en recouvre la face inférieure. Elles sont très-nombreuses , et suivent les filets nerveux jusque dans le nez , où elles paroissent quelquefois à travers la membrane pituitaire. On observe aussi des vénules autour de leur tronc , ainsi que quelques vaisseaux lymphatiques.
i5jg. Les nerfs olfactifs diffèrent de tous les autres par les caractères suivans :
Leur tronc a trois racines que concourent à former les deux substances du cerveau;
Il converge en avançant vers celui du côté opposé ;
Sa forme est celle d’un prisme triangulaire ;
Il est logé dans un sillon spécial du cerveau ;
L arachnoïde ne lui fournit point une gaine et ne le recouvre que sur une de ses faces ;
Il est entièrement mou et pulpeux ;
Il manque de névrilemme;
Ses filets ne s’anatomosent avec ceux d’aucun autre nerf;
Ils sortent du crâne par un grand nombre de trous.
Des ISerfs optiques []\erfs de la seconde paire de beaucoup
d'anatomistes; Nerfs oculaires, Chauss.; Nervus opticus ,
Soemm.).
1 520. Plus volumineux cpie les précédens et que tous les autres nerfs qui sortent de la tête, à l’exception du trifacial , remarquables en ce qu’ils parcourent un plus long t. tijet à 1 intérieur qu à 1 extérieur du crâne , et ne fournissent aucune branche depuis leur origine jusqu’à leur terminaison, les nerfs optiques ne viennent point des cou- C ies.1 e cc nom » cotnme on l’a assez généralement écrit ; ils P eussent évidemment sortir des tubercules quadrijumeaux. e et , la paire antérieure ( nates ) de ces tubercules four-
nit une bandelette blanche , fibreuse , qui se contourne sur le côté extérieur des couches optiques, et se renforce en. se joignant d’une manière intime au corpus geniculatum externum (i43o) , espèce de renflement formé de matière grise : jusque là la bandelette adhère par une de ses facess toute entière à la couche optique; mais bientôt elle passe? sous le pédoncule du cerveau, auquel elle n’est plus attachée" que par son bord externe et antérieur. La paire postérieure1 des tubercules quadrijumeaux ( testes ) fournit aussi une? bandelette analogue , qui passe sous le corpus geniculatum internum , mais ne peut pas être suivie plus loin, en sorte qu’on ne peut pas décider si réellement elle appartient aux. nerfs optiques.
i5ai. Aussitôt après leur origine, ceux-ci se portent en devant et en dedans , abandonnant la scissure qui sépare' les lobes moyens de la protubérance cérébrale , et dans; laquelle ils étoient d’abord cachés. Parvenus au-delà des< pédoncules du cerveau , ils cessent d'être larges et aplatis ; ; ils se rétrécissent et s’arrondissent , se trouvent à découvert sous le plancher du troisième ventricule, et adhèrent! à la couche de substance grise ( tuber cinereum ) qui le forme en grande partie. Cette couche envoie à la face supérieure du nerf plusieurs nouveaux filets blancs , quii ne s’entrecroisent pas , mais qui s’unissent en suivant une ligne droite à chacun de ses côtés.
IÔ22. Au-devant de la fosse pituitaire, les deux nerfs, optiques se sont tellement rapprochés qu’ils s’unissent ett se confondent, sans qu’on puisse encore affirmer d’unemanière positive s’ils s’entrecroisent de manière à ce que celui de gauche passe à droite et réciproquement , ou sii leur substance s’identifie , se mêle en cet endroit , ce quii paroît plus probable; mais l’anatomie comparée et les affections pathologiques fournissent presque autant de faits pour l’une que pour l’autre de ces opinions. Au reste, àt l’endroit de cette réunion, les nerfs optiques forment um
DK S NERFS OPTIQUES. 91
corps quadrilatère qui repose sur une gouttière transversale du sphénoïde , donne attache par sa face supeiieuie à la membrane qui bouche en avant le troisième ventricule , et se continue manifestement en arrière avec le tuber cinereum d’où naît la tige pituitaire.
