DE L’OREILLE MOYENNE
mouvemens auxquels est sujette la membrane du tympan : elle est au reste toujours plus grande en haut qu’en bas. Son diamètre antéro-postérieur est un peu plus étendu que le vertical. Une membrane muqueuse la tapisse dans toute sa surface , et elle communique avec l’air extérieur au moyen de la trompe d’Eustachi , placée entre elle et le pharynx. On distingue au tympan six parois , savoir une
1898. Paroi externe. Un peu oblique de haut en bas, de dehors en dedans et de derrière en devant , elle est formée presqu’entièrement par la Membrane du tympan , espèce de cloison qui ferme l’extrémité interne du conduit auriculaire , et qui est bien distincte de la membrane muqueuse de la caisse et de la peau qui tapisse le conduit ( 1 893) : on peut surtout en détacher celte dernière avec une grande facilité.
La membrane du tympan, présentant l’obliquité que nous venons d’indiquer, forme avec la paroi inférieure du conduit auriculaire un angle rentrant très -aigu, tandis qu’elle semble presque se continuer avec la supérieure. Sa figure est celle d’un cercle, son étendue est un peu plus grande que celle de l’ouverture qu’elle est destinée à boucher, d’où il résulte qu’elle est susceptible d’éprouver des mouvemens alternatifs de relâchement et de tension trèsprononcés. C’est pour cela aussi qu’on la trouve ordinairement convexe dans un sens ou dans l’autre, mais le plus souvent en dedans , où elle présente constamment en outre une élévation partielle produite par la présence du manche du marteau. Cette élévation détermine un enfoncement correspondant du côté du conduit auriculaire.
La circonférence de la membrane du tympan est comme enchâssée dans la rainure dont est creusée l’extrémité interne de ce conduit.
1 899. La membrane du tympan est mince , transparente, sèche, fibreuse, dépourvue de vaisseaux sanguins dans 1 état ordinaire. Elle 11’est percée d'aucune ouverture, ainsi
que l’ont avancé quelques anatomistes , et elle ne permet aucune communication directe entre le tympan et le conduit auditif externe.
Jl.lle se l’acornit promptement par l’action du calorique ; elle n’est point putrescible.
1900. En haut et en bas , la paroi externe du tympan est formée par deux petites surfaces osseuses inégales.
1901. Paroi interne. Elle est un peu inclinée en arrière et plus éloignée de l’externe supérieurement qu’inférieurement. Les objets qu’on y remarque sont
i°. La Fenêtre ovale ( Fenestra ovalis ; Ouverture 'vestibulaire du tympan , Chauss. ). C est une ouverture dont le nom indique la forme, et qui fait communiquer le tympan avec le vestibule. Son grand diamètre est horizontal 5 le petit est vertical. Son bord supérieur est courbé en manière de demi-ellipse : l’inférieur est presque droit. Du côté du vestibule elle est rétrécie par un petit rebord plat , fort mince , qui occupe son contour.
La fenêtre ovale est bouchée par la base de l’étrier, laquelle n’étant pas tout-à-fait assez large, est embrassée par une membrane fine qui l’unit d’une manière mobile à la circonférence de l’ouverture.
Au-dessus de la fenêtre ovale ou remarque une saillie osseuse arrondie et allongée en arrière et en bas : elle indique le passage de 1 aqueduc de Fallope en ce point (169).
2°. Le Promontoire ( Promontorium ). C’est une autre eminence tuberculeuse, assez large, de figure variable, qui borne en bas la fenêtre ovale. Cette saillie est formée par le côté externe du vestibule et par la rampe correspondante du limaçon. Elle est bornée en arrière par un enfoncement irrégulier; en devant elle répond à l’extrémité d’une lame osseuse qui sépare la trompe d’Eustachi du muscle interne du marteau.
3°. La Fenêtre ronde ( Fenestra rotunda ; Ouverture cochléenne du tympan , Chauss. ). Placée au-dessous et un
DE L’on El LIE MOYENNE. 2(j5
pou on arrière du promontoire , celle-ci a des dimensions moins considérables que la fenêtre ovale , et fait communiquer la rampe interne du limaçon avec le tympan. Elle est située au fond d’une cavitéou espèce de canal oblique, infundibuliforme, irrégulier, qui la soustrait en grande partie aux regards du coté du tympan. Elle n’est point ronde, comme son nom semble 1’indiquer; sa forme est réellement triangulaire. Elle est fermée par une membrane spéciale qui n est point parallèle à cel le du tympan. Dans les premiers mois delagestation elle est dirigée presqu’nntérieurement ; vers le temps de la naissance, elle est déjà obliquement tournée en arrière par le développement du tympan ; mais ensuite elle s’incline de nouveau en dehors et un peu en bas, par 1 elfetdela formation des cellules mastoïdiennes, et de 1 accroissement de l’apophyse qui les renferme.
1902. Paroi supérieure. On y observe une certaine quantité de porosités qui donnent passage à de petits vaisseaux sanguins qui font communiquer la dure-mère avec la membrane muqueuse du tympan. Elle a fort peu d’épaisseur, et ne présente rien autre chose de remarquable.
i qoj. Paroi inferieure. On y voit la scissure glénoïdale (i(ji) par laquelle sortent la longue apophyse du marteau et la corde du tympan et par où entrent le muscle
antérieur du marteau et quelques vaisseaux sanguins.
jg°4- Paroi postérieure. En haut decette paroi, on trouve un canal court, raboteux, non tapissé d’une couche de tissu compacte , comme le sont les autres conduits osseux, obliquement dirigé en arrière et en bas , placé au-dessus de la courte branche de l’enclume, à orifice triangulaire et libre, sans aucune membrane qui le ferme. Ce canal mène dans les Cellules mastoïdiennes , creusées dans l'épaisseur de 1 apophyse de ce nom (ifi/j), développées en raison diîecte de 1 âge, et variables en nombre et en figure. Celles de la périphérie sont en général du même volume que les cellules diploiques du reste du temporal $ mais, au centre,
î>66 ORGANES DE LA SENSIBILITÉ.
il y en a trois , quatre ou cinq beaucoup plus vastes, et quelquefois môme confondues en une seule. Elles communiquent toutes ensemble ; mais un prolongement de la membrane muqueuse du tympan les sépare des cellules diploïques.
