DES ARTÈRES EN GÉNÉRAL. 3 8 E
on reconnoît que ce décroissement progressif est loin d ell e «ne loi constante. Souvent deux ou trois branches , nées d’un même tronc, ont chacune le volume de ce tronc luimême. Souvent aussi des ramifications fort ténues viennent immédiatement des plus grosses branches.
Une chose remarquable encore, c’est que le calibre des artères ne diminue point en raison du nombre et du volume des branches qu’elles fournissent. Ainsi l’aortë est presqu’aussi volumineuse au-devant des vertèbres des lombes qu’au moment de son origine 5 en sorte que chaque artère est cylindrique , et qu’au lieu de considérer leur ensemble comme une suite de cônes dont les bases sont tournées vers le cœur et les sommets du côté des organes , il faut en faire une série de cylindres successivement ajoutés les uns aux autres , et toujours décroissais.
Troisième fait : la somme des diamètres réunis de tous les rameaux artériels l’emporte de beaucoup sur le calibré de l’aorte , en sorte qu’on peut considérer les artères comme constituant , dans leur ensemble, un cône dont le sommet aboutit au cœur, et dont la base embrasse tout le reste du corps.
2168. Les dernières divisions des artères se ramifient à l’infini , et forment des réseaux qui recouvrent toutes les parties , et qui en produisent eux-mêmes d’autres , dont la disposition varie , et desquels semblent provenir les veines elles organes de l’exhalation. Mais comment au juste a lieu la continuité des artères avec les veines ? C’est ce que les recherches les plus minutieuses n’ont encore pu nous faire connoître d’une manière certaine. Cependant l’existence d’une communication entre ces deux ordres de vaisseaux nesauroit être mise en doute.
2169. Les artères sont composées de trois membranes superposées qu’on nomme Tuniques. La plus intérieure de ces membranes est une continuation de celle qui tapisse les cavités gauches du coeur (2163)5 elle est très-ténue ,
fine, transpai ente , absolument dépourvue de übres, lisse et comme séreuse ; elle se rompt et se déchire avec beaucoup de facilité. A l’extérieur on trouve une autre tunique dense et serrée, qui semble se continuer avec le tissu cellulaire environnant , et qui est formée de lames pressées les unes contre les autres, et susceptibles d’être réduites en tissu cellulaire par la macération : on la nojnme ordinairement Tunique celluleuse.
Mais c’est la tunique intermédiaire à ces deux-là qui forme proprement les artères : elle est dense , serrée , épaisse en raison du calibre des troncs , jaunâtre, quelquefois grisâtre, composée de fibres très-distinctes, adhérentes les unes aux autres, faciles à séparer cependant, disposées par couches concentriques , à-peu-près circulaires , et s’unissant intimement en dehors à la tunique celluleuse, mais ne tenant presque point à la membrane interne. Aucune de ces fibres 11e suit une direction longitudinale ‘.elles sont d’une nature tout-à-fait particulière , mais elles ne paroissent point du tout musculeuses: aussi est-ce à tort que beaucoup d’auteurs ont nommé Tunique musculeuse celte membrane propre des artères. Elles sont dures , fragiles , peu extensibles , très-élastiques , non filamenteuses. Leurs interstices ne sont point remplis par un tissu cellulaire. La putréfaction s’en empare très-difficilement. L’action du calorique les racornit prodigieusement.
2170. Les parois des artères reçoivent de petites artérioles qui forment à leur surface des réseaux très-compliqués , cl auxquelles succèdent des vénules moins apparentes , qui vont se rendre dans les troncs voisins. On n’y a point encore rencontré de vaisseaux lymphatiques. Leurs nerfs sont assez marqués , et émanent spécialement du système des ganglions.