‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 16 sur 161 · DES ME R FS PATHÉTIQUES · texte numérisé non relu

DES ME R FS PATHÉTIQUES

Des Nerfs pathétiques (Nerfs de la quatrième paire île beaucoup d’anatomistes; Nerfs eculo-musculaires internes. Ch. ;

Nervus cerebri quartus, Soemm.).

i533\ Ces nerfs , qui sont les plus grêles de ceux que forait l’encéphale , parcourent un trajet considérable dans le crâne et ne donnent de rameaux qu’au moment de leur terminaison. On aperçoit leur origine, tantôt plus haut, tantôt plus bas , derrière la paire postérieure des tubercules quadrijumeaux ( testes ) , sur les parties latérales de la valvule de Vietissens (i4io). Le nombre de leurs racines varie depuis une jusqu’à quatre , et n’est pas toujours le même des deux côtés ; quelquefois celles d’un des nerfs sont unies à celles du nerf opposé par une bandelette transversale; quelquefois elles ne sont même point de niveau : molles et sans névrilemme, elles se rompent avec la plus grande facilité.

1 534 • Elles se réunissent presque tout de suite en un seul cordon très-mince , arrondi , plus résistant, qui descend en dehors et en avant , se contourne sur les pédoncules du cerveau , entre celui-ci et le cervelet, passe audessus de l’arachnoïde et le long de la petite circonférence de la tente du cervelet , et parvient à l’apophyse clinoïde postérieure. Là, il s’engage dans un canal que lui fournit la dure-mère (1 4^8) , est abandonné par l’arachnoïde qui se réfléchit sur celle-ci , et se trouve séparé , en dedans , du sinus caverneux par la lame cellulaire mince qui en séparait aussi le précédent : d’abord horizontal et placé au-dessous de celui-ci et au-dessus de la branche ophthalmique , il change de direction près de la fente sphénoïdale , et remonte obliquement au-dessus du nerf moteur oculaire commun avec la branche ophlhalmique, en dedans de laquelle il se porte. Alors il pénètre dans l’orbite par la partie la plus large de la fente sphénoïdale et en traversant la dure-mère ; arrivé dans celle cavité il marche en avant ,

conjointement avec le rameau frontal du nerf ophthalmique , au-dessus des muscles droit supérieur de l’œil et releveurdela paupière, et au-dessous du périoste. Enfin, il se dirige en dedans, gagne la partie moyenne du muscle oblique supérieur de l’œil , après avoir augmenté sensiblement de volume, et s’y terminé entièrement en se partageant en plusieurs filets.

Des Nerfs trifaciaux , Chauss.; ( Nerfs de la cinquième paire

de beaucoup d’anatomistes -, Nerfs trijumeaux , Boyer ,

Biciiat ) Nervus quintus cerebri , Soemm.).

1535. La première origine de ces nerfs se trouve à l’extrémité supérieure de la moelle vertébrale , entre les éminences olivaires et les corps restiformes : c’est un faisceau de fibres blanches qui remonte en dehors dans l’épaisseur de la protubérance cérébrale , au-dessus de la partie postérieure du pont de Yaroli (1409), qui reçoit dans ce trajet un assez grand nombre de nouvelles fibres blanches , qui augmente ainsi de volume , et qui semble dès-lors divisé en trois branches. Parvenu à la partie externe et inférieure des pédoncules du cervelet , près du bord externe delà protubérance , il devient libre , abandonne l’encéphale , et forme un cordon aplati , très-volumineux , composé d’un fort grand nombre de filets distincts et parallèles , enveloppés chacun d’un névrilemme qui leur donne plus de solidité et de densité.

1536. En examinant avec beaucoup de soin tous ces petits filets nerveux, on voit que ceux qui occupent le centre du cordon reçoivent leur névrilemme plus tard que ceux qui sont situés à la périphérie. Il en résulte qu’ils doivent se rompre à des distances inégales , et voilà pourquoi lorsqu’on détache le tronc du nerf trifacial de l’endroit où il devient libre , on trouve à la superficie de l’encéphale , au point même qu’il occupoit; une sorte de mamelon blan-

DES NERFS TRIFACIAUX. gj

châtre, qui sembloit être caché dans l’intérieur du nerf: ce n’est autre chose que la solution de continuité des filets qui le composent , et non point , comme le pense Bichat , un tubercule spécial.