i523. Alors les nerfs optiques s’écartent de nouveau; mais ils sont tout-à-fait cylindriques et isolés de toutes parts ; ils se dirigent en avant et en dehors vers le trou optique par lequel ils sortent du crâne, avec l’artère ophthalmique, qui est placée à leur partie inférieure et externe. Dans celte seconde partie de leur trajet, ils commencent a être enveloppés par un névrilemme, tandis que depuis le moment où ils sortent de dessous le lobe moyen du cerveau jusqu’à celui de leur réunion , ils n’éloient recouverts que par la pie-mère et par l’arachnoïde et à leur face inférieure seulement.
ibi\. Cette dernière membrane, tout-à-fait en avant , forme cependant autour d’eux unegaîne qui les accompagne dans le trou optique, etse réfléchit ensuite sur la dure-mère, qui leur fournit aussi un canal fibreux que nous avons décrit (i456). En traversant les trous optiques, ils se coudent légèrement à angle obtus , et deviennent d’un moindre diamètre. A leur entrée dans l’orbite, ils sont environnés par les extrémités postérieures des quatre muscles droits de l’œil , des corps charnus, desquels ils sont séparés par une masse considérable de tissu cellulaire adipeux , dans laquelle se trouvent plongés les nerfs et les vaisseaux ciliaires et le ganglion ophthalmique. Pendant leur trajet dans celte cavité , les nerfs optiques décrivent une légère courbure dont la convexité est tournée en dehors ; parvenus à la partie postérieure, interne et inférieure du globe de l’œil , ils éprouvent un étranglement manifeste , traversent les membranes sclérotique et choroïde , et se terminent au milieu de la rétine par une extrémité tronquée.
îSsS. Jusqu’au moment de leur réunion , les nerfs opti-
t[ues sont mous et entièrement pulpeux 5 ils ne présentent à leur surface aucune trace de stries ni de substance grise 5 ils offrent seulement assez ordinairement quelques ouvertures que traversent des vaisseaux sanguins. Au-delà de leur commissure, ils deviennent plus denses et plus résistans. Depuis le trou optique jusqu’à leur terminaison, ils sont entourés par un névrilemme extérieur , bien distinct de la gaine méningienne , à laquelle il tient cependant par de petits prolongemens comme lamineux. Ce névrilemme est plus épais, plus fort et plus blanc que celui des autres nerfs 5 de sa face interne il se détache des prolongemens en forme de cloisons , lesquels semblent partager l’intérieur du nerf en une grande quantité de petits canaux remplis par la substance blanche , et lui donnent l’aspect d’un de ces rotangs ou roseaux des Indes qui servent de canne. Le neif optique n’est donc point, comme les autres nerfs, formé d’un assemblage de filets réunis en cordon , et on peut très-bien reconnoître sa structure en le laissant pendant quelque temps macérer dans une solution de deutohydro-chlorate de mercure, et en lavant dans une solution de deutoxyde de potassium le parenchyme qu’on obtient par ce moyen , et qu’on doit faire sécher promptement après l’avoir lié par les deux bouts avec un fil.
i5a6. Outre ces particularités de structure , le nerf optique a encore cela qui le distingue des autres, qu’il est enveloppé par la dure-mère jusqu’au lieu de sa terminaison , qu’il s’unit à son semblable, et qu’un peu avant de finir , il présente un étranglement.
