‹ Traité d'anatomie descriptiveChapitre 58 sur 161 · Des Osselets contenus dans la cavité du Tympan · texte numérisé non relu

Des Osselets contenus dans la cavité du Tympan

1910. La caisse du tympan est traversée par une série de quatre petits os, articulés entre eux par diarthrose, mus par quelques muscles particuliers , et étendus de la membrane du tympan à la fenêtre ovale, en représentant une sorte de levier coudé. On leur donne le nom de marteau , d’enclüme, d’osselet lenticulaire et d’étrier.

1911. Du Marteau ( Malleus , Sœmm. ). Il est placé à-peu-près verticalement sur la partie interne et supé-

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rieure de la membrane du tympan. C’est le plus long des osselets de l’ouïe. Oii le divise en trois parties , qu’on nomme la tête , le col et le manche. — La tête en forme la partie la plus élevée et la plus volumineuse. Lisse dans toute son étendue, ovoïde, un peu allongée, elle correspond en dehors à la portion écailleuse du temporal , et est un peu concave en avant,- elle s’articule en arrière avec l’enclume à l’aide de deux légers enfoncemens séparés par une saillie, et recouverts par un cartilage très- mince. — Le col est une espèce d’étranglement placé entre la tète et le manche : il est fort court, mais assez épais. Incliné en dehors, il est libre en arrière et en dedans. En avant, il supporte une apophyse grêlô très - allongée, qui traverse la scissure glénoïdale et donne attache par son sommet au muscle antérieur du marteau : on la nomme X Apophyse de Raw. — Le manche , beaucoup plus étroit que le col , forme avec lui un angle obtus , rentrant en dedans ; sou extrémité inférieure , mince et arrondie, est inclinée eu avant, et répond au centre de la membrane du tympan; de la supérieure naît en dehors une apophyse étroite et courte qui se dirige un peu en arrière et donne attache au muscle interne du marteau. Dans toute son étendue ce manche est légèrement comprimé d’avant en arrière, et forme un des rayons de la membrane du tympan, contre laquelle il est fixé par la membrane muqueuse de la cavité, qui le recouvre en dedans.

1912. De l'Enclume {Incus , Soemm.). Placée à côté du marteau et en arrière de lui , l’enclume répond à la par tie postérieure et externe de la cavité du tympan , vers l’orifice des cellules mastoïdiennes (1904). Un peu plus grosse, mais moins longue que le marteau , elle a assez de ressemblance avec une dent molaire à deux racines fort écartées. On lui distingue un corps et deux branches. — Le corps en forme la partie antérieure; il est dirigé un peu en haut et représente un ovoïde aplati transversalement, et dont le

grand diamèlre seroit vertical : sa face interne est un peu concave et l’externe convexe; l'antérieure, pour son articulation avec le marteau, offre deux tubercules inégaux , dont le supérieur est le plus volumineux, séparés par un enfoncement moyen, et encroûtés d’un mince cartilage. — La branche supérieure est horizontale, plus courte , épaisse, conoïde et aplatie; son sommet correspond à l’entrée des cellules mastoïdiennes. — L 'inférieure, plus longue, plus grêle, descendant verticalement , arrondie, presque parallèle au manche du marteau , éloignée d’une demiligne de la membrane du tympan , présente à son sommet , qui se recourbe en dedans , une cavité légère qui s’articule avec l’osselet lenticulaire.

iqi3. De l'Osselet lenticulaire. Bien plus petit que les trois autres, à peine visible , arrondi , légèrement convexe sur ses deux faces, il est interposé entre la longue branche de l’enclume et la tête de l’étrier, et s’articule avec ccs deux parties.

1914. De l'Etrier ( Stapes , Soemm.). Il ressemble parfaitement à l’instrument dont il porte le nom , et est placé horizontalement entre l’osselet lenticulaire et la fenêtre ovale. On lui distingue une tête , deux branches et une base. — La tête, très -petite , située en dehors, est soutenue par un col fort court, qui résulte de la réunion des deux branches, et qui donne attache à un petit muscle; son sommet offre un enfoncement pour son articulation avec l’osselet lenticulaire. — Des deux branches , l’une est antérieure et l’autre postérieure; elles s’écartent du col en divergeant, et circonscrivent entre elles un espace parabolique : la première est moins courbe et plus courte que la seconde; toutes les deux présentent, sur le côté par lequel elles se correspondent , une cannelure qui se continue sur la face externe de la base, et dans laquelle se fixe une membrane très-fine qui remplit leur intervalle. — La base, qui forme la partie la plus interne de cet osselet, est une lame

DES MUSC2.ES DES OSSELETS DF. L’oREILLE.

très-mince et assez large, allongée d’avant en arrière, con tinue aux deux branches par ses extrémités, convexe en dedans, concave en dehors. Elle offre une forme analogue à celle de la fenêtre ovale (xgoi), qu’elle bouche inexactement, et à la circonférence de laquelle elle est unie par la membrane muqueuse du tympan.

