‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 52 sur 161 · DE LA SCLÉROTIQUE · texte numérisé non relu

DE LA SCLÉROTIQUE

1°. De la Sclérotiqne ( Sclerotica , Comea

opaca) (i).

1847. Dure, résistante, opaque, d’un blanc nacré, de la nature des membranes fibreuses, occupant à-peu-près les quatre cinquièmes postérieurs du globe de l’œil, la sclérotique a la forme d’une sphère tronquée en devant. Elle est la plus forte et la plus extérieure des membranes de 1 œil. Son épaisseur est d’autant moins considérable qu on 1 examine plus en devant; près de l’entrée du nerf optique elle est d’environ une ligne : près de la cornée elle n’en a plus que le tiers. Mais ici elle est fortifiée par 1 épanouissement des aponévroses des muscles droits et obliques , qui semblent s’identifier avec elle , et que quelques auteurs ont désigné sous le nom de Membrane albuminée de l'œil. '

1 848. La face externe de la sclérotique a les mêmes rapports que le globe de l’œil lui-même ; V interne est tapissée par la choroïde , à laquelle eUe est f iblement unie )ar des filets nerveux , des vaisseaux et un tissu lamelleux rès-délié et d’une nature particulièie. Ces deux surfaces •firent , dans divers points de leur étendue, principalement n arrière, de petits trous pour le passage des nerfs et des aisseaux ciliaires : ces trous sont les orifices de canaux creu- JS obliquement dans l’épaisseur de la membrane , et secon-

nuant en avant sur sa face interne par de légers sillons. En arrière et un peu en dedans , la sclérotique est percée une ouverture arrondie pour le passage du nerf optique 526): quelquefois, au lieu d’une simple ouverture , il aune multitude de petits permis , parmi lesquels, on en marque un ou deux plus grands que les autres , qui ap- 1 tiennen t a l’artère et à la veine centrales de la rétine, est la qu’on voit manifestement la continuité de la niera-

it) durus, crassus.

O.\o ORGANES DE LA SENSIBILITÉ.

brane avec la gaine que la dure-mère fournit au nerf optique. — En avant , la sclérotique offre une ouverture circulaire dont le diamètre est d’environ six lignes , un peut plus large cependant transversalement que de haut en bas ,, et dont la circonférence, taillée en biseau aux dépens delai surface interne , reçoit la cornée , qui y est pour ainsi dire; enchâssée.

1849. Dans l’adulte, la sclérotique n’est formée que d’une seule lame dont les fibres sont tellement entrecroisées qu’il devient difficile de les distinguer, et qu’au premier coup -d’œil on n’y discerne aucune organisation;; mais, par la macération, on démontre qu’elle est réellenient composée de filets fibreux et de petites lames entremêlées ensemble d’une manière irrégulière. Elle ne contient que fort peu de vaisseaux sanguins : encore y sont-ilscapillaires; on n’y connoit jusqu’à présent ni filets nerveux ni vaisseaux lymphatiques. Sur 1 œil du fœtus seule-ment on vient à bout de partager la sclérotique en deux* lames distinctes. Quelques anatomistes ont pensé que lai lame interne éloit un prolongement de la pie-mère; maiscette opinion 11e paroît rien moins que fondée.

i°. De l;i Cornée ( Cornea pellucida).

1850. Celte membrane, d’une foi me à-peu-près circulaire, convexe en devant, transparente, constituant le cinquième antérieur de l’œil environ, est enchassee dans h grande ouverture de la sclérotique (1840), semble titre l un segment d’une sphère plus petite sur-ajoutée à une plus grande, et qui auroit sept lignes ou sept lignes et démit, de diamètre , tandis que la corde du segment lui - même seroit de cinq lignes.