Des Nerfs moteurs oculaires communs ( troisième Paire de beaucoup d’anatomistes ; Nerfs oculo-musculaires communs , CiiAUss.j Nervus oculo-molorius , Soemm.).
r5 27. Tenant le milieu pour le volume entre les nerfs optique et pathétique , égalant ordinairement le nerf
DES NERFS MOT ED RS OCULAIRES COMMUNS. C)5 acoustique , ceux-ci sortent des pédoncules du cerveau , vers leur bord interne, et reçoivent des filets de Y espace cendré perforé intercepté entre les deux pédoncules et les tubercules mamillaires. Au moment où ils paroissent , les filets du nerf moteur oculaire sont très-mous et se brisent avec la plus grande facilité ; avec des précautions cependant on reconnoit qu’ils sont rangés sur une ligne qui suit presque la direction des pédoncules ; que les postérieurs sont les plus longs , et que la plus grande partie d’entre eux peut être suivie sous la protubérance cérébrale , et jusqu’à la tache noire centrale des pédoncules.
i5a8. Au moment de leur réunion , ces filets forment un cordon aplati , qui est étroitement embrassé par les artères cérébrale postérieure et cérébelleuse supérieure. Bientôt ce cordon se rétrécit et s’arrondit; il acquiert plus de consistance; il est enveloppé par un névrilemmeet par l’arachnoïde; libre au-dessous du cerveau , il se porte obliquement en avant et en dehors, jusqu’au niveau de la pointe que forme en devant la lente du cervelet. Là , il se trouve logé dans un canal pratiqué dans la paroi externe du sinus caverneux de la dure-mère (i458), à l’entrée duquel il est abandonné par l’arachnoïde , qui forme un cul-de-sac; il parvient ainsi à la fente sphénoïdale , n’étant séparé de l’artère carotide interne que par une lame mince de tissu cellulaire. Dans cette partie de son trajet, c’est-àdire depuis son entrée sous la dure-mère, le nerf moteur oculaire commun est placé en dedans et au-dessus du nerf pathétique et de la branche ophlhalmique du nerf trifacial ; mais sous l’apophyse clinoïde antérieure , il est à son tour recouvert par ces deux nerfs, qui le croisent obliquement et qui lui deviennent internes.
i52Ç). Un peu avant de traverser la fente sphénoïdale, le nerf moteur oculaire commun se divise en deux branches, 1 une supérieure et l’autre inférieure , qui traversent la dure-mère et pénètrent dans l’orbite par la partie la plus
9l OHCANES DE LA SENSIBILITÉ.
large de celte fente , en passant entre les deux portions «le l’extrémité postérieure du muscle droit externe de l’oeil , avec le nerf moteur oculaire externe et le rameau nasal du nerf ophthalmique , auxquels elles sont unies par du tissu cellulaire.
1530. Branche supérieure. Elle se dirige en avant et un peu en dedans , passe au-dessus du nerf optique et du rameau nasal , va aussitôt se porter à la face inférieure du muscle droit supérieur de l'œil , et lui fournit un grand nombre de filets divergens. Un autre filet un peu plus volumineux suit le bord interne de ce muscle ou même le traverse pour aller s’épanouir dans le muscle élévateur de la paupière supérieure. Cette branche reçoit aussi uu ou deux petits rameaux du nerf nasal.
1 53 1 . Branche inférieure. Beaucoup plus volumineuse que la précédente , elle s’avance entre la partie inférieure et externe du nerf optique et le muscle droit inférieur de l’œil, et, après un trajet de quelques lignes, elle se divise en trois rameaux : i °. l’un, interne , plus considérable, a a gagner obliquement l’origine du muscle droit interne de l’œil , dans l’épaisseur duquel il s’épanouit; i°. un autre moyen, beaucoup plus court et moins gros, se porte directement en devant et se ramifie dans le muscle droit inférieur; 3°. le troisième, externe , bien plus long et plus grêle que les deux autres , donne, dès sa naissance, un blet court et aplati qui remonte en dehors du nerf optique cl va s’unir à la partie postérieure du ganglion ophthalmique ; ensuite il marche entre les muscles droits inférieur et externe de l’œil sans leur fournir aucun filet, passe sous le globe de l’œil , et pénètre enfin à angle presque droi dans le muscle oblique inférieur , près de son tendon.
1532. Ce nerf, dont la structure n’a rien de particulier, donne le mouvement à tous les muscles de l’œil, excepté au droit externe et à l’oblique supérieur. 11 communique ayec le gangliou ophthalmique.