i537. Quoiqu’il en soit, ces filets, dont le nombre varie de soixante-dix à quatre-vingts ou cent, sont séparés évidemment en deux paquets par des lames cellulaires ou par des vaisseaux sanguins : l’un, antérieur et interne, est formé de cinq ou six filets plus gros, plus mous, plus blancs , placés au-dessous des autres, et ne contribuant pas, par leur rupture , à la formation du mamelon indiqué (i5j6). L autre faisceau, placé en arrière et en dehors, renferme le reste des filets, et avance en dehors jusqu’à l’extrémité du bord supérieur du rocher, où il s’engage dans un canal que lui donne la dure-mère (i458) , long d’environ cinq lignes en avant et de trois seulement en arrière, et où l’arachnoïde ne tarde point à l’abandonner en formant un cul-de-sac. Il parvient ainsi dans la fosse temporale interne, après s’être élargi et aplati beaucoup en passant sur le bord supérieur du rocher, qui oifre une dépression pour le loger. Alors ses filets cessent d’être parallèles ; ils s’écartent les uns des autres sans s’entrelacer , sans s’anastomoser entre eux , comme cela arrive dans le trajet des autres nerfs; tous viennent se terminer à un renflement gangli forme , ou plexiforme, grisâtre , déprimé , semi-lunaire, concave en arrière pour les recevoir, plat en dessous, où il repose sur la base du crâne, un peu bombé en dessus. Cette espèce de ganglion adhère intimement à la dure-mère, sans qu’on puisse assurer qu’il lui fournisse des filets ; son tissu semble formé par un réseau de fibres inextricable, et ue permet point de suivre les filets nerveux primitifs , qui s’y confondent intimement les uns avec les autres.

*538. Le bord antérieur de celle espèce de ganglion ou e plexus est convexe ; il en naît successivement d’avant en arrière trois troncs nerveux, savoir : i°. le nerf oph-

q3 ORGANES DE LA SENSIBILITÉ.

thalmique, moins volumineux , et logé dans la paroi externe du sinus caverneux ; 2°. le nerf maxillaire supérieur , plus gros et sortant par le trou grand rond du sphénoïde -, 3°. le nerf maxillaire inférieur , plus volumineux encore et s’échappant par le trou ovale du même os.

1539. Quant au premier faisceau formé par les cinq ou six filets plus blancs , il ne s’engage pas dans le ganglion -, il passe isolément au-dessous de lui , et va se joindre au nerf maxillaire inférieur.

Du Nerf ophtalmique ( primas ramus quinti nervi, Soemm.;

Nef orbito frontal , Chauss.).

1540. C’est la moins volumineuse etla plus élevée des trois branches quefournitle nerf trifacial 5 c’est aussi celle qui s’éloigne le moins de la direction primitive du tronc qui lui a donné naissance. Elle marche de derrière en devant , de dedans en dehors et de bas en haut au-dessous de la duremère , dans la paroi externe du sinus caverneux, dont elle est séparée , comme les nerfs moteur oculaire commun et pathétique , par des lames distinctes de tissu cellulaire. D’abord placée au-dessous du nerf moteur oculaire commun , elle lui devient supérieure et interne , ainsi que nous l’avons dit. Elle a, tant qu’elle est contenue dans le crâne , une teinte grisâtre , une apparence plexiforme très-marquee et une surface inégale. Avant d aniver a la fente sphénoïdale , par laquelle elle pénètre dans 1 orbite , elle reçoit un filet du ganglion cervical supérieur , puis elle se divise en trois rameaux qui percent chacun isolément la duremère : l’un est externe : c’est le nerj lacrymal ; l’autre supérieur : c'est le nerj frontal ; et le dernier interne : c’est le nerj nasal,

1 54 1 . Du Nerf lacrymal ( Nervus lacrymalis , Soemm. ). C’est le plus petit des trois : séparé du nerf oph thalmique au moment où il change de direction pour monter au-dessu#

BUNERFOPHTHAJLMIQUE. ÿg

du nerf moteur oculaii’e commun, il s’engage aussitôt dans un canal long de quelques ligues et que lui fournit la duremère, à laquelle il adhère fortement. Il se dirige en dehors et en avant , entre dans l’orbite et se porte le long de sa paroi externe, entre le périoste et le muscle droit externe, jusqu’à la glande lacrymale et à la paupière supérieure.

i54a. Dans ce trajet, il donne un filet postérieur ou sphériG-maxillaire, qui s’anastomose avec un filet du nerf maxillaire supérieur vers l’extrémité antérieure de la fente orbitaire inférieure , et un filet antérieur ou malaire, lequel s’engage dans un conduit pratiqué dans l’épaisseur de l’os de la pommette , et sort sur la joue où il s’anastomose avec un filet du nerf facial. Ce dernier filet , et quelquefois tous les deux , traversent la glande lacrymale avant de sortir de l’orbite.

i543. Lorsque le nerf lacrymal est arrivé à la glande du même nom , il se place à sa face interne , et lui fournit trois ou quatre filets qui se distribuent dans son tissu, ou en sortent pour se perdre dans la membrane conjonctive.

l544- Enfin le rameau lui-même , étant parvenu au-delà de la glande, se porte en dedans, derrière l’aponévrose du muscle releveur de la paupière supérieure, et se termine par un grand nombre de filets dans cette paupière ellemême.