1915. Los osselets de l’oreille sont presque entièrement composés de tissu compacte; le marteau, l’enclume et l’étrier présentent seuls dans leurs portions épaisses un peu de tissu celluleux. Chacun d’eux paroît se développer par un seul point d ossification, et ils sont remarquables par le volume et la compacité qu’ils ont déjà dans le foetus. Leurs articulations sont dépourvues de ligamens ; ils ne paroissent tenir les uns aux autres qu’à l’aide de la membrane muqueuse qui tapisse toute la cavité du tympan. Ont-ils un périoste ? On l’ignore , et il est bien difficile de pouvoir s’en assurer.

3°. Des Muscles des osselets de V oreille.

1916. Du Muscle interne du marteau (Musculus tensor tympam , Soemm.). Il s’insère en partie à la surface raboteuse que présente le rocher en avant de l’orifice inférieur du canal carotidien , et en partie au fibro - cartilage de la trompe d’Eustachi. D’abord aponévrolique -, if devient bientôt charnu , se dirige en arrière et en dehors, et entre dans un conduit spécial du temporal (1906), séparé de la trompe d’Eustachi par le bec de cuiller, et environné par une membrane très-forte. Parvenu dans le tympan, il dégénère en un petit tendon qui se réfléchit sur l’extrémité du bec de cuiller,* et va s’implanter à l’apophyse du manche du marteau. Il paroît avoir pour usage de tendre la membrane du tympan en tirant le marteau en dedans. Il reçoit un filet du nerf facial (>57o).

I9I7‘ Muscle anterieur du marteau ( M. laxator

major tympani, Soemm. ). Bien plus grêle que le précédent , il naît de l’épine du sphénoïde et de la partie externe du fibro - cartilage de la trompe d’Eustachi , par des libres aponévroliques très-courtes. Il monte en dehors et en arrière, s’engage dans la scissure glénoïdale , et s’implante , par un tendon , au sommet de l’apophyse grêle de Raw (1911). Il relâche probablement la membrane du tympan , en tirant le marteau en dehors et en avant.

1918. Du Muscle de V étrier (il/, slapedis , Soemm.). Encore plus petit que le précédent, il naît du fond de la cavité de la pyramide, qui contient toute sa portion charnue dans son intérieur. Il se change bientôt en un tendon fort court qui sort par le sommet de cette éminence, se porte en devant, et, au bout d’une ligne de chemin, se fixe à la partie postérieure du col de l’étrier. Il paroît imprimer à cet osselet un mouvement de bascule en vertu duquel l’extrémité postérieure de sa base est enfoncée dans le vestibule , tandis que l’aqjérieure se relève dans la caisse du tympan.

4°. De la Membrane muqueuse du tympan.

1919. C’est elle que la plupart des auteurs désignent sous le nom de périoste. Elle provient évidemment de la membrane muqueuse du pharynx par la trompe d’Eustachi , qu’elle tapisse dans toute son étendue (1908). Parvenue dans le tympan, elle en revêt toutes les parois, en s’étendant sur leurs éminences et en s’enfonçant dans leurs cavités. Elle contribue à fermer la fenêtre ovale et la fenêtre ronde; elle s’applique contre la membrane du tympan, dont elle est séparée par le manche du marteau ; elle embrasse la pyramide et se perd autour du tendon du muscle de l’étrier, donnant aussi en cet endroit une enveloppe fine à la corde du tympan (1766); elle s’engage dans les cellules mastoïdiennes, et les isole du diploë du temporal, en les tapis-

DE L’OREILLE INTERNE OU LABYRINTHE. 2^3 sant exactement; elle paroît se réfléchir sur le bec de cuiller pour embrasser le tendon du muscle interne du marteau; elle bouche la scissure gîénoïdale et entoure l’apophyse grêle de Raw ; enGn elle se déploie sur les osselets qu elle fixe les uns aux autres.

1920. Cette membrane, extrêmement mince, paroît un peu fibreuse à l’extérieur. Peut-être est-elle unie à une lame du périoste; mais à l’intérieur elle est bien certainement muqueuse. Chez l’adulte et chez le vieillard , elle est blanche, terne, résistante, peu vasculaire, et très-analogue à celle qui revêt les sinus des fosses nasales. Chez les enfans, elle a une teinte rougeâtre, et est parcourue par un grand nombre de vaisseaux sanguins. Elle laisse habituellement exhaler une certaine quantité de mucosités qui s’écoulent dans le pharynx par la trompe d’Eustachi ; mais on n’y distingue ni cryptes ni villosités.

1921. Les artères de l’oreille moyenne lui sont fournies par la stylo-mastoïdienne, par la méningée moyenne, par la carotide interne ; les veines en sont difficiles à suivre. Les nerfs qu’on y rencontre appartiennent au nerf facial et au ganglion de Meckel ou sphéno-palatin.

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