Le diamètre transversal de la cornée a des dimension; un peu plus considérables que le vertical ; elle est auss un peu plus large du côté du nez que du côté de la tempe Sa face antérieure >, convexe et saillante , est recouverte pai

DE LA CHOROÏDE OU CIIORIOÏDE.

une espèce d’enduit muqueux particulier, distinct de la conjonctive, et défendu lui-même par un épiderme partil culier; la postérieuie est tapissée par la membrane de l’humeur aqueuse, et borne la Chambre antérieure de l’oeil espace compris entre l’iris et la cornée. La circonférence de celle-ci, coupée en biseau aux dépens de sa face externe, est recouverte par un pareil biseau de la sclérotique, et lui adhère intimement.

x85r. La cornée est plus épaisse que la sclérotique, mais elle n’est point fibreuse; six lames distinctes , superposées les unes aux autres, faciles à séparer, et dont les antérieures semblent avoir une adhérence réciproque moins grande, composent son tissu. Elle ne paroît contenir ni nerfs ni vaisseaux sanguins; mais il y a évidemment de la sérosité épanchée entre les lames qui la composent, et en comprimant la membrane, on voit manifestement cette sérosité suinter sous la forme de gouttelettes. Elle devient opaque lorsqu’on la plonge dans l’eau bouillante, dans 1 alkohol ou dans un acide.

3°. De la Choroïde ou Cliorioïde ( Chorioides ) (x).

ï852. C’est une membrane d’un brun foncé, mince, molle, essentiellement celluleuse et vasculaire, couchée sur la surface intérieure de la sclérotique, depuis l’ouverture du nerf optique jusqu’au cercle ciliaire. Elle est unie extérieurement à la sclérotique par des vaisseaux, des nerfs , et du tissu cellulaire lamineux, lâche et très-fin en arrière ; en devant , par le cercle ciliaire. Intérieurement elle est simplement contiguë à la rétine, à la laquelle elle n adhère en aucune façon. Postérieurement, elle présente pour le nerf optique une ouverture étroite , dont le contour

(t) Xoftov, secundœ seu chorion, et t7fo; , forma ; parce qo’on a cru lai trouver quelque ressemblance avec le chorion qui enveloppe le fœtus dan» le sein de sa mère ?

OKGANES DTE LA SENSIBILITÉ.

offre un rebord saillant qui ne lient point au nerf, en sorte qu’on ne peut point supposer ici de continuité avec la piemère, comme quelques anatomistes ont prétendu que cela avoit lieu. Antérieurement elle adhère fortement au cercle et aux procès ciliaires.

i853. La face externe de la choroïde est recouverte d’un enduit brunâtre, facile à enlever, et qui, après la mort, teint la sclérotique d’une manière marquée. L 'interne offre une couche analogue , seulement plus abondante et plus foncée, mais qui ne colore point la rétine 5 tout-à-fait en arrière, près du nerf optique, celte espèce depigmenlum est remplacée par un cercle blanchâtre. En faisant macérer la choroïde pendant quelque temps , son enduit se détache, elle devient transparente, perd beaucoup de sa couleur naturelle , et se couvre de villosités. Est-ce à celles-ci qu’est due l’exhalation du fluide noir dont nous venons de parler ? on ne fait que le soupçonner. Sa couleur, au reste, résiste à l’action de l’air et des divers réactifs chimiques , aussi bien que celle de l’encre de la Chine , et est plus intense dans le voisinage de l’iris que dans le reste (Je son

étendue.

i854. La choroïde n’a , dans aucun point, la structure fibreuse : seulement, près de son ouverture antérieure , on y voit quelques stries radiées qui commencent les procès ciliaires. Elle parok entièrement composée d’une multitude de vaisseaux artériels et veineux , unis ensemble par une trame celluleuse très - déliée. Les artères se distribuent principalement à sa surface extérieure -, les veines à 1 intérieure. Postérieurement ces vaisseaux forment deux plans superposés , qu’on peut séparer l’un de l’autre; mais cette division n’a pas lied en devant , quoique Ruysch paroisse avoir reconnu celte disposition, et que même son fils ait donné le nom de Membrane Rujschienne à la lame interne. Les préparations les plus soignées ne peuvent démontrer ni glandes ni follicules dans la choroïde.

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