1 545. Du Nerf frontal (Nervus frontalis, Soemm ; Nerf pal pêbr 0 frontal , Chauss. ). Plus gros que les deux autres branches du nerf ophthalmique , il se sépare du tronc commun plus tard que le précédent, s’introduit dans l’orbite entre le périoste et l’extrémité postérieure du muscle droit supérieur de l’œil , marche obliquement en avant et en dehors , selon 1 axe de l’orbite, et se porte au-dessus du muscle releveur de la paupière supérieure , où il se di\isc plus ou moins promptement en deux rameaux, l’un interne plus petit , 1 autre externe plus gros; quelquefois cependant leur volume est le même. — <■ Le rameau frontal

interne se dirige un peu en dedans vers la poulie cartilagineuse du muscle grand oblique de 1 oeil , et fournit d a- ■bordun filet qui descend s’anastomoser par arcades avec un filet du nerf nasal. Il en donne ensuite , au niveau même de la poulie cartilagineuse , plusieurs autres qui se portent de dedans en dehors dans la paupière supérieure , dans l’épaisseur de laquelle ils s’anastomosent souvent par arcades avec ceux qui terminent le nerf lacrymal ; quelquefois ces anastomoses ne sont point visibles. Plusieurs de ces mêmes filets se perdent aussi dans la face antérieure des muscles sourcilier et lrontal } 1 un d eux pénètre dans les sinus frontaux par une ouverture spéciale , et va se distribuer à la membrane qui les revet 5 mais le rameau , continuant son trajet, sort de l’orbite entre la poulie du muscle grand oblique et le trou orbitaire supérieur , se réfléchit de bas en haut, monte derrière les muscles sourcilier et frontal , donne des filets à leur face postérieure , et finit en s’épanouissant dans le tissu cellulaire sous-cutané vers le sommet de la tête. — Le rameau frontal externe se porte directement en avant , passe par le trou orbitaire supérieur, et, le plus ordinairement, donne aussitôt un filet qui se porte transversalement en dehors, se subdivise dans la paupière supérieure , s’anastomose avec ceux du nerf facial , et remonte derrière le muscle sourcilier. Un autre filet s’en sépare au même niveau et gagne transversalement la racine du nez, où il paroit s unir a\ecun filet du neif frontal interne. Au reste, dans l’intérieur du trou orbitaire supérieur , quelquefois plus tôt , le nerf lui-même se partage en deux ramifications qui se réfléchissent sur le front , derrière le muscle sourcilier, et se subdivisent en un grand nombre de filets profonds et superficiels. Les premiers se distribuent dans les muscles sourcilier et frontal et dans les tégumens -, les seconds , beaucoup plus longs , s’étendent sur le sommet de la tète , jusque vers l’occiput , s’anastomosent eu dedans avec ceux du côté opposé, en dehors

DU NERF OPHTHALMIQUE.

avec ceux du nerf facial , en arrière avec ceux des premiers nerfs cervicaux : ils ne deviennent superficiels qu’après avoir percé l’aponévrose épicranienne. On a prétendu avoir suivi leurs dernières divisions dans les bulbes des cheveux.

1 546. Du Nerf nasal (N. naso-ocularis , Soemm. ; Nerf naso-palpébral , Chauss. ). Plus volumineux que le lacrymal, mais moins fort que le frontal, il pénètre dans l’orbite entre les deux attaches postérieures du muscle droit externe de l’oeil ,. placé en dedans du nerf moteur commun et au-dessus du nerf moteur externe. De là il se porte obliquement en dedans , en avant , et un peu de bas en haut, remonte entre le nerf optique et le muscle droit supérieur de l’œil, gagne la paroi interne de l’orbite sous Je muscle grand oblique, et se partage en deux rameaux secondaires au milieu de beaucoup de tissu cellulaire graisseux. Souvent , avant d entrer dans l’orbite, ce nerf reçoit un. filet du ganglion cervical supérieur; en y entrant il en donne lui-même un grêle , long d’environ six lignes , qui côtoie en dehors le nerf optique , et va se rendre à la partie supérieure et postérieure du ganglion ophthalmique, après avoir communiqué par un ou par deux petits rameaux avec la branche supérieure du nerf moteur oculaire commun ( r 53o). En passant au-dessus du nerf optique , le nerf nasal produit deux ou trois filets ciliaires , qui vont se distribuée au globe de l’œil , comme nous l’indiquerons plus bas.

C’est au niveau du milieu de la paroi interne de l’orbite que le nerf nasal éprouve sa dernière division; les deux rameaux qui en résultent sont d’un égal volume; l’un est interne et postérieur, il pénètre dans les fosses nasales: l’autre est antérieur et se distribue au dehors de l’orbite.

iô4/’ Hameau nasal interne. Son trajet est fort rernar-i quable; accompagné par une petite artère, il s’introduit dans le trou orbitaire interne et antérieur , se dirige en dedans et en haut dans le canal dont ce trou est l’orifice % eu

Page 1