DE L I R I S
lignes saillantes , droites , convergentes , confondues en une zone membraneuse près de la pupille , et paroissant être la continuation de ces petits corps membraneux. Ou y voit aussi une multitude de villosités très-prononcées.
1859. La grande circonférence de l’iris correspond de dehors en dedans au cercle ciliaire ( 1 855) , à la choroïde et aux procès ciliaires. On peut facilement la détacher de ces diverses parties. Sa petite circonférence forme les limites de la pupille.
1860. L’iris est composé de deux lames intimemenlunies près de la pupille, mais qu’on peut isoler vers sa grande circonférence. Plusieurs anatomistes d’un mérite remarquable ont admis dans l’iris des fibres musculaires , et récemment M. le docteur Maunoir , de Genève , chirurgien des plus distingués , semble avoir confirmé leur existence, que nient la plupart des auteurs de nos jours. lia reconnu , à l’aide d’une forte loupe , que ces fibres forment deux sortes de plans 5 l’un externe , radié , plus large , dilatateur de la pupille et correspondant à l’anneau coloré externe ; l’autre interne , plus étroit , composé de fibres circulaires , constricteur ou sphincter de la pupille, et correspondant à l’anneau coloré interne.
1861. Nous avons fait connoître les nerfs de l’iris (i756) : ses artères lui sont données par les ciliaires longues ; ses veines vont se porter dans les rasa vorticosa de la choroïde et dans les veines ciliaires longues : nous en parlerons plus tard.
1862. Dans le fœtus, jusqu’au septième mois de la gestation à-peu-près , la pupille est obturée par une membrane grisâtre, pourvue de vaisseaux sanguins très-apparens , beaucoup plus mince que l’iris , transparente, incolore , et qui disparaît vers l’époque de la naissance : on la nomme Membr anepupdlaire, d’après Waehendorf, qui, le premier, la découvrit en 17^8. Tant que la membrane pupillaire est entière , elle forme avec l’iris une cloison complète ,
qui sépare les deux chambres de l'œil , et empêche toute communication entre elles. Elle est d’ailleurs plane , et fixée à tout le pourtour de la pupille , de manière à se continuer sur la face antérieure de l’iris.
La membrane pupillaire est évidemment formée de deux feuillets diaphanes et adossés l’un à l’autre. Le postérieur appartient à la chambre correspondante de l’œil , et naît du pourtour de la pupille; l’antérieur dépend de la membrane de l’humeur aqueuse qui tapisse la face postérieure de la cornée transparente et toute la chambre antérieure de l’œil (i).
6°. Des Procès ciliaires ( Processus ciliares ; Rayons sous-iriens,
Chauss).
i863. On nomme ainsi des espèces de petits corps saillans , vasculo-membraneux , placés les uns à côté des autres en rayonnant , de façon à former un anneau semblable au disque d’une fleur radiée , lequel entoure le crystallin en manière de couronne placée derrière l’iris et le cercle ciliaire , dans des enfoncemens spéciaux de la partie antérieure du corps vitré. Cet anneau , qui résulte de la réunion des procès ciliaires , est appelé Corps ciliaire ( Corps sous-irien , Chauss. ).
Le nombre des procès ciliaires varie de soixante à quatrevingts ; souvent même il s’élève au-delà. Chacun d’eux a une longueur d’une ligne et demie environ , mais ils sont alternativement plus longs et plus courts. Ils sont triangulaires ; très-pâles et très-minces en arrière, ils deviennent plus saillans, plus gros et plus blancs en devant. Leur bord postérieur , concave , est reçu , à la circonférence du crys» lallin, dans une cannelure du corps vitré; Y antérieur , convexe , est appliqué contre le cercle ciliaire et l’iris; lïn-
(i) Jules Cloquer, Mémoire snr la membraDf pupillaire, Paris, 1818 ,
in-8°, Cg.
terne , beaucoup plus court que les autres , est libre , et mesure l’espace compris entre le crystallin et la face poste'rieure de l’iris : il est denticulé; l’angle qui le termine en arrière n’adhère nullement à la capsule du crystallin ; mais celui qui est en avant tient à l’iris par des filets celluleux et par des vaisseaux; il en part des lignes droites qui convergent vers la pupille sur la face postérieure de cette membrane (i858).
Par leur extrémité postérieure , les procès ciliaires s’écartent en divergeant , et se prolongent sous la forme de stries plongées dans le fluide choroïdien et appliquées sur le corps vitré , de manière à laisser des traces noires sur la membrane hyaloïde ou plutôt sur la rétine, lorsqu’on les a enlevés. Ces stries sont toujours multiples pour chaque procès ciliaire, et répondent constamment aux intervalles de ces feuillets.
L’ensemble des procès ciliaires ou le corps ciliaire se termine donc en arrière par un bord dentelé et onduleux, également noir par-tout ; en devant il présente des lignes , qui sont les procès ciliaires eux-mêmes , séparés par des intervalles noirs.
La surface des procès ciliaires est réticulée et villeuse; ils reçoivent presqu’autant de vaisseaux à eux seuls que les autres parties du globe de l’oeil ensemble. M. le docteur Ribes pense qu’ils sont destinés à la production des humeurs decet organe (i). Leurs artères viennent des ciliaires courtes; leurs veines vont se jeter dans les vasa vorticosa de la choroïde. On n’y a point encore aperçu de vaisseaux lymphatiques.