Au-dessous de l’ouverture des cellules mastoïdiennes , derrière la fenêtre ovale et au bas de la saillie formée dans le tympan par l’aqueduc de Fallope (1901) , est une petite éminence creuse, conique, et plus ou moins saillante : c’est la Pyramide ( Eminenlia pyramidales). Son sommet est tourné en avant et laisse sortir le tendon du muscle de l'étrier, dont le corps charnu est renfermé dans un conduit qui occupe le centre de l’éminence.
Au-dessous de la base de la pyramide est une petite ouverture qui communique avec l’aqueduc de Fallope, et par où le rameau supérieur du nerf vidien pénètre dans le tympan (1768).
Quelquefois aussi le sommet de la pyramide tient au promontoire par un ou deux Clamens osseux.
1905. Paroi antérieure. Elle présente une petite lame osseuse , mince, saillante, courbée sur elle-même de bass en haut, et nommée ordinairement 1 a Bec de cuiller (Processus cochleariformis ). Cette lame sépare dans toute sai longueur deux canaux situés dans l’angle rentrant du temporal qui reçoit l’épine du sphénoïde ( 1 7 1 ) , et placés l’une au-dessus de l’autre. Le canal supérieur est arrondi , tapissé d’un périoste très-fin et rempli par le tnuscfe interne dui marteau. L’inférieur forme la portion osseuse de la trompe d’Eustachi.
1906. De la Trompe d' Eustaclii ( Tuba eustachiana ;; Conduit guttural de l'oreille , Chauss.). On nomme ainsii un conduit en partie osseux, en partie fibro-carlilagineu?'' et membraneux, qui s’étend depuis la caisse du tympan jusqu’à la partie supérieure du pharynx. Oblique en avant en dedans et en bas, il a environ deux pouces de longueur;
cl est par conséquent plus étendu que le conduit auriculaire. Sa portion osseuse, longue de huit à neuf lignes , située au-dessus du canal carotidien , en dedans de la scissure glénoïdale et de l’épine du sphénoïde, commençant dans le tympan par un orifice assez large, est elle-même étroite ctarrondiedans sa partie moyenne. Sa portion fibrocartilagineuse augmente progressivement de diamètre, et se trouve comprimée de manière à présenter une coupe elliptique -, elle se termine près de l’aile interne de l'apophyse plcrygoïde, derrière l’ouverture postérieure delà fosse nasale correspondante, par une espèce de pavillon évasé, libre, renflé, dont les bords sont appliqués l’un contre l’autre de manière à ne for mer qu’une fente assez peu large. Cette dernière portion de la trompe d’Eustaclii , qui est placée sous la base du crâne, est entourée par les muscles péristaphylins et par du tissu cellulaire 5 à son orifice interne, elle est embrassée parla membrane muqueuse du pharynx.
j 907. Le fibro cartilage de ce conduit, placé en dedans, aplati dans la plus grande partie de son étendue , irrégulièrement quadrilatère, courbé sur lui-même de bas en haut et de dedans en dehors , en forme d’abord toute la paroi interne, et constitue ensuite la région supérieure de la paroi externe: aussi semble-t-il résulter de la jonction angulaire de deux lames distinctes, dont l’externe est très-étroite, et même assez souvent n’existe point du tout.
Différent du fibro-cartilage du conduit auriculaire, celui ci ne lient point à la portion osseuse par une espèce de ligament, mais il s’engrène véritablement dans ses inégalités. Près du trou déchiré antérieur , il s’identifie avec la lame fibro-cartilagineuse qui le bouche, et il adhère au milieu de l’aile interne de l’apophyse plérygoïde , ainsi qu’à l’épine du sphénoïde, par une substance fibreuse et dense. En dehors, il donne des points d’insertion aux muscles ptérygoïdien interne et périslaphylin externe (983). Son
bord inférieur donne attache en arrière au muscle péristaphylin interne , qui le côtoie dans le reste de son étendue (986) , et au muscle interne dumarteau (1916).
1908. La portion membraneuse de la trompe d’Eustachi forme presque à elle seule la moitié externe de ce conduit. Elle unit entre eux les deux bords du libro-carlilage , et est essentiellement formée par un prolongement de la membrane muqueuse du pharynx , qui tapisse toute la surface intérieure de la trompe: Elle est simplement fortiGée en dehors par des trousseaux de Gbres qui viennent de l’épine du sphénoïde , et de la base de l’apophyse plérygoïde. Cette couche fibreuse donne attache à quelques portions du muscle péristaphylin externe, et s’arrête au niveau de la portion osseuse , où la membrane muqueuse s’introduit seule et se trouve appliquée sur une couche de périoste très-Gn. Au reste, ce feuillet muqueux est blanc , et a une ténuité bien plus grande que celle de la membrane du pharynx , dontil paroît être une dépendance. Vers l’orifice guttural du conduit , il forme un bourrelet saillant très-épais , et contient un certain nombre de cryptes muqueuses.
190g. La trompe d’Eustachi est constamment ouverte. Ses nerfs lui sont fournis par les rameaux palatins du ganglion de Meckcl (1^62). Ses vaisseaux proviennent de ceux du voile du palais et du pharynx.