DU LIMAÇON
2*. Du Limaçon ( Cochlea ).
1925. C’est une cavité osseuse, formée de deux canaux coniques , contournés en spirale , à la manière des coquilles dont elle porte le nom. Il est creusé dans la partie antérieure du rocher, en avant et en dedans du vestibule et du conduit auditif interne 5 oblique de dedans en dehors , de haut en bas et d’arrière en avant, il décrit deux spirales en sens inverses, suivant qu’on l’examine sur un temporal gauche ou sur un droit. O11 distingue au limaçon un axe ou noyau central , une lame qui en forme les parois
et qu’on nomme lame des contours, une cloison spirale et un aqueduc.
1926. L 'Axe ( Nucléus, Scarpa ') du limaçon commence vers le fond du conduit auditif interne , et se dirige presque horizontalement en avant et en dehors , vers la partie interne delà portion horizontale du canal carotidien. 11 est conique. Sa base, assez large, est creusée d’un enfoncement qu’on observe au fond du conduit auditif interne ; cet enfoncement loge la branche limaciennedu nerf acoustique (i585), et la transmet dans l’intérieur de la cavité par un grand nombre de porosités ; il se termine en se rétrécissant vers le sommet de l’axe lui -même, qui est creusé d’une petite cavité nommée infundibulum , et dont l’entrée est évasée. La surface de ce noyau osseux est taillée en vis par une double rainure , et offre un grand nombre de petits trous pour le passage des filets nerveux dont nous venons de parler.
1927. La Lame des contours du limaçon , plongée dans le tissuspongieux du rocher, semblable à un triangle isocèle fort allongé, si on la suppose développée et étendue, est compacte et recourbée sur elle-même suivant sa largeur. Elle forme une sorte de demi-canal dont les bords , un peu plus épais que le reste , sont fortement unis à l’axe, autour duquel elle décrit deux tours et demi de spirale, en
s’avançant sur Y infundibulum. Ces tours sont étroitement unis ensemble dans le lieu de leur rencontre, et forment une cavité également spirale qui va en décroissant successivement.
1928. La Cloison spirale du limaçon partage cette cavité dans toute sa longueur en deux parties. Osseuse dans sa portion qui tient à l’axe , elle est membraneuse dans celle qui tient à la lame des contours. Plus large vers la base du limaçon, elle finit sur l’axe , vers le milieu du second contour , par une espèce de bec où commence la pointe de Y infundibulum. Dans sa portion osseuse elle est composée de deux lamelles entre lesquelles existent un grand nombre de petits canaux pour des nerfs. Sa portion membraneuse est extrêmement mince, et existe seule depuis le milieu du second tour jusqu’au sommet, où elle est percée d’une petite ouverture arrondie.
1929. Les deux cavités qui résultent de la présence de cette cloison ont été appelées Rampes du limaçon {S calæ). L’une, interne, commuuiqueroit avec la caisse du tympan par la fenêtre ronde sans la membrane qui bouche celleci. L’autre, externe, s’ouvre librement dans le vestibule. La première est plus large et plus courte; la face de la cloison qui lui correspond est rugueuse et inégale. La seconde est plus étroite et plus longue, et la face de la cloison qui lui correspond présente des lignes saillantes, rayonnées. Elles communiquent l’une avec l’autre par 1 ouverture du sommet de la cloison , et vont toujours en se rétrécissant depuis leur origine jusqu’à leur point de communication. La coupe verticale de chacune d elles offre à-peu près la forme d’un demi-cercle.
1980. \d Aqueduc du limaçon est un conduit extrêmement étroit , dont l’orifice supérieur se voit dans la rampe tympanique, près delà fenêtre ronde , et l'inférieur sur le bord postérieur du rocher (178), au-devant de la fosse jugulaire. Long de trois à quatre lignes , il descend obli-
DES CANAUX DEMI-CinCULÀIRES. 377 quement en avant, et représente un cône creux., très-allongé. Souvent il est fort peu apparent , et même semble manquer absolument.
3°. Des Canaux demi-circulaires [Canales semi-circulares ,
SOEMM.).
1981. Ces canaux, dont le nom nous indique la forme, sont creusés dans l’épaisseur du rocher, et s’ouvrent par leurs deux extrémités dans l’intérieur du vestibule, en arrière duquel ils sont situés, répondant postérieurement et inférieurement aux cellules mastoïdiennes. Ils sont au nombre de trois, et leur direction est différente : deux sont verticaux, l’un supérieur, l’autre postérieur : le troisième est horizontal. Ils laissent entre eux un espace pyramidal dont la base est tournée en dehors et le sommet en dedans et en arrière. Cet espace est rempli par le dipioë du rocher. Dans le foetus , il reste vide e't est occupé par un prolongement de la dure-mère.