Les intervalles de ces feuillets sont remplis d’un enduit noirâtre et tenace , qui ressemble à celui delà face interne
(i) Bulletin de la Faoul. de Med. , loco citato. Cette opinion est contraire h celle de Haller, qui les croit propres h maintenir le crystallin en place , et à celles de plusieurs autres anatomistes qui les regardent comme destines aux mouremens de l’iris ou i La protraction du crystallin.
de la choroïde , et qui sert encore à les unir à la partie antérieure du corps vitré.
7°. De la Rétine (Retina).
1864. La rétine est une membrane molle, pulpeuse, grisâtre, transparente, extrêmement mince , étendue depuis le nerf optique jusqu’au crystallin , embrassant le corps vitré et tapissant la choroïde , sans contracter aucune adhérence avec ces deux parties. Elle commence en arrière autour du petit tubercule que forme l’extrémité du nerf optique (i526), mais ne paroît point du tout résulter de son épanouissement : le nerf optique en effet, dit M. Ribes , se distribue dans la rétine comme les nerfs olfactif et acoustique dans les membranes pituitaire et labyrinthique ; d’ailleurs , la teinte de ces deux organes est tout-à-fait différente.
Au niveau des procès ciliaires , la rétine forme une sorte de bourrelet un peu plus épais , duquel part une lame excessivement fine et comme pulpeuse , qui se réfléchit sur ces petits corps , s’enfonce dans leurs intervalles et parvient au crystallin. C est elle qui , entre les procès ciliaires, est teinté par le pigmentum nigrum.
1865. A deux lignes environ en dehors du nerf optique, on aperçoit, sur la face interne de la rétine, une tache d’un jaune assez foncé chez les adultes , plus claire dans les enfans et dans les vieillards; cette tache est large à-peu-près d’une ligne , et se trouve exactement dans la direction de l’axe de l’œil. Elle est entourée de plusieurs plis vagues, dont un seul paroît avoir une existence constante , et dans son centre on observe un trou irrégulier et très-étroit. Ces diverses particularités ont été découvertes parM. Soemmering en 1791.
1866. La rétine paroît formée de deux lames adossées et tellement unies qu’il est presque impossible de les isoler : l’une, externe , est médullaire, comme pulpeuse ou mu-
DE l’humeur aqueuse, etc. 249
queuse, et se détache en partie par la macératiou ; l’autre, interne , est fibro-vasculaire j plus résistante , elle sert de soutien à la première, et a été nommée Arachnoïde par quelques anatomistes : c est dans celle-ci que s’épanouit spécialement l’artère centrale du nerf optique, seul moyen d union connu en arriéré entre la rétine et les autres parties du globe de l’œil.
8°. De l’Humeur aqueuse et de sa Membrane.
1867. 0° nomme ainsi une liqueur limpide et transparente, qui remplit les deux chambres de l’œil, depuis la cornée jusqu au crystallin , en sorte que, comme nous l’avons déjà dit, elle est en contact avec les deux faces de 1 iris. Sa quantité est de cinq ou six grains au plus. Elle est légèrement visqueuse, comme l’eau qui tiendroit en solution un peu de gomme. Soumise à l’action du calorique , elle ne laisse néanmoins aucun résidu ; elle n’est coagulée ni par les acides ni par l’alkohol 5 l’acide nitrique la troubleseulement un peu. Sa pesanteur spécifique est, suivant Chenevix, de i,ooo3. Le même chimiste y admet la présence de la gélatine , de 1 albumine et de l’hydro-chlorate de deutoxyde de sodium 5 M. Nicolas y ajoute du phosphate de chaux : tous ces principes sont suspendus dans une immense quantité d’eau. Abandonnée à elle-même , elle se putrefiepromptement. Pendant la vie, elle se reproduit avec la plus grande facilité lorsqu’une cause quelconque en a décidé l’écoulement.
Chez les fœtus et lesenfans nouveau-nés , cette humeur a une couleur rougeâtre qui se dissipe environ un mois après la naissance. Chez quelques vieillards , elle perd naturellement une partie de sa transparence.
ibtib. La membrane del’humeur aqueuse est très-mince, parfaitement translucide et très-difficile à distinguer. Elle tapisse toutes les parois de la chambre antérieure de l’œil fit est percée au niveau de la pupille. Chez les embryons ,
î5o OBGÀNES DE LÀ SENSIBILITÉ.
elle forme un sic séreux sans ouverture , en raison de 1 existence de la membrane pupillaire (1862). Dans aucun cas , elle ne pénètre dans la chambre postérieure. Par l’ébullition on la sépre aisément de la face postérieure de la cornée (i85o). Elle a été découverte dans le siècle dernier par Demours et Descemet, quoique Zinn paroisse en avoir pourtant parlé avant eux.
1 869. Quelques auteurs prétendent que cette membrane n’est point destinée à l’exhalation del’humeur aqueuse , mais que le fluide est apporté dans les chambres de 1 œil par des conduits particuliers. Nuck , Ruysch et Santorini ont émis cette opinion, que d’autres ont regardée comme non fondée.