ORGANISATION DES PAUPIÈRES
qui sont les orifices excréteurs des glandules de Méibomius , au-devant desquels , près de la peau , est une série de poils qu’on nomme les Cils.
1834. Ces Cils sont des poils durs et solides, le plus souveut de la teinte des cheveux et des sourcils, quelquefois cependant dune couleur differente, et disposés sur deux ou trois rangs. Us sont plus nombreux, plus longs et plus forts à la paupière supérieure qu’à l’inférieure, et leur longueur est encore plus marquée au milieu du bord où leurs bulbes s’implantent , qu’à ses extrémités. Ceux de la paupière supérieure sont d’abord dirigés en bas , et ensuite recourbés en haut : le contraire a lieu pour l’inférieure. Nous avons déjà dit qu’ils manquent entre les points lacrymaux et le grand angle de l’œil.
1835. La Caroncule lacrymale , Caruncula (i),estune petite tumeur molle , membraneuse, pâle, placée dans le grand angle de l’œil , derrière la commissure interne des paupières. Elle est formée par un repli de la membrane conjonctive, dans l’épaisseur duquel on trouve des follicules muqueux et les bulbes de quelques poils très-déliés.
2°. Organisation des Paupières.
1836. De la Peau des Paupières. Elle se distingue de celle des autres parties du corps par son extrême finesse et par sa transparence , qualités qui deviennent au reste d’autant plus sensibles qu’on s’approche davantage du bord libre des paupières. Elle est appliquée sur une couche de tissu cellulaire lâche, à filamens tres-lénus , à aréoles comprimées, jamais chargé de graisse, mais susceptible des’infiltrer de sérosité avec une extrême facilité.
i83y. De la Couche musculeuse des Paupières. Elle est formée par celte portion du muscle orbiculaire où les fibres
(1) Diminutif de caro; chair.
a34 ORGANES DE LA SENSIBILITÉ.
charnues sont comme décolorées (894) et fort écartées les unes des autres. Cependant, vers le bord libre, elles se rapprochent de manière à former au-dessus du cartilage tarse un faisceau distinct.
1838. De la Membrane fibreuse des Paupières. Elle existe derrière la couche musculeuse , dont elle est séparée par un tissu cellulaire lamelleux , et n’occupe que la partie externe seulement de l’une et de l’autre-paupière. La portion qui appartient à la paupière supérieure est placée entre le muscle orbiculaire et l’aponévrose élargie de son releveur celle de la paupière inférieure est appliquée immédiatement sur la membrane conjonctive. Ces deux portions entrecroisent réciproquement leurs fibres depuis l’angle de réunion des fibro-cartilages tarses jusqu’à l’angle externe de l’orbite, et se portent de là à la partie correspondante du contour de cette cavité , ainsi qu’au bord des fibro-cartilages , en diminuant progressivement de force et d’épaisseur , de manière à être en dedans remplacées par un tissu lamelleux chargé de graisse. On y remarque des ouvertures en plusieurs endroits pour le passage de nerfs et de vaisseaux.
En outre, la paupière supérieure présente un second plan fibreux qui croise la direction de celui-là , et que constitue l’aponévrose de son muscle élévateur qui vient sefixer au fibro-carlilage tarse correspondant (899).
1839. Des Fibro-carlilages tarses. On nommeainsi deux petites lames placées dans l’épaisseur du bord libre de chaque paupière, au même niveau que la couche fibreuse. Chacun d’eux commence à l’extrémité bifurquée du tendon du muscle orbiculaire (894) , et se termine en dehors , en s’unissant avec son semblable au niveau de l'entrecroisementdes deux plans fibreux. Ils sont beaucoup plus larges au milieu qu’aux extrémités , cl leur forme ainsi que leur volume sont différais. Le supérieur , plus grand , a environ 1 six lignes de largeur, et est très-rétréci aux deux bouts,
ORGANISATION DES PAUPIÈRES.' taudis que X inférieur n’a qu a-peu-près deux lignes, et présente des dimensions presqu égalés dans toute son étendue. Leur/ace antérieure , convexe, est en rapport avee le muscle orbiculaire; la postérieure , concave, est tapissée par la membrane conjonctive , et creusée.de quelques sillons verticaux qui logent les glandules de Méibomius ; leur bord adhérent donne attache à la couche fibreuse de chaque paupière ; mais dans la supérieure il est fortement courbe et fournit des insertions au muscle élévateur , tandis que dans l’inférieure il paroît rectiligne; leur bord libre ou ciliaire est large et épais, arrondi et taillé en biseau (i833). Assez minces, très -flexibles et très - élastiques , ces deux libro - cartilages ont une teinte légèrement jaunâtre , et n’offrent rien de particulier dans leur structure.
i«4o. Des Follicules ciliaires, communément Glandes de Méibomius . Ce sont de petits follicules ronds , logés dans des sillons spéciaux , entre les fibro-cartilages tarses et la membrane conjonctive. Ils sont rangés les uns au-dessus des autres , de manière à représenter des lignes jaunâtres , verticales , parallèles , tantôt droites , tantôt flexueuses , quelquefois ramifiées, plus nombreuses et plus distinctes a la paupière supérieure , où l’on en compte trente ou quarante , qu’à l’inférieure , où il n’y en a qu’une vingtaine. Ceux qui occupent la partie moyenne sont plus longs et moins larges que ceux des extrémités ; les intervalles qui les séparent sont plus grands à la paupière supérieure qu a l’inferieure, et vers leur bord adhérent que vers leur bord libre. Chaque follicule est au reste arrondi , blanc ou jaunâtre, ur et assez résistant : ils communiquent les uns avec les autres, elles plus voisins du bord libre de chaque paupière s ouvrent au dehors par des orifices à peine sensibles, et disposés sur un ou deux rangs du côté du globe de l’oeil, en arrièiedcs cils (i833). Il en sort une humeur sébacée, connue sous le nom de Chassie ( Lippitudo) : en pressant
les fibro-cartilages tarses , on la fait s’échapper sous la forme de petits vers extrêmement déliés.
1841. Les artères des paupières sont fournies parl’ophthalmique, la sous-orbitaire, la temporale et la faciale. Leurs veines suivent le même trajet et se rendent dans les troncs correspondans. Les vaisseaux lymphatiques , qui y sont fort nombreux , se terminent, ainsi que ceux du sourcil , dans les ganglions situés sur la glande parotide et près de l’angle de la mâchoire. Nous avons déjà décrit les filets nerveux qui s’y ramifient , et qui viennent principalement des nerfs lacrymal (1 543) , facial (1677) , sous-orbitaire (1 555) , frontal (1647) et nasal (i55o).