1982. Le Canal vertical supérieur , un peu moins étendu que le postérieur, mais plus grand que l’horizontal, présente la convexité de sa courbure directement en haut. Un de ses côtés est antérieur et l’autre postérieur, et de ses extrémités , l’une est externe et l’autre interne. Il commence à la partie supérieure et antérieure du vestibule, par une ouverture assez large et elliptique , voisine d’une de celles du canal horizontal. Il se termine en se réunissant en arrière et en dedans avec le canal vertical postérieur, et forme avec lui un conduit commun, long d’environ deux lignes , qui s ouvre à la partie supérieure et interne du vestibule par un seul orifice arrondi. Ce conduit commun n’a
pas une capacité plus grande que celle de l’un des deux dont il résulte.
Le Canal vertical postérieur offre sa convexité en auièie-, une de ses extrémités est tournée en avant et en
haut; l’autre en avant et en bas. La première est unie , comme nous l’avons dit, au canal précédent; la seconde s’ouvre isolément en bas et en dedans du vestibule, un peu au-dessous d’une des ouvertures du canal horizontal , par un orifice évasé, arrondi ou elliptique.
1934. Le Canal horizontal est le plus petit des trois. Situé entre les deux autres , il commence en devant par une ouvi iture assez large , infundibuli forme , entre celle du canal vertical supérieur et la fenêtre ovale , et se termine en dedans du vestibule , par une ouverture étroite , entre l’orifice commun des deux canaux verticaux et l’orifice inférieur du postérieur. Sa convexité est tournée en arrière.
1985. Les trois canaux demi-circulaires s’ouvrent donc dans le vestibule par cinq orifices seulement, et ces orifices sont inégaux pour chaque canal en particulier. Leurs parois sont formées d’une lame compacte, plongée dans le tissu spongieux du rocher. Leur surface interne est lisse et polie.
4®. Des Parties molles de l’ Oreille interne.
ig36. Une membrane , très-fine et très-délicate, tapisse toutes les cavités de l’oreille interne. On trouve en outre dans chaque canal demi-circulaire un tuyau membraneux d’un diamètre beaucoup plus petit que le conduit osseux, et attaché à celui-ci par un tissu cellulaire très-fin et comme muqueux. Les orifices isolés des canaux verticaux et l’orifice antérieur du canal horizontal , sont garnis chacun d’une ampoule ou renflement membraneux qui les masque quelquefois ; ces trois ampoules, ainsi que les extrémités opposées de ces canaux qui en sont dépourvues, viennentaboutir dans un sac commun qui occupe une portion du vestibule. Ces parties sont remplies d’une humeur qui donne au sac commun l’apparence d’une bulle d’air, et aux tuyaux membraneux celle de vaisseaux lymphatiques, et le tout flotte d’ailleurs dans l’eau du labyrinthe.
DES PARTIES MOLLES DE l’oREILLE INTERNE. 2^C
Un autre petit sac , contigu au précédent , ne communiquant point avec lui , tapisse immédiatement le vestibule et adhère fortement à ses parois. Il est rempli d’une humeur propre et composé de tuniques fortes et épaisses, dans lesquelles viennent se perdre les ramifications veslibulaires du nerf acoustique. Il envoie un prolongement dans l’aqueduc du vestibule, et ce prolongement se termine par un petit cul-de-sac au-dessous de la dure-mère. Dans l’épaisseur de ce sac membraneux , on trouve quelques petits canaux qui se remplissent de mercure par la pression , quand on a fait occuper par ce métal les cavités du labyrinthe : ils communiquent entre eux, et vont s ouvrir en partie dans les veines delà dure-mère, ou former un petit sinus spécial qui se jette dans le sinus latéral de cette membrane.
La membrane du vestibule s’introduit dans le limaçon par l’orifice de sa rampe externe; elle parcourt celle-ci dans toute son étendue, et redescend dans la rampe tympanique , par l’ouverture du sommet de la lame spirale , jusqu’à la fenêtre ronde , auprès de laquelle elle envoie un prolongement dans l’aqueduc du limaçon. Ce prolongement se termine aussi par un cul -de-sac sous la duremère.
1937. La nature de celte membrane est ignorée. Elle est vasculaire chez l’enfant; mais chez l’adulte elle le devient beaucoup moins , et est si ténue et si adhérente aux os , que souvent on a de la peine à l’apercevoir. Elle laisse exhaler un fluide transparent , légèrement visqueux , qui remplit toutes les cavités de l’oreille interne, et qui est plus ou moins abondant.
iqdB. Les artères de l’oreille interne viennent delà méningée, de la stylo-mastoïdienne, de la carotide interne, de la basilaire. Le vestibule a une veine qui se jette dans le golfe de la veine jugulaire interne , après avoir traversé la substance du rocher par un petit canal dont Forifice est
près de celui de l’aqueduc : quelques-unes de ses racines viennent des canaux demi-circulaires. Le limaçon a une autre veine qui sort de la rampe interne près de l’aqueduc, traverse le roclier et s’ouvre dans le sinus latéral. — Nous avons décrit le nerf acoustique ( 1 584)? qui est spécialement et uniquement destiné à l’oreille interne.